Epittul. XIV
t. Ibid. Cf. Epistul. xxxiT, 4. Sobm, p. 334, appelle l'attention sur !a nuance qu'il y a entre eontilium et consensus : l'évêque demande aux prêtres leur consilium, au peuple son consensus. « Die Gemeindeversammlnng sagt nur Ja •.
3. Epistul. Lxvii, 3. Cf. xiix, 4. — Voyez dans la Passsio Montani, •4 (Aeta sanctorum februarii, t. m, p. 446), le discours du martyi- Flavianus, recommandant aux fidèles le prêtre Lucianus pour remplacer Cyprien qui vient de mourir.
et le vêtir ^ . — Au plus fort de la persécution de Dèce, Gyprien, absent de Carthage, écrit à son clergé, prêtres et diacres, de ne pas cesser leurs secours aux veuves, aux malades, à tous les pauvres, et pareillement aux voyageurs indigents. Gyprien a laissé des fonds entre les mains d'un de ses prêtres, et, de crainte que ces fonds ne soient épuisés déjà, il en envoie de nouveaux, par un acolyte '. — Des églises de Numidie ont été victimes de courses de Berbères, une foule de chrétiens emmenés prisonniers : les évêques de Numidie font appel à la charité de réglise de Garthage pour racheter les captifs. Nous avons la lettre où Gyprien remercie les évêques de ces églises éprouvées de l'avoir mis à même de les secourir dans leur détresse : une collecte a été faite à Garthage entre le clergé et les fidèles : Gyprien envoie ainsi aux évêques de Numidie une somme qui n'est pas moindre de cent mille sesterces'. Et il joint le nom des donateurs, pour que ces noms puissent être rappelés dans les prières des églises qu'ils ont secourues.
La fraternité des membres de l'église persévère jusque dans la mort. Les fidèles sont enterrés ensemble dans les mêmes cimetières. C'est une impiété
1. Epistul. II, 2 : • Quod si illic ecclesia non sufilcit ut laborantibus praestet alimenta, poterit se ad nos transferre, et hic quod sibi ad victum atque ad vestitum necessarium fuerit accipere. »
2. Epistul. vn, 1 : • Yiduarum et infirmorum et omnium pauperum curam peto diligenter habeatiâ. Sed et peregrinis ai qui indigentes fueriut snmptus suggeratia de quantitate mea propria quam apud Rogatianum compresbyterum nostrum dimisi. Quae quantitasne forte iam univers» erogata sit, misi eidem per Naricum acoluthum aliam portiouem, ul largiui et promptius circt laborantes fiât operatio. > Pareilles instructions dans Epistul. t, 1. De même Epistul. xut, 6 (dans la variante du Codex remensis).
3. Epistul. Lxu, 4 : « Misimus autem sestertia centum milia nummorum, quae iatic in ecclesia oui de Domini indulgentia praesumus eleri et plebisapud nos consistentis collatione collocta sunt, quae vos illic pro vestra diligentia ditp«ns«bitis >. Centmill* sesterceB font de tO à SK mille frauM.
d'accepter l'hospitalité posthume d'un sépulcre païen et de consentir à dormir son dernier sommeil parmi des morts étrangers à la foi chrétienne ^ .
L'église de Carthage, pas plus qu'aucune autre, n'est une église ouverte, car l'évéque, qui en est le chef et le fondement, a le droit de rompre tout rapport avec qui il juge nécessaire de rompre : la cité antique exilait, l'évéque excommunie, et c'est lui qui est le dispensateur de la communion. Il faut ici entendre communion au sens le plus compréhensif, car le mot implique, avec la participation aux saints mystères, le fait d'appartenir à la communauté chrétienne, à sa fraternité spirituelle et à sa solidarité matérielle 2. Cyprien, prononçant l'excommunication de Félicissimus, se borne à dire : « Abstentum se a nohis sciât ». Et il ajoute que pareille peine sera celle de quiconque se joindra à Félicissimus : « Quisque se conspirationi et factioni eius adiunxerit sciât se in ecclesia nobiscum communicaturum non esse * ». On a dans
1. Epistul. Lxvii, 6 : • Martialis praeter gentiliam turpia et lutulenta convivia in collegio diu frequentata, et filios in eodem collegio exterarum gentiam more apud profana sepulcra depositos et alienigenis coûsepultos... > Martial est l'évéque espagnol dont il sera question plus loin (p. 451).
