Le Purgatoire
La troisième prétendue dissidence dogmatique entre les deux Eglises, est relative à la croyance du Purgatoire. IJ est bien évidemment constaté par l'histoire, que pendent môme le neuvième siècle, lorsque les disputes entre les deux Eglises commencèrent , et jusqu'à Tan 1054 , lorsque leur séparation définitive fut achevée , et même long-temps après , la moindre contestation ne s'est jamais soulevée entre les Orientaux et les Occidentaux sur l'admission par l'Eglise de cette croyance commune aux deux rites. Ce fait historique prouve clairement, que la contestation sur le Purgatoire est un de ces nombreux sophismes , qu'où a inventés après la séparation, pour la consolider.
Afin de bien comprendre tout ce qu'il y a d'absurde dans cette contestation , il faut remonter à l'origine de cette croyance religieuse.
L'opinion que les prières , les aumônes et les autres actes de charité , peuvent attirer la clémence et la miséricorde divine, faire expier quelques fautes après la mort, et procurer le soulagement , le repos et la délivrance des âmes souffrantes , est la plus sublime institution de toute religion , la plus grande consolation , que l'homme voit briller devant lui à travers les faiblesses et les misérables tentations , aux quelles il est en proie à tout moment. C'est la preuve éminente de l'amour et de Ja compassion infinie, que Dieu conserve pour son œuvre de prédilection, pour la créature que lui-même daigna modeler de ses propres mains et à son image et ressemblance .! Aussi cette sublime idée se rencontre-t-elle dans toutes les religions des anciennes nations civilisées, On ia découvre très distinctement dans les allégories des mystères des Egyptiens, et on la voit figurer dans les dogmes philosophiques des lndous et des Caldit ns. La division même que les anciens Grecs faisaient du séjour des âmes, dont la description représente parfaitement le Paradis, l'Enfer et le Purgatoire, et les soupers d'Hécate, qu'ils exposaient aux carrefours pour l'expiation des âmes des morts , nous démontrent clairement , que cette intelligente nation était bien
pénétrée de la sublime idée du Purgatoire, à .travers même les ténèbres du paganisme (1).
L'Écriture sainte enfin nous affirme d'une manière bien positive que cette idée était admise chez les Hébreux : car les Machabées, qui vivaient environ 170 ans avant Jésus-Christ, racontent dans leur second livre que « Judas ayant rassemblé son armée vint dans la ville cFOdolla; s'étanl purifiés le troisième jour, ils passèrent le Sabbat dans le même lieu. Le lendemain Judas vint avec les siens pour emporter les corps de ceux qui avaient été tués, et les mettre avec leurs parents dans les sépulcres de leurs familles. Mais on trouva sous les tuniques des morts des objets qu'on offrait aux idoles qui étaient à Lamnia, ce qui est défendu par la loi des juifs. Alors il fut évident pour tous y que c'était pour ce motif qu'ils avaient péri : ainsi tout bénirent le juste jugement du Seigneur , qui rend manifestes les choses cachées. Et s' étant mis en prière, ils demandèrent à Dieu d'oublier le péché qui avait été commis. Le très vaillant Judas exhortait le peuple à se préserver du péché, en voyant sous ses feux ce qui était arrivé à ceux qui étaient morts à cause de leur péché. Et ayant fait une collecte de 12,000 drachmes d'argent, il Fenvoya à Jérusalem, afin d'offrir un sacrifice pour le péché des morts , ayant une pensée bonne et religieuse sur la résurrection. Car s'il n'eut pas espéré que ceux qui étaient morts ressusciteraient, il lui eut paru superflu et inutile de prier pour les morts; et parce qu'il considérait que ceux qui étaient morts avec piété seraient sûrs de leur grâce. C'est uns sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés des peines de leurs péchés (2).»
(i) Un exemple, qui constate d'une manière très frappante l'opinion qoe les anciens Grecs croyaient au Purgatoire, nous est conservé dans la tragédie d'Euripide intitulée Hécabe. L'âme de Polydore fils de Priant, assassiné et jeté à la mer par le roi Polymestor, apparaît à la serrante de sa mère Hécabe, lui raconte son assassinat et lui indique l'endroit où gît son corps, en lui reccommandant de dire à sa mère Hécabe , de prendre soin 4e loi procurer la sépulture et les antres secours accordés aux morts, Oit*, dit-il, que son âme puisse se soulager en entrer dans les champs HéUfSézi (qui était le Paradis des Grecs payeus).
(2) Uacbabées liv. II chap. XII verset 3S.
*M OC )€( L'Evangile dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare, et saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (3), établissent bien clairement ce dogme. Aussi l'Eglise Catholique le consacra encore du temps des Apôtres, en instituant des messes et des prières pour le soulagement , le repos , et la délivrance de ceux qui sont morts dans la Foi, Les écrits des plus anciens Pères établissent et recommandent ces prières, en assurant qu'elles peuvent attirer la miséricorde divine sur les âmes souffrantes» Tous les théologiens Orieutaux et Occidentaux ont été du même avis sur cette croyance. Les Eglises tant de Rome que de Constantinople n'ont jamais cessé jusqu'aujourd'hui de lire des messes solennelles et particulières pour le repos, la délivrance et le soulagement des âmes -souffrantes ; elles n'ont jamais cessé de célébrer des fêtes en commémoration des morts; d'y faire lire des prières spéciales , de recommander des distributions d'aumônes aux pauvres ; de conseiller des secours aux établissements de dévotion et de bienfaisance , ainsi que des offrandes aux Eglises , au nom des morts ; d'accorder des indulgences , ou des actes de remission des péchés des défunts (4) ; enfin d'exercer tout ce qui est relatif et conforme à cette croyance universelle. Les mendiants même des rues de Constantinople et de Rome, de tout l'Orient , comme de tout l'Occident , portés par cette croyance , inculquée dans la conscience de tout chrétien , tâchent d'attirer la bienveillante compassion des passants en leurs répétant continuellement « pour le repos de Pâme de votre père } de votre mère; pour le soulagement des âmes de vos parents ; pour les âmes de ceux qui vous ont été chers (5) » et autres phrases pareilles. Il est incontestable que telle fut toujours , que telle est encore aujourd'hui, la croyance de l'Eglise Orientale: c'est à
(3) « Pour lui t il sera sauvé, mais comme ayant passé par le feu • ( aiÎTÔç Si (Tta^rjo-srat , o'jtuç B§ ùq Si* mçô;.) St-Pao-I lettre Ire aux Corinthiens et dans la même lettre « et le /eu éprouvera les actions de chacun » ( xaî sxoia'Tou to spyov vjtojo'v eVn to irùç 8ox</xa<T5i. )
(i) En Grec MsTçioV^Tef on luyyuçoyâçTia. Voyez en la description dans la troisième lettre du chrétien d'Orient, sur le Purgatoire. Brochure publiée à Malte en is.V> par l'Auteur de cet ouvrage.
. (5) „ Aux ti»\ tyxw toù îrotTc'ga <rou ! S*a nj» tyj%W rriç fidvvaç O"o«- „ îià TTj'y tyuyjnv rùv yovf'wv cou ! e\eov xai juoxof iov fim/i fAoVwov vet /x 00 * n *i tyyjtl ivv «ffoâafifcîywv , owow tXst^av dwô t» yaûçta Zac • x. r. X. „
dire que cette Eglise professe que « suivant la tradition et les institutions des Apôtres et des saints Pères, on doit prier Dieu pour la rémission des péchés, le soulagement et la délivrance des âmes des morts; qu'on peut attirer sa clémence et sa miséricorde sur ces âmes souffrantes par des messes , des prières , des aumônes et autres œuvres pieuses; et que Dieu peut exaucer les prières de V Eglise et prendre en considération les bonnes œuvres des vivants pour pardonner les péchés des morts, et soulager ou délivrer leurs âmes des souffrances , et les transporter au Paradis. » Mais quoique cette croyance de l'Eglise Orientale, entièrement conforme à celle de l'Eglise de Rome , soit , comme nous Tenons de le dire, incontestable, nous avons cru pourtant, qu'il ne serait pas hors de notre question de rapporter ici quelques preuves authentiques de cette évidente vérité. Ces preuves, nous ne saurions les prendre à de meilleures sources , que dans les institutions Apostoliques , dans les traditions et les prescriptions des Pères et Docteurs les plus vénérés cher les Orientaux , dans les prières et les cantiques chantés solennellement jusqu'aujourd'hui dans l'Eglise Orientale, et dans les exercices religieux que son Clergé pratique actuellement , et même dans les Légendes et l'histoire de cette Eglise.
