‹ L'Église oriental;Chapitre 18 sur 67 · la procession du St. Esprit · texte numérisé non relu

la procession du St. Esprit

Une autre prétendue dissidence dogmatique entre les deux

Eglises, est la procession du Saint-Esprit, Nous croyons avoir suffisamment prouvé et incontestablement établi dans le VI chapitre, que cette différence ne consiste, et n'a jamais consisté, dans le dogme , mais bien dans l'addition du mot fdioque au symbole. Cette addition pourtant, comme nous Pavons dit, était nécessaire en divers lieu*, du monde chrétien. Au reste la croyance au do<*me resta toujours la même dans les deux Eglises, Ja consubstantialité du Fils , également avouée par les Orientaux comme par les Occidentaux , ne pouvant être comprise sans admettre en même temps, que le Fils participe aussi à la procession du Saint-Esprit. D'ailleurs Jésus-Christ lui-même dit dans l'Evangile * moi et mon Père nous ne sommes qu'une dwse (1) ei je suis dans le. Père, et k Père est en moi (2).

Les Evangétistes ne font pas mention de la procession du Saint- Esprit d'une manière positive, que dans trois endroits seulement: c'est à dire, quand Jesus-Christ dit à ses disciples * lorsque viendra le Paractel , que je vous enterrai de mon Père, l'esprit de la vérité, qui procède du Père (3) » ensuite lorsqu'il leur dit « mais quand celui-là sera venu, c'est à dire f esprit de la Vi il vous conduira dans toute la vérité: car il ne parlera point de soi-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu , et tous annoncera les choses à venir* C'est lui qui me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi et quil vous t'annoncera (4). •

(!) „ Fvyw xal é jrarrîç tir iapJv M (si. Jean X, 30).

(î) M *E*y« tv tw iratçi xoti o irotnqp iv fj*oi' n ( ideïû XV III, 10).

(3) „ "Orav £i A3 11 UeKçdxXyTQÇ , tq jntùfia tqç àAi?3ff<xf, „ ffaçaè tov it«t£gç ijtjroç* ôitoti n (idem XV, 26).

($) „ "Orat Bi tX3ij ixilvQÇ, to jrwù/xa rqç aXrçSfi'ctç, o&vyiiVfi ùpèlç „ tlç wâ<rav rrjv aX?j3f»av* ou yaç XaXwi aÇ 1 iauraù' à&X la» a* àxoù* „ vy, XaXncrtt, xai roi iç%optvtx, dvayytXktl épi** ixtïtoç ijxt âofaox, on n ijc toÙ ipQÙ Xij^trau, xtti â*ayy£Xsï tî/*ﻫ r (St. JttW, XV! t 13*1 V)

Enfin quand Jésus-Christ apparaît à ses disciples après sa résureetion, et leur dit en soufflant sur eux «recevez le Saint- Esprit (5). - Ost à dire, dans la première de ces trois expressions Jésiu-Chrfst dit à ses dLseiples que le Saint-Esprit procède du Père; dans la seconde il leur annonce qu'il dérive de lui , puisqu'il leur dit qu'il, prendra de ce qui est à lui; et dans la troisième il leur fait voir également qu'il procède de lui : car il ne pouvait pas leur dire, en soufflant sur eox , qu'il leur donnait le Saint-Esprit, si le Saint-Esprit ne procédait pas de lui: puisque ce serait donner ce qu'il n'avait pas. Ce serait une grande absurdité, et même un impudent blasphème, de former de pareilles suppositions, ou d'admettre que l'Evangile eut exprimé dans ces trois passades des contradictions aussi tftgMttttS. Il resuite donc incontestablement que Jésus-Christ lui - me me établit et consacre dans son Evangile par ces trois différentes expressions, que le Saint-Esprit vient aussi de lui, comme du Père, puisqu'il est con substantiel au Père et qu'il est dans le Père et le Tire est en lui et que le Fils a tout ce que le Père, excepte la Paternité. Cette énonciation précise et incontestable, est justement la doctrine que les Pères Orientaux avaient exprimée sur la procession du Saint-Esprit, et que l'Eglise de ce rite n'a jamais cessé de suivre.

