‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 89 sur 216 · Baer. m, «4, 1. Cf. ii, Sî · texte numérisé non relu

Baer. m, «4, 1. Cf. ii, Sî

2. Cf. Demonstr. 26 et Haer. iv, 8, 1 et v, 20, S. Aucune préexistence, rien que dei figures.

3. Haer. v, 34, 3: « Quoniam autem repromissiones non solum propbetis et pairibus, sed ecclesiis ex gentibus coadunatis annuntiabantur, quas et insulas nuncupat spiritus, et quod in medio turbulae Bint constitutae, et tempestatem blasphemiarum sufferant, et salutarls

manens, et, per naturalia ea quae sunt consuetudinis hominis, ostendens quoniam et Ecclesia quae est sal terrae subrelicta est in confinio terrae patiens quae sunt humana; et, dum saepe auferuntur ab ea membra intégra, persévérât statua salis, quod est firmamentum fidei, firmans et praemittens fîlios ad patrem ipsorum^

Ne passons pas distraitement devant ces quelques lignes d'un latin un peu lourd : et faisons honneur à un lyonnais, né en Asie, de la trouvaille du plus expressif symbole de la stabilité, de la vie miraculeuse et de l'indéfectibilité de l'Église.

Un dernier élément va achever la conformité de l'ecclésiologie d'irénée et de celle de ses prédécesseurs : la place qu'il fait à l'église romaine.

Nous l'avons vu déjà l'appeler du nom de « maximae, et antiquissimae, et omnibus cognitae, a gloriosissimis duobus apostolis Petro et Paiilo Romae fundatae et constitutae ecclesiae ^ ». Il s'est exprimé en termes plus fermes encore, et bien connus ^ :

portas periclitantibus existant, et refugium sont eoram qui altitudinem ament et byilium id est profundum erroris conantur effugere. • Au lieu de ament, on voudrait lire plutôt amentiae. — Cette comparaison des églises a des iles dotées de bons ports se rencontre chez Théophile d'Antioche, Ad Autolyc. u, 14.

1. Irénée fait allusion à la croyance baggadique qui voulait qae la statue de la femme de I.oth eût ses règles comme une vivante, et que ses membres repoussassent quand on les avait brisés.

i. Haer. m, 3, i.

3. Voyez Funk, « uer Primat der rflm, K. aachlgnatius und Irenâus •, dans ses Rircheng. Abhandlungen, 1. 1, p. 12-23. Harnàck, « Das Zeugniss des I. iiber das Ansehen der rdm. K. >, dans les Sitzungaberichte de l'Acad. de Berlin, 1893, p. 939-955. Dom CuàphjlK, < Le témoignage de S. I. en faveur de la primauté romaine », Revue bénédictine, t. XII (1895), p. 19-64. nom Morin, « Une erreur de copisie dans le toxto d'irénée sur l'église romaine », Revue bénéd. t, XXV (1908), p. 815-520.

[III, 3, 2.] Ad hanc enim Ecclesiam propter potentiorem principalitatem nec'esse est omnem convenire ecclesiam, hoc est eos qui sunt undique fidèles, in qua semper ab his qui sunt undique conservata est ea quae est ab apostolis traditio .

Le texte grec original de cette phrase manque, et on n'a donc là qu'une version avec ses risques d'à peu près, que n'atténue pas le fait que cette version latine est ancienne, peut-être du temps de Tertullien ^ .

Ad hanc ecclesiam necesse est omnem convenire ecclesiam. La nécessité dont parle saint Irénée est celle d'une conclusion logique ^. Toute église doit s'accorder avec l'église romaine, non pas dans le sens que toute église, pour autant qu'elle garde pure la tradition apostolique, s'accordera ipso facto avec l'église romaine, car, à interpréter ainsi, on énerve des expressions aussi fortes que convenire ad, qui suggèrent ridée d'une démarche active à la recherche de la vérité'.

Omnem ecclesiam, hoc est eos qui sunt undique fidèles. L'expression hoc est annonce une périphrase explicative, et l'on s'attendrait à ce qu'Irénée prononce le mot « catholique w : mais, quelque étrange que "soit pareille lacune, nous avons noté que le mot

1. H. Jordan, Da» Aller der lat. Uebers. des Hauptwerkes des Ir, (Leipzig 1908), p. 60, l'attribue à la seconde moitié du iv* siècle.

i. Comparez Haer. t, 30, 1 : < Necessitatem ergo habent praedicti haerctici » et v, 30, l : 'éneiTa... èiiTtéoreiv àvàyxij.

