‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 85 sur 216 · Id. VII, 9 et viu, 4S · texte numérisé non relu

Id. VII, 9 et viu, 4S

2. Id. V, 59 : ffaçwî ye tûv à«b ^LerfiXtn ÈxxXriaîa; toOxo 6(i.oXoifOvvTa>v «T>.. Il s'agit là de la foi commune aux chrétiens et aux juifs sur la création et l'œuvre des six jours, par opposition aux Marcionites sans doute. — Rapprochez v, 61 : t( toùto çépei êyxXTifia toi; àuà Tij; èxxXtioCocc, oOc ànb toû tiXtjOovc (iî>v(5u.aaev d KéXao; ; il oppose là la grande Église (to nXYjdo;) aux Ébionites.

Denys de Corinthe, Celse) ; que surtout, pour ce qui est de la foi, il existe de fait une conformité pareillement sensible à tous (Hégésippe, Abercius, Denys, Hermas, Justin, Celse); si bien que les hérétiques font d'abord figure d'étrangers (Papias, Pantène, Hermas, Celse).

Cette conformité des églises dans la foi tient à ce que la foi est considérée comme une doctrine divine reçue d'abord et ensuite fidèlement transmise comme un dépôt : elle est l'enseignement du Seigneur (Polycarpe, Papias), plus précisément l'enseignement du Seigneur, des prophètes et des apôtres (Polycarpe, Papias, Hégésippe, Pantène, Justin), enseignement qui a été propagé et garanti par les apôtres (Polycarpe, Papias, Hégésippe, Pantène, Justin), reçu et transmis par les presbytres (Polycarpe, Anicet, Papias, Pantène), transmission concrétisée dans la succession des évoques (Hégésippe), auxquels le fidèle doit être soumis (Polycarpe, Secunda Clementis, Denys, Hermas).

Cette unité de foi est ce qu'on oppose aux hérésies, foi catholique, foi apostolique : mais l'unité est bien plus profonde, car elle embrasse toute la vie ecclésiastique, liturgie et discipline, dans la soumission à la hiérarchie (Polycarpe, Hégésippe, Abercius, Denys, Hermas, Justin).

Rome est un centre qui intéresse la foi de tous les fidèles du monde (Polycarpe, Abercius, Hégésippe, Denys).

Les hérétiques ne peuvent se réclamer que des hommes qui leur ont donné leurs noms (Hégésippe, Justin) ; leurs systèmes sont déraisonnables et se contredisent les uns les autres (Hégésippe, Pantène, Justin, Celse).

L'Église invisible ou pneumatique, préexistant dès le commencement du monde, est une donnée que développent seuls l'auteur de la Secunda Clementis et Hermas.

Saint Irénée, originaire d'Asie, a grandi à Smyrne dans l'entourage de Tévêque saint Polycarpe, au milieu des presbytres qui comme Polycarpe ont « conversé avec saint Jean et les autres témoins du Seigneur » : il a dû passer en Asie plus que sa jeunesse. Vers 155, il est à Rome, au temps où saint Justin y enseigne. Quand éclate la persécution de Marc-Aurèle, l'église de Lyon, au presbyterium de laquelle Irénée appartient, le dépêche à Rome porteur d'une lettre des confesseurs lyonnais pour le pape Éleuthère. Retour de Rome, il est fait évéque de Lyon (177 ou 178). C'est à Lyon qu'Irénée compose son grand ouvrage en cinq livres contre les gnostiques : les trois premiers livres sont contemporains du pape Éleuthère, vraisemblablement de la période 180-189 : les deux derniers livres ont été composés au temps du pape Victor (189-198). Cette grande œuvre n'est pas un Ilepl exxXtieriaç, titre d'un livre perdu de l'évêque de Sardes, Méliton; mais, à l'occasion de la réfutation des erreurs gnostiques, elle esquisse la théorie de l'Eglise et de sa fonction doctrinale avec une plénitude et avec une fermeté qui font du troisième livre notamment un véritable et le plus ancien traité de l'Église *.

1. Au traité Adversus Aa«rese«, joindre le petit traité retrouvé en armé-

Le premier trait que nous relevons dans l'ecclésiologie d'Irénée sera l'importance qu'il donne à la diffusion du christianisme sur la terre et à l'unité de foi qui se maintient dans cette dispersion. Cette considération, qui n'est pas nouvelle, prend chez Irénée la valeur d'un argument, et personne avant lui ne l'a fait valoir avec l'éloquence qu'il y met.

