IRKN. ap. EiSEB. H. B. V
à un moment où la controverse contre les Marcionites et les Valentiniens est dans tout son feu , comme nous l'apprenons d'ailleurs^ ; l'évêque de Smyrne est accueilli comme un frère et, pour mieux l'honorer, l'évêque de Rome lui fait célébrer l'eucharistie à sa place : on ne saurait mieux manifester la communion des églises. Cependant l'évêque de Smyrne et l'évêque de Rome se préoccupent d'être d'accord sur quelques points controversés entre eux : car la solidarité n'est pas seulement une charité mutuelle et la fraction commune du même pain eucharistique, elle requiert la communauté de foi et de pratique. AnicetetPolycarpe se mettent d'accord sur quelques points litigieux entre eux : si éloignée que Smyrne soit de Rome, ils veulent qu'il y ait entre les deux églises communauté de décisions. Sur le point plus grave de la date de Pâques, ils n'arrivent pas à un accord, mais remarquons leurs motifs réciproques : Polycarpe invoque l'autorité des apôtres, et en première ligne de saint Jean ; Anicet, la tradition des presbytres qui l'ont précédé. Polycarpe se montre là tel qu'il se manifestait déjà, trente ou quarante ans plus tôt, dans son épître aux Philippiens : son critère de la vérité n'a pas varié. Et Anicet n'en a pas un autre que celui de Polycarpe, ou plutôt Anicet suppose le critère de Polycarpe et le complète par la considération de la continuité de la tradition des presbytres plus anciens que lui, ce qui est invoquer le principe de la succession apostolique. Et qu'on ne dise pas que cette argumentation a été créée pour le besoin de la cause à défendre contre le gnosticisme, puisque deux évêques ici y font appel comme à l'unique justification