‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 206 sur 216 · MiNDT. Octav · texte numérisé non relu

MiNDT. Octav

froides, mais un profond et pathéticjue sentiment de la foi chrétienne.

La controverse baptismale a donc contribué à manifester dans le catholicisme son unité théorique et vivante. Elle a rappelé sa légitimité originelle, qui est d'être apostolique. La primauté romaine semble seule au premier abord en sortir amoindrie de ce qu'elle était à la fin du second siècle.

Lorsque, en effet, les Gallicans et les Joséphistes chercheront dans l'antiquité une autorité pour se couvrir, ils invoqueront l'évêque de Carthage ^' Les Anglicans et les Vieux catholiques citeront à l'envi les expressions peu mesurées échappées à saint Cyprien et à saint Firmilien dans leur conflit avec le pape Etienne, et exalteront l'indépendance irritée de l'attitude de ces saints primitifs envers le siège de Rome ^.

C'est oublier que, à des heures plus sereines, Cyprien « a reconnu au siège de Rome une importance particulière, parce que ce siège est celui de l'apôtre à qui le Christ a conféré en premier l'autorité apostolique, pour manifester par là avec une clarté parfaite l'unité de cette autorité et l'unité de l'Église qui repose sur elle, et aussi pour cette raison que, dans l'histoire des origines, l'église de ce siège a été la mère et la racine de l'Eglise catholique répandue sur

1. BossuET, Defensio declar. cleri gallicani, ix, 3-8, voyez surtout 4 : c sancti Stephani papae contra rebaptizationem decretum, tota Sedis apostolicae auctoritate factum, et tamen conciiii generalis sententiam merito expectatam. • Dcpin, De antiqua Ecclesiae disciplina {Paris i686), p. 344. FEBRONins, De statu Ecclesiae et de légitima potestate romani pontiflcis, cap. vr, § 9. Doellinger, La papauté, trad. franc. (Paris 1904), p. 3.

4. Voyez Reinkkns, Die Lehre des heiligen Cyprian von der Sinheit der Kirche (Wurzbnrgl873), p. 28-48. Langen, Geschichte der rOmisehen Kirche, t. I (Bonn 4881), p. 333-346. Lightfoot, Christian ministry, p. 96. PuLLER, The primitive saints and the see of Rome, 3» éd.(LondoD 1900), p. 49-72. GoRï, Roman catholie daims, 6» éd. (London 4897), p. 117-119. KocH, p. 144-157, reprend a. sûu compte la thèse des anglicans et des vieux catholiques.

SAINT CYPRIEiN KT ROME. 483

la terrp. Dans une crise diiiicile que Cyprien a traversée dans sa propre communauté [de Carthage], il en a appelé à Téglise romaine, à l'évêque de Rome, comme si la communion avec cette église était en soi la garantie de la vérité » ^ La concordia episcopo~ rurriy conditionnée par une primauté pareille, n'est plus vraiment du gallicanisme. Le fait romain traditionnel n'est pas méconnu par l'évêque au jugement de qui l'empereur Dèce, « tyrannus infestus sacerdo^ tibus », aurait préféré voir proclamer à Rome un compétiteur à l'empire, plutôt-que d'y voir élire un évêqiie en la personne de Cornélius ^. Le fait romain traditionnel n'est pas méconnu par qui a une fois parlé de cette « ecclesia principalis,unde unitas sacerdotalis exorta est » . et de la chaire de Rome comme de la place de Pierre, « lociis Pétri ».

4. HAi>.!«ii:K, Dogmeng. t. I*, p. 420. Cf. Loors, 'p. 809. M. Koch, qni veut que la papauté soit « un produit de l'histoire, une création des contingences de temps et des personnalités fortes » (p. 446), esl»bUgé de reconnaître que dés le m' siècle Rome avait ce qu'il appelle « das charisma der Gesetzgebung, dcr Organisation, der Discipliuiertmg dcr Masseu, der Weltbeherrscliung .. Ajoutez que ce • charisme • elle l'exerçait! (H» veat-on ëe plus pour reconnaître la primauté dans les faite?

2. Ctpwan. Epistul. Lv, 9 : « ... sedisse intrepidnm Romae In stcerdotali cathedra eo tempore cum tyrannus infestus sacerdotibus Dei... multo palientius et tolerabilius audiret levari adversusse aemulum principem quam constitui Romae Dei eacerdotem. »

Quand, au lendemain de la paix constantinienne, les Pères de l'Eglise se représentaient les trois siècles que le christianisme avait mis à conquérir le monde, un fait, où ils ne pouvaient avec raison se défendre de voir la preuve du concours de Dieu à cette conquête, était la rapidité avec laquelle elle avait été menée.

Les historiens d'aujourd'hui en sont également frappés. Soixante-dix ans après l'établissement de la première communauté non-juive à Antioche, écrit l'un de ces historiens, le christianisme est signalé par Pline à Trajan dans la province reculée de Bithynie, comme un envahissement qui fait péricliter les vieux cultes païens ; soixante- dix ans après Pline, la controverse pascale révèle l'existence d'une confédération d'églises s'étendant de Lyon à Edesse, avec son centre à Rome; encore soixante-dix ans, l'empereur Dèce déclare qu'il aimerait mieux voir surgir un compétiteur à l'empire dans Rome, que d'y voir pourvu le siège alors vacant de l'évêque.

Cette conquête du vieux monde avait été tentée par le judaïsme. Mais, Origène nous l'a dit, le judaïsme était un peuple, par sa race et par sa loi. Quand les Juifs propageaient parmi les païens la crainte et le

culte de lahvé, ils ne laissaient pas d'entendre que la « justice D était au prix de l'observance intégrale de la Loi, à commencer par la circoncision : le Grec, pour être du peuple de Dieu, devait devenir Juif. Quant à l'hellénisme juif, il pouvait se proposer comme une « philosophie », mais par là même il devenait une équivoque sans avenir.

L'essence vraie du christianisme, son originalité divine, se manifesta à sa naissance en ce qu'il ne fut ni une « philosophie », ni un peuple, mais une révélation et une Eglise. Il fut la prédication par Jésus du royaume de Dieu, non pas un royaume de Dieu apocalyptique, mais un royaume intérieur ensemble et transcendant, royaume qui était révélé par Jésus et ouvert par lui. Il fut une foi et une vie : Jésus était la vérité et la voie, et tout de suite il apparut que cette vérité était de Dieu, et que dans cette voie les disciples cheminaient, non pas comme des brebis sans pasteur, mais au contraire comme un troupeau qui se laisse conduire. Les disciples furent les appelés (x>.iriToi), le troupeau qu'ils formaient fut l'IxxXYjaia. Jésus retourné à son père, il y aurait un pasteur pour paître les brebis et les agneaux : sur Pierre serait bâtie l'Église. L'évangile du royaume se doublait de l'évangile du troupeau. A la loi de Dieu se substituait le royaume de Dieu; au peuple de Dieu, peuple de chair et de sang, se substituait une communion surnaturelle et sociale, libérée de toute idée de race, l'Église visible et universaliste de Dieu. Tout cela annoncé et institué par Jésus.

