LUC LISE NAISSANTE
même parmi les Douze il y en avait un qui était le premier, non seuleEfient par la priorité de sa conversion ou l'ardeur de son zèle, mais par une sorte de désignation du Maître, qui avait été acceptée... C'était là une situation de fait, créée en apparence par les péripéties du ministère galiléen, mais qui, un certain temps avant la passion, se dessine comme acquise et comme ratifiée par Jésus... L'Église naquit et dura par le développement d'une organisation dont les linéaments étaient tracés dans l'Évangile ^ ».
M. Harnack dissociait l'Église de l'Évangile, tandis que M. Loisy replace l'Église dans l'Évangile, mais M. Loisy lie le fait de l'Église à l'idée du royaume eschatologique. € Jésus, écrit-il, pourvoyait à la diffusion de l'Évangile dans le présent. » Pourquoi M. Loisy ajoute-t-il : c Et il préparait ainsi le royaume à venir : ni son entourage ni le royaume n'étaient des réalités invisibles et in^palpables, une société d'âmes ; c'était une société d'hoinmes qui portait l'Évangile et qui devait devenir le royaume. » M, Loisy suppose l'avènement imminent et catastrophique du royaume, et par suite il voit dans la société des disciples groupés par Jésus autour de sa personne une c inauguration du royaume », lequel va incontinent se manifpster dans toute sa gloire. Illusion tragique du prophète galiléen ! Ce royaume annoncé n'est pas venu, mais la société des disciples à qui il avait été annoncé et qui l'attepdirent longtemps, se perpétua par cette attente même, et ce fut l'Église. — Pour nous, au contraire, qui n'admettons pas que le royaume prêché par Jésus ait dû être réalisé incontinent et dans les formes apocalyptiques, mais qui pensons que la potion très complexe du royaume suppose avant tout dans l'humanité un avènement intérieur et spirituel, et seulement dans l'au-delà un avènement glorieux, nous rapprochons sans les confondre la notion de l'Église et la notion de l'avènement intérieur. Dans la parole : c Ne craignez pas, petit troupeau, car il a plu à