Adv. Valentinian
modèle de cette littérature. Vraisemblablement aussi, les critères de Justin sont les mêmes qu'Irénée développera un quart de siècle après lui. Pour appuyer ces vraisemblances nous avons les indices qu'on peut relever dans les deux Apologies et dans le Dialogue avec le juif Tryphon.
Justin est un apologiste, aussi bien dans les Apologies que dans le Dialogue : le dualisme se manifeste chez lui du croyant qui affirme les articles de sa foi et de l'apologiste qui les justifie par des raisons. Car les articles de la foi sont vrais d'une vérité perceptible à la raison ^ .
Mais s'il s'agit d'établir le fondement des articles de la foi, Justin est en parfait accord avec Polycarpe, avec Papias, avec Hégésippe, comme Irénée le sera avec lui, pour poser en principe que la foi est im enseignement hérité et fidèlement transmis : tel un dépôt. Le mot des presbytres de Smyrne opposant aux nouveautés de Noët la règle : « Nous disons ce que nous avons appris », se trouve déjà chez Justin 2.
Deux termes lui sont familiers entre beaucoup, celui de SiSx/j^ et celui de icapàSocrtç, la seconde étant la suite et la garantie de la première '.
Or, la oiSayii est l'enseignement des prophètes, du Christ et des apôtres. « Ces enseignements, que nous avons reçus du Christ et des prophètes, ses prédé-
1. IcsTîR. Apolog. I, 23 : Ta àXïiOè; iéyc^iEv. Cf. 43 : ^IrfiH àwoçaiv6(ie6a... <bç Seîxvuatv ô à>7i9:?ic ^oyo;. Celse intitulera Discours véritable sa critique du christianisiiie.
2. Apolog. I, 13 : cb; è5t6<xxÔ7i[Aev ),£YovTe;... — 14: TaÛTa SeBiSif- |4£6a xaî SiSdtffxojiev. Hippoltt. Contra haer. Noet. 1 (P. G. t. X, p. 80B) : raOta >éYo(iEv â è(i.â6o(iev. La condamnation de Noët à Smyrne se place Ters 180.