L'ecclésiologie ne nous fait rien sacrifier de la sotériologie : nous distinguons le royaume de l'Église, nous distinguons l'Église de la rédemption. La foi et le baptême introduisaient le fidèle dans une condi-

tion surnaturelle qui le faisait membre d'un même corps mystique, invisible : il était réconcilié à Dieu par le sang de Jésus-Christ, il étaitlavé de ses péchés, il vivait moins que le Christ ne vivait en lui, il était une nouvelle créature faite pour la vie éternelle. Mais cette justification intérieure aurait laissé le chrétien parfaitement isolé dans le monde, car de soi elle n'impliquait pas une socialisation extérieure, un troupeau et un pasteur.

La prédication de l'Evangile par les apôtres eut au contraire pour résultat d'établir partout les chrétiens en des chrétientés visibles et organisées, en des fraternités où il n'y avait plus ni Juifs, ni Grecs, ni Scythes, ni esclaves, ni citoyens libres, mais où Jésus était tout en tous. Les chrétiens étaient frères d'une fraternité surnaturelle, certes, mais aussi d'une fraternité immédiatement sociale. Si nous osions risquer cet emprunt à la philologie, qui n'est après tout qu'une réminiscence de saint Cyprien, nous dirions que le christianisme fut dès le premier instant une religion agglutinante. L'individualisme ne fut jamais sa loi.

En dehors de la génération apostolique et au cours des trois premiers siècles, il est remarquable que la propagation du christianisme n'a pas été l'œuvre de missionnaires. Saint Paul, portant l'Évangile en Chypre, en Galatie, en Macédoine, en Achaïe, peutêtre en Espagne, est le missionnaire par excellence, mais il n'aura pas d'imitateurs dans les générations qui suivront la génération des apôtres. Les successeurs des apôtres ne sont pas des missionnaires, mais les évêques. Le christianisme gagne dès lors de proche en proche, obscurément, s'étendant étape par étape, par les grandes voies romaines : l'évangélisation de l'Afrique romaine, par exemple, n'a pas d'hi«-

toire, l'évangélisation de la Grande-Bretagne pas davantage. Tertullien et Cyprien, qui se rappelaient sans doute en cela les détails à nous inconnus de l'évangélisation de l'Afrique, concevaient la propagation du christianisme comme une généalogie d'églises, une église mère engendrant des églises filiales. Et vraiment partout où le christianisme s'établit à demeure, il s'établit ainsi. La propagation de l'Evangile fut une multiplication d'églises, analogue à une prolification de cellules.

Cependant loin que cette multiplication des églises, comme celle des synagogues, fût illimitée, elle était subordonnée à cette loi, qu'il n'y avait qu'une église par cité. Origène n'insistera pas sans raison sur l'analogie de l'église locale et de la cité. S'il y eut quelque temps parmi les « prémices », comme disait saint Paul, des églises domestiques, on perd vite la trace de ces institutions occasionnelles. Saint Cyprien et bien avant lui saint Ignace ont attesté la loi do l'unité de l'église en chaque cité. Toutes ces églises locales avaient la mênjp structure hiérarchique : une collectivité de fidèles, puis, pour la gouverner, un presbyterium, un évêque. Supposé que l'épiscopat monarchique, comme on l'appelle, ait mis un certain temps à se dégager, il n'en est pas moins le terme atteint dans toutes les églises au second siècle. Quelques analogies qu'on retrouve entre les offices civils des cités et Vordo des églises, ce qui caractérisait la hiérarchie ecclésiastique, c'est qu'elle n'était pas une magistrature élective et temporaire, mais un sacerdoce à vie. La hiérarchie était indépendante des charismes ou dons extraordinaires de l'Esprit : elle était un pouvoir hérité de l'apostolat, un magistère vivant qui continuait celui des apôtres.

Une église par cité, un évoque par église, toutes les églises reliées les unes aux autres par un échange constant d'hôtes et de lettres, de secours et de monitions, toutes en quelque sorte confédérées, toutes enracinées dans cette unité par le sentiment même qu'elles en aveiient. Cet état de fait n'a pas produit l'unité de structure hiérarchique, ni l'unité fondamentale de foi, de culte, de discipline : aucune trace d'effort pour procurer, sinon pour défendre, cette quadruple unité. Les circonstances qu'on invoque depuis Ritschl comme l'ayant produite, ne l'expliquent que par une pétition de principe. Cet état de fait s'explique, au contraire, si chaque, église, procédant par filiation d'une église-mère, conservait une tradition héritée, qui lui imposait sa hiérarchie, sa foi, sa liturgie, sa discipline.

De tous ces traits il faut induire que le christianisme s'est propagé et établi comme une religion d'autorité. Il n'a pas été une contagion d'enthousiasme comme on en a pu voir dans certains « réveils », une effusion du don de l'Esprit, de prophéties, de voies extraordinaires : ces manifestations charismatiques ont été dès la première heure subordonnées, aussi strictement qu'elles l'auraient été dans les synagogues juives. Caries églises de la chrétienté naissante entendaient l'autorité comme l'entendaient les synagogues. Le droit à l'hérésie n'existait pas plus pour le chrétien dans son église qu'il n'existait pour le juif dans sa synagogue. On séparait de la communauté chrétienne l'hérétique, comme on séparait le pécheur notoire. On croyait et on pratiquait conformément à ce qu'on avait reçu : ce qui était nouveau et non conforme ne pouvait être qu'étranger et « tradition des hommes ». Or il y avait une tradition de Dieu.

On ne doit pas dire que dans le christianisme la médiocrité a fondé l'autorité, selon le mot emprunté par Harnack à Renan : le vrai est que l'Evangile a fondé l'autorité. On se convertissait sur la parole des apôtres envoyés par le Christ : la parole du Seigneur et des apôtres faisant suite à celle des prophètes, était une parole de Dieu, comme l'était pour le juif sa Loi. Et comme la parole du Seigneur et des apôtres ne fut pas d'abord une lettre écrite, la tradition s'imposa avant la nouvelle Écriture. 11 y eut ainsi un legs sacré, dont le contenu était le message de Dieu. Lorsque les presbytres du second siècle disaient humblement aux hérétiques subtils et inventifs : « Nous disons ce que nous avons appris », ils traduisaient la notion authentique et originelle de la foi chrétienne, — qui ne fut jamais une religion du libre esprit, — mais qui se conservait comme un dépôt.

