‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 154 sur 216 · In Num. homil. xvi, 9 (XII · texte numérisé non relu

In Num. homil. xvi, 9 (XII

4. • La théorie qui fait des évêques les successeurs des apôtres, et qui leur attribue ud office apostolique, peut être considérée œmme ane théorie occidentale qui très lentement et peu à peu a été adoptée en Orient... Il est très important de noter que Clément d'Alexandrie ignore complètement la théorie du rôle des évêques dans la Térification de la vérité ecclésiastique... Origène est, au fond, du même sentiment que son prédécesseur. Cependant de nombreux passages dans ses écrits et avant tout sa propre histoire, montrent que de son temps déjà à Alexandrie l'épiscopat était singulièremeut fort et revendiquait les mêmes qualités et les mêmes droits qu'en Occident... Clément d'Alexandrie représente une étape plus ancienne, tandis que, au temps d'Origène, la révoLutioa est achevée. » Harnack, Dogmengeschichte, t. I*, p. 403. — On voit si les faits répondent à ces assertions l

douze apôtres, un Evangile selon saint Thomas, un És^angile selon saint Mathias, et l'évangile qu'a osé écrire Basilide et qu'il a appelé de son nom. Mais il n'y a que quatre évangiles sûrs : « Quatuor tantum euangelia sunt probata, e quitus sub persona Doinini et SaWatoris nostri proferenda sunt dogmata. » De tous les évangiles qui circulent « nihil aliud probamuSj nisi quod Ecclesia^ ».

L'Écriture des deux Testaments se clôt sur les livres des apôtres, après quoi il n'y a plus d'Ecriture. L'Eglise n'ajoute rien à ce canon maintenant fermé, pas même de prophétie, en quoi elle n'est pas imitée par les hérétiques : « Sola Ecclesia neque subtrahit..., neque addit quasi prophetiam aliud aliquid^. » Ces derniers mots font allusion au montanisme^, et s'expriment à son sujet comme faisait le Muratorianum.

Les Écritures, à condition qu'on les interprète dans leur sens spirituel, non dans la matérialité de leur sens littéral, ne sont pas faites de mots humains, écrites qu'elles ont été par l'inspiration du saint Esprit et sur l'ordre du Père pour Jésus-Christ : elles nous ont été données et confiées pour confirmer ceux qui observent « le canon de la céleste Eglise de Jésus- Christ selon la succession des apôtres ■* » .

1. In Luc. homil. i (Xin, 1803). Cf. In Mat. Gomment, ser. 28 (1638) : « ... eccicsiarum caBonem non requirentes ». Sur la fermeté du canon scripturaire d'Origéne, voyez Bardemhewer, t. n, p. 13S (contre Koet- 80BA0)-

3. In Hat. comment, ser. 47 (xni, 1668). Cf. id. 9â (1637) : • Nemo ati débet ad conflrmationem dogmatum libris qui sunt extra canonizatas scripturas. > Id. ^ (1667) : « Canonicas scripturas in quibus omnis christianus consentit et crédit. »

3. Voyez le jugement sévère que porte sur lui Origëne, In Mat. comment, ser. 28 (1637), et In epist. ad Philem. fragm. (XIV, 1806).

♦. Periarchon, iv, 9 (360) : tou xavovoç ttjç 'I»)aoù Hpunw xaxà SiaSoxv|v Tûv â7to(7T6),<«)v oùpavfou èxx/riffîac L'épithète oùpàvtoç doit s'ei^tendre au sens de divine, et non comme l'antithèse de terrestre,

OniGÈNE ET L'ORTHODOXIE GRECQUE. 376

La foi élémentaire e8t enfermée dans le symbole baptismale La parole du Deutéronome, Aegyptius tertia generatione intrabit in ecclesiam Dei (Deut. XXIII, 8), s'entend du fidèle qui croit à la Trinité : « Credo propter ftdem Patris et Filii et Spiritus sancdy m quam crédit omnis qui sociatur Ecclesiae Dei^ tertiam generationem mystice dictam*. » Les cordes qui soutiennent le vélum du tabernacle figurent cette même foi baptismale : « Fiinis enim triplex non rumpitury quae est Trinitatis fides, ex qua dependet et perquam sustinetur omnis Ecclesia*. » Origène, à plusieurs reprises, parle du symbole baptismal en termes assez précis pour que l'on puisse aisément reconnaître la trame et reconstituer la teneur du sjrmbole auquel il se réfère. Il montre en même temps comment les articles qui le composent suffisent à condamner les erreurs des hérétiques du temps"*.

Dieu a pourvu son Eglise d'un magistère vivant, qui enseigne le canon ecclésiastique de la foi, mais qui s'exerce aussi à l'approfondir et aie dépasser. « Observons, dit Origène, que les apôtres, en prôchant la foi du Christ, manifestèrent à tous, même aux moins avancés dans l'intelligence des choses de Dieu, les articles jugés nécessaires, réservant d'en rechercher les causes profondes à ceux qui auraient reçu de l'Esprit saint les dons excellents de discours, de sagesse et de science : ils se contentèrent d'énoncer le reste,

1. Sur l'existence à Alexandrie d'an symbole baptismal, voyez le témoignage de Denys d'A. dans Klskb. H. E. vu, 8, reprochant à Novatien de renverser la profession de foi qui se fait avant le baptême : To youTpôv t6 ày'ov xaî tqv te «pà oùtoù iï(<jtiv xal ô|io)oYiav. Kat- TEKBcscB, t. I, p. 3M. Le symbole d'Ori«ène dans Hahh, Symbole, p. 11-48.

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