Epistul. Lxvii
S. Id. &.
A cela Cyprien répond qu'il s'en tient au jugement des deux églises espagnoles. La plebs, écritil, celle qui a la crainte de Dieu, celle qui obéit aux préceptes du Seigneur, doit rompre avec son évêque s'il est pécheur, puisque, après tout, le droit lui appartient d'élire de dignes évêques et de récuser les indignes : « Plebs... a peccatore praeposito separare se débet, nec se ad sacrilegi sacerdotis sacrifie ia miscere, quando ipsa maxime habeat potestatem vel eligendi dignos sacerdotes, vel indignas recusandi*. » Mais si un appel à Rome met en péril l'autorité, quel autre danger dans ce droit de récuser les évêques indignes reconnu à la plebs en chaque église?
Il y a plus grave. Une tendance se fait jour ici dans la doctrine de Cyprien, une tendance analogue à celle que nous avons relevée chez Origène : on ne doit élever à l'épiscopat que des sujets intègres et sans tache, parce que nous devons être sûrs que, quand ils prient pour le peuple, ils sont écoutés de Dieu'. Le sacrifice offert par un évêque pécheur contamine le peuple qui participe à ce sacrifice ^. Dans un cas qu'il estimait pareil, celui de Fortunatianus évêque d' Assuras (en Afrique), déposé comme failli et qui s'obstinait à exercer le sacerdoce, Cyprien avait prononcé que ses fidèles devaient se séparer de lui, « quando nec oblatio sanctificari illic possit