La carte religieuse du vieux monde, si on essayait de la dresser dans la mesure où elle peut l'être et comme on l'a dressée pour certaines régions, la province d'Asie par exemple, apparaîtrait pleine des contrastes les plus tranchés. Ces différenciations régionales si sensibles dans les religions païennes se marquent fortement dans le gnosticisme, où l'on distingue vite celui qui est syrien de celui qui est alexandrin, celui qui est asiate de celui qui est romain : le gnosticisme est un bel exemple de syncrétisme en perpétuelle variation, assimilant des éléments différents suivant les régions où il se propage et les hommes qui l'enseignent. Le montanisme lui-même, tard venu et bien davantage conditionné par l'ambiance catholique, ne laisse pas de se différencier pareillement : il n'est pas le même en Phrygie qu'en Afrique.

Le christianisme apparaît au contraire doué d'une

prodigieuse homogénéité. Il n'est pas, comme le mithriacisme, la religion d'une classe à partjpuisqu'il se propage dans toutes les classes, depuis l'esclave Onésime jusqu'au consulaire Flavius Clemens. A vrai dire, sa clientèle est surtout populaire et illettrée, des tenuiores et des simpliciores. Dans une province comme la Bithynie, le bel esprit de Pline ne voit dans ces convertis de tout âge, de toute condition, des deux sexes, qu'une « superstition mauvaise, démesurée ». Il devait en être ainsi partout aux yeux des gens prévenus comme Pline. Le prodige est que, pénétrant à une pareille profondeur dans l'âme des foules païennes, le christianisme ne s'y soit pas corrompu, en se syncrétisant avec toutes les erreurs que dénonce, par exemple, l'épître aux Colossiens ou le message aux sept églises de l'Apocalypse.

Au contraire, plus on découvre que le péril est grand, plus on découvre que, en chaque église, la vigilance eat sévère. Les églises sont armées pour défendre la pureté de la foi autant que pour défendre celle des mœurs : le rigorisme est le même, la virginité de l'église tient à cette double continence. La foi partout identique saisissait le chrétien quelque église qu'il visitât, ainsi Abercius, Hégésippe, Papias. En chaque église, l'autorité faisait du fidèle, non le disciple d'une école, mais le soldat d'une milice; il était lié par un engagement qui était pareil au sacramentum ou serment militaire, et il s'engageait dans sa croyance aussi bien que dans sa conduite, dont il devait un compte constant à son église et à ses chefs. En cela rien d'une contrainte et d'une oppression, pour cette raison profonde que la foi impliquait cette unanimité, et que sortir de cette unanimité était l'indice qu'on sortait de la foi, de la

vérité, du salut, pour devenir le fils de Satan.

Cette unanimité en chaque église et entre églises n'était possible que grâce à l'autorité qui était celle des « presbytres » , comme on les appelait. Les « presbytres » maintenaient la tradition héritée, la catéchèse doctrinale et morale qui s'était formée dès l'origine, les « dogmes » du Seigneur et des apôtres. Ils ne se souciaient pas des « paroles persuasives de la sagesse humaine ». Ils ne prétendaient tout au plus qu'à faire des « exégèses des dits du Seigneur ». Papias entre tant d'autres est le type du « presbytre » du second siècle. Lorsque les grands gnostiques, comme Valentin, entrèrent en scène, les « presbytres » n'eurent pas à se concerter de Lyon à Edesse : il y avait beau temps que la chrétienté, en chaque église, était protégée contre l'investissement de la « fausse science » et des « profanes nouveautés de mots ». Si elle ne l'avait pas été, que serait-il resté d'elle dès l'an 100 ou 120?

Aux environs de l'an 200, cette homogénéité de la chrétienté dans la structure hiérarchique, dans la foi, dans la liturgie et dans la discipline de ses églises, s'étendait à toutes les provinces de l'Empire romain, et en Orient débordait ses frontières. Les églises et les « presbytres » avaient conquis le vieux monde à une foi qui, portée et établie jusqu'aux extrémités de la terre habitée, comme on croyait alors, justifiait le nom de catholique, qu'on lui donnait depuis près d'un siècle. La parole de l'apôtre Paul s'était accomplie, qui annonçait que Dieu avait choisi pour confondre les sages ce qui était fou selon le monde, et ce qui était faible pour confondre les forts, et ce qui n'existait pas pour détruire ce qui existait. Les « presbytres », ftvûc leur critère de tradition et la prescription de

nouveauté, avaient préservé les églises des mauvais syncrétismes qui les menaçaient à la fin de l'âge apostolique et au second siècle. L'homogénéité même de la foi des églises, la succession ininterrompue qui la rattachait par les évéques aux apôtres, l'assistance de l'Esprit promis aux apôtres par le Christ, étaient la triple justification du catholicisme. Mais des questions ultérieures se posaient.

L'Esprit n'avait-il pas mission de suggérer de nouvelles révélations? Assurément un évangile autre que celui des apôtres était inconcevable : mais le nombre des prophètes était-il complet? Les églises fixèrent le canon du Nouveau Testament, en résolvant les hésitations qu'on avait çà et là sur la canonicité de tel ou tel écrit apostolique ou prophétique. Un indice de la sévérité des églises est dans ce fait que des écrits comme la Didachè^ qu'on estimait à Alexandrie, comme le Pasteur, qu'on estimait à Rome, furent éconduits du canon. Quand, à l'époque du montanisme, des prophéties nouvelles prétendirent s'accréditer au nom de l'Esprit, le même principe prévalut partout, que la révélation était close.

Le canon de la foi n'était-il pas au moins susceptible de dialectique? La philosophie des Grecs aux yeux d'Irénée et de Tertullien n'était qu'une sophistique séculière et périlleuse : l'usage qu'en avaient fait les grands gnostiques ne pouvait qu'en détourner les églises. Des apologistes comme Justin y firent appel, cependant, pour accréditer la foi chrétienne devant l'opinion païenne. Clément d'Alexandrie et Origène acceptèrent et firent, non sans résistance d'ailleurs, accepter dans les églises qu'une propédeutique philosophique pouvait être préalable et préparatoire à la foi, et que la foi révélée pouvait s'épanouir en une gnose

ecclésiastique. L'apologétique rationnelle et la théologie déductive s'acclimatèrent ainsi, à la façon dont plus tard au temps de saint Thomas d'Aquin il devait advenir pour la philosophie d'Aristote, que TertuUien traite si durement. On entra comme à regret dans ces voies de discussion. Il restait du moins indiscutable que le canon de la foi était la norme à laquelle toute pensée devait se mesurer, et qu'il n'y avait de gnose légitime que la ^nose ecclésiastique.

La règle ecclésiastique de la foi était manifestée par l'unanimité des églises ou des évêques : ce sur quoi on était unanime dans la chrétienté entière, ne pouvait être qu'une tradition héritée des apôtres. L'authenticité de la tradition était confirmée par le fait que dans les églises « principales » la succession des évêques se rattachait aux apôtres qui les avaient fondées. Parmi les églises de fondation apostolique la plus glorieuse était celle que les apôtres Pierre et Paul avaient fondée à Rome, où on conservait leurs tombeaux. L'évêque de Rome était le successeur, non pas de Pierre et de Paul, mais de Pierre seul; il tenait sa place, il était assis dans sa chaire. Le témoignage de l'Eglise romaine dans les choses de foi valait le témoignage de toute la catholicité.