Les Apôtres* prescrivent bien clairement les prières et les aumônes pour les morts, en établissant dans le 42 chapitre du VIII livre des constitutions , qu'on appelle communément Apostoliques « Qu'on fasse des mnémosynes trois jours après la mort du défunt par des psaumes , par des lectures et par des prières, en commémoration de la résurrection de Jésus-Christ le troisième jour ; et le neuvième jour en celle des vivants et des morts ; et U quarantième jour selon F ancien type: car c'est ainsi que le peuple pleura Moïse; et dans Vannée révolue, afin qu'on prié pour lui, et qu'on donne aux pauvres une partie de ses biens pour sa commémoration (6).»
(6) „ , EiriTiXj/cr3tt Bi rpira rùv xexoj/xt)/x«W h ^oXpoTç, xai dbatw yytfoicn xai irço<Ttv%cûç Xid rov Btd tçiwv >î/x*çJv £y£g9ffvra, xai hvara * tiç vvofjirrjaiy rûv jrtçiâvruv xai f«v xfXoip?/A«'iwy° xai rtctrapaxoarà „ «arà rôv waXouov rvwof Mwcrijy yàç ovruç 6 Xaoç ftrfvSiioV xai* «viaJ- „ 9im cîriç (xvtiaç aôroij' xai SiSoVd» ix rvv virap%ovTuv aux où xevr)<rtv „ fff ànljimctf atfrov. „ (Constitutions Apostoliques livre II. chap. 42.)
Le typique (ou Rituel de l'Eglise Orientale) prescrit la pratique de cette croyance en ces termes « La tradition des saints Pères est qu'on prie tous les jours ]M)ur ceux que le Seigneur prit d'entre nous, depuis le jour de leur mort jusqu'au quarantième, pendant la sainte messe (7). »
Michel Glyeas rapporte aussi cette institution apostolique, dans sa lettre au moine IN il us , en disant « Il ne faut point douter de l'efficacité des bonnes œuvres faites en faveur des pécheurs morts dans la Foi, avant que nous ayons recours à (Vautres preuves, nom devons en être convaincus par les disciples et apôtres du Christ, qui ordonnèrent de faire en général des prières pour les morts, non seulement le troisième, le neuvième et U quarantième jour, mais même à chaque année révolue (8). »
Le Patriarche de Constant! nople Génadius, dans son discours sur le Purgatoire, explique le motif de rétablissement de la liturgie pour les morts , que l'Eglise Orientale chante tous les samedis, et les deux fêtes annuelles qu'elle célèbre pour les morts, par les termes suivants « L Eglise de Jésus-Christ prie toujours pour les morts, et particulièrement elle recite des prières pour le repos des âmes tous les samedis , et fait aussi deux célébra' lions publiques par an également pour le repos des âmes: c'est à dire le samedi du came val et celui qui prèâède la pentecôte. Le motif de tes liturgies est d'y comprendre tons les mwts, même ceux, qui, par la pauvreté peut-être de leurs parents , n'ont pas obtenu tes soins nécessaires, afin qu'ils puissent aussi participer à ce bienfait (9). »
(7) „ ïlo^aBociç i<rn rùv dyiuv irarsçuv, Ziruç pn7jXoy*twvTcu oi «- „ BtifÂOVfTtç àsp' -nfjuov ttçÔ; Kugioy, an*' avrrjç rrjç rsXivraiaç q/Affatf, „ xa3' 97/zff'çay (àstcc ryjç Se/aç Xêtrouçy/a; euç rrj<; rEOTuçaxoariiç rjfxaçaç,^ (Typique, ou Rituel Grec chap. XXX.)
(8) „ "Or* jxiv ouy otî %çtq £i(7Taf*iy xara ri iirt ralç yirofAtvcuç „ tùvoiiaiç Traça tiyuv , %*(>iv fti'y eC<jefiùv> a/xaçrwXwy Bi , «ri <S« ruera» „ 17/xâç ffgo rùv dXkuv oi /xaSrjTai to£ Xçt<rro£ xai affocroXoi , rçira, n itvara, xai rt<r<ra{>axo<rra\ xai fxrjv xai iviatiaia n\sT<r^ai xoivùç iwi „ toTç T«9y««o*i $iara£â[xsvQi. „
(!)) „ 'H toù Xçkttoù 'ExJtXrço-i'a tv^rai ail ôriç râv xixoifÂrijufan' „ xai xard rràv cra p|3 a tov [ao/vç tt*çi rùv ^/uy^uv jÂVtiav iroi tirai' xai «r* „ Sic toù iviaroù ayet 7ravriyuptv jreçi /xyrj/xrjç \|*/;ç«y, ly T $ 2a££aT» r£
fe-( 69 )^
Bartholomcus Coutloumousianos , commentateur de la dernière édition du grand Bréviaire Grec, faite en 1851 , explique de la même manière le motif de la fête des morts célébrée par l'Eglise Orientale le samedi du carneval : car il dit en propres termes « L habitude de faire des prières le troisième, le neuvième et le quarantième jour depuis la mort du défunt, ainsi que celle des autres mnémosyncs , fut introduite dans F Eglise de Jésus* Christ par les dispositions apostoliques. Mais comme il y a des chrétiens morts subitement, ou à V étranger, sur mer, ou sur les montagnes, ou qui, à cause de leur pauvreté, n y ont pas pu oljfenir les prières en usage pour les morts, les saint Pères de l'Eglise émus, pas un sentiment philanthrope , ordonnèrent de chanter aujourd'hui un commun mnémosyne pour tous les morts pieusement depuis le commencement des siècles, afin que ceux qui, pour quelque motif que ce soit, ne purent obtenir des prières particulières, soient compris dans ce commun mnémosyne (10). »
Saint Grégoire de Nysse dit aussi « il n'y a rien qui nous soit transmis par les Apôtres de Jésus- Christ sans raison, ou utilité: au contraire F action de prier pendant la, messe pour ceux qui sont morts dans la Foi, est très avantageuse (11).»
n wpo rijç àffoxgftf Ç??fAi, xai ru irpo rfiç ^^^yr»?xooT1i}ç• roiro 8* yivtrou
n *»« OfXOÙ KCMTCLÇ OVfATrtpiXoifi? , Xai TOUÇ jKlf TV%6yT0CÇ STTIfXsXslxÇ TTCt^d
n Ttf» cixsiuif aôruv , ïauç wç pr) i%6vTuv , ha xaùroi ^tsra jra'yTwv tu- „ x«<ri raiirriç. „
(10) ., 'Ef aCrùv rùv 'Ajroo-roXiXwy îiaray^y ekafiev »? tow Xçiotow n 'ExxAij ai a tijv <rwri$etav xoZ ivirsXeïv rà Xsyôfjuva rçiVa xai «yyaTa, „ xai rt o-o-agaxoo-Tot , xai Xotjrd /xyq/xoVt/ya rûv xexoi/xi?/Aeya>y. 'Eirei$7i $è n woXXoi xarà xatçovç aVf'Savov aaga, $ sic Çeviruav, ri sic SaAa<r<ray, „ n ttç opv xai xçijfxyotiç, Xawç ht xai tréwirsç oy«ç, oùx îj£i«3i7<rav rùv n ZiartTaypîvw [AvrjfA,oovyur Sià toCto, ÇiXay3ç«V«ç o« Ssïot ïiartQeç xi-
n VOVfJUVOl, iSiOTFKTaV Orj[AtÇQV fXVr)[AQ<n>YQY XOIVQV 1T ÛVTUY TUV aV aiWVOÇ
n tvet&ùç TiXtvryjcrdvTUTf àvSçwVwy, ha xai oaoi tajv [Aspixàv ^rjfxoaôyuv „ oùx tn^o», Si' 6votoy8riiTQT8 <ru/xj3s|Sijxdç, o , i»//jrfÇiXa/xPa'yoyTa* iiç ro „ xoiyô* touto xaxfîyof. „ (Grand Bréviaire pag. 338.)
