‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 129 sur 216 · Praescr. 36. Iren. ni · texte numérisé non relu

Praescr. 36. Iren. ni

3. Pas davantage dans les autres livres où il prescrit contre des liéréliques. Ces passages sont cités par M. de Labkiolli;, art. cil. p. 425-

faire illusion : « Mea est possessio, olim possideo. y> Mais il ne se fonde pas sur cette possession actuelle et ancienne, pour écondiiire l'hérétique. Car il ajoute aussitôt : « Habeo origines firmas, àb ipsis aUctoribus quorum fuit res : ego sum haeres apostolorum. Sicut cai>erurtt testametito suo^ sicut fidei commiserunt^ sicut adiuraverunt, iîa teneo*. » La propriété est légitimée entre les mains de son possesseur actuel par les titres mêmes que la ptescriptioil à elle seule devrait suppléer : le possesseur en effet déclare posséder en vertu d'un héritage et il produit le testament : il établit qu'il y a legs. Il fait la preuve pleine et directe de son droit de propriété, preuve que la praescriptio longi témporis l'eût dispensé de faire.

L'argument de tradition ainsi présenté démontre la légitimité de la foi héritée : toute doctrine contraire à cette régula fidei sera jugée du simple fait qu'elle sera d'origine plus récente que la doctrine qui est apostolique. On a ainsi Une praescriptio novitatis contre l'hérésie, corollaire de la justification positive et directe qui a été fournie de la foi apostolique ^. Les controversistes du xvii® siècle, qui ont mis en honneur l'argument dit de prescription, peuvent se réclamer de Tertullien en tant qu'il a opposé aux hérétiques cette praescriptio nontatis.

Il se rendait compte d'ailleurs que la justification de la régula fidei par la tradition est une démonstra-

427. Marcion. i, 1, 9, 21, 28; m, 4, 3; iv, 4, 5, 10, 38; v, 19; Hermog. 1 ; Praxean, 2 ; Carne Christi, 2.

1. Praescr. 37. Cf. Seorpiace, 9 : c kaereditarii discipuli et apostolici semiQis frutices •.

2. Tertullien devenu montaniste se verra opposer par les catholiques précisément celle prescription de nouveauté : « Novitatera igiturobiectant... » leiun. 4. Le De ieiunio a été composé après 213.

tion générale qui ne dispense pas de l'examen des circonstances et des détails : de même Ir praescriptio novitatis éconduit l'hérésie, mais ne dispense pas de résoudre ses objections. Dans les dernières lignes du De praescriptione Tertullien, avec clairvoyance, avec loyauté, le reconnaît, quand il résume toute son argumentation ainsi : « Sed nunc quidem généralité/' actum est a nohis adversus omnes haereses. » Au nom de Id^praescriptio novitatis, corollaire de la thèse del'apostolicité delà règle de foi, il a montré comment on doit se refuser à discuter avec les hérétiques sur les Écritures. Mais il ajoute : Si la grâce de Dieu nous le permet, « etiam specîaliter quibusdam respondebimus^ ». Irénée n'en avait pas usé différemment. A sa suite, Tertullien entreprendra une critique approfondie du mai'cionisme ; il écrira contre Hermogène, contre les disciples d'Apelles et de Valentin, contre Praxéas. La vérité est ce qui e^Xaprimordio, l'hérésie est ce qui est récent : on rejette donc l'hérésie pour sa nouveauté sans entrer dans plus de détail, « sine retractatu doctrinarum » : mais cette méthode est de nature dans les choses de la religion à inspirer une juste défiance si on l'invoque seule et partout ^, La nouveauté d'une doctrine suffit à la juger, l'on doit cependant entrer dans la critique détaillée de cette doctrine, si l'on veut défendre efTicacement les esprits contre ses surprises, et ne pas paraître condamner sans examen '.

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