‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 72 sur 216 · Phili. xn · texte numérisé non relu

Phili. xn

trui * ? » L'évêque de Smyrne a donc été informé des reproches que les Philippiens faisaient à un de leurs presbytres (peut-être leur évêque} : il intervient, il admoneste le coupable comme il ferait s'il avait autorité pour cela. L'épreuve d'une église est connue au loin, et la correction fraternelle se pratique d'église à église. Ce qui est vrai en matière de mœurs et de discipline ne sera-t-il pas vrai en matière de foi?

Sans aucun doute, et d'autant mieux que l'attention de tous est éveillée, au plus haut point, sur cette matière : les épîtres pastorales et les épîtres ignatiennes le disaient assez. A l'appui de leur dire on peut citer un passage de l'épître de saint Irénée au pape Victor : elle date de la controverse pascale, c'est-à-dire des environs de 190, mais elle mentionne un souvenir de saint Polycarpe qui se place au temps où Anicet était à la tête de l'église romaine, en 155 ou peu avant.

Polycarpe vint à Rome, raconte Irénée^, sous Anicet, et ils eurent tous deux quelques petites difficultés, mais ils s'entendirent vite : quant à la question de la Pâque, ils ne se firent aucune concession, sans cesser de demeurer en paix. Car Anicet ne put persuader Polycarpe d'abandonner un usage qu'il tenait de Jean, disciple du Seigneur, et des autres apôtres, ni Polycarpe persuader Anicet de rompre avec ce qu'il appelait la tradition des presbytres qui l'avaient précédé dans l'église romaine.

Ainsi, l'évêque de Smyrne fait le voyage de Rome,

1. Id. XI, 1-2. Polycarpe dit que Valens à^voeï tôv SoOévTa amCft t(5tcov. Le mot xÔTto; désigne le rang dans la hiérarchie. Lightfoot, Jynatius. t. n, p. 333.

Page 1