(11) n OuSfy dXoyiaruç, oCSi oxeçîwç ûno rùv rov Xçioroy (JUxSr). n w vago&f dorai , aAXa ro vçay [Jia vcivruç sjraÇeXèç, ro prnpw nouh w iwi t^ç Sumç putTTayuyiaç ru¥ jtiotwç X6xoip?/A«y«y. „ (St. G n'^iire de !f ysftc. )
Saint Epiphane dit aussi dans son Panariom « la prière pour ceux qui sont morts pieusement leur est très avantageuse, quoiqu'elle n'efface pas les péchés mortels (12). »
St. Jean Chrysostôme dans son discours sur la pénitence recommande également les prières et les aumônes pour les morts , et nous assure qu'elles peuvent attirer sur leurs âmes la miséricorde divine : car il dit: « Si tu n'as pas eu le temps de mettre en règle tout ce qui regarde ton âme pendant que tu étais encore dans le monde, du moins à la fin de ta vie ordonne à tes parens de te renvoyer tes biens après la mort, et te donner du secours par de bonnes oeuvres, par des aumônes et des offrandes sacrées. C'est par ces moyens que tu pourras exaucer le Sauveur: car toutes ces actions lui sont agréables, et ont de T efficacité (13). »
Le même st-Jeau Chrysostôme dans sa 41 homélie sur la première lettre aux Corinthiens dit encore « il faut secourir celui gui est mort pécheur, par des prières, par des supplications, par des aumônes et par des offrandes sacrées. Car ce n'est pas sans but que toutes ces choses furent établies; ce n'est pas enmin que nous prions pour les morts pendant les saints mystères, et que nous faisons des offrandes pour eux en priant F agneau qui s'immole, qui prit sur lui le péché du monde, mais puisqu'ils doivent y trouver quelque secours. Ce n'est pas envain que le diacre qui assiste à C autel crie « pour tous ceux qui sont morts dans Jésus-Christ , et pour ceux qui offrent les prières pour eux » Car nos institutions ne sont pas des jeux du théâtre: Dieu garde/ Au contraire elles s'opèrent par ordre du saint Esprit. Secourons donc les morts et faisons des prières pour eux. Car, si le sacrifice de Job purgea le péché de ses enfans, qui peut douter que les morts peuvent avoir aussi quelque consolation de nos prières pour eux ? Ne cessons donc pas de secourir les morts et
(12) „ 'Q<peX«7 Bi xaî Cirsç rùv xfxo<p?fx*'yu?v «tî<r*|3«y «u^tj, ci xaî ,, toc fJLeyâXct airtcifJLaTa (Jt-v oinoxôirrri. „ ( St. Epiphane. )
(13) „ Otîx î^Satra; jrcgiuy «v t» jsiw ta rrjç >|/«^i?ç aou nwira, 8av~ ?, S«T^rai, xay t'y ru t/Xii roù |3/oo hruXat toÏj aolç /xirot 9a'yaroy *«- ,, çavtptyaû coi Ta aa, xaî j3oi?S«iav Soùvca (toi oY ïçyvv âya9»y, fXm- ., (aovwvv, Xtytt, xaî jrçocrÇoçwv, xavT«09«y rôy XwTç«T>jy xaraAÀa£i»aç* „ ÊiXTa' ydp a'jrù Taùra v&vtx xaî irçoufQpa. „
M 71 }■€< d'offrir des prières pour eux, car nous, avons Pexpia foire universel commun à fous, et il y a possibilité de leur procurer le pardon par tous les Moyens: par les prières, par les mystères offerts pour eux, et par Fintercenlion des martyrs, des homohgètes, et des prêtres, que nous invoquons en même temps (14). » St. Jean le Damascène , dans différents endroits de son discours sur les défunts, exprime la même opinion: car il dit « Ceux gui pendant leur vie étaient inhumains, cruels et complètement insensibles, qui ne se laissaient point fléchir par ceux qui les priaient, mais au contraire les dépouillaient de leurs biens, ceux là ne peuvent être aucunement secourus: car Dieu les a exclus de sa miséricorde, comme dit saint- Denys le grand. Ceux au contraire qui étaient d'une bonne disposition, mais qui n'ont pas eu le temps à cause d'une mort subite d'accomplir les préceptes de Dieu par eux-mêmes, ceux-ci auront un grand avantage des vœux, qu'on aura faits pour eux (!•>). » -
(li) ., Ei 5s ufJMÇTvXoç âWX9t oYT j3oi}Sf7y, uç av oïo'y ti Jy, erf- „ X a ' ç » Xfl " '««sciais, * a * AtiïfAOGWCMÇ, xaî jrçoo-Çoçaîç' où yaç ujtXSç „ ravra iirivëvôrjrai , ouBs eixrj (xyrjpvv sroiou/zsSa rèSv an'fXSo'yrwv èirt rùv „ Stiuv (j.u<rT7)çiuY , xai Cvèç aurwy irçoo-ipty , SsofÀivot roù ojâvoO rov x«y, fxtvov , toô* XajSovTOç Tiî'y â/xagriay toO xoV/zow t aXX* Fya tij £yT«û3fv M ytvtiTcu roça/At/S/a. Oo'5« paru* 6 volçsvtÙç tu %<na<rrv)^iu , T«y Çgi- „ xr«y fJUj<TT7)(jîuv TeXot//z?'yav, |3oà u tfîrsp irâvruv rùv iv Xçiarà xcxoi/zi?- „ fi.évtnj xai T«y ràç fjwtiaç lîfff'ç aûr«y «ViTfiXot/vTwy.. „ Oiî yag «Vti crxrjvij „ roi vfJLtTtpa' fiy «y«voiTO" svct/paTOÇ ydq 5iaTa£si raÔTa yivirai. BotjSw- „ /xiv ro/vt» atÎTOiç xai fÂVsiav unèç olCtÙy êjriT*Xw/z£y. lit yàp rot); ttoci- „ 5aç roù 'Iw/Î ixotSyftv y rou irarçoç 9uoï'a, ri à/*Çi|3aXX5i; , ci xai „ ijfiwy tîvcg Ttfy âVeX3o'yT«y jrp(HrÇ«çoyT«y yivtrai riç uvroïç iraçapv§la\ „ jx*j 5ij âiroxa/xw/ucy to7ç ajTÉXSoùo - ! |3o»?9otïyTf; xai irpo<r$é(>QVT£$ ùirtç „ ac/rw iùyjiç. Kaî yâç to xoivôy nfc Olxoufjievnç xsTrai xaSaçcioy, xai „ Zvvarov vâvToStv avyyyùfÂrjy aùroiç avvayayih , aVô rây eo^wy , a»"» „ rJy wr«ç aûr«iy flwçwy, àsro T«y jast' aura; y xaXot/f-tsvwy Maprjgay, *0/xo-
„ XoyUTfthr, 'ItfiVV. „
(15) „ "Ocoi fxiy oJy fiera ti^ç aXX>îî at/rwy Ù7rccv$çuirl%ç xai aî/xo- „ njroç, aat/fivadcT; Tf'Xeoy fvav, fJLijrt ^y toij BsojJiivoiç iffixa/xwTO/xt- „ >oi, aXXà xai ra tou'twv â^aigoujM<yoi /xaXi.jra , ou jaevow oi toioGtoi ^ «J^cXijdijoioyTar ànéxkeict yàç aùroùç 6 Qtoç , aîç f^éyaç Çvi<ri Aicyucioç. „ "O^oi 5f ovyeiBTJatvç virrjçxov dyaSrjç , otîx e^Sacay 5« o/x«ç 5ià to tou „ S «y a tou ôwçoy rà twv Sc/wy yo/XA>y aTTOTrXypùaai B? saura* , ixeïvoi itàvn rvç Siflè ra; u'zrîp aur«y yiYQpévaç iùy m àç rà /AaXio-ra wfcXijS^'o-oyraf. „
Dans le même discours ce saint dit encore « Procurons de V avantage aux morts; donnons leur le secours possible par des aumônes et par des prières: cette action leur est d'un grand avantage , et à profit. Car tontes ces institutions ne furent pas établies et n'ont pas été transmises en vain et par hasard a l'Eglise de Dieu par ses sages disciples; j'entends les prières , que le prêtre fait pendant les saints mt/stères pour crue qui sont morts (tans la Foi: ils peuvent en obtenir beaucoup d'avant a gr t ( de profit (16).