Ceux qui ont prétendu après le schisme pouvoir introduire dans ce dogme de la Foi une opinion contraire à la croyance universelle de l'Eglise , allèguent pour prétexte de leur innovation, que le symbole consacré par le Concile général de Coustantinople ne contient point le mot filiwpte et que par conséquent il établit que le St-Esprit procède du Père seulement. Mais l'absence du mot ftlwqw dans Je symbole , ne peut pas logiquement être contraire a la croyance universelle de l'Eglise, puisqu'aussi dans le symbole établi antérieurement par ta Concile général de HMfl , In Pères de l'Eglise n'ont pas jugé nm>saire d'y mettre non plus l'explication qui p fwoèëê du ! tous les dogmes de la Foi ne pouvant pas y être minutieusement expliqués. Mais lorque plus tard l'hérésie d'Eunomïus , qui disait que le Saint-Esprit est une simple créature du Fils , et n'a aucun rapport avec le Père, exigeait cette explication, les

(a) „ AnfitTî wviùpa ôlytov „ ( \àtM X\, 22. )

Pures du Concile général de Cous tan tinople l'y ajoutèrent , de même que le Concile local d'Espagne y ajouta ensuite, pour l'en* sei»nemeTit des Chrétiens de ee pays , le mot explicatif de Mbque pour la mètnc raison , c'est a dire, puisque les circonstances l'exigeaient également, et alla de combattre l'hérésie des Sabelliens , qui revenant aux blasphèmes d'Anus , enseignaient aux Chrétiens de ce pays, que le Fils n'est pas consubstantiel au Père , et vonl nient appuyer leur hérésie sur l'absence du mot fiHoqur du symbole de la Foi consacré par le Concile de Codstantiuopie , comme nous avons vu dans le VI chapitre de cet ouvrage. Le Concile général de Calcédoine, qui eut lieu trois ans après cette addition , ainsi que les autres Conciles généraux qui le suivirent, auraient sans doute condamné cette addition <, s'ils l'eussent considérée comme une innovation dans le dogme , et auraient défendu aux Evéques d'Espagne d'en faire usage. Mais les Conciles généraux , qui ont eu lieu depuis l'époque de cette addition jusqu'à celle de la séparation de cette Eglise, c'est à dire, depuis l'an 4-18 jusqu'à 10.S4 , ainsi que la conduite des Eglises de Rome et de Constantinople, nous prouvent très clairement le contraire. Car ces Conciles généraux , tout en approuvant par leur silence cette addition , pour les pays ou elle serait nécessaire, crûrent absolument superflu d'en faire l'explication dans le symbole, cette hérésie ayant été assez combattue et réfutée en Orient , et n'existant point en Italie* De même quoique l'Eglise de Rome tolérât cette addition pour les pays ou elle était nécessaire, quoi qu'elle professât elle même la croyance que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, et condamnât ceux qui auraient enseigné le contraire, elle refusa de consentir a l'admission générale de cette addition au symbole, considérant cette explication OQttJitt sousentendue , ainsi que nous avons vu dans la réponse du Pape Léon ÏFI aux Ambassadeurs de Chartemagne. L'Eglise de Constantinople également, tout en continuant de son cote, à reciter le symbole sans l'addition du fitioque , ne s'est point scandalisée à cause de ceux qui l'avaient admis, et le Clergé qui administrait celte Eglise ne traita jamais d'hérétiques ceux qui l'avaient toléré , si ce n'est pour la première fois a l'époque du Patriarcat de i'hotius, et ensuite après la U ration définitive des deu\ Egides : c'est à dur ion et coo ans après l'institution de cette addition, et sa tolérance par l'Eglise de Rome.

&( 57 )^et

D'ailleurs l'Eglise Universelle en consacrant dans le symbole que le Saint-Esprit procède du Père sans parler du Fils , et en croyant en même temps qu'il procède de l'un et de l'autre , n'établit point une contradiction , comme elle n'établit point deux principes de procession , lorqu'elle dit qu'il procède du Père et du Fils. De même qu'en enseignant que Dieu le Père est le Créateur de l'univers, et en disant en même temps que toutes* les choses ont été faites par le Fils, et que rien ne fut fait sans hd (6) , l'Eglise n'établit pas une contradiction , et n'admet point deux principes de création. L'Eglise universelle au contraire démontre bien clairement par ces expressions , que l'un et l'autre de ces deux dogmes doivent être compris et crus suivant les principes précis et incontestables de notre sainte religion : c'est à dire , que le Fils est consubtantiel au Père , que l'un est dans l'autre, que tous les deux ont la même nature, et que le Père ne diffère pas du Fils que par le caractère d'être père.

