‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 123 sur 216 · Praescr · texte numérisé non relu

Praescr

3. Id. 12 : « Nemo inde instrui potest, unde destruitur : nemo ab eo illuminatur, a quo contenebratur. Quaeramus ergo in nostro, et a nostris, et de nostro, idque dumtaxat quod salva régula fidei potest in quaestionem devenire. ».

4. Id. 43. Sur la valeur de ce texte comme représentation du symbole de Carthage, voyez d'âlès, Théologie de Tertullien (Paris 1903), p. 256-2{Sr7, et K. Adam. Der Kirchmbegriff Tertullians (Paderborn 1907), (>. 38-40.

lève aucune question, sinon celles que posent les hérétiques et qui sont leur hérésie même. Ne touchons pas à cette règle, respectons-en l'ordre et la rédaction. Si cependant elle est pour toi en quelque point ambiguë ou obscure, adresse-toi à quelqu'un de l'Église qui soit docte et exercé, pour chercher avec toi au besoin la lumière qui te manque. Mais ignorer vaut mieux encore ^ ,

Cependant, objecteront les hérétiques, la régula fidei n'est pas tout, puisqu'il y a aussi les Ecritures, sources de la foi. Ils disputent donc sur les Ecritures. Mais, répond Tertullien, c'est justement ce que nous ne devons pas leur permettre. Premièrement, parce que l'apôtre Paul nous interdit de discuter avec l'hérétique. Secondement, parce que, avec l'hérésie d'aujourd'hui , on ne sait quelles Écritures elle reçoit, quel texte elle en lit, quelle interprétation elle en donne : vous perdrez votre peine à discuter, et le fidèle que vous pensiez éclairer en discutant devant lui avec l'hérétique, sortira de cette mêlée d'arguments plus incertain. Rien n'est vain comme de discuter sur les Écritures, « in quitus aut nulla^ aut incerta Victoria est, aut par incertae ». Une seule question est à poser : A qui appartient le dépôt de la foi, à (jui le dépôt des Écritures 2?

A la question ainsi posée la réponse sera une réponse de fait : car il n'importe pas d'avoir préalablement établi ce qu'est Jésus par rapport à Dieu. Ceci seul importe, que Jésus, quand il était sur terre, a enseigné; que parn^i ses disciples il en a choisi douze, qu'il destinait à être les maîtres des nations, qu'il a en effet envoyés aux nations pour les ins-

i . ProMcr. 14. Cf. De ctnima, t.

«. Praeêcr. lS-i9.

truire, pour les baptiser au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit. Ces apôtres ont prêché d'abord en Judée la foi de Jésus-Christ et ont établi en Judée des églises; puis ils sont allés aux nations, ils leur ont prêché la même doctrine, ils ont fondé des églises en chaque cité, et à ces églises de fondation apostolique les autres églises ont ensuite emprunté le plant de la foi et la semence de la doctrine, et ainsi font quotidiennement les églises qui se fondent encore, en quoi elles sont, elles aussi, appelées apostoliques, étant la lignée des églises apostoliques. Ainsi il y a une première église établie par les apôtres de laquelle toutes les autres sont issues ^■.

Tertullien ne fait là que développer l'argument de la succession apostolique, tel qu'il l'a trouvé chez Irénée : ce que les apôtres ont prêché, ils le tenaient du Christ : or nos églises sont apostoliques d'origine. En d'autres termes, les églises étant apostoliques témoignent pour les apôtres, comme les apôtres témoignent pour le Christ^.

4. Praescr. 20 : • Apostoli..., primo per ludaeam contestata fide in lesum Christum etecciesiis institutis, dehinc in orbem profecti, eanidem doctrinam eiusdem fidei nationibus promulgaverunt, et proinde ecclesias apud unaraquamque civitatem condiderunt, a quibus traducem fidei et semina doctrinae ceterae exinde ecclesiae muluatae sunt et cotidie mutuantur ut ecclesiae fiant, ac per hoc et ipsae apostolicae deputantur ut soboles apostolictrum ecclesiarum. Omne genus ad originem suam censeatur necesse est. ftaque tôt ac tantae ecclesiae, una est illa ab apostolis prima ex qua omnes. Sic omnes prima et apostolicae, dum una omnes probant unitatem, dum est illis communicatio pacis, et appellatio fraternitatis, et contesseratio hospitalitatis. Quae iura non alia ratio régit quam eiusdem sacramenti una traditio. »

2. Praescr. 31 : • Constat omnem doctrinam quae cnm illis ecciesiis apostolicis, matricibusetoriginalibus fidei, conspiretveritati deputandam, id sine dubio tenentem quod ecclesiae ab apostolis, apostoli a Cliristo, Christus a Deo accepit; omnem vero doctrinam de mendacio praeiudicandam, quae sapiat contra veritatem ecclesiarum et apnstolorum et Christi et Del ».

Dans le De virg. vel. *, Tertullien montaniste dira : « Sed e»s ego

Tertullien a à répondre aux instances que les hérétiques (les Marcionites, ici) ont coutume d'opposer à cet argument qui est loin d'être nouveau. Deux hypothèses peuvent, en effet, être faites : les apôtres n'ont pas tout connu, et donc nous pouvons dans l'Ecriture atteindre à des profondeurs qu'ils n'ontpas scrutées. Seconde hypothèse : ils n'ont pas enseigné à tous tout ce qu'ils savaient, et donc il peut exister une tradition ésoté^ rique plus profonde que celle des églises apostoliques.

Tertullien n'accepte ni l'une, ni l'autre hypothèse. Comment pourrions-nous croire que Je Christ ait laissé ignorer quelque chose de la foi à ceux qu'il instituait les maîtres de l'humanité? Et, pour prendre un exemple, Pierre qui allait être la pierre fondamentale de l'Église, aurait-il pu dans l'ordre de la foi ignorer quelque chose ' ? L'hypothèse d'une doctrine secrète que les apôtres auraient réservée à quelques privilégiés, n'est pas plus soutenable. Qu'on ne dise pas davantage que les églises ont pu mal entendre ce que les apôtres leur enseignaient'''.

Tertullien concède sans difficulté que des églises particulières peuvent errer et avoir besoin de correction ; saint Paul a traité les Galates d'insensés et les Corinthiens de charnels. Saint Paul tout de même a loué la foi et la science d'autres églises, lesquelles

ecclesiats proposni,quasetipBiapo8tolivel apostoHci virl condiderunt, et pato ante quosdam ». Tertullien écrit là contre des catholiques, qui invoquaient eux aussil'autorité des églises fondées par des apôtres: il rappelle qu'il a invoqué cette autorité avant eux, allusion au présent passage du De praescr. On peut voir dans ces « quosdam » des clercs romains, comme le propose H. HjlRIIack, Dogmengttehichtg t. l*, p. 490, et E. RoLFFS, Urkunden aus dem antimontanittUchei Kampfe des Abendlandes (Leipzig 1893), p. M.

t. Praescr. tt : • Latuit aliquid Petrum aedifîcandae Ecclesiae petram dictam, claves regni caelorum cousecutum, et soIvç»4| et alligandi in caelis et in terris polestatem? »

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