L'Église, disséminée à travers le monde et jusqu'aux limites de la terre, a la même et unique règle de foi. Irénée en énumère les articles : un Dieu, père toutpuissant; un Jésus-Christ, fils de Dieu, incarné pour notre salut; le saint Esprit, qui a annoncé par les prophètes les desseins de Dieu; l'incarnation, la conception virginale, la passion, la résurrection, l'ascension du bien-aimé Jésus-Christ notre Seigneur, enfin son retour à venir pour tout restaurer et pour la résurrection de la chair du genre humain.

Telle est la règle ou canon de la foi partout professée*, comme si l'Église dispersée dans le vaste monde habitait une maison unique. Chaque fidèle s'est engagé à professer cette foi le jour où il a reçu le baptême '. L'Église n'a ainsi qu'un cœur, qu'une âme,

nIeD, Ktç én(&'.Çtv tou ànoerroXtxoû xTipuYF''^o<, et publié en 4907 : K. Ttt Mkkkrttschias et E. Tkh Minassuntz, De» heil. Irenâus Sehrifl zum Brweise der apostolischen Verkûndigung (Leipzig 1907). La Demonttratio (nous l'appellerons ainsi) est postérieure à l'Adv. haer. auquel elle renvoie (ch. 99).

1. Ha«r. I, 10, 1 : « Ecclesia enim per universum orbera nsqne ad fines terrae seminata («ic), etab apostolis et a discipnlis eorum aceepit eam fidem quae est in onum Deum,patrem omnipotentem... » Pour les textes parallèles d'Irénée, voyez Hahn, Bibliothek der Symbole, p. 6-8. Joignez-y Demonstr. 6.

2. Haer. i, 9, ♦ : « Regulam veritatis immobiiem (xavdvo ■riSç AXt)- 9tiaç àxXivTj)...,quam per baptismum aceepit fquisqne]. > Cf. m, 11.

qu'une voix, qu'une bouche. Les langues sont multiples dans le monde, mais la tradition est une. 11 y a des églises fondées en Germanie, qui n'ont pas une foi diflerente de la nôtre. Autant faut-il en dire des églises qui sont chez les Ibères ou chez les Celtes, en Orient ou en Egypte, en Libye ou en Judée \ Le soleil, créature de Dieu, est le même pour l'univers entier : ainsi la prédication de la vérité est la lumière qui brille partout et illumine tous les hommes qui veulent la connaître. Les plus éloquents des évêques, car les évêques sont à la têie des églises, « praesunt ecclesiis », ne pourront pas enseigner autre chose, et le plus chétif n'en diminuera rien *. Ainsi en est-il dans l'Eglise partout établie : « Ea quae est in quoquo loco Ecclesia universa » ^. Si le mot « catholique »

i; 15,1 eiDemonstr. 6. L'expression regruia^det ou xavùv t>); àXYiôeCa; ne désigne pas strictement et toujours le symbole baptismal, mais la foi commune à toutes les églises, la tradition. Voyez pour Irénée, les observations de Kattenbusch, t. H, p. 31 et suiv, cf. Voigt, Eine versehollene Urkunde des antimontanistischen Kampfes (Leipzig 1891), p. 188-207.

1. Irénée ne proBonce pas le mot de Jndée, il dit : alxatà (lÉaa Toû x(5(r(iou. On croyait, dans le christianisme, que la Judée et Jérusalem étaient au centre du monde.

2. Haer. i , 10, 2 : « Hanc praedicationem cum acceperit et hanc fidem, quemadmodumpraediximus, Ecclesia, et quidem in aniversum mundum disseminata, diligenter custodit, quasi unam domum inhabitans, et similiter crédit iis, videlicet quasi unam animam habens et unum cor, et consonanter haec praedicat et docet et tradit quasi unum possidens os. Nam etsi in mundo loquelae dissimiles sont, sed tamen virtus traditionis una et eadem est. Et neque hae quae in Gerhania sunt fundatae ecclesiae aliter credunt aut aliter tradunt ; neque hae quae in Hiberis sunt, neque hae quae in Celtis, neque hae quae in Oriente, neque hae quae in iEcYPTO, neque hae quae in Libya, neque hae quae in medio mundi constitutae : sed sicutsol, creatura Dei, in univers© mundo unus et idem est, sic et lumen, praedicatio veritatis, ubique lucet et illuminât omnes hominesqui volunt ad cognitionem veritatis venire. Et neque is qui valde praevalel in sermone ex iis qui praesunt ecclesiis, alia quam haec sunt dicct,... neque inflrmus in dicendo deminorabit tradilionem ». — Voyez encore Haer . H, 31, 2 ; I», 4, 1 ; m, 11, 8 ; v, 20, 1-2 et Demonstr. 98.

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