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3. Ibid. Cette Yonion latine est de Rofin. Je voadrais être sûr que le mot eatholieam est une expression d'Origène, qui disait de préférence ecelesiasticatn. Mais la pensée exprimée là par Origène est bien aleiandrine. Comparez Clément. Strotnat. i, 3 (VIII, 709 B).
l'éguse naissante. 25
886 L'É&LÎSE NAISSANTE ET LE CATHQLIClgME.
Lji théorie du développement du dogme, celle de Bossuet, est dans ces quelques mots profonds et justes. Mais n'oublions pas que le thème d'Origène est ici de montrer que la surveillance de ce travail dogmatique appartient au ministère des évéques dont le pontificat de Moïse est la figure. Les églises sont régies par eux dans Tordre des mœurs et de la discipline * ; elles sont régies pareillement dans l'ortjre de la doctrine'.
Ce droit divin des évêques s'exerce constamment. L'histoire personnelle d'Origène le prouve assez. Son contemporain, l'évêque de Bostra, Bérylle, fait la même expérience*. Les conciles d'évéques sont ^u temps d'Origène uiie institution en pleine vigueur en Egypte et en Orient. TertuUien parlait déjà des « concilia ex universis ecclesiis » qui avaient coutume de se tenir « per Graecias » , les pays de langue grecque ^.
4. L'analogie est rigoureuse entre l'ordre des mœurs et l'ordre des opinions, et Origène lui-même l'a observé, In Mat. comment, ser. 33 (XIII, 1644) : t Halum est invenire aliquem secundum mores vitae errantem, multo autem peins arbitror esse in dogmatibus aberrare et non secundum verissimam regulam Scripturaruin sentire. Quoniam si in peccatis mortalibus puniendi sumus, amplius propter dogmata falsa peccantes. » Cf. Inpsalm. xxxyii, homil. i, 1 (XII, 371) : « Necesse est eum qui peccat argui... Nos qui episcopi arguent is iracundiam ferre non possumus... »
8. Cf. In Num. homil. xii, 2 (XII, 660), parlant des apôtres, qu'il appelle des rois, Origène dit : « Si reges a regendo dicuntur, omnes utique qui ecclesias Dei regunt reges mérite appellabuntur, multo autem rectius ilii qui et ilios ipsos dictis atque scriptis suis regunt a quibus reguntur ecclesiae. »
3. Hefele, Hist. des conciles (éd. de Farnboroagh), t. I, p. 1S6-16<i.
4. Tertdll. De ieiun. 13. Cf. FremuÀN. inter Gtprian. Épiitul. lxxv, 4 : < Qua ex causa necessario apud nos fit ut per singulos annos aeniores et pracpobîti in unum conveniamus ad clispop«n(|fi ea qp^ë curae nostraecoramissatunt, ut si qua graviora soDt commuai consilio dirigantur. •
On aura peut-être observé au cours des pag^s précédentes, qu'Origène dit avec insistance le plua souvent « les églises » . Il faut que, à notre tour, noua insistions sur cette expression caractéristique.
Origène considère la chrétienté surtout comme une dispersion d'églises. Dieu, pour vaincre la malice des démons, a voulu que, en tout lieu de 1% terre habitée, des églises s'établissent, qui feraient contraste par leur vie pure avec ce qu'Origène ap-i pelle les « églises de la superstition, de l'intempé* rance et de l'injustice ». Et les églises de Dieu, ins"» truites par le Christ, si on les compare aux églises des païens dont elles sont voisines, brillent vraiment comme des astres dans le monde ' . L'intérêt de M texte tient à ce que le nom d'église y est donné p%? Origène aux cités païennes : Origène s'est sans doute rappelé que le mot IxxXti(i{« a en grec un sens purement politique, et désigne l'assemblée délibérante des citoyens d'une cité comme Ephèse, par exemple. Mais n'est-ce pas aussi qu'Origène conçoit une église chrétienne sur le type d'une cité ?
L'église de Dieu qui esta Athènes, dit-il, est douce et stable, tandis que re'xxXiriffia des Athéniens est turbulente et ne peut être comparée à l'église de Dieu qui est là. On dira la même chose de l'église de Dieu qui est à Corinthe et de l'église du peuple ou déme des
1. Contra CeU. m, » (XI, 967):... i^Koi■T^at iravraxoû Tficolxov|AiviK... yevéaOai itavToyoû éxxXr,o(a; àvTiitoXiTeuoiiéva; êxxlriffiaiç SdaiJaifi^ vwv %a\ àxoXào-Twv xal à5txa>v. Toiaùta yàp ta itavTaxoù iio).iTeué|Uv« èv Tatç èxxXKiacai; vûv irôXetov izl-f]^. Al 8è toO etoû Xpiat»^ |iadif|reuteloai 4xx>T)ff lat, <ruveÇeTaÇ6|j.£vai Tak &v «apoixoû^i fiT^|i«v èxxXnaltuç, c!k fOMTTfipé^ slotv ht tû xiéa{Mp.
Corinthiens. Autant de l'église de Dieu qui est à Alexandrie et de l'église du dême des Alexandrins. Admirons, poursuit-il, le dessein qui a fait que les églises de Dieu fussent ainsi juxtaposées aux églises populaires partout en chaque cité '.
Comparez la curie ou ^ouXt^ de l'église de Dieu et la poxikri de la cité : vous verrez que parmi les membres de la curie de l'église, il s'en trouve qui sont dignes d'administrer la cité de Dieu 2, tandis que nulle part les curiales des cités ne justifient par leurs vertus le pouvoir qu'ils ont sur les autres citoyens. Comparez vous-même l'archonte de chaque église à l'archonte de la cité, et vous estimerez que nos archontes dans l'église de Dieu, si imparfaits qu'ils soient parfois, sont bien supérieurs pour la valeur morale^. Origène, en tout ceci, développe l'analogie de l'église et de la cité : le presbyterium devient une curie, l'évêque un archonte, l'église locale une « cité de Dieu », une « patrie selon Dieu * ».
Toute la terre est ainsi remplie d'églises *.