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partout sur ses traces, à Antioche, en Galatie, à (]orinthe surtout, pour lui contester le nom et la qualité d'apôtre. Rien qu'à cette contestation on voit l'importance qui s'attachait à la qualité d'apôtre.
Les gens qui harcèlent ainsi saint Paul sont des émissaires venus de Judée, des émissaires, c'est-àdire sans doute des «ttôotoXoi au sens que nous avons dit plus haut au sujet des «tcôcttoXoi twv ixxXyjfftwv, des émissaires accrédités par des lettres des « saints » de là-bas, sans doute (// Cor. m, 1). Paul les considère comme des apôtres ayant reçu des hommes leur mission [Gai. i, 1), au lieu que lui, Paul, ne tient pas des hommes la sienne. Et de là le nom de faux apôtres qu'il leur donne. « Ces gens-là sont de faux apôtres, des ouvriers astucieux, qui se déguisent en apôtres du Christ, et ne vous en étonnez pas, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière : il n'est lonc pas surprenant que ses ministres (îtatxovoi «ùtoî») se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres » (// Cor. xi, 13-15). Mais ces (jraissaires ont la prétention de parler au nom de vrais apôtres, ceux qui sont à Jérusalem, et Paul, accusé d'usurper son apostolat, se défend.
/ Cor. XV. * Je vou* rappelle, frères, l'évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, ^ et par lequel ausêt vu* êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai amwncé...^ Je vous ai enseigné avant tmit, comme je l'ai appris tHoi-méme, que le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; * qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité k troisième jour, conformément aux Ecritures; *et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. ^ Après cela, il est apparu en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants et queiquet-un$ se sont endormis. "^ Ensuite, il est
apparu à Jacques , puis à tous les apôtres. ^ Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à tavorton. * Car je suis le moindre des apôtres, moi qui ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que J'ai persécuté l'Église de Dieu. <• C'est par la grâce de Dieu que je suis ce qtie je suis, et sa grâce en moi n'a pas été vaine; loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi pourtant, mais la grâce de Dieu aui est avec moi.
L'apôtre étant d'abord un missionnaire de l'Évangile, l'authenticité de l'apostolat de Paul est prouvée par l'authenticité de l'évangile qu'il a prêché : Paul a enseigné ce qu'il a appris. — L'authenticité de son apostolat est prouvée ensuite par le concours que Dieu lui a donné. Car assurément Paul est le moindre des apôtres, de toute manière, et l'humilité de Paul s'applique à le dire très fortement, pour mieux relever l'efficacité de la grâce qui a opéré par lui : une communauté chrétienne comme celle de Corinthe, qu'il a fondée et où Dieu a confirmé son œuvre par l'effusion de ses grâces, devient la justification empirique de l'apostolat de l'apôtre. « Avons-nous besoin, comme certaines gens, de lettres de recommandation auprès de vous ou de votre part? C'est vous-mêmes qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les hommes. Oui, manifestement, vous êtes une lettre du Christ, écrite par notre ministère, non avec de l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant » (// Cor. III, 1-3). — Troisièmement, l'authenticité de l'apostolat de Paul est prouvée par le fait qu'il a vu le Seigneur. L'apôtre attache à ce fait une importance grande, parce que ce fait constitue une prérogative qu'il a en commun avec les apôtres à qui on l'oppose, ceux qui sont à Jérusalem. « J'estime que je ne suis inférieur en rien à ces apôtres par excellence *
