‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 201 sur 216 · EcscB. H. E. vn, S · texte numérisé non relu

EcscB. H. E. vn, S

S. Epistul. Lxxiv, 8 : • ... haereticomm amicus et inimicas christianorum sacerdoles Dei verilatem Christi et ecclesiae unitatem tuentes abstiiiendos putat. » Cyprien dénonce là Etienne comme ayant pensé à excommunier les évéquesde l'opposition, mais il n'a pasexcomma* nié. Cette interprétation est confirmée par un passage de la lettre de Firmilien (lxxv, 24), et un passage d'une lettre de Denys d'Alexandrie (EusEB. H. E. vu, 5, 4). Benson, p. 354. Duchesnb, Églises séparées, p. 147. Baroshbewer, t. II, p. 462. D'ÂLÈs, p. 38. L'argumentation en sens contraire de M. Tii.iiEL Jiist. du dogme de la pap. 1. 1, p. 157) ne nous a pas convaincu, et n'a pas convaincu Koch, p. 67-68.

Firmilien de Césarée, au nom des églises de Cappadoce, de Cilicie et de Galatie, répondit à Cyprien par une lettre qui avait sans doute été délibérée en synode, une lettre à laquelle sa qualité do disciple immédiat d'Origène ajoute un intérêt de plus, et qui est une si violente philippique contre le pape Etienne, que l'on comprend que les copistes hésitassent jadis à la reproduire dans leurs manuscrits ' !

L'Église catholique, pour Firmilien, est premièrement hiérarchique. Quelle erreur, quelle cécité, est de dire que les hérétiques administrent validement le baptême ou rémission des péchés! Qui parle ainsi, abandonne le fondement de l'Église qui par le Christ fut fondée sur une pierre unique et qui a donné l'Esprit saint aux seuls apôtres :

Potestas ergo peccatorum remittendorum* apostolis data est, et ecclesiis quas illi a Christo missi constituerunt, et episcopis qui eis ordinatione vicaria successerunt^.

Les apôtres ont reçu du Christ une potestas, qu'ils ont conférée aux églises par eux constituées et aux évêques qui sont leurs successeurs. Firmilien n'ex-

1. Sur l'authenticité de l'épître de Firmilien, voyez Bàrdenhewkk, t. II, p. 871, et Benson, p. 377-389. Il n'est pas douteux que Firmilien n'ait beaucoup pris aux lettres que lui avait communiquées Cyprien et qu'il ne lui renvoie l'écho de sa propre parole : Firmilien le dit lui-même (lxxv, 4).

i. Firmilien désigne la rémission baptismale des péchés. Cf. Sentent, epiicop. 17 (Fortunatus de Thucca'boris).

3. Epistul. LXXV, 16 : « Qualiserrorsit et quanta caecitas eius, qui remissionem peccatorum dicit apud synagogas haeretlcorum dari posse, nec permanet in fundamento unius ecclesiae quae semel a Christo super petram solidata est, hinc intellegi potest quod soli Petro Christus dixerit : Quaecumque ligaveris, etc. \Mat. xvi, 19], et iterum in euangelio quando in solos apostolos insuQlavit Christus dicens : Accipile spiritum, etc. [loa. xx, 22]. Potestas ergo... successerunt. Hostes autem unius catholicae ecclesiae, in qua nos sumus, et adversarii nostri qui apostolis successimus, sacerdotia sibi inlicita contra nos vindicantes et aRaria profana pcnentes, quid aliud sont quam Core et Dathan et Abiron? >

plique pas et serait sans doute fort en peine d'expliquer comment une église, en tant que telle, est dépositaire d'un pareil pouvoir : il ajoute donc aussitôt que les évêques sont les ministres de cette potestas, parce qu'ils succèdent aux apôtres et tiennent leur place. Combien nette est ici l'affirmation du caractère hiérarchique de l'Église et de l'apostolicité de cette hiérarchie! Sans l'évéque, point de baptême, point de sacerdoce, point d'autel, point d'église. Aux yeux de Firmilien, l'erreur du pape Etienne est impardonnable de reconnaître à des hérétiques, à des révoltés, à Coré, à Dathan, à Abiron, le pouvoir d'administrer validement le baptême, « maximum gratiae potestatem », et les autres sacrements de l'Eglise, « magna et caelestia Ecclesiae munera^ », dont la hiérarchie seule est dispensatrice.

Haeretici, si se ab Ecclesia Dei sciderint, nihil habere potestatis aut gratiae possunt, quando omnis potestas et gratia in Ecclesia constituta sit, ubi praesident maiores natu qui et baptizandi et manum imponendi et ordinandi habent potestatem (lxxv, 7).

L'hérétique ne peut ni ordonner, ni imposer les mains, ni baptiser, parce qu'il est « aliénas a spiritali et deifica sanctitate ». Cet article, dit Firmilien, depuis longtemps déjà a été défini par nous contre les hérétiques dans un concile tenu à Iconium, où étaient asfsemblés les évêques de Phrygie, de Galatie, de Cilicie et des régions voisines 2.

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