Ibid
S. Ibid. Cf. In Levit.\homil. vn, 4 (XU, 484) : . ... christianis quibus apostolicorum dictorum chara esse débet auctoritas. Si quis vero arrogantia tumidus apostolica dicta contemnit aut spernit, ipse vident. Mibi autem, aient Deo et Domino nostro lesu Christo, ita et apostolis eius adhaerere bonura est, et ex divinis scripturis secundum ipsornm traditionem intellegentiam capere. » Voyez la description la plus complète des hérésies dénoDCées par Origéne, dans In epislul. ad. Tit. fragm. (XIV, 1303).
4. In ptalm. xxxvi homil.m, 41 (XII, 1347). Origéne a recours à une autre comparaison. Comment, in Rom. x, 5 (xiv, 1236) : « Sicut piratae soient in mari in locis vadosis occultisque scopnlis, per obscurum Doctis lumen accendere, quo navigantes sub spe confugiendi ad portum salutis, ad naufragia perditionis invitent; ita et istud lumen falsae sapientiae vel falsae fidei [haereticorum] a principibns mundi et spiritibus aeris hnius accenditur, non per quod évadant, sed per quod pereant homines mundi huius lluctus et vitae pelagus navigantes •. La traduction est ici de Rufin. — Ailleurs il compare les hérésies aux portes de l'enfer qui ne prévaudront pas contre
Le maître ecclésiastique, car une prescription générale ne suffît pas, doit prendre l'erreur en ellemême, descendre sur son terrain, rétorquer ses raisons, la réfuter par les méthodes qu'elle préconise. « Sous couleur de science, les hétérodoxes s'insurgent contre la sainte Église de Dieu^ ils multiplient les livres où ils promettent d'expliquer les préceptes évangéliques et apostoliques : si nous gardons le silence, si nous ne leur opposons pas les dogmes salutaires et vrais, ils s'empareront des âmes qui ont faim de la nourriture qui sauve, et qui se jettent sur les viandes défendues, souillées vraiment et abottiinables. Voilà pourquoi il me paraît nécessaire que celui qui peut prendre la défense de l'enseignement ecclésiastique, sans en rien altérer, et qui peut réfuter ceux qui se réclament de la fausse science (i|/ei>8wvufji,ov Yvwffiv), résiste en face aux hérétiques et à leurs mensonges, leur oppose la sublimité de l'enseignement évangélique (to ô^oç Toû eOwYyeXixou xrjpuYfAaToç), la plénitude harmonieuse des dogmes communs à l'Ancien et au Nouveau Testament^. »
Le magistère des doctores ecclesiae suffîra-t-il à protéger l'Eglise contre les entreprises de l'hérésie ? La vérité est-elle toujours si évidente, qu'elle s'im-
l'Église : luaato; tûv âtepoSdÇwv xal Y^wriffâvTwv iJ'euSwvwfJ.ôv Tiva Yvwffiv, (j)Xo66txricrev fiSou iruXrjv, àXXrjv jièv Mapxfwv, xai BaaiXtSr); àX).T)v, xal OùaXevTtvoç (SXXtiv. Comment, in Mat. tu», dî (Xin, 1008).
\. Comment, in loa. frag^m. (XIV, 196) : vùv 6è Trpoçétffei Yvtàffswç ènaviTTaixévwv twv éTepoSôîwv t^ «yta xoy 6eoû àxxXyiffîqt xtX. Notons au passage l'expression « la sainte Église ».
2. Comment, in loa. 1. c. Rapprochez Periarehon, u, 3 (XI, 201): « Sed qaouiam soient interdum huius haeresis assertores par deceptiosa quaedam sophismata simpliciorum quorumque corda decipere atisurdum non puto si eliam ea quae in assertionibus suis proferre Si' lent, proponentes subreptionem eorum ac mendacia, confute-
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OHIGÈNE ET LORTHODOXIE GRECQUE. 388
pose, et que toute controverse ait une fin? L'optimisme d'Origène et sa confiance ingénue dans les méthodes qu'il pratique se trahissent ici vraiment.
Qui scripturam legit et aliter quam scripta est accipit, Scripturam mendaciter videt. Qui vero audit Scripturam ut se veritatis intellectus habet et sic eam interpretatur, Tidet veritatem * .
Ces deux axiomes sont d'une grande candeur. Combien la défiance d'Irénée et de Tertullien était plus avertie! Origène ajoute aussitôt, en effet :
Audi haereticos, quomodo traditiones apostolorum habere se dicant. Audi falsos magistros, quomodo affirmant doctrinam suam Domini esse doctrinam, sensum suum congruere sensui prophetarum. et dicunt : Baec dicit Dominus 2.
Et qu'est-ce à dire, sinon que ceux qu'Origène traite là d'hérétiques et de faux maîtres, justifient leur enseignement par le critère d'Irénée? par la conformité de cet enseignement avec la tradition apostolique, l'autorité des prophètes, du Seigneur, des apôtres? Il se trouvera un doctor ecclesiae pour démontrer à ces faux maîtres leur erreur : mais qui démontrera que lui-même ne se trompe pas ?
Orate pro nobis ut sermones nostri non sint falsi. Licot quidam homines ignorantia iudicii eos asserant falsos, Dominus non dicat, et recte nobiscum agetur. Si vero mille hominum eos dixerint veros, iudicio porro Dei fuerint falsi, quid mihi proderitî Dicunt et Marcionitae magistri sui veros esse sermones; dicunt et Valentini ro-
1. In Much.homil. ii,&(xni, 686), 3. Ibid. Cf. homil. ni, 4 (td. 730).
bustissimam sectam \ qui fabularum eius commenta suseipiunt. Quae utilitas, quia plurimi Ecclesiae haeretica pravitate decepti in eorum conspiravere sententiam? Hoc est quod quaeritur, ut Dominus sermonum meorum testis assistât, ut ipse comprobet quae dicuntur sanctarum testimonio Scripturarum^.
Origène en appelle à un jugement de Dieu, qui s'identifie avec le témoignage de l'Écriture : toujours le rouet. Mais, en dernière analyse, Origène sait bien que le mot décisif en ces sortes d'hésitations publiques appartient à l'autorité, qui est ici celle des évêques. Il ne le dit pas avec la clarté que nous souhaiterions, il le dit pourtant, et nous n'en voulons pour preuve que le commentaire qu'il fait du passage relatif aux encensoirs de Coré, de Dathan, et d'Abipon, encensoirs que Moïse fit appliquer en lames sur l'autel des holocaustes, après la mort des trois rebelles. Voici comment s'exprime Origène.
Si apud homines hodie ludicaretur haec causa, et apud ecclesiarum principes haberetur examen de iis, verbi causa, qui di versa ab ecclesiis docentes divinae vindictae pertulerint ultionem, nonne iudicarent ut si quid locuti sunt, si quid docuerunt, si quid etiam scriptum reliquerunt, universa pariter cum ipsorum cineribus dépérirent? Sed non sunt iudicia Dei sicut iudicia nostra '.
Voilà bien le cas d'un chrétien qui enseigne par la parole et par le livre des opinions hétérodoxes : il est condamné, par qui? par Dieu même, car Origène
1. Le texte (cette traduction latine est de saint Jérôme) est trop elliptique pour n'être pas fautif.