(xi, 5). Les apôtres de Jérusalem se donnent ou sont considérés comme les apôtres après lesquels il n'y en a pas (ÔTTspXi'otv àitoTToXot) ! « Sont-ils hébreux? Moi aussi, je le suis. Sont-ils Israélites? Moi aussi. Sontils de la postérité d'Abraham? Moi aussi. Sont-ils serviteurs du Christ? Ah! je vais parler en insensé, je le suis plus qu'eux » (xi, 22-23). Paul énumère alors toutes les épreuves de son apostolat à travers la gentilité, et de conclure : « Je nai été inférieur en rien à ceux qui sont les apôtres, quoique je ne sois rien » (xii, 11). Ailleurs, associant Barnabe à sa défense, Paul écrit : « N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas?» (/ Cor. ix, 5). Et encore, ceci en son nom personnel : « Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N'ai -je pas vu Jésus notre Seigneur? N'êtes-vous pas mon ouvrage dans le Seigneur? Si pour d'autres je ne suis pas apôlre^. je le suis au moins pour vous, car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. Voilà ma réponse à mes détracteurs » {id. 1-3). Paul revient là à la preuve donnée déjà : les fidèles par lui convertis sont une preuve qu'il est apôtre. Mais ce n'est qu'une preuve de seconde ligne, puisque d'abord Paul rappelle qu'il a vu le Seigneur : « Ne suis-je pas apôtre? N'ai-je pas vu Jésus ^ ? »
Toutefois ce plaidoyer de Paul est une réponse aux imputations de ses adversaires, et il n'atteint pas en-
t. Avoir TU le Christ. Si Paul en tire argument, on peut Induire que ses adversaires faisaieal valoir que les apôtres authentiques avaient vu le Christ, plus encore, avaient vécu avee le Christ. Far là s'expliquerait le texte de l'épitre aux Galates (ii, ti) : t Ceux qui étaient les notables, quels qu'ils aient été jadis, cela ne m'importe pas : Dieu ne fait point acception de personne... > LiOBiroot, Galatians, p. i08. Weksaecxer, Dot apostolische Zeitaller der ehrittlichen Kirche, f édit. (Tubingen IflW), p. Si.
core le point fondamental, qui est de savoir ce qui fait l'apôtre. Ni la pureté de son évangile, ni l'activité et la fécondité de sa prédication, si miraculeuse soit-elle, ne suffisent à faire de son apostolat un office réservé, distinct en soi de l'office de Timothée ou d'ApoUos, par exemple. Et pareillement avoir vu Jésus n'est pas le privilège des seuls apôtres, puisque le Seigneur ressuscité est apparu « en une seule fois à plus de cinq cents frères, dont la plupart sont encore vivants », et dont Paul ne nous dit pas qu'ils aient été apôtres. Au vrai, apôtre du Christ, comme Paul en revendique la qualité, signifie envoyé du Christ, envoyé par le Christ, comme apôtre des églises signifie envoyé par les églises : Paul parle des àizoarokoi Xpi(TToïï (// Cor. XI, 13) comme il parle des àiréaroXoi exxXïiaiwv {id. viii, 23). Si les apôtres des églises ont pour les accréditer une lettre que leur donne l'église qui les envoie, VoLizôaxokoç Xpioroû ne pourrait être accrédité que par une lettre du Christ : condition irréalisable, on recourra donc à un équivalent, et voilà pourquoi Paul peut dire aux Corinthiens : « Vous m'êtes une lettre du Christ ». — Être envoyé par le Christ suppose qu'on a vu le Christ, non pas dans le troisième ciel, si on y est ravi, mais sur terre et comme l'ont vu les témoins de sa résurrection. Voilà pourquoi Paul est le dernier des apôtres, étant le dernier qui a vu le Seigneur. Après Paul il n'y aura plus d'apôtre. — Enfin et surtout être envoyé par le Christ implique qu'on a reçu sur terre du Christ en personne une mission, là est la vraie racine de l'apostolat. Si Paul peut se proclamer «f apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le père qui l'a ressuscité d'entre les morts » {Gai. 1, 1), c'est qu'il n'y a d'apôtre du Christ que celui
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que le Christ désigne et envoie : « Il a plu à Dieu de révéler en moi son Fils, afin que je l'annonçasse parmi les Gentils », et sur-le-champ Paul est parti pour l'Arabie, « sans consulter ni la chair, ni le sang, sans monter à Jérusalem vers ceux qui étaient déjà apôtres » {id. 16-17). Paul a reçu directement sa mission de Dieu par Jésus-Christ : « Jésus-Christ par qui nous avons reçu la grâce et l'apostolat pour amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les Gentils • . » C'est en ce sens plein que Paul est apôtre, non simplement apôtre, mais « apôtre du Christ », appelé et envoyé personnellement parle Christ en personne '.
