Clehe2<t. Stromat. i
3. Haer. t, i, l-«. Cf. il, 1, et aussi Philosophoumefu», vi, 80, 43, 46, ru, 83; T, 13.
4. Haer. i, 8, 6 : èxxXT)<itov elvat ^éyoudiv àvriTumov t^; &woi i%<\r\aiwi. Origex. Comment, in. loa. x, 21 (P. G. t. XIV, p. 376), mentionne l'opinion d'HéracIéon sur la résurrection qui doit s'opérer en trois jours : résurrection de la matière le premier jour, résurrection psychique le second, résurrection pneumatique le troisième. Le troisième jour est celui de la résurrection de l'Église. Cette résurrecUon est en travaiL Cf. îd. xui, Il et 50. Saint Hippolyte parle d'une triple église imaginée par certains gnostiques (Naasséniens) , l'angélique, la psychique, la matérielle. Philosophoum. v, 6. Cf. Excerpt. Theodot. 31, 43, S6-S9.
5. Haer. i, 30, 3 : • Esse autem hanc et veram et sanctam Ecclesiam ». Cf. ib. 15, 3. Sur l'éon Église, rapprocher Tertoll. Adv. Valentinianos, », 48 et 39; Praescr. 33; Origen. Contra Cels. vi, 34 et 33. Excerpt. Theodot. 13, 17, 26, 33, 40, 41.
type de la Vierge, mère de Jésus, par l'opération de la Virtus altissimi qui est l'éon Homme conjoint à l'éon Église dans le plérome.
La chrétienté, dirons-nous en revenant sur terre, apparaît aux yeux d'Irénée comme une Église d'églises dispersées à travers le vaste monde, mais unies par une même foi.
Cette foi a pour fondement l'Ancien Testament, le Seigneur, les apôtres ; l'authenticité de la foi actuelle est garantie par le fait que les presbytres l'ont reçue des apôtres, et les évêques actuels des presbytres auxquels ils ont succédé par une succession partout vérifiable. Les évêques possèdent l'héritage de la vérité révélée.
L'Église des églises est le corps du Christ. Là où est l'Église visible et hiérarchique, là est l'Esprit de Dieu. L'Église assistée par l'Esprit est indéfectible.
L'église de Rome, glorieuse entre toutes, est celle sur laquelle toutes les autres doivent se régler, en raison de &d.potentior princip alitas.
L'hérésie est illégitime, en raison de son origine, de sa méthode sophistique, de ses variations, de son impuissance.
En ces idées maîtresses peut se synthétiser le catholicisme d'Irénée, mais, nous l'avons montré, ce catholicisme ne date pas d'Irénée et il n'est pas le produit de la réaction de la chrétienté contre le gnosticisme.
Il nous reste à grouper autour d'Irénée quelques faits qui achèveront de montrer que le catholicisme est dans la vie de la chrétienté, et non point seulement dans les livres de quelques controversistes. Le premier de ces faits est le montanisme.
Observons d'abord que le montanisme est un mouvement localisé en Phrygie. Il est un mouvement illuministe : le Paraclet parle dans les nouveaux prophètes, Montan, Prisca, Maximilla, et il annonce la fin du monde. La Jérusalem céleste va apparaître sur les nuées et descendre en Phrygie, dans une plaine proche de Pépuze. Des foules chrétiennes, en Phrygie et en Asie, accourent vers Pépuze pour entendre le Paraclet. La Phrygie restera longtemps émue de ces prophéties, car au temps de saint Epiphane il existait encore des « Cataphryges » et un culte local, bizarre, qui attirait chaque année de grands pèlerinages à Pépuze.
