‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 98 sur 216 · EcsEB. H. E. V · texte numérisé non relu

EcsEB. H. E. V

*. Edseb. h. e. V, 24, 9 : BîxTtop... avt^ixfiu y» 8tà YpajAttaTtov^ àxoivti)vif)Tou; TrâvTOÇ âpSrjv xoùç èxeîde àvaxïjputxwv àSeXqpoû;. Le verbe ffrriXiTeutû, inscrire snr une stèle, désigne l'acte public de proscription.

3. Harnack, Dogmengeschichte, t. H, p. 489. marque qu'il s'agit bien de la communiou de l'Église catholique, et non de la coramunior. de l'église romaine sealement. Et, en effet, comprendrait-on les remontrances d'Iréoée et des autres grands évêques, s'il s'agissait seulement d'une rupture entre Rome et l'Asie chrétienne ? Le pape Victor agissait vers 190 exactement comme agira le pape Etienne quelque soixante ans plus tard. Eusèbe [v, 24, 9) l'entend bien ainsi : Victor, dit-il, lait effort pour séparer en bloc les églises asiates de l'unité commune (trjç xotvïj; évwfreti);), et par lettres il les déclare séparés (àxoivwviQTouç). Il fait effort (neipàTat), autant dire qu'il demande à toutes les églises de s'associer à l'excommunication qu'il prononce.

mentes, dont Eusèbe a eu le texte sous les yeux. Nous verrons au m" siècle ces sortes de remontrances encore de mise dans la chrétienté. Irénée écrivit à Victor une lettre, dont Eusèbe a conservé un fragment célèbre, où l'évèque de Lyon remontre à l'évêque de Rome que l'observance de lapâque dominicale n'est pas de ces articles pour lesquels on doive repousser personne, et qu'ainsi l'ont entendu les presbytres romains avant Victor, estimant que « les observants comme les non-observants étaient, chacun de leur côté, en concorde avec l'Église universelle^ ». Irénée écrivit dans le même sens à la plupart des évoques, et rallia en définitive le sentiment général. Rome avait gain de cause sur le fond et n'insista pas sur la sanction.

Mais combien il est remarquable que l'évèque de Rome, vers 190, prononce, par une sorte d'édit péremptoire, l'excommunication des églises de la province d'Asie, églises apostoliques et vénérables dont l'évèque d'Ephèse est le porte-parole! L'évèque de Rome condamne leur observance pascale comme un usage contraire au canon de la foi apostolique, et il les sépare de lacommimion, romaine? non, mais de la communion catholique. L'évèque de Rome a donc conscience qu'une telle sentence de sa part est légitime. Irénée proteste contre l'excommunication des

1. H. E. V, S4, i8 : itôtn); Tfji, ixxXïjoia; tlprjvTiv è}(6vT««v x«i tûv TTipoûv- Tuv xai TÛV (i9| -nipoiivTCdv. Irénée ici non plus ne prononce pas le mot < catholique *. — il apparaît au contraire aToc une Insistance remarquable dans le Canoa de Muratori, qui est an document romain de la période 190-200. « Una per omnem orbem terrae ecclesia diffusa esse dinoscitur... > Les Pastorales < in honorem ecclesiae catholicae.in ordinationem ccclesiasticae disciplinae sanctiflcatae sunt >. Telle épitre apocryphe de Paul, fabriquée par les ilarcionites, « in catholiram ecclesiam recipi non potest >. Jude et I-II Jean, « ia catbolica babentur >. Zahr, Grundris3, p. ^6•^9,

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Asiates par Victor, mais il ne songe pas à contester à Victor le pouvoir de prononcer une telle excommunication. « Comment veut-on que nous parlions, si l'on nous interdit de désigner par le nom de chef de l'Eglise le dépositaire d'une pareille autorité * ? »

Nous n'avons pas dépassé, dans cet exposé, l'âge d'Irénée : pas n'est besoin de le dépasser, en effet, et de suivre le développement du christianisme jusque dans la seconde moitié du m* siècle, pour constater que, dans les frontières de l'Empire, et mises à part les communautés judéo-chrétiennes, là où il en existe encore, « la chrétienté a une histoire indivise^ ». On reconnaît qu'elle est arrivée à un régime commun à toutes les églises et à une solidarité de toutes les églises qui est, nous assure-t-on, « le catholicisme tel que nous le concevons aujourd'hui ».

Et on en triomphe contre nous, catholiques d'aujourd'hui, en nous disant : Ce que vous prenez pour le développement providentiel de principes intérieurs au christianisme, n'est qu'une sécularisation du christianisme, son adaptation à la vie de l'Empire, un impérialisme chrétien : « romain » au sens politique du mot est bien le synonyme de « catholique », et la preuve la meilleure qu'on en puisse donner est que l'église romaine, vers 190, a réalisé définitivement tous les éléments qui sont fondamentaux dans le catholicisme. N'a-t-elle pas son symbole de foi, le symbole des apôtres? n'a-t-elle pas un ferme canon du Nouveau Testament? n'a-t-elle pas, la première de toutes

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