Cette donnée d'abord est acquise, que Paul est le dernier des apôtres, parce qu'il est le dernier à qui le Christ ressuscité s'est montré : de tous les autres apôtres Paul peut dire qu'ils l'étaient avant lui. Il est « l'avorton », mais il est de la même famille que les autres (/ Cor. xv, 8).
Une seconde donnée doit être tenue pareillement pour acquise, que saint Paul a la conviction d'avoir reçu de Dieu mission d'être l'apôtre de la gentilité, tandis que les autres apôtres, les apôtres avant lui, sont envoyés aux circoncis. Le texte célèbre de l'épître aux Galates (ii, 1-14) le prouve surabondamment.
Paul prêche depuis quatorze ans parmi les païens, en Syrie, en Cilicie : il a été jusque-là « inconnu de visage
1. Aom.1, 6 : 8t' «5 âXà6o|i«vx^> »«i àuoorôXTiv. Rom. i, itxÀijTbc inôoToXoç. Daos II Cor. t, M, Paul se donne comme légtt dn Christ : {i;;àp XptnoO npea6(vo(irv (Cf. Eph. vi, 20). En Orient, les légats de l'empereur portaient le nom de n(>ea6EUTiQ(. Deissiunk, p. 373.
i. Act. xxu, 31, et XXVI, 16 18.
aux églises de Judée qui sont dans le Christ » (i, 22). Une révélation le fait partir pour Jérusalem, où il exposera l'évangile qu'il prêche parmi les païens, afin de pouvoir assurer qu'il n'y a pas deux évangiles et que la pureté de son évangile atteste l'authenticité de son apostolat. Il importe donc qu'il confère avec les apôtres des circoncis. Cet évangile, écrit-il, « je l'exposai aux notables »*. S'ils avaient désavoué Paul, c'en eût été fait de son apostolat, et l'apôtre pendant quatorze ans passés aurait « couru en vain » (ii, 2). Où l'on voit bien que l'apostolat n'est pas un charisme qui se justifie par lui-même. « Mais, continue Paul, les notables ne m'imposèrent rien : au contraire, voyant que l'Évangile m'avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, — car celui qui a fait de Pierre l'apôtre des circoncis, a aussi fait de moi l'apôtre des païens, — et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qiii sont considérés comme des colonnes, me donnèrent à moi et à Barnabe les mains en signe d'accord, afin que nous allassions, nous aux païens, eux aux circoncis » (ii, 6-9).
Ainsi, aax yeux de saint Paul, d'un côté l'apostolat des païens à lui confié et à Barnabe, del'autre l'apostolat des circoncis confié aux apôtres qui sont avant lui *. Du même coup, voici des noms, et d'abord Jacques, Pierre et Jean, qui, parmi ces notables, sont consi-
1. Gai. n, « : Toïç Ôoxoûaiv. RapprocliM Gui. h, 9 : ol JoxoùvTei; (7-cttXoi etvai. Ces notables, ces colonne», sont Pierre, Jacques et Jean. En les désignant ainsi, Paul tait allusion à l'importance exceptionnelle que les judaïsants leur reconnaissent. Piiat, p. a*7. Il n'y a pas de nnance de dépréciation dans son langage. Lightfoot m ïoe. cite l'historien Hérodien (u« siècle) : tt)? ovyxXi^TW PquXtj; xaù; SoxovvTa^ xai Y|Xix(ap <Te|AvoTàTou(, les membres du Sénat qui étaient eoitêidérés et les plus Téncrables par leur ftge.
