Obigen. Contra Cela, ii
S. Conira CeU. u, 37.
Celse ait connu l'œuvre de saint Justin. Par contre, il connaît le Dialogue perdu de Jason et de PapiscuSy « livre non pas ridicule, mais plutôt pitoyable et haïssable ^ », assure-t-il. Il a eu entre les mains nombre d'écrits marcionites et gnostiques. Au milieu de cette information disparate, il est bien curieux que Celse ait eu du christianisme une vue normale qui correspond à l'institution catholique telle qu'elle se manifestait vers le milieu du second siècle.
Celse ne dénonce pas seulement et d'abord dans le christianisme une superstition contraire au naturalisme qu'il croit le vrai, mais une association illicite. Les chrétiens, dit-il, font entre eux des pactes secrets contraires aux lois, et ces pactes, qui constituent l'amour mutuel des chrétiens, sont conclus en vue du péril commun et les lient plus qu'un serment sacré (i, 1). Tout leur culte est secret, car il y va pour eux de la peine capitale, s'ils sont dénoncés (i, 3). Bon, si leur doctrine était raisonnable, mais ils acceptent sans raison des « dogmes » déraisonnables. « Certains parmi eux, écrit Celse, ne veulent ni rendre raison de ce qu'ils croient, ni entendre raison. Ils n'ont qu'une réponse : Ne cherche pas, mais crois. Ou encore : Ta foi te sauvera ». Celse assure qu'ils disent : « Dans cette vie, la sagesse est un mal, la folie est un bien ^. »
Celse n'ignore pas que dans le christianisme se rencontrent des hommes honorables, doux et cultivés, « capables de comprendre l'allégorie » , dit-il ' : l'ensem-
\. Contra Cela, rv, 5».
2. Id. I, 9 : çTiffi SéTiva; (A7)5à poyXonévoui; ôtSovai î) Xa|A6àveiv ),($yov «epi wv m<rreûouffi, xp^a9*i ^<5> « t*^ ïii-za.t,z aïXk 7ti<rreuaov », xal « t) Tticmç ffou aweiei se ». xai ÇTiaiv aùtoùç Xé^eiv « xaxôv i\ Iv T(j) %6a^M ooçia, àyaO^jV 8è ^ (uopia ». Cf. ibid. 12.
3. Sur l'allégorie, notammeut chez les stoïciens, comme mélhode
ble toutefois est composé de simples (i, 27). Il décrit quelque part ces simples dans une sorte de croquis, où la caricature des traits laisse surprendre une réalité que nous soupçonnions bien, le propagandisme touchant de ces « cardeurs de laine, cordonniers, foulons, gens de la dernière ignorance » , mais ardents à conquérir à leur foi les femmes et les enfants (m, 55). Cette clientèle de simples est instruite par des presbytres, qui ne sont guère moins ignorants qu'elle, assure Celse *.
Quand le christianisme a commencé, les chrétiens étaient un petit nombre et ils n'avaient qu'une pensée : à mesure qu'ils sont devenus une multitude, ils se sont divisés, séparés : «chacun veut avoir sa faction » (m, 10). Ceux qui se séparent de la « multitude » , se condamnent les uns les autres, et ne gardent de commun que le nom, si tant est qu'ils aient quelque chose de commun^. Celse énumère les Simoniens (disciples de Simon le Magicien), les Carpocratiens, qu'il ne connaît ensemble que de nom, les Marcionites, qu'il paraît au contraire avoir rencontrés et interrogés (v, 62). Toutes ces factions, dit-il encore, se déchirent atrocement les unes les autres ^. Il a connu en Phénicie et en Pales-
d'interprétation des mythes religieux, P. Decharhe, La critique des traditions religieuses chez les Grecs (Paris 1904), p. S870 et suiv.
1 . Contra Cels. vi, 40. Cf. m, 72 et 77. — Sur la diffusion du christianisme dans les milieux instruits, voyez Harnacr, Mission, t. I, p. 408-418. Le catholicisme d'autorité se défendait contre la critique et la spéculation gnostique. Un * philosophe » comme Justin était une exception, et d'ailleurs n'agréait guère aux esprits cultivés du paganisme de son temps : Celse ne le connaît pas. En dépit d'Origène et de ses disciples, le christianisme eut contre lui « la science antique », et ce qu'on pourrait appeler l'enseignement supérieur du vieux monde. M. Cu- Hoin-,Les religions orientales dans le paganisme romain, p.3t4, estime que jusqu'à la fln du v" siècle le haut enseignement resta aux mains des païens.
4. Contra Cels. ui, lî: ûtto 7r>iQ6ouî udtXtv ôitatôjAevoi...