Aussi bien dans la chrétienté grecque, au temps d'Origène, que dans la chrétienté latine, avant Cyprien, on croyait que les évêques étaient les juges de la foi et les arbitres des controverses, et on reconnaissait à l'évêque de Rome une souveraineté, qu'aucun autre évêque ne lui disputait. Dans l'affaire du montanisme, les adversaires du montanisme et les Montanistes eux-mêmes avaient sollicité son jugement : dans l'affaire des quartodecimans, l'évêque de Rome avait intimé des ordres à toute la chrétienté.

Nous connaissons, pour le second siècle, le témoignage d'Ignace et celui d'Jrénée.

Ces faits et ces textes ne sont pas l'histoire de la papauté, mais ils illuminent comme des éclairs la vie de la chrétienté et révèlent la place qu'y tenait la cathedra Pétri en tant que telle. La conscience qu'en avait un pape comme Calliste ou Etienne, au iii« siècle, n'était pas une innovation et une usurpation, mais une tradition, qui remontait à la promesse faite par le Sauveur à Pierre.

La rapidité de la propagation du christianisme aux trois premiers siècles, et ce sous l'étreinte des persécutions impériales, n'est donc pas l'unique fait qui doive surprendre l'historien : plus étonnant encore est le développement intérieur et organique de la chrétienté. Loin d'être, comme le veulent les historiens protestants, une série de crises et de transformations qui n'auraient dû produire que des différenciations et des dislocations, la chrétienté est catholicité, unité, homogénéité ; elle est telle en l'an 200, en l'an 250, après deux siècles d'existence. L'épiscopat mqnarchique n'a rien d'un coup d'Etat qui aurait réussi, la primauté romaine rien d'une conquête à main armée, l'unanimité des églises rien d'un travail pénible et lent avec des efforts concertés, des succès et des défaites. L'église romaine ni aucune église n'a été l'ouvrière principale d« cette unité. On en doit dire autant de la primauté romaine, qui a été reconnue de tous plus encore qu'elle n'a été revendiquée par Rome : il ne lui a même pas manqué d'être contredite, au m' siècle, après avoir été exaltée au second : Rome cependant, qu'on se rappelle la lettre de saint Clément, ne plaida point son propre droit, qu'elle savait divin : elle l'exerça. Le catholicisme a

grandi ainsi comme un arbre, la comparaison remonte à saint Paul, comme un arbre qui s'épanouit selon son essence, avec l'assistance continue de Dieu même qui l'avait planté.

Que d'orages ont passé depuis le temps de Clément et d'Etienne, sur le grand arbre toujours debout, et combien de mauvais bûcherons ont levé leurs cognées contre ses rameaux ! L'Église romaine, comme au temps d'Irénée et d'Ignace, demeure le cœur intact de la « grande Église », mais, depuis des siècles, que d'églises séparées d'elle, que de brebis perdues! L'historien ne peut y penser sans émotion, au souvenir de la catholicité naissante et conquérante des trois premiers siècles. Du moins je n'aurais pas écrit ce livre, — surtout à l'heure cruelle où je l'ai écrit, — si je ne croyais pas l'histoire des origines capable de donner aux églises errantes la nostalgie de l'unité et aux chrétiens sans église l'intuition de la vraie foi.

INDEX ANALYTIQUE

Abercius. — Son épitaphe, 209-213.

Ablutions juives.— Appelées «baptême >, l<i D. 1 ; accompagnant la circoncision, 16.

Alès (A. d'). — Jugement sur TertuUien, 333 n. 1, 462 n. 1 ; — sur saint Cyprien, 639 n. 1.

ALEXA.NDRIE (Église d'). — Relations arec les évêques de Palestine, 288.

— Importance, 394 n. 1. — Conception de la hiérarchie, 295, 309, 369 n. 1, 373 n. k. — Ancienneté d« son catholicisme, 357-8. — Baptême des hérétiques non reconnu, 659.

Alléoorismk. — Emploi, chez les juifs heli^iisés, 9-10; chez Origène, 376, 377 n. 2, 379, 585.

AnastàSE le SiNAÏTE. — Témoignage SUT Pantène, 216, 216.

« Anâthème >. — Sens chrétien da mot, 37 D. i.

ANICET, pape. — Relations avec saint Polycarpe, 201-3.

Anonyme antimontaniste. — Transports de Montan, 266-5. — Martyrs marcionites, 281 n. 2.

Anthime db Nicomédie. — Origines philosophiques des hérésies, 319 n. 2.

Antioche (Église d'). — Débuts, 70 3. — Incident entre Pierre et Paul, 77-80. — Baptême des hérétiques rejeté, 659.

Apelles, disciple de Haixion, 266 n. 1, 326.

Apocalypse. — Ecclésiologie, 162-3; les anges des sept églises, 165 n.

LEGLlSi: ^.USSAMU.

Apollinaire, évéque de Hiérapolis, 265, 268.

Apostolicité de l'Église. — Voir Apôtrei, Succession apostolique.

Apostolicus. — Emploi du mot, 369 et n. 1.

Apôtres. — Sens et emploi du mot « apOtre », 66, 69-50 ; « apôtre du Christ . dans saint Paul, 56-7. — L'apostolat chrétien ne dérive pas du judaïsme 67-9; sa notion dans saint Paul, 52-7 ; il n'est pas un pur charisme, 52 ; sa notion primitive est une et constante, 62-5; son rôle historique, 65-8; ledevoir de l'apcstolat universel, 179; autorité antérieure aux charismes, 180. — Nombre des apôtres, 50-2.

— • Les douze apôtres » dans le N. T., 59-65; ils constituent l'Église en germe, 97-8 ; leur égalité, d'après saint Cyprien, 638. — Apôtres des circoncis et apôtres des gentils, 57-9. — Fondements de l'Église et de sa tradition doctrinale :

dans saint Paul, 66-7, 82-3, 120, 129 n. S; saint Clément de Rome, 152-3; saint Ignace d'Antloche, 166-5; saint Polycarpe, 197-200; saint Irénée, 198-200, 261-6; Papias, 205-6 ; saint Justin, 225-6 ; Clément d'Alexandrie, 299-301; Kerugma Pétri, 301 n. 1 ; Origène, 372, 375 ; Tertullien, 321-3. — Les apôtres de la Didaché, 130. — Les faux apôtres, 162. — Toir aussi Succession apostolique.

INDEX ANALYTIQUE

€ ARCHIVES », désignant l'Évangile, 162-3.

ARiSTON DE PELLA. — Etait-il judéochrétien? 288-9.

Aristote, maître d'erreur, 319, 357 n.l.

