Apolog. I, 66 : ... &i ô XpiaToç itapéSwxev
*. Apolog. I, J6 : nâvTsç ol ànè toûtmv ôpiAtijievoi XP'<''tiavoîxaXoûvxai, 8v tpÔTtov xal où xoîvwv ôvtcov SoytJLàTwv toï; «piXocTÔçot; tô èmxaXouticvov Svo|xa t^; çiXodOfîaiç xoivdv èativ. Le mot dogme est pris ici encore au sens philosophique. Cf. Dialog. xxxv, 6.
ques, portent le nom de chrétiens, mais, en regard de l'unité de foi des vrais chrétiens, ce qui caractérise les hérétiques, c'est la diversité de leurs opinions, en quoi ils sont pareils aux philosophes qui ne suivent que leur sens propre. « D'ailleurs, conclut Justin, nous avons composé un travail contre toutes les hérésies : si vous voulez le consulter, nous vous le donnerons^. »
Dans les apologies, deux œuvres qui s'adressent, disions-nous, au grand public, au prince, au Sénat, à l'opinion païenne, Justin ne fait appel qu'à des arguments d'équité, de raison ou de fait : l'association que constitue le christianisme dans l'empire romain n'avait pas lieu d'être mentionnée là, le mot même d'église n'est pas prononcé. Le Dialogue avec le juif Tryphon, postérieur à la première apologie, destiné à des lecteurs chrétiens ou juifs, est plus explicite.
Si le prophète Malachie annonce qu'en tout lieu, parmi les nations, une oblation sainte est offerte à Dieu, Justin montre au juif Tryphon que Malachie a prophétisé là le christianisme de la gentilité. Car, dit-il, il n'est pas vrai que le judaïsme soit répandu sur toute la terre, du levant au couchant, et il existe
i. Apolog. I, S6. Ce même argument tiré du désaccord des hérétiques entre eux est exploité par Riiodon (asiate venu à Rome comme Justin et là disciple de Tatien). Eusèbe place Rhodon au temps de l'empereur Commode (180-192). Voyez le fragment où Rhodon s'explique sur ces contradictions des hérétiques, et nommément d'Apelleset de Marcion : EosEB. H. E. V, 13, 2-4. Cet argument d'apologistes comme Justin et Rhodon est le même qui sert aux apologistes comme Tatien contre les philosophes païens dont ils dénoncent les contradictions. M. Puech a montré que, sur ce point, nos apologistes avaient, en en prenant la contrepartie, subi l'influence des TtpcxoeTtTixoi Aôyoi païens, tel celui de Po- Bidonius. Puech, Recherches sur le discours aux Grecs de Tatien (PAris 1903), p. 41. L'argument de tradition est, au contraire, proprement ecclésiastique.
bien des peuples où aucun juif jamais ne s'est fixé, tandis que « il n'est pas une race d'hommes, soit do barbares, soit de Grecs, soit de quelque nom qu'on lui donne, tant ceux qui vivent sur des chariots et sans maisons, que ceux qui, pasteurs de troupeaux, vivent sous des tentes, il n'est pas une race où la prière et l'eucharistie ne soient célébrées au nom du crucifié Jésus ^ ». — Si Michée a prophétisé qu'un temps viendrait où la Loi sortirait de Jérusalem, où la parole du Seigneur maîtriserait les peuples lointains, apaiserait les guerres, transformerait les glaives en charrues, et où chacun s'assoirait tranquille sous sa vigne, Justin montre que ce temps est venu depuis que les apôtres ont de Jérusalem porté l'Evangile à la gentilité dans le monde entier, et que rien, pas même les persécutions sanglantes, n'est capable d'effrayer les chrétiens. « La vigne plantée par le Christ Dieu et Sauveur est son peuple »'.
La catholicité (le mot xaôoXixo'ç n'est pas chez saint Justin avec ce sens) est géographique, concrète et saisissable^. Cette dispersion a une unité aussi réelle. « Ceux qui croient au Christ sont une âme, une synagogue, une église », voilà pourquoi — dans le texte du psaume Audifilia et vide, et inclina aurem tuam, et oblifiscere populum tuum, — la parole de Dieu interpelle comme « sa fille l'Eglise qui est née du nom du Christ et qui participe à ce nom, car tous nous sommes appelés chrétiens* ». Ne soyons pas choqués que Justin emploie indifféremment les mots synago-