i. Harnack, Dit Apoitelgeschichte (Leipzig 1908), p. itt.
dérés comme les colonnes. Pierre est apôtre, cette qualité vient de lui être donnée par saint Paul * . Jacques aussi, au témoignage de saint Paul écrivant de sa première visite à Jérusalem, celle qui se place trois ans après sa conversion, quatorze ans avant la visite que nous avons mentionnée plus haut : « Je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je demeurai quinze jours auprès de lui : mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est (•! \vfi) Jacques, le frère du Seigneur" ». Jacques, dit « frère du Seigneur », n'est pas le fils de Zébédéeetle frère de saint Jean. Il n'est peut-être même pas le Jacques fils d'Alphée ', qui, lui, comme les fils de Zébédée, est des douze choisis par Jésus. Mais, au moment où se place soit Tune soit l'autre des visites de Paul à Jérusalem^ ce Jacques est un personnay-e de premier rang, comme Pierre, et il doit cette considération au fait que Jésus ressuscité lui est apparu à lui, individuellement, comme à Pierre, ainsi qu'en témoigne saint Paul dans l'énumération des apparitions : « Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres » (/ Cor. xv, 7).
Jusqu'ici toutefois le nombre des apôtres est indéterminé. Il n'y a qu'un texte, dans toutes les épîtres paulines, où saint Paul Darle des Douze : « Il est ap-
1. Gai. n, 8. Pierre est toujours appelé Céphas par Paul (Gai. ir, 14 ; / Cor. I, lî; lu, M; ix, 6; xv, 5), stnïGal. ii, 7-8. Sur les • colonnes », voyez / ri'm.iu, <5 et Apoc. m, 13. Rapprochez / Clem. v, S,où Pieira et Paul BOQt appelés et {léYtsTei wù AnunÔTaxot «miXoi. cf. la not^ de FOK, Patres apostoliei, l. 12 H9(H„ p. 105.
i.Gal. f. 1S-1λ. Od me fait remarquer que, si et \L-f\ a le sens de sed, Jacques frère du Seigneur peut n'être pat apôtre. Tobac, Revue d^hist. ecel. 1910, p. S87.
S. Ce point est controyersé.^TiLLEMOîjT, Hi$t. eccl. t. I, p. 618^631. Doin CU4PMAN, • The Bretheu of the Lord > dans le Journal of theological Studiei, U Vil (1906), p. 422.
paru à Céphas, puis aux Douze » [1 Cor. xv, 5). Ce texte, dont il n'y a pas lieu de suspecter la valeur critique, suffirait à établir que, pour saint Paul, les Douze sont un nombre consacré par la tradition existante, d'autant mieux qu'ici Paul aurait dû dire les onze, plutôt que les douze. La Vulgate a traduit ici 8w8e>t« par undecim.
Dans l'évangile de saint Jean les Douze sont mentionnés comme formant le groupe des disciples les plus fidèlement attachés à Jésus. Saint Jean ne raconte pas leur vocation collective, et il ne donne pas la liste de leurs douze noms : jamais il ne leur donne le nom d'apôtres ^ Mais saint Jean atteste que Jésus les a choisis : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze? Et l'un de vous est un démon. Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze » [loa. vi, 70-71). Saint Jean mentionne de même saint Thomas : « Mais Thomas, l'un des Douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint » (xx, 24). A la cène, il n'est pas dit expressément que Jésus ait autour de lui les Douze, mais il y a nommément Pierre, Thomas, Philippe, Jude, Judas et le disciple préféré. Incontestablement, le discours après la cène est une sorte d'investiture et de glorification des Douze. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai établis, pour que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit
1. Apoc. XXI, 14, il est parlé de la cité et de sa muraille à douze fondements, sur lesquels sont les • noms des douze apôtres de l'Agneau >. Voyei encore Apoc. xviii, 20, les saints, apôtres et prophètes, sont là des personnages du ciel. Apoc. n, 2, l'église d'Éphése est félicitée d'avoir < mis à l'épreuve ceux qui se disent apôtres sans l'être >. On ne voit pas que saint Jean ait pensé à d'autres aipôtres que les Douze. Dans les épitres joUannines, il n'est pas fait mention des apôtres.