ARRiEN, allégué en faveur du baptême juif, 15 n. 2.

ASCÉTISME. — Profession d'ascétisme, 366.

ADMôNE, chez les premiers chrétiens, 39-40. Voir aussi Charité de l'Église.

ABRÉLiEN. — Son rôle dans l'affaire de Paul de Samosate, 395 n. ; son recours aux évoques d'Italie et de Rome, ^183 n. 2.

Baptême. — Chez les Juifs, 14-5. — Baptême chrétien : nature et effets, 84-5, 119 [saint Paul), 335-5 (TerluUien), 359 (Origène) ; figuré par le terme sphragis, 211-2, 222, 217, 219. Rite dans la Didaché, Iv?.

— Buptême des hérétiques : 304 (Clém. d'A.), 33'»-5 (TertuUien), 432, 434 (saint Cyprien); la question du baptême des hérétiques au temps de saint Cyprien, 458- 483. Voir aussi Symbole baptismal.

Baudenhewer (0.). — Interprétation d'Irénée, Adv. Haer. m, 3, 2, 251 n. 2. — Jugement sur Clément d'A., 296 n. 1.

BAUDESANES. — Il ne représente pas le clirislianisme primitif d'Édesse,

Barnabe (Saint). — Apostolat, 50, 55, 58. 6'4. — Missions, 70-5.

Basilide. — L'Évangile de Basilide,

BiGG (C). — Son erreur sur Clément d'A., 315.

BoussET (W.). — Théorie sur la tendance du judaïsme à se transformer en Église, 1-2, 5-6.

Galliste, pape. — Édit contre le rigorisme, 345 n. 4. — Attaques de TertuUien, 346-350. — Appelé papa (TertuUien), 348 n. 2.

Canon, — Sens du mot, M b. 1. —

Canon du N. T. : 163-4 (Ignace d'A.) . 283 (Marcion), 297 (Clément d'A.), 343-4 {Mui^atorianum). 373-4 (Origène). — Canon ecclésiastique de la foi, voir Bègle de la foi.

Carthage (Église de). — Symbole baptismal, 320. — Charité, 409- 410. — Église fermée, 411. — Rejette le baptême des hérétiques, 458 et suiv. — Conciles, voir sous ce mot. — Voir aussi Cyprien, Félicissimus, Lapsi.

Catéchèse. — Le christianisme est une catéchèse, 80-84. — La catéchèse de la gentilité convertie, 185-6. Caractères, 192 et n. Cf.

126. — La « catéchèse d'orthodoxie • de Denys de Gorinthe, 220. — Fondement de la foi, 304 (Clément d'A.).

Catéchdmènes, 365-6 (Origène); en

Afrique, 404.

Catholicisme. — Sa définition historique, ix-xii.— Déjà en acte avant la captivité de saint Paul, 115. — Dans les épîtres pastorales, 141- 2 n. — Fondé sur le droit divin de la hiérarchie, 155-6. — Le problème historique de sa formation, 172-3; les théories protestantes, xvi-xxvii,n4-7.— 11 n'est pas une impériaUsation du christianisme, 186 7, 274-5. — Caractère organique de ses institutions foncières, 276.

— Démarqué par le marcionisme, 284-5. — A plus d'extension que l'empire romain,480-l.— Son développement organique et son indéfectible unité, 495-6.

Catholicité de l'Église. — Le mot t catholique » : sens général, 166 n. 3; prédicat d'orthodoxie, 204 (Épître des Smyrniotes) ; les * épîtres cathoUques » de Denys de Gorinthe, 220 ; sens chez saint Justin, 229; absent du vocabulaire de saint Irénée,240-1, 250-1,273 n. 1; communis, synonyme, 254 n. 1:

emploi dans le Muratorianum 273 n. 1 ; usage et sens chez Origène, 385 n. 2, 389 n. 2. — Catlio Uca synonyme de Ecclesia calho tteo, 275 n.l, 278 n.2.— Ecclesia

INDEX ANALYTIQUE

catholica désignant chaque, église, 415, M7 n.3. —L'Église nai-sante est catholique, 170-1. — Catholicité prouvée par l'emploi univer^el du nom de frères, 182-S ; — attestée dans le conllit pascal du II* siècle, 271-2; — dans saint Paul et dans l'Apocalypse, 123 n. 1 dans la Didaché et Hermas, 131 nn.

2 et 3; la Prima démentis, l'i"; saint Ignace d'A., 166-7; l'épilre des Smyrniotes, 203-4; Hégésipp-, 208-9; l'épitaphe d'Abercius, 2!0, 212 ; saint Justin, 226, 228-2S0 ; ch z les écrivains ecclésiastiques du II» siècle 235-6 ; dans saint Irénée, 239-2ai, 260; la lettre de Polycraie d'Éphèse, 269-270; Clément d'Alexandrie, 300,305-6, S13-4;Ori- ^ène, 587 n, I, 588 n, 5; saint Cyprien. il3, il8. — Extension géographique de l'Église vers l'an 200, 492.

CELSE. — Accusations contre le christianisme : association secrète et illicite, 4!i n. 2; religion d'illettrés. 355-6, 376. — Met en opposition les hérésies et la « grande Église ., 231-5.

Chapman (Dom). — Théorie sur le texte du De unitate ecclesiae de saint Cyprien, 440 n. 1, 444-7. — Voir aussi 291 n. 3 (apocryphes clémentins),297n. 2(Muratojna/ium;.

Charismes. — Réalité et rôle, 35-6.

— Importance secondaire, 36-8 (saint Paul), 130 (Z)idac/ié). —L'apostolat n'est pas un pur charisme, 52. — Théories protestantes, tS, 174. — Dans la Prima Pétri, 134 ; dans les Pastorales, 140; dans la Prima Clementis, 146-7.— Impuissants à promouvoir une organisation ecclésiastique durable,179-180.

— L'expression charisma vei'itatis cerlum chez saint Irénée, 244. — Les charismes prophétiques et l'Église, 261-4; — montanisles, 341-2.

Charité de l'Église. — Les services charitables des premières communautés, 39-40, 200. — Charité de léglise de Rome, 221-2, 394 n. 3, 405, 476; de l'église de Cartbage,

409-410. — Témoignage de Ter" tullien, 322 n. 1, 332; d'Origène, 363-4.

