Cf. Dialog. cxix
4. Dialog. i.xiii, 5 : oxt toïç el; aùxbv nttrrevouffiv «b; oCai jiiq[ «l'WX^ **^ |iif ouvaywy^ xaJ |jii^ êxxXrjffia, ô "kà^o^ xoù ôeoù [eîpïjTai] w; SÛYaipi
gue et église : il discute, en effet, avec un juif et ne veut employer que des désignations générales pour parler du peuple des chrétiens qui se substitue au peuple juif dans le choix de Dieu : église, dans la discussion présente, n'a d'autre sens que celui que les Septante donnent à ce mot. Mais au fond Justin pense à l'Eglise, celle qui s'oppose à la Synagogue, et il exprime clairement ailleurs cette opposition , quand il dit que Jacob est la figure du Christ, Jacob ayant servi Laban pour ses deux filles et ayant été trompé au sujet de la première : Lia est la figure de « votre peuple et de la Synagogue », dit Justin à Tryphon, « et Rachel est notre Eglise » * .
Mais ici une objection peut être faite : parmi ceux qui sont appelés chrétiens, n'en est-il pas beaucoup d'hérétiques? Justin sentait sans doute mieux que Tryphon l'acuité de ce scandale : des hommes ne craignant pas de a confesser qu'ils sont chrétiens et de confesser Jésus crucifié. Seigneur et Christ », et cependant « n'enseignant pas ses enseignements, mais ceux des esprits d'erreur^ ». Justin se réclame de la « véritable et pure doctrine de Jésus-Christ » ; il rappelle que le Sauveur a prédit ce qui se voit à l'heure présente, des pseudo-prophètes venant vêtus de peaux de brebis et qui sont des loups ravisseurs, des pseudo' christs, des pseudo-apôtres, séducteurs des fidèles. La trilogie reparaît ici des prophètes, du Christ, des apôtres, fondement de la foi pure et authentique. Hors de ce fondement, il n'y a que blasphème et erreur,
toç aÙTOw (xpiffriavot fàp Ttâv-re; xa).ou|xe6a). 1. Dialog. cxxxiv, 3 : Àeto lièv A XaèçOfiûv xotl ^| <iyv«YWYTÎ, 'Pax^X
S. Dialog. xxxv, %.
« Nombreux ils sont et ils furent ceux qui ont enseigné à dire et à faire des choses athées et blasphématoires, et ceux-là se présentaient au nom de Jésus, mais nous leur avons donné le nom des hommes à qui leur enseignement, leur opinion, doit son origine... Les uns sont appelés Marcionites, les autres Valentiniens, ceux-ci Basilidiens, ceux-là Saturniliens, les autres d'un autre nom, tous du nom du créateur de l'opinion particulière qu'ils ont embrassée, à la manière dont ceux qui s'estiment philosophes portent le nom du père de la philosophie qu'ils suivent ^ » — Nous avons ici le même argument qu'esquissait la première apologie^ : l'hérésie est inspirée par les démons et enfante des blasphèmes ; elle a pour auteurs des hommes qui suivent leur sens propre comme les philosophes, et perdent le droit de porter le nom du Christ.
Aux témoignages qui précèdent, et qui présentent l'Eglise vue du dedans, on joindra celui du païen Celse, im homme du dehors, mais qui a connu les choses du christianisme en polémiste philosophe qui voulait parler sciemment (il s'en glorifie assez) de ce qu'il combattait.
Celse est un grec, mais très probablement un grec de Rome ; et son livre paraît bien avoir été écrit à Rome, dans les dernières années du règne de Marc- Aurèle, entre 177 et 180, dans la période où Com-