Uaer. v
4. Ibid. Cf. PsEliDO-CLEiiBMT. De virginit. i, 11. Gaius cité par Eosed. H. E. 111,28, «et 31, 4.
comme si ces prophètes étaient de son temps \ L'épiscopat ne prenait donc pas oinbrage de la persistance des charismes prophétiques. Comme au temps de saint Paul, on jugeait le prophète d'abord à sa sainteté, et tout autant à sa soumission à la hiérarchie. Qu'on se rappelle le respect d'Hermas pour les presbytres de Rome. Le montanisme ne proclamait aucune nouveauté, quand il disait : « Il faut recevoir les charismes et qu'il y ait des charismes dans l'Église ^. » La nouveauté du montanisme fut de vouloir imposer ses révélations particulières comme ufl supplément au dépôt de la foi, et de vouloir les accréditer par des extases suspectes et des convulsions.
L'auteur qu'on désigne sous le nom d' Anonyme anti- /wo/itoms^e d'Eusèbe (il écrivit vers 192-193) décrit les transports de Montan en ces termes : « Agité parles esprits, il devint soudain comme possédé et pris défausse extase, il se mit dans ses transports à prononcer des sons inarticulés et des mots étrangers, et à prophétiser d'une manière contraire à la coutume traditionnelle établie dans l'Eglise, dès rorigine... Le diable suscita, aussi deux femmes qu'il remplit de l'esprit de mensonge, en sorte qu'elles se mirent à débiter des propos à
1. Voyez en effet ce qui est dit du conresseur Attale et de ses révélalions, par Irénée dans la lettre des martyrs lyonnais. Euseb. U. E. v, 3, 3. Saint Ignace a de même des révélations surnaturelles. Eph. xx, S. L'alexandrin Apelles, disciple à Rome de Marcion, édite un livre de çavepwaetç ou visions d'une prophétesse romaine nommé Philumene. Philosophoumena, x, 20. Au temps du pape Calliste, à Rome, le syrien Alcibiade répand le soi-disant livre d'Elchasaî, qui est quelque chose comme ane contrefaçon du Pasteur d'Hermas, et qui se donne pour une révélation datée de la troisième année de Trajan (a. 100). Philosophoumena, IX, IS.
2. Epiph. Haer. xlviii, 2. Epiphane dans ce chapitre (xlviii, l 13) a pour source un document romain, contemporain du pape Gai liste et que l'oB conjecture (Voigt, Rolffs) être de saint Hippolyte.
LE CATllUMCISME DK SAINT IRE.NËE. 265
contre-sens et à contre-temps et de façon extravagante, comme le précédent * . » Les énergumènes phrygiens étaient faits moins pour accréditer leur prophétie que pour discréditer tout charisme prophétique, par ces transports, dans lesquels le prophète perdait conscience de soi et parlait comme s'il eût été l'Esprit même '. On ne reconnaissait plus la manière de l'Esprit « traditionnelle dans l'Église dès l'origine ».
Le montanisme fut donc dès le début trop suspect au bon sens de la plupart des fidèles, pour être capable de créer une crise générale ayant pour raison l'antagonisme de la prophétie et de la hiérarchie'.
Nous ne voyons pas qu'il se soit tenu de synodes d'évêques en Asie pour se prononcer sur le montanisme. On sait seulement que Sérapion qui fut évéque d'Antioche entre 190 et 211 environ, dans une lettre qu'Eusèbe a eue entre les mains, déclarait « la nouvelle prophétie rejetée par les frères qui sont dans le monde entier^ ». Sérapion cite à l'appui de son dire un écrit contre les Montanistes. composé par Apollinaire, évêque de Hiérapolis de Phrygie, et quelques lettres de divers évêques, dont deux sont de Thracc.
L'unanimité de la chrétienté contre le montanisme
4. El'seb. h. E. y, 16, 7-9. — Re.'«an, Marc-Aurèle, p. 21» : Il « s'y mêla on élément orgiastique et corybantique, propre au pays, et tout à fait en dehors des habitudes réglées de la prophétie ecclésiastique, déjà assujettie à une tradition ». On peut sourire à voir quelques pages plus haut Renan écrire : « La médiocrité fonda l'autorité. Le caihoiicisme commence... Ce fut ici la première victoire de Tépiscopat, et la plus importante peut-être, car elle fut remportée sur une sincère piété • [ibid. p. 135).