‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 95 sur 216 · Edseb. h. E. V · texte numérisé non relu

Edseb. h. E. V

3. Harmàck, Dogmengeschichte, 1. 1*, p. 489. Bunwetscu, art. • Montanismus » de la Realencycl. de Hauck, p. 423.

LE CATflOLICISMK DE SAINT IRÉNEE. 267

Notez, avec M. Harnack encore, qu'il ne s'agissait pas là de Montanistes romains, mais que les Montanistes de Phrygie et d'Asie étaient visiblement en instance pour se faire reconnaître, eux et le principe de la « nouvelle prophétie » : le jugement de Rome leur importait donc!

Nous verrons avec Tertullien Rome se prononcer sur la question de la prophétie : nous ne quitterons pas encore Irénée, en parlant d'un second fait qui éclaire bien son ecclésiologie, le fait de la controverse pascale.

La controverse entre églises portait sur la date où l'on devait célébrer la fête de Pâques. Les églises de la province d'Asie, l'Asie proconsulaire, la célébraient, avec les Juifs, le 14 du premier mois juif ou 14 nisan, à quelque jour de la semaine que cette date tombât: à Rome, au contraire, et un peu partout, on la célébrait toujours le dimanche qui suivait le 14 nisan. Pour les Asiates, la fête de Pâques était l'anniversaire de la mort du Christ; pour les autres, l'anniversaire de sa résurrection.

Le désaccord était très apparent, a-t-on dit avec raison, et la solidarité entre églises était trop dans les faits quotidiens, pour que l'on ne se préoccupât point de résoudre ce désaccord. Nous avons vu Tévêque de Smyme, Polycarpe, venir à Rome pour s'en entendre avec le pape Anicet, sans que ni Anicet ne cédât aux Asiates, ni Polycarpe ne se ralliât à l'usage romain. La concorde essentielle n'en souffrit pas cependant. En 167, la question pascale s'étant posée à Lao-

dicée , on ignore dans quelles conditions, Apollinaire évêque de Hiérapolis et Méliton évêque de Sardes intervinrent pour défendre l'usage asiate ou quartodéciman, d'où l'on peut inférer que l'église de Laodicée avait été sollicitée de l'abandonnera Vers 191, se place l'intervention directe du pape Victor en Asie. Car, soit qu'il intervînt de son propre mouvement, soit que quelque église l'eût saisi, Victor a écrit à l'évêque d'Éphèse et lui a demandé de réunir les évêques d'Asie pour trancher la question de la pâque et se rallier à l'usage universel. Polycrate répond à l'évêque de Rome par un refus motivé de motifs où l'on reconnaît aisément la contrepartie de ceux que l'évêque de Rome a dû invoquer. Rome sans doute s'est réclamée de la tradition apostolique, et de ses apôtres Pierre et Paul dont les tombes sont à Rome même, et des presbytres comme Clément : à quoi Éphèse répond ^ :

C'est nous qui sommes fidèles à la tradition, sans y rien ajouter, sans en rien retrancher.

C'est en Asie que reposent ces grandes bases ^... Philippe, celui qui fit partie des douze apôtres, qui est enterré à Hiérapolis, ainsi que ses deux filles, qui vieillirent dans la virginité, sans parler de son autre fille, qui observa dans sa vie la règle du saint Esprit, et qui repose à Éphèse; — puis Jean, celui dont la tête s'inclina sur la poitrine du Sauveur, lequel fut pontife portant le néxaXow*, et ma?--

1. Laodicée de Phrygie, comme Sardes et Hiérapolii, appartiennent à la province d'Asie.

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