Christianisme.- Le nom de • chrétien ' , cltristianxis ou chrestianus, 23 n. 3, 25, 70-1; autres vocables des disciples du Christ, 70 n. 1. — Traits essentiels du christianisme, 45, 151, 486. — Confondu politiquement avec le judaïsme avant l'an 64, 21-4; distingué ensuite, 22, 24-34. — I n'a pas pour fondement l'unité de race, 55, 396; n'est pas un pur mouvement charismatique, 35-8; ni uniquement une fraternité d'amour et d'assistance, 38-41; religion non de collèges, mais déciles, 41-4; sa déOnition par Tertallien, 44-5. — 11 inaugure sur la terre un peuple nouveau dans l'ordre de la foi, 69, 73; il est un tertium genus, 92-3; catéchèse et non « sagesse »,80-4. — Histoire et caractère de si séparation d'avec le judaïsme. 69-80, 184-5. — Christianisme et culture intellectuelle, 254-5, 355-6, 49 1 . — Nombre croissant de ses adeptes à la fin du n* siècle, 359-360 ; rapidité de sa propagation, 485; propagation par flliation d'églises, 487-8. — Religion d'autorilé dès l'origine, XXV, 489. — Son liomogénéité, 490-3. Voir aussi Genlilité {Chrétiens de la), Tertium gemis.

Christtis. — Titre donné à Jésus par Tacite, 21 ; écrit Chrestus par Suétone, 22, 23.

Cimetières, constituant la propriété ecclésiastique, 364 n. 1. — Cimetières chrétiens en Afrique, 410-1.

Claude, expulse les Juifs de Rome^ 22-3.

Clément d'Alexandrie. — Témoignage sur Pantène, 215-4. — Caractéristique prétendue, 295-6, 309, 315, 373, n. 4. — Voyages et portée de son témoignage, 296. — Orthodoxie, 296, 314-5. — Ecclésiologie, 297-314.

Clément de Rome (Saint). — Ecclésiologie de son épitre, 146-156.

INDEX ANALYTIQUE

Clémentin» (Apocryphes). — Source» et date, 291 n. 3. Cf. 101 n.

démentis (Secunda). — Ecclésiologie : l'église pneumatique, 217-9.

Clergé. — Ses devoirs, 564-5 (Origène), 407 (Cyprien). — Relâchement au temps d'Origène, 366-7.

— Dignité de ses fonctions, 368-9 (Origène). — Ordo ou clerus dans saint Cyprien, 400-1. — Seul dispensateur de l'enseignement de l'Église, 404 n. 4 (TertuUien). — Son entretien en Afrique, 408.

Voir aussi Hiérarchie, Ordo.

Collèges. — Les coUegia païens n'ont pas serri de modèle aux premières communautés chrétiennes, 41-2; le christianisme, au III* siècle, ne s'est pas dissimulé 80U8 la fiction de coUegia [uneraticia, 42-3; la législation des coUegia, aux deux premiers siècles, est incompatible avec le christianisme, Ui-U.

Communisme. — N'a jamais existé au sens strict chez les premier»

chrétiens, 39.

CosciLES. — Concile de Jérusalem, 76, — Conciles au temps d'Origène, 386. — Le« Concile d'Afrique »,414- 6, 450. — Conciles de Carthage; an. ^220, 463; an. 251, 438; an.

254, 451 ; an. 255, 461, 463 ; an.

d'Iconium, an. *230, 473.

Confesseurs de la foi. — Leur imporUnce, 416 n. 3, 420, 433-4.

Constitution ecclésiastique égyptienne. — Date, 360 n. 3.

Constitutions apostoliques. — Date, 360 n. 3.

CORINTHE (Église de). — Scandale, et intervention de Clément de Rome, 153-5. — Hégésippe et la succession de ses évêques, 207-8.

— Usage pascal romain, 271. Voir aussi Denijs de Corinthe.

CORNELIUS, pape, institue des évêques, 402 n. 4. — Élection, 417- 8, 426. — Accueille la plainte de Félicissimus, 448.

Corpus. — Les chrétiens formant

un corpus ou association, 44, 148.

Coutume ecclésiastique, selon TertuUien semi-montaniste, 338-341; — écartée par saint Cyprien, 463, 477 n. 1.

Culte chrétien. — Caractère social, 28 n. 2, 85-6. — Dans la Didaché, 127; silence des Pastorales, 136; dans l'épître de Clément deR., 151-2 ; dans l'épitaphe d'Abercius, 212-3; dans la finale de l'épître à Diognète,215n. 2 ; dans saint Justin, 226-7. — Relâchement dans l'assistance aux synaxes liturgiques au temps d'Origène, 360.

CUMONT (F.). — L'expression les « éléments du monde », 119 n. — Le haut enseignement païen dans le christianisme, 234 n. 1.

Cyprien (Saint). — Caractéristique 309-400, 439 n. ; élection, 402 n. 3; qualifié du titre de papa, 348 n. 2; confond l'institution des apôtres et celle des évéques 404 n. 1 ; lettres sur le lectorat et l'entretien du clergé, 405-6; sa primatie africaine, 416 ; Il n'a pas créé la conception hiérarchique de l'Église, 419; l'affaire des lapai, 420-9 ; il a toujours admis la subordination des fidèles au clergé, 422 et n. 3 ; son interprétation du Tu es Petrus, 433, 430- 1, 435-6; il excommunie Félicissimus, 424; son action contre le schisme de Novatien, 426-9. — Le De unitate ecclesiae : occasion, 428-9; date, 446; analyse, 429-436; caractère, 437-9; double édition, 440-7. — Lettre au pape Cornélius contre Félicissimus, 44S-450; prend parti pour les évêques espagnols Félix et Sabinus, 452 ; recourt à Rome dans l'affaire de Marc! anus d'Arles, 455-7; position et rôle dans la controverse baptismale, 458-483; relations avec Xysle II, 476; la primauté romaine, 482-3.

Dalman (C), 107, 108.

De aleatoribus. — Auteur, et interprétation du Tu es Petrus, 435 n. 2,

INDEX ANALYTIQUE

DÈCE, persécute les chrétiens, nxt; redoute l'évêque de Rome, 485,

DÉCRET DES APÔTRES. — Nature, résultais, 76.

Denys d'Alexandrie. — Témoignage sur le syoïbole baptismal, 375 n. 1 ; dénoncé à l'évêque de Rome, 394; lettre à Philémon, 465 n.

3; rapports avec le pape Etienne, 4*71 ; lettre au pape Xystus II, 475 n. 1; altitude dans la controverse baptismale, 476; témoignage sur l'unité de l'Église, 479.

Dents de Cori\the. — Témoignage de ses épltres sur l'unité de l'Église et la charité de l'église romaine, 220-2.

Denys de Rome, pape, figure le premier sur l'acte de la déposition de Paul de Samosate,S94; secourt l'église de Cappadoce, 476.

DÉPÔT DE LA FOI. — Sa notioD, dans saint Paul, 81, 136-8, 141; dans saint Justin, 226; en contradiction avec les prétentions des gnostiques, 253.

Diaconesse, à Cenchrées, 116 n. 1.

Diacres. — Les « diacres » de Philippes, 116. — Office nouveau, ibid. n. 1. — « Diacre • au sens de missionnaire, 117. — Dans la Didaché, 128 ; les Pastorales, 139- 141; la Prima C/ementia, 152,153 ; saint Ignace d'A., 158 ; Clément d'A., 303; TerluUien, 335; en Afrique, 403-ft. Voir aussi Hiérarchie.

