Cor. X, n
lâtres, « il vous laudrait sortir du monde », dit Paul aux Corinthiens (/ Cor, v, 10). Mais on doit rompre avec quiconque, portant le nom de chrétien, « est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou rapace : on ne doit pas même manger avec un tel homme ». Car on peut n'avoir cure de qui n'est pas chrétien : « Est-ce à moi de juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans qu'il vous appartient de juger. Ceux du dehors, Dieu les ^ juge. Retranchez le méchant du milieu de vous *. » Les fidèles constituent donc une société fermée ; ils vivent entre eux en contact habituel et comme familial. C'est pourquoi Paul peut écrire à ceux de Corinthe : « Je crains de trouver parmi vous des querelles, des. rivalités, des animosités, des contestations, des médisances, des faux rapports, de l'enflure, des troubles » [U Cor. XII, 20). Si des différends d'ordre temporel s'élèvent entre eux, Paul les conjure de les résoudre amiablement eux-mêmes, sans recourir aux magis»trats païens (/ Cor. vi, 1-6). Les fidèles vivent sous le regard et comme sous la tutelle les uns des autres. Ils s'observent jusque dans leur alimentation, dirait-on, puisque dans ces détails domestiques ils doivent prendre garde de se scandaliser. « Que votre bien ne soit pas un sujet de blasphème... Recherchons donc ce qui contribue à la paix, à l'édification mutuelle. Garde-toi, pour un aliment, de détruire l'œuvre de Dieu » [Rom. xiv, 15-20). Ils s'observent, ils s'avertissent aussi : « Mes. frères, dit saint Paul aux Ro-
1. 1 Cor. V, 41-13. Cf. II Thess. m, 6, ordre de se séparer de tout frère qui vit d'une façon déréglée (àxâxTO);) et « non selon les instructions reçues de nous • ((ay) xotà ttiv icapoSotnv i^v «apeXàSocrav nap' ri|xw /). La napâSodt; qu'ils tiennent de Paul fait loi pour les Thessaloniciens : € Sl'.quelqu'nn n'obéit pas à l'ordre donné par la présente" lettre, notez-le, et, pour le confondre, ne le fréquentez pas • {ibid. 4.4).
mains, j'ai de vous cette persuasion que vous êtes capables de vous avertir (vouôexeiv) les uns les autres » [Rom. XV, 14). La correction fraternelle serait un élément d'anarchie, si quelque autorité n'intervenait pas pour la régler. En dehors même de l'apôtre, cette autorité existe : « Nous vous prions aussi, frères, d'avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous président dans le Seigneur, et qui vous avertissent. Ayez pour eux une charité plus abondante, à cause de leur tâche *. »
Dansles juiveries, lemot ouva-^coYii désigne l'assemblée des Juifs, et il s'entend par extension de la communauté locale, et de l'édifice où elle s'assemble. Le^; chrétiens ne disposent point d'édifices propres à leurs réunions religieuses, ils se réunissent où ils peuvent, chez l'un ou l'autre d'entre eux qui a pour les accueillir une salle spacieuse. Le mot Trpoaeu/vî, pour désigner le lieu de leur culte, n'est pas de leur langue, et pas davantage le mot auvayoDY'!- Mais ils donnent à leur réunion le nom d'èxxXr,<T{«. Ce mot a la fortune d'appartenir à la langue des Septante pour qui il est synonyme de cuvaYcûY^ et d'appartenir aussi à la langue grecque la plus classique, dans laquelle il désigne l'assemblée plénière délibérante des citoyens libres d'une cité ^. Une assemblée populaire, comme celle du peuple d'Ephèse dans son théâtre, est une ixxXtiffîa : nous di-
1. / Thest. V, 1*-13 : TrpotffTajxivoyç v»|it3v êv xupîcd xoii vouOetouvrai û(jiôU. Cf.// Thess. m, 14-15.
s. DiTTKNBERGER, Syllogc, t. III, p. 140 et 147. Glotz, art. • Ekklesia » du Dict. de Dàrehberg.
rions meeting om. convocation ^ . « Vous vous réunissez au même lieu... » pour l'eucharistie, dit saint PaaP. Et avec le même sens : « Quand l'église entière se réunit dans le même lieu ^... » En maints passages, saint Paul désigne par le mot IxxXrjata les fidèles assemblés. Le prophète qui prophétise édifie les fidèles présents, l'église (/ Cor. xiv, 4). Le chrétien qui parle en langues inintelligibles ne vaut pas l'apôtre qui ne dit que cinq paroles aux fidèles présents, l'église (xiv, 19). Quand l'église se réunit dans le même lieu, si tous les fidèles parlent en langues, l'infidèle « qui entrera » les prendra pour des fous (xiv, 23). Les femmes doivent garder le silence dans les réunions des fidèles, les églises (xiv, 34). Car il est inconvenant qu'une femme parle dans une pareille réunion, l'église (xiv, 35).
Le mot IxxXviffia, par extension, en vient à désigner, non plus la réunion en acte, mais la réunion en tant qu'elle a l'habitude de se tenir. D'Ephèse, écrivant aux Corinthiens, Paul dit : « Aquilas etPriscilla, avec l'sxxXTîffia qui est dans leur maison, vous saluent dans le Seigneur » (7 Cor. xvi, 19). De même dans l'épître aux Romains : « Saluez Priscilla et Aquilas,... et aussi rsxxXri<j(a qui est dans leur maison » [Rom. xvi, 5) *.
i. AcU XIX, 3%, 39, 41. lusTiN. Dialog. XLiii, 3 : Svjtxo; xal éxxXvivîa, TToXXot rbv àpi6{i.èv ôvxe; àvôpwjtoi, db; êv 2vt£ç npôtYl^a x% \Liq. xXrjffe i xaAoùvtai xal itpooraYopeOovTai.