‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 181 sur 216 · Harnack, Dogmengeschichte, 1. 1*, p. 4'6. Loofs, p · texte numérisé non relu

Harnack, Dogmengeschichte, 1. 1*, p. 4'6. Loofs, p

3. ce sujet vient d'être repris par H. Koch, Cyprian und der rômi' sehe Primat (Leipzig 4910).

Cyprien était évêque de Carthage depuis environ un an., quand la persécution de Dèce éclata (automne 249) . Cyprien quitta Cartilage et trouva une retraite sûre, d'où il restait en communication journalière avec son église, éprouvée, hélas ! moins par le nombre de ses martyrs, que par le nombre de ses chrétiens défaillants, les lapsi. Au plus fort de la persécution, au moment où les défaillances se multipliaient, Cyprien, dans sa retraite, reçut une requête de quatre prêtres carthaginois, qui lui demandaient de les autoriser à réconcilier eux-mêmes les lapsi, sans pénitence, et simplement sur le vu d'un billet de quelque martyr ou confesseur de la foi. Cette requête soulevait la question de savoir si un apostat pouvait être réconcilié, encore qu'il semblât bien que Cyprien et son clergé inclinassent unanimement vers l'indulgence sur ce point. Cette requête soulevait une question plus inopinée, qui était de savoir si un martyr pouvait, par son intercession en faveur d'un failli, le dispenser des exercices satisfactoires de la pénitence et en somme le déclarer absous de sa faute, les prêtres n'ayant plus qu'à ratifier cette absolution en recevant

le failli à la communion. Les martyrs s'arrogeaient là un pouvoir réservé à l'évoque. Cyprien refusa de répondre à la requête des quatre prêtres carthaginois, déclarani sa volonté de différer Texamen du cas au temps de son retour, où il pourrait alors en traiter avec son clergé et son peuple ^

Mais certains prêtres, les mêmes apparemment qui avaient écrit, passèrent outre à la décision de Cyprien, et ne craignirent pas de donner la communion aux lapsi, sans délai, sans pénitence, sur le simple billet d'un martyr 2. Le clergé fidèle, dans le désarroi, insista auprès de Cyprien. Celui-ci se décida donc à répondre provisoirement : les lapsij qui auraient reçu le billet d'intercession de quelque martyr, seraient réconciliés par les prêtres, mais seulement s'ils se trouvaient en péril de mort : sinon ils attendraient le retour de Cyprien '.

L'évêque de Carthage communiqua sa décision à nombre d'évéqueg ses collègues, qui lui répondirent que son sentiment était le leur, et que ce sentiment était conforme à la foi catholique^, laquelle, en effet, mettait aux mains de l'évêque la réconciliation aussi bien que le baptême. A Rome, où le clergé, qui administrait l'Église, le siège vacant depuis la mort du pape Fabien (20 janvier 250), penchait vers le rigorisme et reprochait à Cyprien ce qu'on appelait « sa fuite », on était cependant d'accord avec Cyprien sur l'opportunité qu'il y avait à attendre que la paix

1. EpistuL XIV, 4. Cette prétention des martyrs s'explique par la croyance en l'assistance donnée aux martyrs par le saint Esprit : le saint Esprit était ch eux. La prétention des martyrs carthaginois rejoint la iliéorie d'Origène sur le pouvoir des • spiritasls >.

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