Cette conclusion naturelle, raisonnable, évidente, simple et complètement conforme à la lettre et au sens de l'Evangile, est la doctrine de tous les Pères de l'Eglise universelle , et particulièrement de ceux d'Orient. Yoici comment St-Basile expose la comparaison précitée pour expliquer le dogme de la création du monde par le Père et par le Fils , et celui de la procession du - Saint-Esprit du Père et du Fils « ^expression que le Père a créé k monde par le Fils n'indique point Vimperfection du pouvoir créateur du Père ; elle ne diminue pas non plus Faction du Fils, mais elle présente Vunitè de la volonté. De manière que Vexpression * créé par le Fils » n'attaque point, mais atteste la cause primitive; de même que l'expression que le Saint-Esprit procède du Père par le Fils, n'a pour but ni de qualifier d'imparfaite sa procession du Père, t ni de présenter comme faible la procession du Fils: mais elle démontre l'unité de la volonté. De manière que P expression aussi «par le Fils » n'attaque point, mais confirme la cause primitive (7). Egalement le même Père de

(C) „ Hâvra Si* aùroù syi'vtro, xal X u & < » «utoS iyiviTO oùStv. „ ( Et. de St. Jean cliap. I. 3. )

(7) „ Tô tiid to5 uioù 8r)[Juov(>yeh rov fta/rîça ourt àrt\n rou ftu- „ rpôç ttjv àrifjuouçyiav oim oniffiy , oCts arovov rov uloù iray><x$r)\oï njv ivt'ç- „ ytiav* aAAa rô rjywfxj'vov toÙ BsXfifÀaroç xocpiGTÔl' «or* rj S*' vioù Çaivi,

&{ 58 H* tVRglise dit ailleurs i puisque te Saint-Esprit est te troisitmr (Unis i'ofdrc f serait-il nécessaire quil mit pour cela (Fit ne troi^ nature? au contraire, dam l'ordre il est après le Fils, mais il a l'existence de lui , et prend de lui pour nous MMM et en (je ne ml t'Ortodoxie nous V explique comme provenu nt de cette came (8). » Le même St-Basile dans son discours sur la Fof dit ■ le Père envoie le Fils, et le Fils envoie le Si -Esprit (9)»» St-Cyrîlle énonce clairement la même opinion que S t- Basile en disant : * Quoique le Saint- Esprit forme une htjpostase spéciale, et il est entendu séparément comme Esprit , et non comme Fils, mais il n'est pas étranger au Fils : Car if est appelé fesprit de la vérité, et fa vérité c'est Jesus-Christ , et c'est de lui que te Saint-Esprit prondc, aussi bien que du Père (10) * et ailleurs le même St-CyriJlc dit n Le Fils, de nature , est de Dieu: car if est né de Dieu te Père , et le Saint-Esprit fui est aussi propre, if est en lui f et procède de lui, comme il est entendu (jnil pro-

„ ofAQAoyiav rij; rgoxaragXTix^Ç ainaç t^tt, otfx ïvi KaTïjyof/ot to5 votv- „ mot* OLtriou frxfakafjL&dviTat* o£tw xul to $ià tùv utoù ixTroçtusiv to» „ warî^a to irviCfjL» to âyit** , ours »Ti\n toù ir*Tf oç ttj'v txrdg«b?nr <ruvn iotwj», oJt* àravQY tqù t/loù jra^a^Xo? r*jv îXffogeuffj», akkd to *)»*>n pivot toù StXiifjLetTQç jrctçitTTà* uars tj Î1 1 otov Çuvy Q^oXoytao îrçoxa- „ rofXTixiïç airiac iytt, oùx swi xaTiîyopia tgÙ iTûivriKoC a m ou TTaçocXap- „ gaVfTai, n ( St. Basile sur le Saint Esprit il Amp!iJL>u :liius vers la lin «lu VI ff Clia-ntrc.)

