‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 49 sur 216 · Mission, t. I, p · texte numérisé non relu

Mission, t. I, p

a. DOBSCHÙTZ, p. 197.

L'ÉÔLISR NAISSANTE. ISl

e'irétiens pouvaient l'être par les moines errants ou Remoboth. La Didachè ne pouvait guère plus clairement exprimer la suprématie de l'église locale et de ceux qui la conduisent.

Tel le christianisme apparaît dans la Didachè, — autonome, communautaire, autoritaire, — comme déjà il nous était apparu dans la littérature de la première génération. La hiérarchie assise est partout clabiie, les missionnaires itinérants lui sont subordonnés, les grands apôtres ont disparu, les prophètes sont en voie de disparaître. Il est très vrai, cependant, que ces missionnaires qui ont longtemps circulé d'é- ;^lise en église ont été de providentiels ouvriers d'unité ^ : ils ont fait circuler cette unité qui relie chaque église à toutes les autres, et dont saint Paul a si fortement exprimé la doctrine. La Didachè qui, à cet égard, retarde sur saint Paul, qu'on dirait qu'elle n'a pas connu, a tout de même le sentiment de cette unité. Le motixxXriffîa désigne dans son vocabulaire l'assemblée des fidèles réunis pour la prière (iv, 14) : il désigne aussi le peuple nouveau que l'Évangile a enfanté en ce monde, et qui sera un jour établi dans le royaume de Dieu comme dans sa terre promise. « Ainsi que ce pain rompu épars sur les montagnes a été ramassé et est devenu un, puisse ton Église être ramassée des extrémités de la terre dans ton royaume ^. » « Souviens-toi, Seigneur, de ton Église et de la délivrer de tout mal, et de la parfaire dans ton amour. Rassemblela des quatre vents sanctifiée dans ton royaume, que tu as préparé pour elle ^. » La chrétienté, dispersée à l'heure présente, sera un jour réunie dans le royaume

\. Harnack, Misiion, t. I, p. t86.

2. Did. IX, 5 : ffyvajjOi^Tw trou i[ èxxXTiata ànô tôjv nep^Ttov tSjç -xf,^.

3. Did. X, S : OTjvoÇov aù:r,v kr^o tûv teffffôpwv âvéfiwv, — Coaipa-

du Père : l'unité sera alors parfaite, mais on a déjà sur terre le sentiment de cette unité des unités.

La première des deux épîtres qui portent le nom de saint Pierre, bien mieux que la Didachè^ atteste sa date approximative, car elle est contemporaine d'un état de persécution que l'on peut identifier avec celui qu'inaugure Néron ^ .

L'épitre est adressée à des chrétiens, qui ne sont pas juifs de naissance (ii, 10), et qui vivent dispersés au milieu des païens (ii, 12) ^. « Ayez une conduite honnête au milieu des Gentils, afin que, sur le point même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils arrivent, en y regardant bien, à glorifier Dieu pour vos bonnes œuvres au jour de la

rez les prières Juives pour le retour de la Dispersion à Jérusalem. Psalm. Salom. vin, 34. — Ces quelques mots de la Didaché traduisent la claire vue que les chrétiens ont de la dispersion du christianisme sur toute la terre connue d'eux, et cette claire vue se retrouve en maint autre texte. Voyez Hermas, Simil. viii, 3 : « Ce grand arbre, dont l'ombre couvre plaines et montagnes et toute la terre, est la loi de Dieu donnée au monde entier (SoOsl; elç ôXov tov x6(r(Aov), et cette loi est le fils de Dieu annoncé à la terre entière » (x*ipux6et; el; Ta itépaxa TT); Y>iO- Même pensée dans Sim. ix, 17. Nous verrons saint Ignace parler de même des évéques établis xaTÙ Ta irÉpara. La finale non canonique de l'évangile de saint Marc dit que Jésus envoya par les apôtres le message (xTÎpuyfta) du salut « de l'Orient jusqu'à l'Occident • (àTCÔ àvaToX^; xat &XP^ SOcteo);).

1. CT. HARifACK, Chronologie, 1. 1, p. 454-455, pour la date; et pour l'ecclésiologie, Entstehung, p. 46.

S. Le mot ixxXYia-ia n'est pas prononcé dans l'adresse, où il est parlé des élus de Jésus Christ de la « Dispersion > de Pont, de Galatie, de Cappadoce, d'Asie et de Bithynie.Je ne connais pas d'autre exemple de l'emploi chrétien du mot < Dispersion >. On dirait que l'épitre craint d'appeler l'attention sur des églises locales. De même, à la signature (v, 13), elle dira : « L'élue qui est à Babylone », pour dire l'église de Rome. Sur Babylone = Home, J. Weiss, Schriften des N. T., t. Il, p. 571.

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