Bon ce même discours ce Père de l'Eglise ajoute « (Test la votante suprême du Dieu miséricordieux tjue nous nous aidions mutuellement et pendent la vie et après la mort. Car a il ne nous aurait pas prescrit de faire des prières pour tes morts pendant le sacrifice non sang km t et tes mnvmfisijnes dans le troisième , te neuvième et te quarantième jour depuis la mort du défunt, et tes autres ii tantes et tes fé tes, que sans la moindre eu n t rad te t i < m F E§ Use Cu t h o iiq ue e t Apos t o tiq ue , et son pmp le choisi de Dieu et pu tu conservent immuables et invariables. Toutes ces prières sont agréables à ses yeux: puisque si tout cela n était que de l'illusion, et ne rapportait aucun avantage, ni profit , il n'tj a pas de doute que quelqu'un parmi tant de saints inspires de Dieu f faut de Putriurchr* 7 dr Pères et de Docteurs de f Eglise, aurait pensé à faire cesser cette erreur: mais aucun uVeux n'a jumain tenté d'abolir ces institutiojis. Au contraire ils les ont confirmées, et cites s'acroissent et s'étendent toujours, en recevant augmentation sur augmentation (11
(IG) „ 'EirHfQiivwfjtt* toîç àjTÉ^Souffiv taÇiXsicn' Wffvftey aitrolç r»jy N irçûGQÛGav {Soij'âftotv, cXsqpooirWf Xiyw xat nrçoo'ÇoeaV *«* Çi'çii rot*- „ toiç «roAA*?y tÔ irpâyfjux rrçy ov>jerjy, xai ptyo, ioxtp8oç xxi ri v *îf t'Af lav. „ Oiî yàp $Uv xat vç lru%t raùta, *i*o//o3*ti5tou ) xotl Tp tou Otoù 'Ex- „ xAijeri'x t/flro t«v olÙtqÙ rravaoÇuv fJutSrjrùv jraça&'ÎOTou , Çvpl £i iwi „ x«y Çpixrm puéril p m tv)fnv voteiaSat tg> Uçi* i/rfg f«y tir friVrrt w xtxoipï/AffW* Icuerty aurai; froXv to xtçfof *x toutou xotl r»jy ùçîknuv, m
(17) „ ToÙto xcti 3fXti o iXtvifÀW xaî fioùXtrai, ha vx* aXXtj'Xwy oi H TTC» ri f it)fçyerot/^e3a xai Çùvrtç xaî pra 3avaToy' où yaç à* i?ft*y „ dÇoçfÂtiv iûtiïuxu , to fJLviifAriv 1V1 r^ç ava^xûlxTou Suaiaç jrotf itrdcu twv „ vçoX«]So»t«v* xai jraAiy tçit«, x*i lyyara, x*t TiO-aaçctXQaTx , xctt râ; ♦, irrfvtaiç fAïiqfxxç *& TiXfTtfç t a rivot, uraVigç *vnppri<Tiuç «yiu, »i KaSo- „ Xfxvj atîJrov x*i 'ÀiroffToXjxvj 'ExxA^tr/a, xaî d r«ori}$ Sio^yXXixroç xat*
Un très grand nombre des cantiques, chantés encore aujourd'hui dans l'Eglise Orientale , affirme également cette même croyance: voici quelques uns de ces cantiques.
« O Jésus-Christ , les vaillants martyrs qui habitent les demeures célestes , vous supplient incessamment d'accorder les bienfaits éternels au fidèle que vous avez pris de la terre (18).
« Jésus-Christ , faites reposer tes âmes de vos serviteurs avec les saints, là, où ii n'y a ni douleur, ni chagrin, ni soupir, mais une vie éternelle (19). »
« O seul Créateur , qui par une profonde sagesse arranges tout à l'avantage de l'homme , et qui donnez à tous ce qui leur est utile: faites aussi reposer les âmes de vos serviteurs; Car ils ont fondé toute leur espérance en Vous, qui êtes notre auteur , notre Créateur et noire Dieu (20). »
« Rappelez Vous, Seigneur, de Vos serviteurs, et remettez leur tous les péchés qu'ils ont commis : car il n'y a que Vous qui êtes impeccable, et vous pouvez, seul donner le repos aux morts (21). »
„ vavtv<Tifij<; Xaoç àVogaffoXftJTa xatiyii xai d8toiyvu<TTct. Ei pi touto n ttàiç ijy iv oçSaXfxotç aÙTOV.Tlâvruç yoç, il ^Xsurj to irçayjxa f v, xai „ axiçîiç xai âyo'yi?Toy, iroXÀ«y ytyovérvv GtoÇopuv 'Ayiav, ITaTçia^wv, „ HaTfiçfcf xai AïoWxaXay, hé<ncntyt toûto tivi roù xaranaUaat -njy jrXaf , y>}y. 'AAX* oôSei'ç tout*» avarçe-vf/ai toùto «rore foSoxi'/xaxf , fxàXXov fiiv „ ojy xtxvpuxe, xai o??9f£fgai râ irgày/xa àraufirai, xai jtçocti3«toi jtço- „ aSijxiiv f*i srçoo-Sïî'xrjv fcjgo/xfyoy. „
(18) „ *£y oJgayi'ouç $a\â(Aon; Siyvsxvç o? ycyyaïoi /xaçruçtç oW«- „ vouai 2t Xçi(rrtf , oy èx «pç /xfTfVnjo'aç îrioroy ovçaviuv àya3«y tx/^i îy „ âf«Wo»„ (office des morts. Euchologc pag. 407.)
(19) „ Mcrà r«y ayiuy ayaVaucoy, Xçictti, toc; ^^à; T«y $oJXay „ 2ot#" fySa otîx ioti irovoç, ou Xûm), où <rrtvayfx6ç , aAXà Ça^j àreXeJ- „ ttjtoç,, (cantique chante tous les samedis. Grand Brév. pag. 103.)
(20) „ *0 (3o3*i (ToÇtaç ÇiXavSçuiruç navra olxovofjuôv , xai to ox/ja- „ figov «rcKTjy àwovifAuv^ fxo've Ar)fxiouçyt , àyaVat/coy , Kugie , xai tûiç \J/u- „ ^à< r«y fat/Xw 2ou, Jy 2oi «yàç njy «Xwioa av«$ivT0 tw IToirjTTl?, xai „ nXaVnj, xai 0*« 'Hfuyy,. ( cantique chanté le samedi du Carneval à la fêle des morts. Grand Bréviaire pag. 339.)
(21) „ Myi}V3i}Ti , Kt/gif «ç àyaSoç rwv oWXajv 2ou, xai ôVa h „ £/j# vjfJMQTQ* 0i/yx*>'giiffoy. OùBtiç yàp àvapâçTriTOç , ii/xij lu o Swâfxt- „ vof xai roî; furaffrâVi $o£yai «jy âyaffaoffiy. „ (Cantique chaulé tous les samedis. Grand Bréviaire pag. 379.)
Enfin la plupart des cantiques chantés tous les samedis, pendant les fêtes pour les morts , dans les enterrements et les mnémosynes , finissent par cette strophe « 6 Sauveur, procurez le repos à Pâme de voire serviteur » (w tyx** r °ù SoJXov ^oa , ïwtiç, aWirat/crov), ou par celle-ci « Seigneur, faites reposer Vdme de votre serviteur , qui passa de cette vie en Vautre • (tô* yn-
TûtaraWa $où\6v Sou dvdiruvaov ).
Les prières , que les prêtres récitent à plusieurs reprises pendant les enterrements, expriment la même croyance: voici une de ces prières:
« Prions pour le repos de Tâme du défunt serviteur de Dieu (tel) afin que Dieu lui remette tout péché volontaire et involontaire; que le Seigneur range son âme où les justes reposent; demandons pour lui à Jésus-Christ, notre immortel Roi et Dieu, la divine miséricorde, le royaume des deux, et la remission de ses péchés: prions le Seigneur/ Vous Dieu des esprits et de toute chair, Vous, qui avez foulé la mort, anéanti le diable, et donné la vie à votre monde: Vous Seigneur, faites aussi reposer Pâme du défunt votre serviteur (tel) dans un lieu lumineux, lieu verdoyant, lieu de repos, où il n'y a ni douleur, ni chagrin, ni soupir; et comme Dieu bon et miséricordieux, pardonnez lui tout péché qu'il commit, par parole, par action, ou par intention: puisqu'il n'y a pas d'homme qui ait vécu sans avoir jamais péché : car il n'y a que Vous qui êtes hors du péché (22). »
(22) „ "En £f o'jMfSa Cniç dvaxavo'ewç rrjç >J/u;^ç tow Xfxoi/zij/if'yot; „ Sou'Xou toJ GtoO ( Sthoç ) xaî Cirèç roù <ru«y^«ÇT?3i7vai avrù non jrXijf*- „ [xiX-nfxa. «xoJcriov rs xat àxoticioy. "Onuç Koçtoç o 3sôç Taf»? rrjy >|/U£i?y „ outoO Iv3a oî 8/xaiot dvairatiovrai' rà iXév rov 0«oû, ttjv paoïXiiœ» „ rùv Oùçavarv xat ctyeatv rm aùroO apapTiuv iraqd Xçiotu tu àSayaV** „ fiaaiXgï xat Qtu ijfÂcSv atrijcupcSa' roG Kt/g/ov StrjSùfxtv.
