‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 75 sur 216 · Tim. m, iS: ành ^péfouç tepà ypâ^^LOLta olâaç · texte numérisé non relu

Tim. m, iS: ành ^péfouç tepà ypâ^^LOLta olâaç

comme eux à ce voyage par une pensée de foL Rome est pour lui la cité-reine : saint Justin parlait aussi des honneurs rendus à Simon le Samaritain h ttj itokti ô(xwv paffiXlSi *Pw(jLT] ^. La royauté de Rome éclate dans la somptuosité de son costume, vêtements d'or, chaussures d'or '.

« Je m là un peuple qui porte un sceau brillant. • Ce peuple est le peuple chrétien. Le mot acppaYK, que nous traduisons « sceau » , signifie au propre, le cachet qui authentique une signature, une lettre '. Par extension, il s'entend de la marque que l'on met sur une marchandise ou sur une tête de bétail pour la reconnaître ■* . Le gnostique Théodote, au ii' siècle, écrivait, dans un fragment qui nous a été conservé : « Les animaux sans raison témoignent par la sphragis du propriétaire à qui ils appartiennent individuellement, et c'est par la sphragis que le propriétaire les revendique '. » Au figuré, la^ sphragis est le

1. losm. I Apolog. xxvi, a. L'expression IvrçPaatXîôi'Pwjnj était nsnellp.Je la relève trois foi» dans la célèbre inscription de Pouzzoles, datée de l'an 174 de notre ère: Bobcxh, CJ.G. n" 5853. — Rapprochez le texte des Acla Pauli (c'est un texte d'Asie Mineure, vers 180) sur la communauté chrétienne de Rome, qui passe en nombre toutes les autres et qui n'a pat sa pareille. Harnàck, Analecta zur dUesten Oeschichte de» Chrittentums in Rom (Leipzig 1905), p. 6.

*. Origen. Selecta in psalm. xlv, 10 : x*l vùv (tèv i?i iy.1Ù.■r^via. xoù 6eoù ôwtxp^<'^« ^X^' ^l''*'^'"- Le point est controversé de savoir si la reine dont parle Abercius est Rome ou l'église romaine. De Rossi, Ducbesne, Lightfoot croient qu'il s'agit de l'église romaine. De Rossi, Inscriptiones, t. II, p. xix.

8. Sur la «TçpaYK ainsi entendue, voyez le très curieux texte de Clb- MBNT. Paedagog. m, U (P. G. t. Vin, col. 633 A).

4. Un papyrus commercial du Fayoum, de la fin du n* siècle de notre ère, parle de ci^ça.yXBoL âitiêàXXeiv éxioTcp 6vti), marquer chaque âne d'une marque de propriété pour les reconnaître. A. Deissmanm, New Bibelstudien (Marburg 1897), p. 66.

5. Exeerpta Theodot. 86 (P. G. t. IX, p. 698). Cf. Okigen. Comment, in loa. I, S. Rapprochez ce que dit Celse, chez Oricen. Contra Cel- «wm, n, S7, Kcpi xii« xcdou|iivTK nop à toÎ; ixxXriaiaoxixoï; afpaYïSoç.

baptême que chaque chrétien reçoit comme une empreinte à laquelle le divin pasteur reconnaît ses brebis.

Ce peuple baptisé, Abercius l'a rencontré sur toute sa route, et partout il a observé que ces baptisés avaient en commun, avec lui, une même foi et un même culte. « Je vis là un peuple qui porte un sceau brillant^. J'ai vu aussi la plaine de Syrie, et toutes les villes j et Nisibe par delà l'Euphrate. Partout j'ai eu des confrères. J'avais Paul pour (ici un mot qui n'a pas été restitué). Et la foi partout me conduisait. Partout elle me servit un poisson de source, très grand, pur, qu'a péché une vierge pure. Elle le donnait sans cesse à manger aux amis, elle a un vin délicieux, elle le donne avec du pain... Que celui qui eomprend prie pour Abercius^ ».

