LEGLISE NAISSANT
aux hommes sûrs que le disciple a instruits. L'Eglise « maison de Dieu » , est la « colonne et la base de la vérité^ ».
Avec la saine doctrine, la hiérarchie.
Les PastoraleSf comme la Didachè, nous montrent établie la hiérarchie des épiscopes et des diacres. L'épître aux Philippiens parlait de l'épiscopat comme d'un épiscopat plural : l'épître à Tite fait allusion à ce gouvernement plural, quand elle écrit : « Je t'ai laissé en Crète afin que tu achèves de tout mettre debout, et que, selon les instructions queje t'ai données, tu [établisses des presbytres en chaque ville » ^. Ces presbytres sont à la tête de l'église locale, pour la gouverner et pour l'instruire : « Que les presbytres qui président bien aient double récompense, surtout ceux qui peinent à enseigner » (/ Tim. v, 17).
Un mot apparaît pour la première fois ici, et qui désigne cette hiérarchie assise, le mot TcpsaÇuTépiov (/ Tim. IV, 14). Ce collège de presbytres est dépositaire
1. / T»m. III, IK: ... Êv otx(j) deoù..., -^ti; i(rtlv èxx>T)aia ÔeoO Çôivto;, ffTûXoç xai é8pa(a)|ia -rij? à).T,6£ia;. Holtzmann, JS eûtes tamentliche Théologie, t. Il, p. 276-278, appuie fortement sur « l'ecclésiasticisme • de tous ces traits.
a. Tit. I, !i.^héodore del/lopsixeate, In epistul. B. Pauli commentarii, éd. SwETK (1882), t. II, p. lai, rappelle que presbytres et épiscopes étaient à l'origine un même office, et que l'office qui fut pins tard l'épiscopat était alors exercé en chaque province pour toute la province p»r un « apOtre », comme Tite en Crète, Timothée en Asie : l'apôtre avait seul droit d'ordination. Cette théorie de Théodore t!e Mopsueste ne parait pas être autre chose qu'une exégèse destinée à expliquer le rôle^de Timothée et de Tite : entre le personnel missionnaire et la hiérarchie locale elle suppose une hiérarchie provinciale, toutes les églises d'une même province, la Gaule par exemple, étant censées sujettes à an seul évêque. M" Dcchksse, Fastes épiscopaux de rancienne Gaule, t I (Paris 1894), p. 36 et suiv., s'est fondé sur ce dire de Théodore pour expliquer la formation tardive des diocèses épiscopaux en Gaule. Nous croyons, avec M. Hamack {Mission, 1. 1, p. 376), que la généralisation de Théodore sur l'apôtre-évéque d'une province (par opposition à cité) est une fantaisie, quoi qu'il en puisse être du cas de la Gaule en particulier.
d'un pouvoir que vraiment on ne peut assimiler à un autre que le pouvoir d'ordre. Il est dit à Timothée : « Ne négligée pas le charisme qui est en toi et qui t'a été donné, par désignation prophétique, avec l'imposition des mains du Tcpeffêutépiov ' . » La prophétie est intervenue ici pour désigner Timothée à l'apôtre et aux presbytres ^, ceci n'a rien qui puisse nous surprendre. L'imposition des mains est un geste de bénédiction enjprunté au judaïsme le plus ancien'. Par charisme, ici, on entendra un don spirituel, un Tcveû{ji.a, mais un don qui demeure dans le sujet qui l'a reçu, et un don conféré par l'apôtre et les presbytres. Timothée qui l'a reçu pourra le conférer à d'autres à son tour ■•.
Les diacres seront choisis pour la pureté et la gravité de leurs mœurs, pour leur désintéressement : ce doivent être des hommes éprouvés avant d'être choisis (Soxiua^^ffôoiaav Trpwtov), la Didachè nous avait déjà
\. ITim. IV, 14: H^ àti-éXei toù êv aoi Xttpio'(^«'^0( ô iSôOr) aot Sià t»)ç KpoçY)T£taç [A£tà iTtiOéffEwç Ttôv x^ip^v TOÙ TtpeffôuTEpfou. L'cxpression inîôeai; twv y^tiç&y se retrouve dans Heb. vi, 2. Voyez la note de Westcott, m loc. Le geste de l'imposition des mains, geste de bénédiction indéterminée, s'accompagne nécessairement de quelque parole qui le spécifie.
8. Tel est le sens suggéré par / Tim. i, 18. Rapprochez Aet. xin, 1-3.
3. Cf. TEitTULL. De baptiamo, 8 : « Hanus imponitur per benedictionem advocans et invitans Spiritum sanctum... Sed est hocquoque de veteri sacramento quo nepotes suos ex loseph Ephratm et Manasseralacob capilibus impositis et intermutatis manibus benedixerit. • Mêoie signification attribuée à l'imposition des mains, en tant que geste, par Clément d'Al. Paedagog. in, 11 (P. G. t. VIII, col. 637 B) ; par le gnostique Isidore, cité dans Stromat. ni, 1 (coL 1101).
4. I Tim. V, 22 : yeïpaç Taxécûç (itiîevî èmxlHi. G. Gork, The ministry ofthe Christian Church (London 1889), p. 250 : « It is only a very arbitrary criticism which can fail to see hère... the permanent process of ordination with which we are familiar in later church history, and that conception of the bestowal in ordination of a spécial • charisma >, which al once carries with it the idea of < permanent character >, and that distinction of clergy and laily which is involTed in the possession of a definite spiritual grâce and power by thote whe hâve been ordaiiiod. » Cf. Hàunacu, Entstehung, p. 30.