3. Hàrnàck, Dogmengeschichte. C !•*, p. 488, après avoir noté que Polycarpe attachait le plus grand prix a être d'accord avec Anicet, et fit pour ce motif le voyage de Rome, ajoute : i Ce n'est pas Anicet qui alla trouver Polycarpe, mais Polycarpe qui alla trouver Anicet. » Tel est le sens que nous attachons à convenire ad (ovvTpsxctv). Rappelons III, 4, 1 : € Si de aliqua modica quaestione disceptatio esset, nonne oporteret in antiquissimas recurrere eceleaicu, in quibus apo- Btoli conversati sunt? >

o catholique » manque au vocabulaire d'Irénée. Les fidèles viendront à Rome de partout, undique, allusion aux chrétiens qui de toutes les églises du monde convergent à Rome, comme Polycarpe, comme Abercius, comme Irénée lui aussi, et tant d'autres au second siècle ^ .

Omnem ecclesiam... in qua. Toute église s'accordera donc avec l'église romaine, dans laquelle... M. Harnack, M*"" Duchesne et Funk pensent que in qua se rapporte, non pas à l'église romaine, comme on l'a longtemps cru, mais aux églises autres que la romaine^. Il nous semble que la correction de Dom Morin autorise à entendre in qua de l'église romaine.

In qua semper ah his qui \sunt undiqué] conserçataestea quae estab apostolis traditio. Dom Morin a mis en pleine lumière que sunl undique est une erreur de copiste : ces deux mots tiennent la place d'autres qui désigneraient les presbytres qui président à Rome {praesident)^.

Propter potentiorem principalitatem. L'épithète au comparatif, potentior, marque une qualité élevée, sans impliquer nécessairement de comparaison avec d'autres qui posséderaient cette même qualité à un moindre degré. Le mot capital est ici principaUtaSy qui se retrouve ailleurs chez Irénée avec le sens de

\, Sur ces pèlerins du second siècle, tels saint Justin, Rhodon, Tatien, Irénée. Abercios, Polycarpe, Hégésippe, TertulUen, etc., voyez C. P. Caspari, Quellen zur Geschichte des Taufsymbols, t. lU (Christiania 1875), p. 336-348, et Harmack, Mission, t. I, p. 3H-31«. .

2. Rapprochez Haer. m, 3, 1 : « Traditionem apostolorum In toto mundo manifestatam,in omni ecclesia adesl respicere. «Nous retrouvons ici l'expression omnis ecclesia synonyme de unaquaeque ecclesia.

3. L. SiLTET, Bulletin de litL eeel., 1920, p. 180-186, propose : • ... semoer his qui sunt undique... », en supprimant ab.

priorité : Dieu est prioj^ omnium, il est l'antécédent de l'univers, et cela constitue sa principaliias* . Adam est le premier homme, l'homme de qui tous les autres hommes sont issus, et cela lui constitue une principalitas'^. L'église de Rome peut être dite prior omnium, pour autant qu'elle est l'Eglise qui a été instituée en la personne de l'apôtre Pierre par le Sauveur lui-même. Le mot Trpwxeta répondrait à ce sens de principalitas ^ .

Quoi qu'il en soit, l'autorité qu'Irénée voit dans l'Eglise catholique en tant que telle et en tant que sûre dépositaire de la tradition qui remonte aux apôtres, il la voit dans l'église romaine plus manifestement. Il disait : « Oportet confugere ad Ecclesiam », et il entendait l'Eglise qui est « in universo mundo », et qui conserve « firmam ab apostolis tra~ ditionem '*. Dans les mêmes termes, il dit : « Necesse est ad hanc ecclesiam [romanam] convenir e omnem ecclesiam ».

1. Haer. iv, 38, 3 : « Principalitatem habet in omnibus Deus quoniam et solus infectus et prior omnium » (upwTeÙEi év itâfftv é ôed;). Cf. Tf.rtcll. Praescr. 31 : « Revertar ad principalitatem veritatis et posteritatem mendacititis disputandam... Manifestatur id esse dominicum et verum quod sit prius traditum •. De anima, 13 : « Habes animae principalitatem ».

2. Ainsi Adam est souche de l'humanité, il est la « principalis plasmatio ». Haer. v, 14, 1 et 2, 1. Rapproclier une expression du sacramentaire léonien, oraison des saints Jean et Paul (éd. Feltok, p. 3S) ; «...Ex quo videmus uberem pullulasse toto terrarum orbe sationem, et de principali cruce prodiisse gloriosarum segetem passionum ».

3. Le mot TtpwTEta est celui auquel se rallientFunk, Chapman, et aussi F. W. Puller (T/w primitive saints and thesee of Rome i , \9\>t, p. 44S)^ — Le mot principalitas prendra plus tard un autre sens dérivé dé celui de prince. « Vestrae principalitatis imperium », est du langage que l'on tient à l'empereur Théodose en 383. Coll. avellan. 2, 122 (éd. GuENTiiER, p. 44), d'où l'on peut induire que la traduction latine d'Irénce est plutôt du ni« siècle que du iv«. Pus tard, au vi" siècle, on parlera de la « sedis apostolicae principalitas » et du « sedis apostolicae principatus ». Coll. avellan. 87 et 292 (p. 333 et 661).

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