La foi d' Abercius l'a donc introduit partout, car partout elle est professée. Et cette même foi le fait admettre partout à la communion. Foi et liturgie sont inséparables. Rappelez-vous Poly carpe reçu à la communion à Rome, comme tous les fidèles des églises quartodécimanes venant à Rome. Le poisson est Jésus-Christ conformément au symbolisme bien connu de Vichthus. Quant à la vierge pure qui a péché le divin poisson, on est d'accord, parmi nous, pour y reconnaître la vierge Marie, plutôt que l'Eglise ^, L'unité de tous les chrétiens à travers le

1. Dans les Acta Philippi, 144 (éd. Bonnet, p. 86), l'apôtre dit au Christ dans une prière : 'EvSuadv ixe ttiv çwteiv^v <tou ffçpayïôa tt|V TràvTote Xâ(jL7Touff»v.

2. Taùx'ô voûvEÙÇaiT' ûnèp 'Aêepxiou Tcôtç ô ffuvtdSo;. Le mot ffUvtpSd; se traduira par concentor ou « celui qui chante avec moi • : on pourrait y voir une allusion au culte chrétien. Du moins la prière pour les morts est ici reconnaissable.

3. Comparez ârisud. Apolog. 15 (éd. Robinson, p. HO) : ol ypicrxiavot YevïaXoyoùvTai àiiô xoù xupioy 'ItitoO Xpiffxoû, oùto;... sx rcapôévov

monde est le fait de la foi et du culte, qui les lient les uns aux autres et fait d'eux tous des amis, des convives, et des initiés. Quand ils sont morts, les prières des survivants les accompagnent.

Jusqu'ici l'Egypte n'a pas paru dans notre enquête : aussi bien, en dehors de l'épître de Barnabe, est-elle silencieuse. Le premier qui rompe le silence dans la seconde moitié du ii* siècle est Pantène, dont Clément d'Alexandrie a été le disciple, ce qui fait de Pantène un contemporain de Justin, d'Hégésippe : Pantène lui-même est donné comme un ancien qui a connu ceux qui avaient vu les apôtres * .

Clément d'Alexandrie attachait beaucoup de prix à avoir été disciple de Pantène et de quelques autres encore, anciens comme lui, l'un qu'il avait rencontré en Achaïe, un autre en Grande-Grèce, un autre en Cœlé-Syrie, un autre en Palestine. Mais Pantène était de tous celui à qui il tenait davantage. « Je le trouvai caché en Egypte, dit-il, et n'en ai plus cherché d'autre que lui : cette véritable abeille de Sicile courait les prés et recueillait les fleurs des prophètes et des apôtres pour former dans les âmes de ceux qui l'écoutaient, comme dans une ruche sacrée, des rayons très purs, non de miel, mais de connaissance et de lumière. » Cette brève indication révèle déjà

1. Pamphil. ap. Phot. Cod. 118 : IlâvTaivov tûv xe xoù; àuo<rc6Xouç cwpav.ÔTwvàxpoâuaffOaijOÙ jit^v àXXà xatxivuv aÙTwv èxeîvcov Siaxoûaai. On ne voit pas quels apôtres Pantène a pu rencontrer ! Mais, et ceci confirme l'altribalion à Pantène de l'épilogue de l'épttre à Diognéte, nous allons voir l'auteur de cet épilogue déclarer qu'il est • disciple des apôtres ». Observons toutefois que Clément d'Alex, donne le nom d'apôtres à des disciples des apôtres : ainsi Clément Romain est par lui appelé apôtre. Stromat. iv, IT (P. G. U VIII, col. 1312),

tu L'ÉGLISE NAISSANTE ET LE CATHOLICISME.

la méthode que Clément a aimée chez ces vieux maîtres, mais Clément insiste : ces anciens, dit-il, « conservaient la tradition vraie de l'enseignement béni », celui du Sauveur, et ils « la tenaient directement de Pierre, de Jacques, de Jean, de Paul, les saints apôtres ' ».

Est-il rien resté de Pantène?