Observons secondement que le montanisme, en tant qu'il est une sorte de réveil de prophètes, n'est pas un phénomène inopiné. La croyance à la persistance de charismes prophétiques dans l'Eglise était une croyance qui n'avait rien d'illégitime : on se défiait des faux prophètes, on croyait aux prophètes et qu'ils étaient
capables de parler sous l'inspiration véritable de l'Esprit dfe Dieu ^ . Les « voies extraordinaires » ont toujours été une part de l'action de Dieu dans son Eglise. Hermas était, à sa manière, un prophète : il raconte les visions allégoriques qu'il voit, les discours qu'il entend du Seigneur ou des anges. Parmi ses visions, il voit des hommes assis sur un banc, et un homme assis seul sur une chaise : les premiers sont des fidèles, Vautre est un pseudo-prophète, qui n'a aucune part à la vertu de l'Esprit divin, un magicien plein de l'esprit du diable. Or ce pseudo-prophète n'est pas, comme on serait tenté de le croire, un gnostique enseignant ; c'est un chrétien gyrovague, un quêteur, un faiseur de dupes, un demi-fou^. Cependant il en impose aux bons fidèles que déjà la Didachè mettait en garde contre ces mendiants équivoques. « Comment faire. Seigneur, demande Hermas, pour reconnaître un vrai prophète d'un faux prophète? » Le Seigneur lui répond : « Asa conduite tu reconnaîtras l'homme qui a l'Esprit divin. » Le vrai prophète ne répond pas quand on l'interroge; il parle lorsque Dieu veut qu'il parle. Quand l'homme qui a l'Esprit divin vient dans l'assemblée des fustes qui ont la foi de l'Esprit divin, et que tous ensemble ils prient le Seigneur, alors l'ange de l'Esprit prophétique qui est près de lui remplit cet homme, qui parle à la multitude selon que le Seigneur v«>ut '. —
4. Voyez dans H. Weinel, Die Wirkungen des Geittes und dcr Geister (Freiburg 4899), p. 71 et suiv., un essai de classification des opérations attribuées à l'Esprit, à l'époque postaposiolique et au second siècle. Ce travail a au moins le mérite de montrer la continuité de l'action de l'Esprit et des < voies extraordinaires > dans la chrétienté antérieurement au montanisme. Ce sujet mériterait d'être repris.
i. Mandat, xi, 1-4. Rapprochez Celse dans Contra Celsum, vir, 9.
3. Mandat, xi, 7-9. Ces derniers mots du Pasteur se sont retrouvés dans un des Oxyrhynchus Papyri (part I, Londres 1898) de Ghenfiu
Hermas est antérieur à l'apparition du montanisme en Phrygie et ce n'est donc pas aux prophètes montanistes qu'il fait allusion.
Saint Justin parle de charismes prophétiques comme d'un don de Dieu qiii se perpétue dans l'Eglise, alors que les Juifs depuis beau temps n'ont plus de prophètes ' .
Saint Irénée se réclame d'un presbytretrès vénérable «întretous (qu'il ne nomme pas), pour dénoncer comme faux prophètes ceux qui sont hardis et sans retenue. Irénée, on le voit, ne juge pas de la prophétie autrement qu'Hermas, et son critère est, comme celui d Hermas, avant tout moral*. « Beaucoup de frères dans l'Église ont des charismes prophétiques, parlent diverses langues par l'Esprit, révèlent au grand jour pour le bien ce que les hommes ont de caclié, et racontent les mystères de Dieu ''. » Ceux-là, poursuit-il, l'apôtre les appelle des « spirituels », car « ils sont spirituels parla participation de l'Esprit, de l'Esprit seul, et non par la fraude de la chair '. » Irénée s'exprime
et HCNT, accompagnés de la remarque suivante ; Tô yàp 7rç;o?ir)Tixov uvsyjia xô dWfjiaTeïôv èwTiv TÎjç 7iporriTixf)ç Ta^ew;, ô ÈdTiv xô (7(o|j.a xij; catpxb; 'iTjdoû XpiatoO, tô [Aiyàv x^ àvôpantÔTTiTt 6ià Map '.a;. La irpoçTiTixi'i xdÇi; ou ordoprop/ietictM est le corps de la chair de Jésus-Christ: l'Esprit prophétique est le (TW{i,ax£ïov ou l'essence de la KposTjx'./.^ xiÇ-.;. M. Harnack voit dans ce papyrus un vestige d'un livre sur la prophétie (de Meliton?), et dans cette npo?T|TixT?i xâ^içune sorte d'ordo propheticus distinct de ce que saint Gjprion appelle l'ordo sacerdotaHf. Voyez Sitzungsberichte de l'Acad. de Berlin, 1898, p. 5i6-ti20, et de ; abuiolle, « La polémique antimontaniste », dans Revue d'hist. et de lilt. relig. 1906, p. 104-105. Il suivrait de là que les pneumatiques ou spirituels seraient le vrai corps du Christ. Nous retrouverons chez Origène quelque chose (le cette doctrine, qui atteste l'hésitation où l'on était sur les rapports de l'Église et de l'Esprit.