Oidaclié. — Ecclésiologie, 125-

DiDASCALES, dans la Didaché, 128- 130; dans saint Paul, 129 n. S. — Les faux dldascales des Pastorales, 137-8. — Titre pris par l'on teur de la flnale de l'épître à Diognète, 215.

Didascalia apostolorum. — Date, 360 n. 3.

Dimanche. — Synaxe dominicale 85,127. — Témoignage de Denys de Corinthe, 221 b. 2.

Diognète (Épîire à). — Ecclésiologie de sa finale, 214-6.

DISCIPLINE ecclésiastique. — Organisation primitive, 86-7. — Dans les Pastorales, 137-8; la Prima démentis, 147-8; saint Ignace d'A,, 157-8; saint Poljcarpe, 196- 7, 200-1; Tertullien catholique, 326, 336-7; — montaniste, 33*- 3'il, 345-6, Vt9; dans Origène,S62- 3, 365; en Afrique, 411-5; à Rome; 412-3.— Entre les mains des évêques, 345.

« Dispersion ». — Emploi chrétien du mot, 132 n. 2. — Judaïsme de la Dispersion, voir Judaïsme.

DocÉTiSME, dénoncé par saint Ignace d'A., 160-4 ; visé par saint Polycarpe, 197.

Docteurs. — Office des docteurs de l'Église selon Origène, 372 n. 6, 377-8. Voir aussi Diâascales.

Dogme. — Les « dogmes » du Seigneur et des apôtres, 163 (Ignace d'A.). — Valeur grecque du mot, 198 n. S, 227 n. 2. — Dans Clément d'A., 312 ; dans Origène, 571, 373 n. 1, 374, 377, 382, 386 n. 1. — Développement du dogme, 385-6 (Origène).

DUCHESNE (L.). — Pas de provinces ecclésiastiques avant Dioclétien, 415 n. 1. — Voir aussi 139 n. 2, 170 n., 223 n., 251-2, 291 n. S.

Ébionites. — Caractéristique, 184.

EccLtsioLOGiE, de saint Paul, 89- 93 (grandes épitres), 115-125 (ép.

de la captivité), 135-141 {Pastorales) ; de la Didaché, 125-132 ; de la Prima Pétri, 132-5; de saint Jean, 142-6 ; de la Prima Clementis, 146-156: de saint Ignace d'A-, 157-170; résumé, 170-1 ; de saint Polycarpe, 196-8, 200-1; de l'ép. à Diognète, 214-6; de la Secunda démentis, 217-9; du Pasteur d'Hermas, 222-4; de saint Irénée, 239-260 ; des gnostiques, 259-260; de Clément d'A., 297-314; de Tertullien catholique, 332-337; d'Origène, 355-361, 37.V397; de saint Cyprien, 429-439; de Firmi- Uen de Gésarée, 472-5.

INDEX ANALYTIQUE

ÉCOLES. — Les églises ne sont pas des écoles, ù5 n.

ÉCRITURE SAINTE. — Appel dCS

hérétiques à l'Écriture, 163, 321, S26. — Appelée Ypâ(A{AaTa, 210. — Enseignement d'Origène, 37^, 378, 383, 38/1-5.

ÉDGSSE (Église d'). — Usage pascal romain, 271. — Catholicisme sans connexion avec l'empire, 275.

ÉGLISE {L'). — Sens du mol êxxXyio-ta : en général, 42, 87-8, 587; dans saint Paul, 88-92, 117; dans Mat., XVI, 18, 103- 5; dans la Didacké, 131; d'apiès Sohm, 181 ; dans Clément d'Alexandrie, 305. — Les « églises du Christ », 85 (saint Paul) ; 1' « église de Dieu ., 89-90, 93 (/d.); « la grande Église », 235 (Celse); l'expression « les églises » chez Origène, 387. — L'Église, corps mystique du Christ, 90-3, 121-3 (saint Paul), 148-9 (1« démentis), 389 (Origène); épouse du Christ, 122-3 (saint Paul), 431 (saint Cyprien) ; épouse de Dieu, 507-8 (Clément d'A.) ; édifice en construction, 120-1 (saint Paul) ; maison de Dieu, 372 n. 6, 389 (Origène) ; autres figures, 390 et nn. 5 et 6 (id.). — L'Église primitive n'est pas une clientèle dispersée de prosélytes, 19, 35; il n'y a qu'une église par cité, 42, 387-8, 488; influence possible des institutions juives et du milieu social, 180, n. 2. — L'Église dans l'Évangile, 94-113, 174,178; notion distincte de celle du royaume de Dieu, 95-9, 107 ; en germe dans la société des apôtres, 97-8. — L'Église dans la première génération chrétienne, 69-93; Vecclesia ex iudaeis et Vecclesia ex genlibus, 75-7. — L'Église dans la seconde génération chrétienne, 125 171. — Sainteté de l'Église, 159-160 (saint Ignace d'A.), 382 (Origène); l'église pneumatique dans la 2» démentis, 218-9; à la fois terrestre et céleste, 222-3 (Hermas) ; son indéfectibilité, 247-9, 260 (saint

Irénée) ; condition du salut, S04-5 (Clément (d'A.); impliquée dans 1» formule du baptême, 334 et n. 3 (Tertullien) ; société fermée, 35?

9 (Origène), 459-460 (saint Cy prien); sa virginité, 390-1 (Orig<> ne); la maxime : « Hors de l'Église pas de salut », dans saint Cyprien, 411 n. 2, 478. — Établie sur les évoques, 423 (saint Cyprien); conditioD de la validité des sacrements, 425, 434-5 (Id.) ; 472 (Firmilien de Césarée) ; caractères essentiels, 486-7. — Voir eu outre Catholicité, Charité, Enseignement, Maternité, Unité, Visibilité de l'Église.

ElchasaL — Livre d'Elchasaï, 264 n. 1. — Formule baptismale elchasaïte, 346, n. 5.

ÉLECTIONS ÉPISCOPALES, dans la 1»

démentis, 153; allusion dans saint Ignace d'A., 157, n. 1 ;

— dans Origène, 365, 367; au temps de saint Cyprien, 402-3, 409, 417-8,

« ÉLÉMENTS DD MOTVDE ». — Scns,

dans saint Paul, 118-9 n. Cf. 268

ÉLEUTHÈRE, pape, condamne le

montanisme, 543.

Empire romain. — Sentiments des

chrétiens à son égard 152 n. 2.

— Influence secondaire dans le développement du catholicisme, 175, 181 n. 1, 186-7; hétérogénéité par rapport à celui-ci, 274-5.

— Destinées hypothétiques, 396-7 (Origène). — Sans analogie avec la confédération de toutes les églises, 480.

Encratisme, de l'auteur de la 2* démentis, 217, 219.

