‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 202 sur 216 · Epittul. LXXV · texte numérisé non relu

Epittul. LXXV

2. Epiatul. LXXV, 7. Cf. id. 19: « In Iconio diligeatissime tractavimus et confinnavimus repudiandum esse omne omnino baptisma quod sii extra ecclesiam constitutum. >Ce concile d'Iconium a pu se tenir vers 230. Bexson, p. 348.

A quoi tiendra l'unité de cette hiérarchie? L'unité est de fait, Firmilien le sait et le sentiment qu'il en a est aussi vif que celui qu'en a Cyprien. lise réjouit de se sentir en communion avec l'évêque de Carthage, si loin pourtant ils sont l'un de l'autre, « quasi non unam tantum regionem tenenteSy sed in ipsa atque in eadem domo siinul inhabitantes* ». C'est une « unanimité de foi et de vérité » qu'il découvre et dont il rend grâces à Dieu, qui en est l'auteur.

Quod totum hoc fit divina unitate. Nam cum Dorainus unus atque idem sit qui habitat in nobis, coniungit ubique et copulat suos vinculo unitatis (lxxv, 3).

Unité fragile! Firmilien, comme Cyprien, se plaît à penser qu'elle s'accommode de diversité en tout ce qui n'est pas essentiel. Il rappelle qu'il y a diversité sur la date pascale « et circa multa alia diçinae rei sacramenta », entendant par là sans doute la liturgie. Rome n'est pas en tout d'accord avec Jérusalem : « In ceteris quoque plurimis provinciis multa pro locorum ethominum diversitate variantur, nec tamen propter hoc ah ecclesiae catholicae pace atque unitate aliquando discessum est » (lxxv, 6). Firmilien ne s'inquiète pas de la diversité, si sûr il est que l'unité est assurée parla vérité, la vérité par la tradition, la tradition par la hiérarchie. Il ne suppose pas qu'il soit besoin d'un juge des controverses. Il s'indigne que l'évêque de Rome se soit posé comme tel. Inhumanité, audace, insolence, cécité, absurdité, sottise, colère, une litanie d'injures suffît à peine à l'évêque de Césarée pour exprimer son indignation. Il la lui dit en face, et en quels termes !

i. Epittul, LXXV, i.

SAINT CyPRIEN ET ROME. 475

Quin immo tu haereticis omnibus peior es. Nam cum mde multi cognito errore suo ad te veniant ut Ecclesiae verum lumen accipiant, tu venientium errores adiuvas, et obscurato lumine ecclesiasticae veritatis tenebras haereticae noctis adcumulas (lxxv, 23).

On se demande avec tristesse ce qu'est devenue l'unité et la paix parmi ces invectives. La faute en est à l'évêque de Rome, assure Firmilien : « Lites enim et dissensiones quantas parasti per ecclesias totius mundi. » [id. 24).' A entendre Firmilien, Etienne est seul de son sentiment : il se sépare de toutes les autres églises ; il se fait lui-même « aconimunione ecclesiasticae unitatis apostatam » {ibid.) ; il ne craint pas « cum tôt episcopis per totum mundum dissentire » {id. 25). Firmilien ne pense pas un instant que le courage de l'évêque de Rome puisse lui venir de la certitude qu'il a d'être dans la tradition vraie, et que l'autorité d'évêque des évêques qu'il déploie dans l'intimation de la vérité soit l'autorité légitime du successeur de Pierre. Le rappel de la primauté romaine est, aux yeux de Firmilien, un signe d'orgueil et une usurpation.

Rome, ayant défini la loi, eut la longanimité de ne pas excommunier les églises qui en contestaient la légitimité ^ 11 avait dû se tenir, à l'automne de 256, dans tout l'Orient, des synodes d'évêques, qui avaient conclu à l'invalidité du baptême des hérétiques 2. Les relations furent suspendues, sans doute, entre Rome et les évêques d'Asie Mineure, comme elles étaient suspendues entre Rome et les évêques d'Afrique. Cette situation douloureuse dura jusqu'au 2 août

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