(**) r Tif 7«Ç eweJyxij i» tw aÇHùpoin xot» rn rà£n tçi'to* Cirdç%it to n fl>eù/xa, tçi'tqv mai auto xaî tt? çuVfi -, âÇiufAuri pt* «yop SêUTeçiutt* roû „ biuù, jraç' ctUTCÙ to sïvai f^ov,xaî jraç' aùToy \appai i a* xaî £t &yy iXkbi n iJjaIv, xaj ôkuç fxu'vQç nff airiaç i^vi^ivov iraçaiYiwatv o H; «uVt~ „ ftitfç X070Ç. „ (Saint Uasiie d*ao, EU. île Ses réfutations contre Euuoiuius.) (y) „ Toû" juliv jr*T£©f jr*j*iro*Toç to* mô», tow lt uîoù jrt/AfoirTOf rà ff ayiov y*«û>a, »,

(10) „ £1 xat <0"TiV ô ûirocrTfltcrii to meûfÂa tlStxn , xai ïij xaî vomai „ xûtâ T faVTO, xâtSo miùfAct ia-ri km oJ^ L,| *9λ à^X* ûJf fO'rty oux atAAo- H tçio* «Jtoû. ITviû^ut yag aXtjôii'a^ ovo'/xacrTtf 1 , xaî icti Xp*0"Tûf 19 «Xij- ,, 9 fia* xai r^o^tTtai ffaç* at/row, xa3aciriç a^tfXsj xati ix roù natpôç, M (Saint Isrille ilans son discours à NVstonns ) le im^ine Docteur île V Eglise en interpolant, ilat» bon fxpliutiun du symbole, le mot découler, dit en propres termes: it découle, c'est à dire, 1/ procède (rçox*»*»*, iïtoi iV iroçt'Jerai. )

cède aussi de Dieu le Père lui-même (H). » Le même St-Cyrille dit encore « lorsque le Saint-Esprit , qui procède du Père et du Fils, demeure en nous, il nous fait paraître semblables à Dieu(l2).»

St-Grégoire de Nysse dit aussi « Le Saint-Esprit vient du Père , et il est attesté qu'il vient aussi du Fils : car il est dit que celui qui n'a pas t esprit du Christ, ne lui appartient pas (13).»

Le grand Docteur de l'Eglise St-Athanase, eu parlant du saint-Esprit dans l'incarnation du Fils de Dieu , dit également « Qu'on ne pense pas qu'il recevait ce que lui n'avait pas: car c'était lui-même qui renvoyait du ciel comme Dieu , et qui le recevait sur la terre comme homme : il descendait donc de lui sur lui-même, de la divinité sur la nature humaine (14) » et ailleurs « le saint-Esprit vient du Père et du Fils : il n'en a pas été fait, ni créé, ni né: mais il en procède (15). »

Saint-Jean Chrysostftme dit « Jesus-Christ est venu parmi nous, nous donna t esprit qui procède de lui , et prit notre chair (16). »

(il) „ Ka< tx 9co£ xard Ço'civ o t/ioç, ytyirnreu «yàç ix ro£ Sfou xou „ Harçoç, iBtor aùroO rt xal iv aura xai ff aùroO rô mtùfxcc ivri, xa- „ SoVcg dfju\ti xai ef aùrov vo tirai roû Sfov xai Tlarçoç. „ ( St. Cyrille dans l'explication qu'il fait du Tenet du Prophète Joël « je verserai de mon esprit. »

(12) „ "Orf roivuy rè rriù/xa to âyiov h tîfxTy «yivofAivoy ovfJipoeÇoifÇ „ Wftof «roJiixnJfi roù SioC* rgoWi ît ex rargoç xai uîoû. „ ( St. Cyrille Ut. II. des trésors. )

(13) „ To $c ayioy ITy«y/xa xai «x roù warçoç Xtytrai xai ix ro£ uioû „ flya* wpodfxa^rvf tirai' ti yâç rtç mtùfxa Xçjotoù otîx f^f*, Çqffîv, ou- „ toç otîx l<m> oJtoû. „ ( St. Grégoire de Nysse dans son discours sur la prière du dimanche. )

(14) „ M19 àrovofirv tiç, on po eyjuv aùroç iXâfJtfiavty. Amtoç yo£ 9 wùrù cm»3iy îirtfivtv jJç Siôç, xai aûroç xaroSiy aJrô àr«$f;çfT© ** w àhrSgwrof î£ ootoû oJ» xarui ix rnç 3ioV>)toç t îç tiJv dy3çOTori}Ta. „ (St. Athanase dans son discours sur le mystère de l'incarnation.)