„ 'O Qeoç rwv vv€V[juItuv xat irâwiç crapxoç, 6 rov davaroy xara- „ iraTrjaaç , tov Bè 8ta/3oXov xaraçyijVaf , xat £«»jy t» xoV/xa crou $agi}<ra- „ /xiyoç' ootqç, Kcjjgif , dvcciraucQv xat njy >|/t/;£ijy tou xsxoi/xijfuyov ftouXou „ 2oo (Smoç) iy toVw Çwrnv», iv toVw X^osçù, * v TOir ^ * v *^ M 'f« «Ç y „ |y$a àWîça ôSo'yrj , Xu'th? , xaî oriy ay/xoV îrâ*y â/zaçrv^a rô iraç ao- „ roù flrfajcSfV «y Xoyw, 19 «Çyp, iî Siavo/a, uç dyaSoç xou ÇtXdvSçuvoç „ Qtoç o'uyxvçrio'ov' gti orfx lorty aySçitrof oç tyatTui xat oC% dfjLaçTrj- „ cm. 2ti yàç fAo'yo; ixtoç dfxaçriaç tfarag;£fif„ (prière dans les enterrements, grand Euchologe pag. 393.)
Dans les prières du soir , l'Eglise Orientale prie pour les morts dans les termes suivants: «d céleste Roi, admets dans les demeures des justes nos pères et frères morts dans les temps passés (23). » Prions Dieu par nos pères et frères morts: souvenez-vous, Seigneur, de nos pères et frères morts dans les temps passés, et faites les reposer là, où réside la lumière de votre face (24).
EnÛn les prières de saint Basile , qu'on lit dans l'Eglise Orientale à genoux le jour de la Pentecôte , sont en grande partie pour le soulagement, le repos, et la délivrance des âmes des morts: voici quelques fragments de ces Prières: « Exaucez nos prières, Seigneur, et faites reposer les âmes de nos pères et frères morts dans les temps passés, ainsi que celles de tous nos autres parents dans la chair, et de tous ceux qui furent fidèles à la Foi, pour qui nous faisons ces prières (25). »
« Vous, -Seigneur, qui daignâtes accepter métne dans ce jour tout parfait et salutaire, des prières expiatoires pour ceux qui sont retenus dans F Enfer (26) ; en nous donnant de grandes espérances que vous enverrez à ceux qui y sont retenus le soulagement des maux dont ils souffrent, écoutez, Seigneur, les humbles prières que nous vous adressons , et faites reposer les âmes de vos serviteurs morts aux temps passés, dans un lieu
(23) „ 'Effougorvif BaviXtv , rot); frpoairtX^ôvraç wartçaç xai dBtX- „ Çoùç rïfxwv h <rxi}yaiç Sixcauv rafov „ ( prière du soir. Grand Bréviaire pag. 126.)
(24) „ Et/£o'/x«$a Cvtç r»y azroXiKpSi'yrwv irartpm xai uStXçùv yyMv. „ Myq'trB)?™, Ku'çic, t«v flrçoxoipjSc'yTW iraréçuv xai dSeXfuv iS/xâ>>, xai „ avcurawoy aùrovç ovou i*i<TXQK&~i ro ÇtSç roù irçocûnou 2ov n (grand Brév. pag. 152.)
(25) „ 'EffoxoiKTov jfAMv Stofjuvuv 2ov , xai dvd-rrovcrov rdç ty%aç T * y „ SoûXuv 2ow, tùv irçoxtxoifx.7}fxivuf xariçuv xai aStXÇuv îfjuvv, xai t«v „ Xotww ovyytwv xard ragxa, xai va*™* rûv olxtiuv t^ç martuç $ „ 9iQi uv xai w fAvrjprjv iwirtXoùfUf. „
(26) De ce passage de Saint-Basile, ainsi que de plusieurs autres passages des Pères et de différents cantiques de l'Eglise Orientale, il est bien constaté, que cette Eglise entend par l'expression du terme al-nq (Enfer) aussi bien l'endroit des peines éternelles , distingué spécialement par les Occidentaux sous la dénomination d'Enfer, que l'endroit, où restent les âmes souffrantes, qui espèrent leur délivrance, et que les Occidentaux désignent par le nom spécial de Purgatoire, comme nous expliquerons dans la suite.
lumineux, lieu verdoyant, lieu de repos, où il n'y a ni douleur, ni chagrin, ni soupir; Tangez leurs âmes dans les demeures des justes, et accordez leur la paix et le soulagement. Car ce n'est point aux morts de vous glorifier, Seigneur, ni à ceux qui sont dans F Enfer de se présenter pour vous offrir leur confession: mais c'est à nous que sommes vivants de vous bénir, et de vous supplier en vous offrant des sacrifices expiatoires en faveur de leurs âmes (27). »
« Acceptez donc, Seigneur, nos prières et nos supplications, et faites reposer nos pères, nos mères, nos frères, nos sceurs, et nos enfam et tout autre parent et coreligionnaire , et les âmes de tous ceux qui sont morts dans l'espoir de ressusciter pour la vie éternelle ; et rangez leurs âmes parmi les justes et leurs noms sur le livre de la vie, dans le sein d'Abraham, d'isaac et de Jacob, dans le lieu des vivants , dans le royaume des deux, dans le Paradis des délices, en les faisant tous entrer par vos Anges illumineux dans les saintes demeures (28).»
Les historiens Byzantins nous apprennent qu'au commencement du cinquième siècle la tombe de l'impératrice Ëudoxie, qui
(27) „ *0 xai «v aùry tt? vavTiXsiu iopnp xai cwmçivStt , ï\aCfMÙç w îxtciovç ôntç rùv xaT«^o/x*v«v h "AoN? xaTafiwVaç BixtvSau , /x«n yâXaç re naçiywv "npùv iXiriBocç âvtciv roitç xars^optsvotç t«v xaT«;çoV* „ ta» aurouç dyiagùy, xai iraça^^ajy Traça loO xarajrt/xfffcrSaj , êiroL- „ xoiktoy ^[amv t£v Txntivùv xai olxTçùv Beofxîvuv 2ow , xai àvctTravcor „ ràç >J/w^à; t«5v èWXay 2ov rûv irçoxexoi/x^/zc'yuy , iv to'îtw Ç«T£iy«, iv „ tqifu X^ 0£ Ç^» * y T0 ' 8 '?' àya>|/t/£««ç , f'vSa curs&ga nacra, ooûtrj f \6irn „ xai crivayfM? xai xararafoy Ta irveûpLara aùrùv *v cxrjvaïç Sixai'ar» , j, xai eiçrjvYiç xai àvsasuç afiWoy aÙTot/ç. "On où% oi vixpoi aivicouci „ et, Kv'gic, otîîf oi «v çt'Çiî i£ofjt,o\6y7)<Tiv irappriaiâÇovrai irçoo-Çfçfiv o*oi, w ÔXX* >îftfïç oî £«yTiç sCXoyoùfJLtv a xai ixiTsiiopav , xa< Taç iXacnj- „ ç/oyç ev^àç xai Sociaç irçoo-âyofjuv coi virèp tùv tyj%ÙY aùrùv. „
(28) „ As£ai oJy, ÀffVfforai , SsijVfif xai ixtciaç ?}/x«Tffga? , xaï aVa*- „ nauaov iroivraç tovç trarépaç cxâVrou, xaï fAqrcçaf, xai a$sX$oo{, xai „ à&Xçàç, xai Tcxva, xai eiri âXXo éfxoytviç xai o'/xo'f oXov , xai vâcaç „ ràf jr(>oavairauaaf*éitaç ^X** '** &**$* avacrâcsuç Çuiiç aiwviW xai „ xararafoy ra irviu/xara atÎTwy xai râ o'vo/xaTa iv f3i|3X« f <W , «y xo'X- „ jtoiç 'A^çao/x, 'Io-aàx xaï 'IaxcJf3, «y X«fa £«*T«y , «*V paciXeiav ooga- „ v«y, «y naçaSsiV» tçoÇ^ç, 5ià T«y ç«T£iyft7y 'Ayyf'Xwy <row tiaotyav ., âva-vraç tlç ràç ayiaç cou pot ait. ,,
&( 77 )-e* avait tant tourmenté et à la fin exilé st-Jean Chrysostôme, continuait à trembler miraculeusement pendant trente cinq ans après la mort de cette Princesse, en preuve des peines que son âme souffrait pour son péché ; que lorsque son fils , Théodose le jeûne, transporta à Constantinople les relique? de ce saint, il s'agenouilla devant la caisse qui les contenait et pria le saint de pardonner à sa mère Eudoxie son péché, et d'arrêter le tremblement de sa tombe; que le Patriarche de Constantinople Proclus célébrait avec tout son clergé une messe solennelle le même jour de l'arrivée des saintes reliques pour le repos de l'Ame de cette princesse; et qu'au moment que le Patriarche prononça ces paroles mémorables « paix au peuple! paix à Eudoxie » (lîgii'yii t« x«« ! «iç^i» t* K&ofi», la tombe de l'impératrice cessa de remuer, en preuve que son péché lui avait été pardonné et qu'elle avait été délivrée de ses tourments (29).
