Trall. ix-x. Smyrn, iv
loués de ce qu'ils « vivent tous selon la vérité et que parmi eux aucune hérésie n'habite * ». La « vérité » est, croyons-nous, à entendre au sens de règle de foi.
Le contraire de la vérité reçue de tous est une scission, une hérésie. Quiconque essaie de semer une « mauvaise doctrine » est rejeté, repoussé comme un chien enragé, inguérissable '. Que les Philadelphiens se détient des herbes mauvaises, que Jésus-Christ ne cultive pas, que le Père n'a pas plantées ^. Quiconque ne parle pas de Jésus-Christ comme l'église, doit être tenu pour mort : allusion, peut-être, à la pratique des vieilles écoles philosophiques delà Grèce, où on appelait « mort » les adeptes qui rompaient avec les dogmes de l'école"*... De toute façon, les églises auxquelles pense Ignace se défendent efficacement contre le docétisme : cet état de fait explique comment être attaché à l'église visible est la garantie qu'on est dans la vérité.
Comme l'unité, si mystiquement qu'on la conçoive et qu'on la prêche, ne s'impose pas d'elle-même, il faut bien que saint Ignace en vienne à en esquisser une théorie qui la justifie. Ici, comme pour toute la religion, la foi a précédé la théorie, etla théorie, comme toujours, a été nécessitée par l'hérésie. Ignace écrit aux Philadelphiens :
[vii.] Car bien que selon la chair quelques-uns aient voulu me tromper, l'Esprit, lui, ne se trompe pas, étant de Dieu : car il sait d'où, il vient et oii il va, et il éprouve les choses cachées. Étant parmi vous, Je criais; je disais d'une grande