Act. XV
paraîtra, soit qu'il retourne au judaïsme, soit qu'il se perde dans les églises judéo-chrétiennes. L'ecc/esm ex iudaeis^ elle, est formée des chrétiens de race juive, qui convertis à l'Évangile continuent d'observer la Loi, mais ne l'imposent pas aux païens qui se convertissent, sans pour cela rompre ou refuser de lier avec eux. Ce sentiment est celui qu'exprime et que défend saint Jacques dans le récit que présentent les Actes ^ . Jacques recommande un compromis, qui consiste à faire accepter aux chrétiens incirconcis les obligations qu'impose le Lévitique aux étrangers établis au milieu d'Israël, abstinence des idolothytes, des viandes étouffées, du sang, de la fornication, compromis qui a pour fin de résoudre la difficulté pratique de rapprocher en une même communauté chrétienne des Juifs et des non-Juifs, des Juifs qui croient à la pérennité de la Loi, et des non-Juifs qui croient cette même Loi périmée, difficulté réelle et que ne trahira que trop le conflit prochain de Pierre et de Paul à Antioche2. h'ecclesiaex gentibus au contraire est formée des chrétiens non- Juif s, pour qui en effet la Loi est abolie, comme peut l'être une institution, divine sans doute, mais provisoire dans l'économie de Dieu même : l'homme est justifié par la foi au Christ Jésus, non par les observances ou œuvres de la Loi. Donc, en Jésus-Christ, « la circoncision n'est rien, l'iricirconcision n'est rien : ce qui est tout, c'est d'être une nouvelle créature. Paix et miséricorde sur tous ceux qui
i. Act. XV, 42-21.
2. Notez que le décret du • concile de Jérasalem » (Act. xv, 23-29) sur les aliments défendus n'a pas laissé trace dans les usages, ni dans les écrits ecclésiastiques, comme s'il n'avait jamais été appliqué. Le texte même a été bientôt altéré pour le mettre d'accord avec ,d piauque ecclésiaslique. G. Resch, Das Apoateldekret (Leipzig 1905)
p. IM et B«iV. PlUT, t. I, p. 77-78. COPPIETKRS, p. 55-S8.