Tim. in, 4-5. Même enseignement dans TU. i
*. H est intéressant de voir les adversaires de l'authenticité des Ptu-
L'Apocalypse johannine est le livre d'un prophète, à qui le Dieu des esprits prophétiques a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver sous peu (xx, 6). Jean a entendu et vu, et l'ange qui lui a montré toutes choses lui dit : Je suis ton compagnon de service (<tuvSouXoç) et celui de tes frères les prophètes (xxii, 9). Cependant ce prophète, à en juger par les reproches et les menaces qu'il est en situation d'adresser aux sept églises, doit dépasser de beaucoup la taille des prophètes que la Didachè nous montrait pérégrinant d'église en église et à la merci du jugement que chaque église portait sur eux.
La lettre aux sept églises atteste l'autonomie de chacune des sept églises. Telle l'église d'Ephèse, que le prophète félicite de haïr les « méchants » et d'avoir mis à l'épreuve « ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas », car l'église d'Ephèse les a trouvés menteurs (il, 2). Qu'on se rappelle les règles posées, par la Didachè. Cette même église hait les Nicolaïtes (ii, 6), tandis que l'église de Pergame est indulgente aux sectateurs de la doctrine de Balaam (ii, 14) et pareillement aux gens attachés à la doctrine des Nicolaïtes
totales insister sur tout ce qu'elles renferment de traits de ce que Hoitzmann appelle • un paulinisme catholique tempéré » et « un ecclésiasticisme en devenir ». Voyez Vos Soden, dans le Handcommentar (Freiburg 1891), t. III, p. 162-167. (M. Von Soden date les Pastorales au plus tôt du temps de Domilien, a. 81-96). M. Holtzmann, Neut. Théologie, t. Il, p. 280, conclut son analyse des Pastorales en déclarant y trouver ridée de tradition, l'idée d'Éijlise visible où bons et méchants sont mêlés, l'idée d'Église envisagée comme autorité enseignante et comme intermédiaire entre le Christ et chacun des fidèles, enfin l'Église envisagée comme objet de Toi :d*un mot < die ganze Katholicitâtin nuce*. Ce n'est pas nous qui le contredirons
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(il, 16). Quanta l'église de Thyatire, elle laisse enseigner la femme Jézabel qui se dit prophétesse (ii, 20) : bénis ceux de Thyatire qui ne partagent pas cette doctrine, et n'ont pas connu les profondeurs de Satan ^ , comme disent ces faux docteurs (ii, 24). Le prophète dit à l'ange de l'église de Sardes : o Sois vigilant et affermis le reste qui est près de mourir... Souvienstoi donc comment tu as reçu et- entendu, garde et repens-toi » (m, 2-3). Balaam et Jésabel, autant de noms symboliques d'erreurs pareilles, sinon identiques, à celles des Nicolaïtes. L'erreur a pénétré dans ces communautés inexpérimentées et impressionnables: or l'erreur est une sorte de fornication que le Fils de Dieu abomine et qu'il châtiera, « et toutes les églises sauront que je suis celui qui sonde reins et cœurs » (II, 23).
Des églises défaillantes peuvent être réformées par une intervention aussi extraordinaire de l'Esprit, mais un gouvernement quotidien ne dure pas ainsi. Les épîtres johannines sont plus près de la méthode des Pastorales. Nous y retrouvons avec la haine de l'erreur, l'affirmation de la primauté de l'enseignement reçu « dès l'origine » {II loa. 5). Car « plusieurs séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas que Jésus-Christ est venu en chair : c'est là le séducteur et l'Antéchrist » {id. 7). Comment aurait-on Dieu sans rester dans la doctrine du Christ ^? « Si quelqu'un se présente à vous n'apportant pas cette
4. Allusion à quelques spéculations des Nicolaïtes. Comparez / Cor. u, 10, où l'Esprit est dit scruter • les profondeurs de Dieu > et Iren. Haèr. ii, 21, 2, où des gnostiques scrutent « profunda Bythi ».
2. II loa. 9: jisvwv âv x^ Siôa;^^ toù XpiaTOù. Sur quoi M. Holtzhànn écrit : • Vollends erhellt 9 zur Evidenz, dass dem Briefsleller die kircliche Lehre als G«bot vorschwebt ». Handcotnmentar, t. IV, p. S42.
doctrine, ne le recevez pas dans votre demeure et ne lui dites pas: Salut » {id. 10). « Quant à vous, ce que vous avez entendu dès le commencement doit demeurer en vous : si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous , vous aussi vous demeurerez dans le Fils et dans le Père... Je vous ai écrit cela en vue de ceux qui vous trompent » [1 loa. ii, 24-26). La doctrine reçue est faite des préceptes du Christ : « Celui qui dit : « Je l'ai connu » et ne garde pas ses commandements est menteur ' . Nous avions un conseil semblable dans la Didachè . « Ne croyez pas à tout esprit, mais examinez les esprits » pour juger « s'ils sont de Dieu : car beaucoup de faux prophètes sont apparus dans le monde » [id. iv, 1).
On peut constater dans la Tertia loannis qu'une autorité s'exerce pour protéger l'église locale contre la propagande de l'erreur. L'ancien (içpeffSuxspoç) , comme s'intitule l'auteur de la Tertia loannis (et cet ancien n'est autre que saint Jean), écrit à un chrétien nommé Gains la joie qu'il a eue quand des « frères » sont arrivés et ont rendu témoignage « en présence de l'église » (l'église au milieu de laquelle réside l'ancien) de la charité que Gains a montrée « aux frères et particulièrement aux étrangers ». L'ancien encourage Gains à subvenir, comme il a fait, aux frais de voyage de ces itinérants, « puisque c'est pour le nom qu'ils sont partis, n'acceptant rien des païens^ ». Nous découvrons là de véritables missionnaires envoyés par l'apôtre Jean et son église. Cependant ces missfon-
1. / loa. II, •! : iXÉYCov imbc^uiita. aùtdv. Ces mots font penser à de faux apôtres. Cf. Apoc. ■, *.
a. III loa: 8^. Les mots tmàp toù ov6|iaTo; èÇ»iX6av indtqaent que ces frères voyagent pour le nom, c'est-à-dire le nom de Jésus. Cf. Act. v, 'il, et Apoc. u, 3. CI. Lagrange, Messianisme, p. 145, note 3.