Epistul. Lxix, 1. Cr
460 L'ÉGLISE NAISSANTE ET LE CATlîOLIGiSME.
il est dit : Hortus conclusus soror mea sponsa, fons signalas, puteus aquae vi^ae [Cant. iv, 12). L'Église est ce jardin fermé, fermé aux profanes et aux étrangers. Quiconque est dehors ne peut approcher de cette source scellée et de ce puits d'eau vive : il faut être dans le jardin fermé pour pouvoir baptiser de cette eau. L'Eglise est l'arche de Noë : qui donc a pu être sauvé en dehors de l'arche? Saint Paul a dit que le Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré pour elle, afin delà sanctifier, purgans eam lavacro aquae [Eph. v, 25-26) : qui donc pourrait espérer être purifié par ce bain hors de l'Église ^ ?
Mais, objectera-t-on, la foi des Novatiens est la même que la foi do l'Église. Non, réplique Cyprien, leur symbole n'est-pas le nôtre ou ils mentent en le professant : car l'Église est mentionnée dans ce symbole, or il n'ont pas d'Église; et la rémission des péchés par l'Église y est mentionnée semblablement, or ils ne croient pas à cette rémission par l'Église 2. Pour Dieu le Père, pour le Christ, pour l'Esprit saint, au nom de qui on baptise, ils y croient, nous le voulons bien: est-ce que Coré, Dathan et Abiron n'avaient pas la même foi que Moïse ? Ils n'en ont pas moins été frappés par Dieu. Or ils étaient moins coupables que Novatien, puisqu'ils ne disputaient à Aaron que l'encensoir, tandis que Novatien dispute « cathedram et primatum », la chaire et la primauté, et que du même coup il usurpe de donner le baptême et d'offrir le saint sacrifice, « baptizandi atque offerendi licentiam » [id. 8).