‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 79 sur 216 · Apolog. I · texte numérisé non relu

Apolog. I

cesseurs, sont seuls vrais, par rapport aux fables des Grecs ^ « La doctrine que les apôtres nous ont transmise » fait foi au même titre 2. Car c'est par les apôtres que la doctrine du Christ a été prêchée à la gentilité : « Douze hommes sont partis de Jérusalem pour parcourir le monde : ces hommes étaient simples et sans éloquence, mais avec la vertu de Dieu ils annoncèrent aux hommes de toute race qu'ils étaient envoyés du Christ pour enseigner à tous la parole de Dieu*. »

Le même sentiment s'exprime ici que nous avons noté chez Abercius, chez Hégésippe, le sentiment que la BiBairi répandue dans le monde entier est une foi partout identique à elle-même. Le baptisé, au sortir du bain de son baptême, est conduit là « où sont assemblés ceux qui sont appelés du nom de frères » . Des prières sont adressées à Dieu par tous les assistants pour la communauté présente, pour le baptisé nouveau venu, enfin pour « tous les autres de partout », c'est-à-dire pour les « frères » dispersés dans le monde entier et en quelque lieu qu'ils soient, afin que Dieu accorde à tous les chrétiens « qui savent la vérité » de garder tout ce qui leur est prescrit^. La liturgie qui a commencé par cette prière s'achève par l'eucharistie, à laquelle personne n'a le droit de participer « s'il ne

1. Apolog. I, 42. Cf. 53 : ToO( CLtib navro; ëOvou; àvOptdfcoui; 6ià tt); uapà TÛv àiroffToXojv aÛTOû 6i6ax>iç weKrOÉvTaç.

2. Apolog. I, 61 : xal Xdyov irapà tôv àTtoffToXwv è[io8onev toûtov. — 66 : i$iSdtx6T|(i.ev, ol yàp àndatoXoi oCtw; napéScûxav. — 67 : toT; àïtoffréXot; èîîSaÇe Taûta écuep ù[iïv àveôàicanev. Cf. Dialog. cm, 8. ^

3. Apolog. I, 23 : iTîôaa XéYou.ev liaôiîvTEî Ttapà toû XpKTXOÙ xat twv npoeXOôvTwv aOtoû wpoçYiTwv. Apolog. u, a : xiP|v anà toO XpiffTOù 5i5ax^v. Dialog. cxix, 6 : x? çtûv^j xou 6£où x% 6ià tê tûv àiïoa-réXwv t©w XpiCTToû XaXriôeîa^, TtàXiv xat t^ 8tà xûv TipoflpyiTwv XTipux9e'<rp-

4. Apolog. I, 65 : xoivà; eùxà; CiTtèp... aXXwv uavTaxoû nâvxtov...

croit vrai ce que nous enseignons, et si, baptisé, il ne vit comme le Christ nous a enseigné à vivre ^ ».

En regard de cette vérité que nous avons reçue du Christ par les apôtres et que nous conservons fidèlement, — l'erreur a pullulé, suscitée par les démons, à dater du jour où ils ont vu que le Christ « était cru dans toutes les nations ». Les démons ainsi ont suscité Simon et Ménandre, tous deux de Samarie, tous deux magiciens. Simon, accompagné d'une femme perdue, nommée Hélène, est au temps de Claude venu à Rome où on lui a élevé une statue comme à un dieu. Ménandre s'est établi à Antioche, où l'on trouve aujourd'hui encore de ses disciples. Marcion, de la province du Pont, enseigne encore : avec l'aide des démons, il a fait renier par ses adeptes le Dieu créateur du monde et croire à un Dieu supérieur. Les hérétiques sont appelés chrétiens, mais au même titre que les philosophes sont appelés philosophes en dépit de la diversité des doctrines qu'ils professent^. — L'hérésie, peut-on inférer de ces données, se reconnaît à son inspiration, qui lui vient des démons : de là les impiétés, les blasphèmes, les scandales qui l'accompagnent. Elle est prêchée par des hommes que l'on connaît bien, qui n'ont rien de la mission des apôtres, qui sont des magiciens comme Simon et Ménandre, ou des sophistes comme Marcion. Les hérétiques, disciples de ces hérésiar^

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