Les mêmes historiens racontent également que vers le milieu . du neuvième siècle l'impératrice Théodora, après avoir rétabli solennellement les images , que son époux Théophile avait persécutées et abattues, elle ordonna par les conseils du clergé des jeûnes et des prières publiques pendant toute la première semaine du carême, pour demander à la miséricorde divine la remission du péché de son époux et le soulagement et le repos de son âme. Cette même histoire est aussi répétée dans les commentaires du grand Bréviaire Grec, au jour de la fête du rétablissement des images, célébrée par l'Eglise Orientale le premier dimanche du carême (30).
(29) „ TTçwTa fiiv aM* To'y tô xçdroç ISworra frçoo-fîr^iTO , ropro „ fit* vç TraTs'pa xai dyciSo^ov ex toC Seiov ysyovora Xoutçow nyumra „ xai fÂtyaXuvovra, toOtq 5* Trjç xard vdçxa /xi?rgoç Traçai rotifAtvov ttjt „ Btxaiav opyijv, xai iro\usi$elç Sënvu; irqocdyovra, XoSrjvai aôrrj rà> „ eïç afjTov ittraitryiÂifuy rrjv eï<T7T(>a£iv , xai arfjaai tov rrjç Aogyoxoç „ aàrrjç ftAo'yoy, tri Tgiaxovra xai wîvrt ireciv dvM$6ruç vç h avccei» „ C[lw (raXevofuvov , oç vç ov<TCti<Taca njy 'ExxXvitria* to<tovtqiç TjBrj n XÇ oy °K xard njy roO Kowy exXoyij'Si? xai yara<rrâcra ôftoiWiy* xai pn B to» xaî Tvy%dvtt rùv SétjVswv, vç ix tow ÇavtçoO to dfaviç iari otiXn \oyt<ra<T$ai. ( Const. Porphyrogénétc sur la translation des relique» de St. Jean à Constantinople. )
(30) Grand Bréviaire Grec pag. 342.
M 78 H* Le nom même que les chrétiens du rit Oriental donnent jusqu'aujourd'hui à la première semaine du carême , atteste égffl** ment la croyance de cette Église sur le Pugatoire; car ils appèlent celte semai ne ■ semaine Purgatoire» {xa$*fx •£&>/*»$) à cause, dit Le commentateur du grand Bréviaire Grec, que c'est pendant cette semaine que les chrétiens se purifient par des jeûnes et autres exercices religieux (il). C est pendant cette semaine qu'ils offrent et qu'ils mangent aussi les collybes, que l'Eglise Orientale, depuis le miracle opéré avec les collybes par saint Théodore le Tyi'onien (32), introduisit aussi dans tous les moémosynes et dans Toutes les liturgies et fonctions qu'elle fait pour les morts. Car elle les emploie dans les Liturgies mortuaires de tous les samedis j dans les deux grandes fêtes qu'elle célèbre chaque année pour les morts, dans tous les mnémosynes particuliers et même aux enterrements. Ces collybes consistent encore aujourd'hui dans du blé bouilli avec de l'eau, comme on les préparait originairement, et quelque fois aussi on les assaisone du sucre, des amandes , des raisins secs et autres substances. Ou les met dans de plateaux, qu'on place devant les images du grand autel, ou au milieu de l'Eglise, avec des bougies allumées autour. À la fin de la messe ou des vêpres , le prêtre récite devant les collybes des prières pour le soulagement, le repos, et la délivrance des âmes de ceux au nom de qui les collybes sont offertes (33). On
(SI) Idem pag 941.
(32) L'an 362 Julien l'Apostat connaissant cet usage de ta purification de* chrétiens p-endant la semaine purgatoire, conçut le projet impie de tes souiller ;i h*ur insu pendant cette même semaine. Il ordonna donc secrètement de nViposer au marche public durant toute la semaine purgatoire, ques des mets dans les quels en aurait mêlé du sang des sa cri lices payens. Mais le martyr saint 'IVmlon- I» I ymnien, apparut à Euiloxius, Evoque de Constant! nople à celle époque, l'informa du projet impie de r Empereur ♦ et lui commanda d'eu avertir immédiatement tons Les Chrétiens, *i fin qu'ils a'abslinsent d'en mangrr. L'Evoque Eudoiius demanda au saint comment il pourrait faire pour nourrir le peuple Chrétien durant toute cette semaine? et alors le saint lui répondit i faites lui manger des cnttybes: c'est du bté bmtîlU avec de i*tuu r dont ou fait usage à Bttchaita, mon pays natal. * L/Evéque Eudovius exécuta l'ordre du Sl-martjr, et le peuple averti s'abstint des mets du marché et se nourrit ta Bollybea pendant toute la semaine purgatoire* (Grand Bréviaire pag, 341)
(33) Eut r 'au très il y a aussi une prière spéciale pour les col I y 1ms , dont nous indiquons ici quelques phrases: fck T« sic ^t^nf toù x*xo*ptytiW ,, SWXou (Tôt/ ( tithoç ) h rû &ytp vow o-qu wÇQTiSivTat, (nrippara «t/Xo*
*M 79 )^ distribue ensuite les collybes au peuple assistant , qui en les mangeant bénit les défunts, pour qui elles ont été offertes, et prie Dieu pour la remission de leurs péchés et le repos de leurs âmes , en repétant à haute voix « que Dieu leur pardonne: que Dieu fasse reposer leurs âmes (34) !
Une autre preuve que l'Eglise Orientale croit à l'existence du Purgatoire, sont les indulgences pour les morts, appelées en Grec « M«tçiotiît«ç (Modérations) et, 2uyx u t XH xl0L 5ifl » T6 «»» d?o$a/zpjvov; • (actes de pardon pour les morts) que le Patriarche de Constant! nople, ainsi que celui de Jérusalem délivrent chaque jour. Dans ces indulgences le Patriarche déclare , qu'en vertu du pouvoir accordé aux Apôtres , c'est à dire, du pouvoir de lier et de délier tout péché, il remet au mort (au nom du quel l'indulgence est délivrée, et qui est mort quelques fois quinze ou vingt ans auparavant), les péchés qu'il n'a pas eu le temps, ou qu'il a négligé de confesser de son vivant; et il prie Dieu de prendre en considération les prières de l'Eglise, et de soulager fâme du défunt , de la délivrer des tourments qu'elle endure, de lui accorder son pardon et de F admettre au Paradis.
Enfin les Légendes Orientales sont remplies d'apparitions de morts qui demandent à leurs parents, qu'on fasse des prières et qu'on distribue des aumônes pour eux , afin que leurs âmes soient soulagées et délivrées des maux qu'elles souffrent.
De plus il est bien connu que même aujourd'hui l'Eglise Orientale conserve la coutume d'exhumer les morts, dont les corps n'ont pas été dissous (on les appelé communément « «ç«eio-fi-'yoi • damnés.) Afin d'offrir le sacrifice et de faire des prières pour ia remission du péché , qu'on suppose être la cause de ce signe des souffrances de leurs âmes. Les Légendes de l'Eglise nous racontent, et le peuple atteste avoir plusieurs fois vu de ses
t} Yflow, xom tÔv $•' ôv raûra «•pooi^Sîjo'ay tv xo'Xîtoiç 'A^goa/z xai h n *? X*t? rfuçôvrw x«T«OTtijv«o-ov, uYuriit QtvTv xai rtSv inrouayUftn » ffu 7X à ^ 1 ' (r,v *ocç*xé[**'yoç. ,.
