‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 186 sur 216 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

simns à Carthage. L'unité est à obtenir avant tout en chaque église, parce que le Christ a voulu l'unité, et que l'unité est l'héritage que les apôtres ont transmis aux évéques leurs successeurs. Nous retrouverons ces arguments dans le De unitate.

En même temps qu'au pape Cornélius, il écrit aux confesseurs qui forment à Rome le parti de Novatien une lettre dans laquelle il rend hommage à la vertu qu'ils ont montrée au moment de la persécution, à la pureté des scrupules qui les ont conduits à croire que les lapsi ne devaient pas être réconciliés : mais il leur représente que l'attachement à l'unité de leur église est un devoir aussi, et qu'ils sont sans excuse pour avoir élu un évêque contre l'évêque légitime. En agissant de la sorte, ils sont allés contre l'ordre établi par Dieu, contre la loi évangélique, « contra institutionis catholicae unitatem- » : en consentant à avoir un évêque autre que l'évêque déjà reconnu, ils ont consenti à avoir une église autre que l'église, et cela est sacrilège et illicite ^ . — Cornélius ayant annoncé à Cyprien le retour à l'église légitime de quelques-uns des confesseurs, l'évêque de Carthage lui répond pour lui exprimer son allégresse de les voir « unitatis ac verîtatis domicilium repetisse », de les voir abandonner les « proditores fidei et ecclesiae catholicae impugnatores^ ». Quelques-uns de ceux qu'ils avaient à Carthage même gagnés à leur cause, reviennent aussi : la lumière a donc pénétré tous les cœurs, « et ecclesia catholica unaesse nec scindi nec dividipossemonstrata est^ ».

1. Epittul. XLVi.l : • ...contra insUtutionis catholicae unitatem aiium episcopum fieri conseosisse, id est, quod nec fas est nec licet fieri, ecclesiam alteram institui. •

S. Epislul. Li, 1.

3. Id. 2. Une équivoque est ici à dissiper. L'ùnitè prêëbée par Cy-

Cyprien, la persécution ayant pris fin, convoqua (mai 251) le concile de Garthage. Le concile eut d'abord à juger Felieissimus. On croit que Cyprien ne prit pas part à ce jugement, où il était en cause : la sentence fut rendue par ses collègues, qui en informèrent aussitôt le pape Cornélius ^ Les prêtres, qui étaient à la tête de la faction des /a/?sz carthaginois, furent condamnés, et avec eux fut condamné Felieissimus dont ils avaient fait leur diacre^, si bien ils tendaient à s'organiser en église séparée. Déjà d'ailleurs le plus compromis des prêtres de la faction des /ajosi carthaginois, Novatus, devançant la condamnation qu'il prévoyait inévitable, avait passé à Rome, où il avait été parmi les instigateurs de l'élection deNovatien'. A Carthage, dès avant que le concile eût condamné la faction schismatique, la cause de l'unité était donc gagnée.

Le traité De unitate ecclesiae fut publiée ce moment précis, où, tout étant rentré dans l'ordre à Carthage, il restait à résoudre à Rome la question de Novatien.

piien est l'unité en chaque église. Les termes « ecclesia catholica » s'entendent, ici, non de l'Église universelle, mais de chaque église : Cornélius écrivant à Fabius (Euseb. ff. E. vi, 43, \\) dit : 2va sTttffxoTrov Seî elvot èv xa6c>).tx^ iy.TÙ.y[ai(^. Cornélius n'a certainement pas voulu dire à l'évéque d'Antioche qu'il ne doit y avoir qu'un évêque dans la catholicité. Les confesseurs romains qui font leur soumission à Cornélius (f^ptA^uJ. XLix, 3) disent: < Nos Cornelium episcopum sanctissimae catholicae ecclosiae eleetum a Dec scimus..., nec ignoramus unum episcopum in catholica esse debere. > Même acception dans Epistul. XLV, 1. Le sens du mot « catholique » est donc déterminé par l'extension du mot • église >. Cette observation est très importante.

1. Epistul. XLV, 4. Sur l'absence de Cypnea au procès de Felieissimus, Benson, p. 132-133.

Page 1