3. Epistul. Lv, 34 : • Quisque ille est et qualiscumque est, ehristianusnoD est qui in Ghristi ecclesia non est. lactet se licet et pliilosophiam veleloquentiam suam superbis vocibus praedicet, qui nec fraternam caritatem nec ecclesiasticani unitatem tenult, etiara quod prius fuer&t amisit. » Cyprien parle là de Novatien hérétique déclaré. Aux excommuniés il applique avec une rigueur absolue la maxime : Hors de l'Eglise pas de salut : « Superbi et contumaces 7iecantiii-, dum de ecclesia eiciuntur : ueque enim vivere foris possuiit, cura domus Dei una sit et nemini salus esse nisi in ecclesia possit. • Epislul. iv, 4. Cette épître iv est antérieure à la crise novatienne.
3. Epistul. xu, *. Cf. xuu, 1 : • Si quis... In Felicissinii et satellitam eius partes concesserit et se haereticae factioni coniunxerit, sciât
la correspondance de Cyprien le communiqué officiel, si on peut ainsi dire, par lequel les prêtres de Carthage notifient l'excommunication de Félicissimus et de six de ses adhérents*. L'excommunication n'est pas prononcée sans une information préalable, information conduite par l'évêque et son presbyterium : la sentence portée par l'évêque est notifiée au peuple ^. La réconciliation des excommuniés est un acte public, dont nous fournit une description émouvante la lettre adressée à Cyprien par le pape Cornélius. Il s'agit d'un prêtre, Maximus, et de deux confesseurs romains, Urbanus et Sidonius, qui reviennent à l'église catholique en abandonnant le parti de Novatien. Cornélius les fait d'abord interroger par des prêtres pour éprouver leur sincérité. Rapport est fait à Cornélius qui ordonne de convoquer le presbyterium. Cinq évêques étrangers, qui, ce jour-là, étaient présents à Rome, prennent part comme de droit à cette délibération du presbyterium. On délibère à huis clos, semble-t-il bien, et chacun des délibérants exprime son avis, dont procès-verbal est rédigé séance tenante. Après quoi les trois coupables sont introduits devant le presbyterium : avec eux viennent des fidèles en foule qui se sont joints aux
se postea ad ecclesiam redire et com episcopis et pleb^ Christi communicare non posse. >
1. Epistul. XLii : « Àbslinaimus a communicatione Felicissimura et Augendum, item Repostum de extorribus et Irenem Rutilorum et Paulam sarcinatricem... Item abstiniiimus Sophroniam et ipsum de extorribus Soliassum badinarium. >
S. Epistul. xu, 3 : « [Felicissimns] abstentum se a nobis sciât, quando ad fraudes eius et rapinas quas dilucida veritate cognovimus, adulteiii etiam crimen accedit, quod fratres nostri graves viri deprehendisse se nuntiaverunt ». La lettre est adressée par Cyprien, non à son peuple, maii à ses prêtres. Rapprocliez Tertdlli. Apologet. 39 : • ludicatur magno cum pondère... Praesident probati qniqne seniores. >
trois coupables pour intercéder en leur faveur. Maximus, Urbanus et Sidonius prennent la parole, rétractant leur erreur et affirmant que leur cœur n'a jamais quitté la vraie église : « Cor nostrum semper in eccl&sia fuit », et qu'il ne doit y avoir qu'un évéque dans la catholique, « unum episeopum in Catholica esse debere ». Cornélius alors prononce la réintégration du prêtre Maximus à son rang de prêtre, et des deux confesseurs dans l'église, « cum ingenti populi suffragio* ». Nous avons là tout l'appareil d'un jugement. La procédure que nous venons de décrire n'est pas strictement celle qui s'applique aux pénitents, bien qu'elle s'en rapproche beaucoup. Les péchés commis après le baptême sont, par un effet de la bonté de Dieu, rémissibles : Dieu, nous ayant conféré l'innocence par le baptême, n'a pas entendu nous enfermer dans le précepte d'une innocence irréalisable, 11 nous permet deréparernos fautes par des aumônes*, mais il est des fautes d'une gravité particulière qui ne peuvent être réparées ainsi en forme privée : tels sont l'adultère, le dol et l'homicide ^. Les faillis,
1. Epistul. xux. 1-3 : « Omm «ctu ad me penato placuit contrahi presbyterium. Adfuerant etiam episcopi quinque, qui et eo die praesentes fueruut... Sententias nostras placuit in notitiam vestram perferri, quas et subiectas leges. His ila geslis in presbyterium venerunt Maximus, Urbanus, Sidonius et plerique fratres qui eis se adiunxerant, summis precibus desiderantes ut... Quorum voluntate cognita magnus fraternilatisconcursus faclus... Quapropter iussimus... • Comparez les formes du jugement par lequel saint Cyprien est condamné a mort par le proconsul. Acta procontularia, 3-4 (Hartel, t. in, p. cxii).