« Seigneur, bénissez les semences présentées dans votre saint temple » en commémoration du défunt voire serviteur (tel), et rangez celui pour » qui elles ont été offertes dans le sein d'Abraham, dans le lieu des * bienheureux, en lui accordant du soulagement et le pardon de ses » péchés.»
(34) „ 'O Qtôç evyxvçrjffot tquç ! ô 3iôf wanaûcroi rrtv tyj%rjv rvvl
M 80 )-€* propres yeux, qu'au moment même que le prêtre ou l'Evjquc Usait les prières spéciales, instituées pour cette circonstance, et qu'il prononçait ces paroles : « oui , Seigneur > faites que son corps suif tftaom et redevienne terre f et rongez son ânie dans tes demeures des justes (35). » Dieu témoignait sa clémence en faisant tomber eu poussière le corps du défunt, en signe de la rémission de sou péché.
Quelle autre chose peut doue signifier le miracle de st-Jean Chrysostôme , dont nous avons parlé, si non que Hmpératriee Eudoxie souffrait dans le Purgatoire, et qu'à la prière du Patriarche devant les reliques du saint, elle en fut immédiatement délivrée, et alors son tombeau cessa de trembler? Car si elle eut été dans l'Enfer, ni les prières du Patriarche ,, ni L'intervention du saint près de Dieu , n'aurait pu lui être d'aucune utilité : pareeque d'après la croyance universelle de l'Eglise ■ dans C Enfer il n'y a point de rédemption * et Y Evangile même nous dit en propres termes dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare, « qu'il y a un grand abyme entre le Paradis et f Enfer, afin que ceux qui sont dans fwn de ces deux lieux, m puissent passer dans l'autre <3(ï).
Quelle autre chose peut signifier l'acte solennel que l'Impératrice Théodora, par les conseils et l'intervention du Clergé, fit pour la remission du péché de son époux, ainsi que les faits racontes par les Légendes Orientales sur les morts apparaissant en songe à leurs parents pour en être secourus et les usages que r Eglise Orientale pratique sur les corps non dissous? rien autre «ans doute, que l'existence d'un lieu intermédiaire, où lésâmes, qui n'ont pas suffisamment expié leurs fautes dans ce monde, attendent les secours capables d'attirer sur elles la miséricorde divine, afin qu'elles soient purifiées tout-a fait, délivrées de ce lieu intermédiaire { à qui on peut donner le nom qu'on voudra ) et qu'elles passent au Paradis?
(35) „ Nom f Kwçfi, to fuv erà/Jta aùraù BtatkuSwau *ai *çoyv yn „ crSau itS8o'xi?a , oy* tijv 5* 4^X^ V *^ T01 ' * v axvivmîç Sixûuûjv xar«r»£or
(56) „ Kat iVi wâtrt toi/tûi< /jurofti iffewv nui ujâw X^P 9, f**7* „ f <TTT)(>ixTat , onvç o* SAoyni $*ot/3n*eu î»r*û3fy wçoç ùpràç fin ÇuWvrai, ♦ t f*i?8i oi ixiïSf* jrgôf npii hatipàm. „ { Evaiig. St. Lue. rlinj». XVI. ?.w )
Enfin les actes de rémission des péchés, ou les médiocrités, que les Patriarches délivrent après la mort des chrétiens, que peuvent-ils signifier, si non l'existence d'un lieu, où les âmes souffrent provisoirement, et dont elles peuvent se délivrer par les prières de l'Eglise, les aumônes et autres actes de charité? C'est justement ce lieu que les Occidentaux appellent Purgatoire, et que les Orientaux peuvent appeler de tout autre nom : mais , quelque soit son nom , n'est -il pas clair que ce lieu , ce séjour provisoir des fimes, où elles attendent leur délivrance, D*est ni le Paradis , ni l'Enfer ? Car si les dmes des morts pour lesquelles on prie se trouvaient déjà dans le Paradis, il serait éminemment absurde, et même ridicule, de prier Dieu de les y admettre ; si au contraire elles sont dans l'Enfer , les prières pour les en retirer sont évidemment inutiles , cela étant de toute impossibilité; puisque, d'après la croyance de l'Eglise Orientale elle même , dans f Enfer il nij a point de rédemption. Par conséquent les Patriarches en donnant au peuple des indulgences pour la rémission des péchés , le soulagement et le repos des âmes des morts, et pour leur admission au Paradis, sont logiquement forcés d'avouer, ou qu'il existe un Purgatoire, ou un lieu intermédiaire, qu'on appelera comme on voudra, mais ou les âmes de ceux pour qui ou prie attendent les secours des prières de l'Eglise et des aumônes, pour être délivrées: et dans ce cas, les indulgences qu'ils donnent pour la remission des péchés des morts sont conformes à leur propre croyance; ou, s'ils nient l'existence du Purgatoire, ils sont alors pris en flagrant délit de wler impudemment au pauvre peuple (37) l f argent, qu'ils lui demandent pour une grâce, à la quelle eux mêmes osent avouer hautement qu'ils ne croient point!
Enfin il y a le principe incontestable que nous avons déjà cité, et sur lequel les deux Eglises sont restées jusqu'aujourd'hui dans un parfait accord : c'est que , dam F Enfer il n'y a point de rrpentir, et par conséquent point de rédemption (38). Ce principe pourtant , aussi clair qu'incontestable, serait incompréhensible et tout à fait en opposition avec tes actes officiels, les
(37) Qu'on nous pardonne la dureté de cea termes: maisVesl IY\qne mérite nue aeniulable pratique.
(38) r E* TW *k&$ Ot/X tffXt pUTOCVGiCfc. ,,
traditions t les institutions, et toute Fofflclature de l'Eglise Orientale, sans Vad mission du Pur aratoire. Car vraiment, à quoi bon les prières , les mnémosynes , les messes , !es aumônes et les indulgences pour les morts, s'il n'y a pas un lieu , où les âmes de ceux qui ne sont pas tout à fait purifiés, bien qu'ils soient morts clans la Foi du Seigneur, attendent les secours de l'Eglise? Impossible de dire que de pareils secours soient destinés à délivrer de l'Enfer ces pauvres âmes , puisque dans l'Enfer il n'y a ni repentir, ni rédemption.
L'existence du Purgatoire au contraire fait accorder ce principe de l'absence du pardon dans l'Enfer, avec la croyance de l'Eglise sur l'efficacité des prières pour les morts , et elle est en même temps attestée et confirmée par ces deux principes, dont il est la conséquence logique et indispensable.
Mais puisque toute l'Eglise fut d'accord anciennement sur cette croyance universelle, examinons maintenant quels sont les prétextes que les modernes ont avancés pour amener sur ce point une dissidence dogmatique? '
Partant des deux principes ci-dessus énoncés, savoir que, les prières de l'Eglise pour les morts peuvent soulager leurs âmes et les délivrer des peines qu'elles souffrent; et que, dans l'Enfer il n'y a ni repentir, ni rédemption, l'Eglise de Rome enseigne que les âmes de ceux qui sont morts dans la Foi, et qui n'auraient pas complètement expié leurs fautes peudant cette vie, M vont pas immédiatement au Paradis et qu'elles ne sont pas condamnées à TEnfer, mais qu'elles passent après la mort dans un lieu intermédiaire , auquel l'Eglise de Rome donna le nom de Purgatoire (39). Mais la croyance universelle de F Eglise
(39) Le mot Purgatoire (en Grec Ka$«pn{çio>) eteme du verbe purçer f et veut dire dans le sens propre nettoyer* laver; au figuré il signifie se délivrer, acquitter, détruire nu modérer ele, eliv. comme il est constaté par les phrases suivantes: purger ta ville de volatrs ( t'en délivrer ) purger son bien des dettes (acquitter ses dettes) se purger d'un crime (s'en justifier) purger tes passions (les détruire, ou les modérer. ) Le verbe Grec xarSouçt» (purger) d'où dérive le mot *<xSaçT*ifJov (Purgatoire) a absolument le* mêmes significations: car on dit aussi dans la langue Grecque, xAtirrw
3J», XoifAo*a$*çTu>fo* etc. Dans le style Ecclésiastique surtout, on emploie heaiifoii[i tkuis l'a langue Grecque ce verbe et ses décrives pour sitruliiT la purification de làiue.