Enseignement de l'Église. — Caractère et méthode : selon les Pastorales, 138; les épîtres johannines, 143-4; saint Polycarpe, 197-8; saint Justin, 225-7; les écrivains ecclésiastiques du W siècle, 236; saint Irénée, 241-4 ; Clément d'Alexandrie, 299-500, 510-2; Tertullien, 332, 404 n. 4; Origène, 371- 386. — Son prétendu caractère

INDEX ANALYTIQUE

oeutre aux origioes, 175-6. Voir aussi Catéchèse, Foi, Tradition.

ÉPHÈSE (Église d'), célèbre la Pâque le 14 Disan,. 267 suiv.

ÈPiscoPAT. — Le terme êutffxoTioç, 119 n. 2, 13'i. — Aulorilé et fonctions : dans les Pastorales, 139- 141; la Terlia loannis, 145-6; la 1» démentis, 153-4; saint Ignace d'A., 158-9, 162, 165-6; saint Irénée,240; Clément d'A., 302-4; Te; tullien catholique, 335-6; montaniste, 344-353 ; Origène, 360-5, 308- 371, 384-6; saint Cyprien, 401, 422-4, 432, 435; dans les sectes hérétiques, 193 n., 283 et n. 4, — Théorie protestante d'un épiscopat primitif plural et purement administratif, 67-8. — Il dérive, non des charismes, mais des pouvoirs de l'apostolat, 180. — Solidarité de» évêques au n» siècle, 220; — à Alexandire, au temps d'Origène, 273 n. 4; régime, au temps de Clément d'A., 315 n. 1 ; second mariage des évêques, 345; n'a pas subi d'évolution au temps de Tertullien, 351, 352 n. 1; consécration des évêques en Afrique, 403; évêques exclut de la réconciliation, 414; soumis aux lois des conciles et justiciables de ceux-ci, 415; unité de l'épiscopat universel, 418-9; réconciliation des lapsi réservée à l'évêque, 421-2, 424 ; évêques indignes susceptibles d'être récusés par les fidèles, 453 (saint Cyprien} ; épiscopal monarchique dans toutes les églises au ii' siècle, 488. Voir en outre Élections ipiscopales. Succession apostolique.

Eschatologie. — Parousie et Église durable. 174, 178-9. Voir aussi Royaume de Dieu.

Esprit-saint. — Son rôle dans l'Église, d'après saint Paul, 82 n. 1 ; saint Irénée, 244 n., 246-9, 329 n. 1 ; ClémeDt<rA., 300 o- 4, 304-5; Tertullien catholique, 324, 329; — montanisle, 339-340, 344, 350-3 ; Novatien, 329 n. 1 ; Origène, 368-9,

371 n. 2 ; saint Cyprien, 454, 461-2, 477-8. — Esprit-Saint et révélation, 493. Voir aussi Charismes.

ETIENNE, pape, rétablit les évêques espagnols Basilideet Martial, 451; sa lettre à saint Cyprien, 467-9; fait reconnaître la validité du baptême des hérétiques, 471; ta mort, 476.

Eucharistie, célébrée en commun, 85; — dans la Didaché, 12';. — Pas de sacrifice hors de l'Égiise, 432, 434, 460, 462 (saint Cyprien).

EosÈBE DE CÉSARÉE. — Témùignage sur les àirôcrxoXoi juifs, 47.

« Évangéliste ». — Signification première, 64 n. 2; emploi par saint Paul, 129 n. 3, 141.

Évangile. — Nature et objet, d'après saint Paul, 82-3, 119. — La notion d'Égliic appartient à l'Évangile de Jésus, xvi-xvii, 94-115, 178. — Uni versalisme de l'Évangile, 109-115, 178-9. Voir aussi Royaume de Dieu. — Les quatre Évangiles :

appelés « archives », 162-3; leur autorité apostolique, 242-3 (saint Irénéej. Voir aussi Jean (Saint).

Evangiles apocryphes, en usage parmi les judéo-chrétiens, 290-1; coniiUb d'Origène, 373-4.

ExcoxHmcmcation, dans les Pastoraies, 137-8; dans Tertullien, 336; dans Origène, 362, 363; en Afrique, 411-3.

Fabien, pape. — origene se oréfend par lettre auprès de lui, 393.

Felicissi mus, excommunié par saint Cyprien se révolte contre lui, 424 ( condamné au concile de Carlhage, 428; en appelle à Rome contre saint Cyprien, 448.

Fidèles (simples), ou ttkttoc, composant le peuple chrétien avec les catéchumènes, 365 (Origène). Voir en outre Laïques.

Firmilien de CÉSARÉE. — Sa doctrine sur le baptême des hérétiques, 465 n. 3, 468 n. 2, 469 n. 1, 473; s'unit à saint Cyprien contre le pape Etienne, 471-2; son ecclésiolegie, 472-5; reprise de se

INDEX ANALYTIQUE

relatioafl avec Rome, 2i76; son témoignage sur l'unité de l'Église, Foi. — Fixité de la foi, 12» {Didaché) ; son caractère autoritaire , 156-8 (Pastorales); la foi reçue, dans la 1» démentis, 1^9-150; saint Ignace d'A. insinue que la foi écrite n'est pas toute la foi, 16Ji; la foi commune et élémentaire de la gentilité convertie, 185-6. — Fondée sur l'A. T. et sur l'enseignement authentique du Seigneur et des apôtres, 198 (saint Polycarpe). — Unité de foi de l'Église :Hégéïippe, 208-9; Abercius, 212-3; Hermas, 222; saint Irénéc, 239-240, 257, 260; TertuUien, 324, 328-9; Origène, 373; résumé, 491.

— La foi d'après Clément d'Alexandrie : éduquée par le baptême et l'Esprit saint, 304; fondement de la gnose véritable, 309- 311; d'autorité et de tradition, 310-2. — Foi et théologie, 495-4.

Voir aussi Dépôt de la foi, Règle de la foi.

• Frères ». — Universalité d'emploi,

FCNK (F,-X). — Sens de xaOoXtxT]

dans l'épttre des Smymiotes, 204 ;

— de TîpeuêuTEpot dans Papias, 205 n. 1; — d'Irénée, Adv. Haer.

Gentilité (Chrétiens de la). — Premières missions aux Gentils, 70-2; VEcclesia ex gentibvs , 75-7 ; ils sont de la maison de Dieu, 120 (saint Paul) ; les Douze s'adressent à eux dans la Didaché, 126-7. — Théorie protestante de la formation du catholicisme dans les communautés de la gentilité, 175-6, — Indépendance vis-à-vis du judéochristianisme, 185. — Caractère catéchétique de l'enseignement qui leur est donné, 185-6.

GÉROTJSIE. — Institution à la fois religieuse «t nationale, 8.

Gnosticisme. — Visé par saint Paul, 118, 137. — Influence prétendue flur la formation du catholicisme.

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