(15) „ Tô UytOfdM to ayior dwo IlaTçôç xaitioù' où «-ohjtov, où xri- „ <rroV, où ytrmroy, «IAV ixmqwrw. „ ( St. Athanase dans l'homologation de la Foi. )

(16) „ T fl\9t Xgiffrd* irpoç tîfcâç, «toxf* ijfxiy to 1 ff wSnO mu/ut, „ xai cnttAapfTo rô vfjunpov rôf**. ., (St. Jean Chrysostome discours sur l'incarnation de Notre Seigneur. )

Saint-Epiphane aussi dît « Tous les deux demeurent dans

f homme juste : Jrsus-Christ et son Esprit, et si nous croyons que Jesus-Christ est du Père, Dieu de Dieu, nous devons aussi croire que te S t~ Esprit procède du Christ } ou de tous les deux f puisque Jcms-Ckrist dit « qui procède du Père » et » celui-ci prendra du mien (17). »

Il est incontestable que telle fut toujours, non seulement la croyance personelle de tous les Pères de l'Eglise d'Orient, mois que même toutes les prières, et tous les saints cantiques , qu'on chante encore maintenant chaque jour dans cette Eglise sur le saint-Esprit, disent bien clairement et bien définitivement qu'il procède du Père et du f ils, on du Père par te fils (18). Les Légendes même lues solennellement dans les liturgies de cette Eglise, sur la vie des Saints Pères qu'elle révère le plus, expriment hautement cette même doctrine. Or, si on ?ent t-tre du moins logique et conséquent , ou il faut retrancher des lituinks et de tontes les cérémonies religieuses de l'Eglise d'Orient toutes ces prières et tous ces cantiques ; et condamner à l'anathème de l'hérésie les Pères les plus distingués de cette Eglise qui les y ont introduits depuis environ mille ans , ou il faut avouer sincèrement que TÉgïise Orientale d'aujourd'hui a sur la procession du saint-Esprit, la croyance que tous les Pères Orientaux expriment dons leurs écrits, que cette même Eglise d'Orient a toujours professée , et qui est absolument la même que celle que l'Eglise de Home professe et enseigne : c'est à dire , que le saint- Esprit procède également du Fils comme du Père»

H imtl naturellement impossible d'exposer ici, à cause de leur grand nombre, tous les cantiques et toutes les prières, que l'Eglise Oriental emploie dans ses liturgies pour exprimer la doctrine que le &iuit-Esprit procède aussi du Fils. La plupart

(17) T , 'AjxÇoTfga xaroixtt t'y rù aySçùxu ru Sixatu^ 6 Xçiittqç xai *Q „ wrtùfjLct. aJrotï* ti $t X^tcroç ix roù irarçoç noTct/ft» tlto; ix Stoû t „ xat to wvtùfxa ix rot/ Xçicrrot/, v irctç' etp^grfçw»» uç Ç^ct* o Xçifffôf, „ q Traça tqÙ trctrçôq fWoçi fcerai > xai oJto^ ix toù ifÂOÙ Xii^itsi. ., ( St. Epiftitni lînns son Ancyroliim dyxuçàiTov. )

nuis ir cfapitft M, on verra l>* t^moî^iiagps iï<s piVra* i!f l'Kfdta 1 *i Orient sur et e|h<> ih«fis la IttgM GraOÇM Im prépOlitfoi flfa '* /"' * i 4*« ) mit k- nierai' Ainis <n llifologic, H fc'euihlolctll l'une p<>'<. I fin*mruent pour impliquer In mémo < \\

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surtout des cantiques chantés dans cette Eglise le dimanche de la Pentecôte, ainsi que ceux de toute la semaine suivante, expriment bien clairement cette croyance. Nous avons cru suffisant d'en citer seulement la traduction de quelques uns , dont le lecteur voit l'original en langue Grecque dans les notes ci-dessous.

