‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 149 sur 216 · Comment, in kat, xvi, 21 (XIII · texte numérisé non relu

Comment, in kat, xvi, 21 (XIII

La sévérité d'Origène pour le clergé tient à l'éminente fonction que, dans l'économie de Dieu, il lui reconnaît. Si, en effet, l'Église est un édifice, les évêques et les prêtres en sont la toiture, faite de cèdres et de cyprès : les cyprès sont des arbres robustes et parfumés, les cèdres sont incorruptibles et parfumés aussi : symbole de la vertu et de la science qui doit être celle des prêtres et des évêques ^ Si on requiertdu clergé qu'il se juge d'abord lui-même, c'est qu'il a mission de juger le peuple : « Penses-tu échapper au jugement de Dieu? dit saint Paul, non awx princes du siècle, aux rois du monde, mais aux chefs et princes des églises, c'est à savoir aux évêques, aux prêtres, aux dia cres ; à ceux-là il dit qu'ils ne doivent pas croire qu'ils échapperont au jugement de Dieu, s'ils commettent ce sur quoi ils jugent et condamnent les autres ^ » . Gothoniel a été fait juge en Israël parce que le saint Esprit était sur lui et qu'il jugeait Israël par le saint Esprit : « Sunt ergo omnium hodie ecclesiarum quae sunt sub caelo quamplurimi iudices, quibus ludi" cium non solum rerum gestarum datum est sed et animarum : verum nescio si qui taies Ecclesiae iudices sunt quos dignos faciet Deus Spiritu sancto repleri^, » Que le pontife imite Moïse et Aaron, qu'il ne quitte pas le tabernacle du Seigneur : le pontife doit méditer les saintes Écritures ou instruire le peuple. Qu'il enseigne ce qu'il aura appris

1. JnCantic. lib. m (xni, 149). CUn Genea. homil. xvn, 6 (xni, 259).

2. Comment, in Rom. u, 2 (XIV, 873) : • Ecclesiarum rectoribus et principibuB luquUur, his videlicet qui iudicant eos qui intus sunt, id est episcopis vel presbyteris et diaconibus... si ea committant ipsi de quibus alios iudicant et condamnant. > In Ezech. hom. v, 4 : • Quid mihi prodestquia priorsedeo in cathedra resupinus, honorem maioris accipio, necpossum babere dignitate mea opéra coDdigna?>(XIII,707.)

3. In ludic. homil. m, 3 (XU, 964). Cf. Oracula Sibyllina, ii, 264-2G7.

de Dieu, ce que le saint Esprit lui aura communiqué ^ Observons qu'Origène requiert des évêques qu'ils soient dignes d'être remplis du saint Esprit. Nous touchons ici à un point de doctrine très particulier et sur lequel Origène est à plusieurs reprises revenu. Les églises sont trop riches et les honneurs y sont trop recherchés pour que l'hypocrisie ne se multiplie pas :

Sunt quidam et martyrii simulatores; quidam autem episcopatus, val presbyteratus, vel diaconatns, vel ecclesiasticae scientiae et doctrinae, tantum personas et ostentationera virtutum habentes, vere autem sunt inimici earumdem virtutum quas simulant 2.

On comprend en grande rigueur des martyrs simulés, mais comment des évêques véritables peuventils simuler l'épiscopat, des prêtres la prêtrise, des diacres le diaconat ? Ils n'en ont que le personnage, assure Origène, et ils sont les ennemis des vertus qu'ils simulent : est-ce donc que leur indignité leur enlèverait les pouvoirs de leur ordre ?

Ailleurs, parlant du pouvoir de sanctification attaché à a la parole de Dieu et à la prière », et ces expressions font penser à la liturgie sacramentaire, Origène écrit :

1. In Levil. homil. yii, 2 (XII, 478). Comparer les traits que nous Tenons de signaler aax assertions suivantes de M. Harnack: « La hiérarchie n'a aucune signification dans l'ecclésiologie de Clément d'Alexandrie. Origène est entièrement d'accord avec lui sur ce point : lui aussi, il part de l'idée que l'Église est une société céleste et une sainte société de croyants, et il ne perd jamais de vue celte idée. Lui aussi, il ne peut s'empêcher, comme Clément, par opposition aux hérétiques, d'identifier l'Église catholique, en tant qu'elle est l'Église de la vraie doctrine, de l'identifier avec cette Église [invisible]. Mais pareillement il est loin de toute [conception] hiérarchique [de l'Église] ». Dogmengeschichte, t. 1*, p. -lii. Autant chez Bigg, Christian Platonists, p. 213.

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