Chronologie, t. I, p. X
2. SàBATiER, Les religions d'autorité et la religion de VEsprit (Paris 1904), p. 47 et suiv. On pourra y joindre le résumé de M. Harnack, Kirche und Staat bis zur Grûndung der Staalskirche, dans le voliyne intitulé Die christliehe Religion (Berlin 1906), p. 129-460, de la collection de HiNNEBERG, Die Gultur der Gegenwart. Voir aussi P. Schmjedel, art. < Ministry > (1902), de l'Eneyclopaediu biblica de Chethk, et la bibliographie y annexée.
1° La première affirmation revient à dire que la notion d'Église est étrangère à l'Évangile de Jésus.
2° Les communautés chrétiennes de la première heure, — car dès la première heure le christianisme se forme en communautés, — sont individuées par une même foi au retour prochain du Christ, et cette foi obsédante leur ôte toute pensée d'établissement durable.
30 Les communautés chrétiennes de la première heure, parce qu'elles vivent dans cette attente fébrile de la parousie, n'ont besoin d'aucune discipline : « Les dons individuels (charismes), départis par l'Esprit aux divers membres de la communauté, répondaient à tous les besoins. C'était l'Esprit agissant dans chaque fidèle, qui déterminait ainsi les vocations et attribuait aux uns et aux autres, suivant les facultés ou le zèle de chacun, des ministères et des offices qui paraissaient devoir être provisoires. » Ainsi, au début, tous les membres de la communauté sont égaux . puis ils se distinguent par la seule variété des dons de l'Esprit : le charisme devient ensuite « fonction ecclésiastique permanente ». Au-dessous ou à côté des apôtres, des prophètes et des didascales, — « qui tenaient directement leur vocation de Dieu seul, et qui étaient essentiellement itinérants », — chaque communauté se donne des presbytres ou anciens, des épiscopes, des diacres : ainsi naquit, parallèlement à € l'apostolat nomade, le fonctionnarisme sédentaire qui, peu à peu, le remplacera et l'absorbera * ».
4° Cependant « l'évolution de tout organisme est gouvernée par une idée directrice, qui en est comme l'âme idéale et latente. Cette idée ne fait pas plus défaut ici qu'ailleurs ». M. Sabatier ne dit pas que cette idée directrice soit reconnaissable dans les communautés judéo-