« Le Fils est Vimage du Père, et le saint-Esprit est Vimage du Fils (19). »

Le jour de la fête de St-Denys l'Aréopagite , que l'Eglise Orientale célèbre le 3 Octobre , on y Ht solennellement son martyre, qui contient dans le commenceroment l'expression suivante: « et mon Jésus-Christ monte aux deux, retournant près du trône paternel, et il envoie à ses disciples comme guide pour la conversion des nations infidèles le saint- Esprit qui procède de lui (30).»

m Tu es le fleuve de la divinité , procédant -du Père par le Fils (21). »

« Vous avez dit, Seigneur Jésus-Christ, à vos disciples: restes à Jérusalem jusquà ce que vous ayez obtenu la force divine : car moi je vous enverrai un autre comme moi , le Paraclet, qui est mon esprit et celui de mon Père, par qui vous serez affermis (22). »

La prière suivante qui se lit à genoux aux vêpres de la Pentecôte exprime le même aveu.

■ Toi Seigneur (Tune gloire éternelle, Fils bien aimé du très haut Père, qui nous montras dans ce grand et salutaire jour de la Pentecôte le mystère de la sainte, consubtantielle, indivisible et distincte Trinité, et qui as répandu sur les saints

(19) „ Eixwy rot; irarçoç ô t/idç, xai rov uioC ro miVfÂ* xsÇuxt x. r.X. „ (Cantique chanté au* matines de la fête de la Circoncision.)

(20) „ Kal tiç ot/pavou'f ô «ftoç Xpicrof dvaÇsçsTai xai irpoç r6v ira- „ rptxév ttrâvtiai Sço'vov, xai rô èxiroçtvô(Atvov avrov mtvyua iiri ry ruv „ dwitrrvr 'EÔvwr oSrjyîat roîç [juxQy)tu'îç xarairipiri i. „ (Martyrologe dans la vie de Saint Denys l'Aréopagite écrite par Symeon le Metaphraste. )

(21) „ 2ii «yoç jrorafxoç Seérqroç ix narpoç oV vîoù «•çoeg^ofAivoi' „ ( le jour de la Pentecôte. )

(22) „ Tijv i£ tyovç Swatfuv roïç fxaSrjTaïç , Xçkttc , tuç âf ivBvov)- „ <rBe , içqç , xaSicart h 'liqovcaXn^' «y« Si «ç epi Ua^âxXrirov aX- „ Xov, mtùfia ro iftôv rt xai watçoç avoarsXùy «y u <rTtffsu$riat<rQi „

/ (aox matines de la Pentecôte.)

Apôtres , en forme des langues de feu , la descente et la présence de ton saint et vivifiant Esprit (23). »

De même les cantiques suivants:

- V Esprit qui est le caractéristique du fils engendré du Père (24). •

« O Parole de Dieu , comme tu promis à tes disciples , tu leur envoyas rée llement km divin Esprit, et tu tes illuminas (25), •

Les trois cantiques suivants, qui se chantent dans l'Eglise Orientale , aux vêpres du premier mardi qui suit la fête de la Pentecôte, prouvent également que cette Eglise a toujours cru, et croit encore aujourd'hui, que le saint-Esprit procède du Fils comme du Père , et qu'en parlant d'une de ces deux personnes de la Trinité , elle entend y comprendre aussi l'autre ; car dans le premier de ces trois cantiques l'Eglise Orientale attribue le saint-Esprit au Fils , sans parler du Père ; dans le second , elle dit que le saint-Esprit appartient au Fils, qu'il fut envoyé du Père , et qu'il est consubtantiel au Fils , dont il annoncera les grandeurs ; et dans le troisième , l'Eglise Orientale chante que c'est le Fils qui l'envoyé , sans faire aucune mention du Père. Voici ces trois cantiques , dont on voit l'original en langue Grecque dans ta note ci -dessous.

• Aujourd'hui, Seigneur, descendit sur tes Âpétres F efficacité de ton très-saint -Esprit , et elle les a rendus savants par les connaissances divines etc.»

« Aujourd'hui , Seigneur, fut envoyé du Père en forme de langues de feu , ton Esprit tout-puissant , qui a la même substance que toi: et ayant été communiqué, il prépara tes Apôtres à parler de tes grandeurs etc.