Anastase le Sinaïte mentionne quatre auteurs « anciens et antérieurs aux conciles », qui, dit-il, entendaient du Christ et de l'Église tout l'Hexameron. Ces quatre auteurs étaient Ammonius, Clément d'Alexandrie, Pantène d'Alexandrie et, le plus ancien des quatre, Papias, évêque d'Hiérapolis. Dans un autre passage, Anastase rapporte que ces exégètes « appliquaient à l'Eglise ce qui est écrit du paradis » dans la Genèse ^.

Or, le texte de l'épître à Diognète se termine par un fragment dont tous les critiques reconnaissent qu'il ne fait pas corps avec l'épître et qu'il lui est, de style et de sujet, entièrement étranger : Lightfoot a proposé de l'attribuer à Pantène ' , conjecture séduisante, à condition de ne pas la donner pour autre chose qu'une conjecture. Ces deux pages sont d'un style très affecté, et, qui plus est, rythmé ; mais ce que Clément vient de dire de Pantène et le goût qu'il avait pour lui portent* à croire que Pantène n'avait pas la rusticité de Papias. On connaît, par des citations d'irénée, des vers de presbytres du ii" siècle,

i. Clem. Strom. i, 1 {P. G. t. Vin, coL 700) : ti^v à>iTi8ï) t^; ijiaxapi'a; ffw!;ovTe; 6i8a(TxaX(atç itapàSoaiv, eù6ù; àjià IléTpou xe xal 'laxwêou, 'Itoàvvovi Te xal lïaûXou, tûv é.yiui-<j àiroffTÔXtov.

2. Anabtas. dans P. G. t. LXXXIX, p. 860 et 96». Ftok, Patr. apost. I, 364. Sur Ammonius de Thmuis (iti* s.), Harnàck, Chronol. t. II, p. 81.

3. Lightfoot, Apostolic fathers, Ep. to Diogn. (1891), p. 488. Dans la Theolog.Quartalgchrift, t. LXXXVIIÎ (1906), p. 28-36, M. Di Pauli (après Bunsen, Drâseke, Bonwetsch) rcTendiquele fragment pour Hippolyte, à tort, je crois. Cf. Harnack, op. cit. p. 232.

LE CATIIOI.IGISME DK SAINT IRÉNÉfc. 216

qui prouvent que les formes prosodiques ne répugnaient pas à ces primitifs.

« Je ne dis point des choses étrangères, ni ne cherche contre le bon sens, mais, disciple des apôtres. Je suis devenu didascale des Gentils. » L'auteur inconnu s'adresse à des païens convertis, et se donne pour disciple des apôtres, par opposition aux gnostiques, sans doute, dont les doctrines sont étrangères et insensées. IlestfiiSdcxaXoç, un terme qui fait penser au SiSaaxaXeîov d'Alexandrie, dont Pantène aurait été le premier maître, au dire d'Eusèbe ^ Notre auteur continue : « Je donne fidèlement ce que j'ai reçu [th. itapaooôév-ca) à ceux qui deviennent disciples de la vérité; car qui donc, dès Là qu'il a été instruit droitement (ép6w; otSa/^ôet'ç) et qu'il est devenu l'ami du Logos, ne voudrait pas chercher à bien savoir ce que le Logos a enseigné directement à ses disciples? » La sagesse chrétienne consiste donc à savoir ce que le Christ en personne a enseigné à ses disciples, et qui de proche en proche a été transmis fidèlement parla tradition. « Le Père a envoyé le Logos pour qu'il se manifeste au monde; le Logos a été méconnu par le peuple (juif), annoncé [xr^p\j/'isiç) par les apôtres, cru par les Gentils. Par lui l'Église est riche. » La gentilité a reçu des apôtres le message qui lui était destiné; le Fils est ainsi engendré dans les cœurs des saints, etl'Eglise le possède comme un trésor. « La crainte de la Loi est chantée, la grâce des prophètes est connue, la foi des Evangiles est fondée, la tradition des apôtres est gardée, et la grâce de l'Eglise exulte *. » Le Christ immanent

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