demeure » (xv, 16). Puis, sadressant au Père : « Lorsque j'étais avec eux, je les conservais dans votre nom ; j'ai g-ardé ceux que vous m'avez donnés, et pas un d'eux ne s'est perdu, hormis le fils déperdition » (xvii, 12). a Comme vous m'avez envoyé [àitiaxeikoit;) dans le monde, je les ai aussi envoyés [àitétrteika) dans le monde » (xvii, 18).
On veut que ce discours ait en vue, non les Douze, mais les disciples au sens le plus large, et s'adresse ainsi à tous les croyants qui viendront ensuite ; on en conclut que la notion du collège apostolique est absente du quatrième Evangile. Nous croyons, au contraire, que tous les traits que nous venons de relever s'entendent des Douze directement, des Douze que Jésus a ckoisis, qu'il a établis, parmi lesquels Judas seul a été infidèle, et enfin qu'il a envoyés lui-même en son nom dans le monde. La notion d'apostolat (le mot même se laisse entrevoir) est ici essentiellement la même que chez saint Paul, à cette différence près qu'elle n'est réalisée, semble-t-il, que dans les Douze. Quant aux croyants, ils sont au delà et n'apparaissent que comme les convertis des Douze : « Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur parole, croiront en moi » (xvii, 20).
Dans l'évangile de saint Marc, il n'est parlé que des Douze. Une fois seulement les Douze sont appelés apôtres, au retour de la mission que leur a donnée Jésus au cours du ministère galiléen : « Alors il appela près de lui les Douze, et commença de les envoyer ((XTcoffTfiXXttv) deux à deux... » (vi, 7). Ils reviennent : « De retour près de Jésus, les apôtres (àma-zoXoi) lui rendirent compte de tout ce qu'ils avaient fait et de tout ce qu'ils avaient enseigné » (vi, 30). Mais il semble bien que dans ce passage unique le mot
(xiTOorroXoç n'ait pas d'autre signification que celle du verbe àrcoa-çiWsi-*. Dans l'évangile de saint Mathieu, il n'est pareillement question que des Douze, les « douze disciples ».
On nous accorde que la constance des témoignages qui parlent des Douze, ne permet pas de douter que ce choix de douze disciples n'ait été vraiment fait par Jésus en personne, en vue de la prédication de l'Evangile, dès le temps du ministère galiléen ^ Mais on voudrait que la notion de l'apostolat ait passé par une transformation dont les trois états successifs seraient : une notion primitive, une notion pauline, enfin une notion catholique, toutes trois irréductibles. Ceci mérite examen.
!1 est sûr que Jésus a choisi douze de se» disciples pour les attacher par un lien spécial à sa personne et à son œuvre. Ils sont ses témoins et voilà pourquoi au jour du jugement ils siégeront, eux les Douze, sur douze trônes et jugeront les douze tribus d'Israël {Mat. xix, 28), auxquelles ils auront prêché l'évangile du Christ. Y a-t-il une connexion réelle entre ce nombre de douze disciples choisis et le nombre des tribus, comme si Jésus n'avait voulu de mission que pour Israël? C'est une question que nous aborderons plus loin : disons que, au premier joui', on a attaché à Ce nombre de douze une importance spéciale qui s'est ensuite effacée.
Au premier jour, en effet, douze est un nombre qde
1. WmsÀËCKEK, p. S84. p. Wernle, Die AnftMnge unsêrer Rtligion (Tùbingen«9»l), p.71. HARWAtiÈ, Misston,X. I, p. «6*. A. LoiSY, Évangileg tytïoptiquêê (CaffoBû» 1901), 1. 1, p.2û6-â09. EKKHACK.Bntatehung, p. S-7.