(3R) „ Stî Sojtjç dttvàou Ktigrt, xai irarçôç 'TT^iVrow mi âyctTrnre\ „ o xai *» T«t*Vi) rp i<r%drn xati fAeyàky xai <r*}Tnpiw ny-é^tt, tqç Umytqf , %0trrriç rd ptiffnfçiav Tnç uytatç t xou optootfcnW , xaî aftaiçtrou , xai n â<rwY%VTQu Tçta&J$ brofinfaç ifyiïv, xat nj* jiriÇojrJWi» x/xi wapouciepf n rot? txyiou xai Çyoïrmoiï Sou îtytufâaroç iv *ï£fi m/g/»«y y\u<r<rûr tri

(Yt) n îlyfùp», yvùçt&fAa. frar^oytyvnrûu Xoyou v ( cantique citante le huuli qui suit la fôte de la Pentecôte. )

(2â) „ fc* i çyu roU M«^i|t*»ç, êç ifmyyiikât Aoyi , xttTtwt^sLç to M Stiox x»i otyw 2ôu Hviôna, xai rov'rovf xartÇàhuraç n ( i<lrm. )

Aujourd'hui, ù Sauveur , ta iDTMi &* ofows ^ tott Esprit Paraclet à la nature humaine, en lui donnant ta grâce de prophétiser, comme tu avais déjà dit, 6 Parole de Dieu (26).*

Le cantique suivant, chanté le même jour, exprime encore plus clairement la même idée.

• noire Sauveur, par les prophètes tu nous annonças le chemin du salut, et dans les Apôtres brilla ta grâce de ton esprit : c'est toi qui es Dieu dès le commencement , c'est toi qui ie fut après , et dans tous les siècles c'est toi qui es notre Dieu (27k »

Le sublime cantique que l'Eglise Orientale chante au saint- Esprit le jeudi qui suit la fête de la Pentecôte , établit enfin définitivement qu'il procède du Père comme du Fils : voici cet admirable cantique.

■ Le saint- Esprit est reconnu Dieu, ayant la même nature et assis sur le même trône que te Père et le Fils , lumière très parfaite dérivant de lumière et procédant du Père éternel et parfait et par le Fils; adressons lui nos invocations: 6 Paraclet vivifiant, donne à (on peuple la pair ! (28). »

Le Chrétien qui ne repéterait pas avec l'Eglise Orientale cette sublime et touchante invocation au saint-Esprit, qui est en même temps la définition la plu» complète de sa divinité f et l'exposition de sa procession la plus conforme à la croyance de

, Ztifitpov i$Oim}<rt toC Tlstvaytûv Sût» mttifjutTQç i} iviçytt», „ Ktjfif, h TQtç^AffQ&réKoiç crot/, xat vofi^si toï/tsuç ry BtQy*&&ia„ *. t. X.

r IripîfQ* tq nviù^a 2ov to ?ravTooV*tf/xov i àiWot», 1% watr^dq x*- „ TaUFêfAvsreu , to 2£v ofju>ov<Ttùv h mgi'wuf y\t£wrait* îiotvfpîS** Mi ta „ fAtfaXtla Zou XaXùv Tôt/; T Aff©crToXot>ç cou ira^sfTKi Ûogv* „ n. t. X.

„ Ïij'/xjçov i£t%taç toù ITotçaJtX^Tot» Zou UvtûfAaroç 6 2«nip to y&>

„ ÇiV/*aTac rn fiçvrti* çtûm, MoiJç irçofi)Tfbiiy, uq Içw*î À&yt „ x. t. X.

, 'Ev toÎç IlgoÇTîVaiç àviî77*iXaf ùfAÎt oîov ffwmçiotf, xai h

„ "À^oaroXoiç iXtff*i|>f , Xurqp •QfjLvv, n X^t T0 ^ TlviU^aroq Sou. 2ii *ï

„ Riof trçùJTOf, 2u xati //ira TatÙTa , xau «iç fûiîç aj£y*f Jw iî ô Gto'ç

('£) „ To irvcfaa to a-yioy 0toç , GUftffiviç xat crbvdgovoy ïrarçi xa» ■ Aoyw yvaçt'£f toi* Çuç Ô7r*çTÎ\iiQV , ix Çwrof iK-Xap-^av, *f avo^ow Tfr X*iov ITaTgoç xat éV Tfj'oJ irçtaçxo pivot* aura Poi3<rojAfV* Z«oît«ço^i Jltff* Ç*xXnTf , t?j» iiçipw T» xoVfui û"ou àJçrçffa*. „

tous les Pères de l'Eglise, De doit pas oser se dire Chrétien: c'est un anteehrist 1 . < .

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