étant que les prières, les aumônes, et les autres actes de charité peuvent attirer la miséricorde et la clémence divine sur les âmes souffrantes, l'Eglise de Rome enseigne en même temps, que les parents des morts, ou d'autres personnes charitables, peuvent p:»r ces moyens abréger pour eux , et même terminer tout à fait la durée du Purgatoire, Tout homme raisonnable et impartial , forcé d'avouer la vérité , dira sans doute, que l'Eglise de Rome a raison: elle est togfajlit, en faisant accorder ses actes avec lu croyance qu'elle professe. De même on ne saurait refuser de reconnaître aussi que le Protestantisme lui-même est logique a cet égard, puisque, rejetant l'existence du Purgatoire, il n'admet ni prières , ni sacrifice , ni aumônes pour le repos des morts.
Le Clergé de Constantlnople au contraire, d'un côté II avoue qu'il croit comme FBgHti de Rome que, dans l'Enfer il n'y a ni repentir, ni rédemption, et par conséquent qu'il ne peut y avoir ni rémission des péchés, ni soulagement pour les âmes des damnés ; et pratique, comme l'Eglise de Rome, tout ce qui est relatif au Purgatoire. Car l'Eglise Oriental lit aussi des messes spéciales pour la rémission des péchés , le soulagement et le repos des âmes souffrantes , ainsi que des prières pour leur transmission au Paradis; célèbre des fêtes en faveur des âmes des morts; ordonne des secours et des offrandes pour les Eglises et les monastères , et des aumônes pour les pauvres et accorde des indulgences pour la remission des péehés des défunts: actes bien notoires et bien significatifs* D'un autre côté le Clergé de cette même Eglise persiste à dire , qu'il n'y a pas de Purgatoire; que c'est une invention de l'Eglise de Rome et que l'Eglise Orientale ne Ta jamais admis ! 1 1
De cet exposé de la croyance des Orientaux et des Occidentaux sur les morts, résulte une conclusion déplorable, mais bien évidente: c'est que dans la réalité toute la dispute roule sur l'admission ou la négation non pas de l'existence ^ mais du nom seulement du Purgatoire!
Essayons d'éclaircir ce point.
Les Occidentaux, comme nous l'avons vu, donnèrent ce nom au lieu , où ils croyent que doivent rester les âmes, qui ne sont pas condamnées à F En fer, mais qui ne peuvent pas non plus entrer au Paradis immédiatement par défaut d'une expiation suffisante. Car enfin , ces âmes doivent se trouver quelque part ,
où, depuis le jour de leur mort jusqu'à celui de leur pardon, elles pourront attendre les secours que les vivants leur auraient procures , les quels secours peuvent , d'après la croyance de l'Eglise, attirer la miséricorde et la clémence divine sur elles, les délivrer de leurs souffrances et les faire entrer au Paradis. Les Occidentaux donnèrent le nom de Purgatoire à ce lieu , parce que ce terme exprime nettement ce qui s'opère par les prières et les aumônes en faveur des âmes qui ont besoin d'expiation pour entrer au Paradis, Sans doute on pourrait très bien appeler cet endroit « lieu de repentir, endroit d'ûtpiathn , séjour des âmes qui ne sont pas encore tout à fait purifiées, ou autrement si on veut, sans que Tune ou l'autre dénomination puisse altérer l'idée de cette sublime et universelle croyance de l'Eglise.
Cependant le mot Purgatoire ^en Grec KaSapr^ov) est tin nom, dont le verbe xaSai'e*» (purger) ainsi que tous ses dérivés sont d'un usage très commun dans le style de F Eglise Orientale, dans le sens d'expiation, on de purification des péchés, comme nous l'avons déjà observé. Tous les livres de prières t toute J'offlciature de l'Eglise, tous les ouvrages de dévotion en sont remplis, On y rencontre surtout très souvent les phrases suivantes: «purgez nous de toute tâche (40); ayez pitié. Seigneur de votre créature, et purgez la, dans votre miser ieorde 1(4 »);» purgez. Seigneur t la souitfurc de mon âme, et saurez mm, puisque vous êtes philanthrope (4 3); » que rrtte soitife communion me provue la guérisoa et lu pu tout ion de Vante et du corps (43);* pour pargntton ri sanctification (44) etc. etc. »
Le ternie Purgatoire étant doue d'un usage ancien et ordinaire dans tous les livres et dans toute l'o flic rature de l'Eglise Orientale , il ne saurait naturellement répugner aux chrétiens de
(40) ♦, Kai xotGaçiiTQ* ifyuiç wro tr*&nç xW£o; „ ( prière du soir. Grand. Brév. jiag* 3*)
(41) „ GîxTiiçrço-o* to erov irXaVpt, iiWora;, xai x*9a£i<TM vji <rn „ iÙ9wXa%ri* „ (canlujue rour les mort. Grand Brér. pag. 47.)
(42) „ KaBctfttrov , Kuçn, rov pûxov iriç ^u^^i \*w * a * owo* f** „ «v ÇiXavSçutfof „ ( tel foU eto h m qu'on Ut avant la sainte communion. Grand BréY. pag. 4U »J
(^J) fl Kai' yiv/ffStf pot rà ayta, raùrit tlç ï&mv xcu xoBaçfftt fyi- „£T7« Tf xai, ffwfiaroç „ ( idi-m pa&, i\Z }
(tt) „ EÎÇ xa3«fifff»v *«* »y«acrj*o* „ { idem !*£
ce rite, ou donner prise aux esprits malveillants et faire qu'ils révoquent en doute, ou qu'ils nient un dogme aussi solennellement reconnu par cette Eglise, Il faut bien qu'il y ait quelqu' autre prétexte plus fort. Par cotiséqiMpf nous croyons avec une certitude appuyée sur les preuves les plus irrécusables, que ce qui servît principalement de prétexte à ceux qui voulaient consolider le schisme par la multiplication des différences apparentes entre les deux Eglises ; ce par quoi ils réussirent à accréditer cher les chrétiens du rite Oriental la négation de cette vérité dogmatique, c'est l'idée confuse et difficile à saisir au premier abord, que le mût "AS** (Enfer) parait avoir dans la langue Grecque, confusion qui provient de la signification donnée à ce terme par les anciens Grecs. Cette signification passa en très grande partie avec la langue Grecque dans les écrits des Pères et tes cantiques de l'Eglise Orientale dès les premiers siècles du christianisme* Nons allons expliquer plus amplement ce que nous venons d'avancer.
La mythologie Grecque désignait sous le nom générique de w àkm (mot. qui dérive de"Ai"ïwç , invisible ), le roi du monde souterrain et toute retendue de son royaume. Aussi le "ASr,ç comprenait tant les 'HXtitr»» *#&'« (champs Hélysées , lieux des délices, ou le Paradis des anciens Grecs), que les différents autres endroits obscurs et désagréables, ou étaient retenues les dmes des reprouvés et de ceux qui souffraient de différentes manières.
La langue Grecque, ayant été introduite dans la religion chrétienne des le temps des Apôtres, et ayant été devenue la langue de l'Eglise, devait naturellement donner au style Ecclésiastique la nuance de la signification primitive de ce terme. Aussi voyons nous que lorsque la vérité Evangelique proclama que l'habitation des justes est aux deux , et adopta spécialement le mot UaçàSiuroç (Paradis) pour indiquer la demeure des justes, le mot *a$»k (Enfer) continua de conserver une grande partie de son ancienne signification , en indiquant dans le style de l'Eglise Orientale toute espèce de demeure des morts, hormis le Paradis.
KtTectixement, nous voyons dans Us écrits des Pères de l'Eglise Orientale, que c'est dans l'Enfer qu'ils fixent le lieu que l'Evangile appelé spécialement la Géhenne (* F#iva), ou lieu des reprouvés, pour les quels l'Eglise ne prie point: car, d'après J expression de saint Deuys le -;raod et de saint Jean Damascène,
« Dieu les a exclu* de sa clémence (45), » C'est ce lieu que l'Eglise entend lorsqu'elle enseigne , que dans l'Enfer il D'y a point de repentir (46)* C'est aussi dans l'Enfer qui se trouve Tendrait où reposaient les âmes d'Adam et d'Eve et des autres Patriarches, Prophètes et Saints de l'ancienne loi, et où notre Seigneur descendit pour les en retirer, comme aussi l'Eglise Orientale le ernit et le chante aujourd'hui encore (47). Enfin c'est par le mot Enfer qu'on désigne aussi l'endroit, où se trouvent les âmes des pécheurs morts dans la Foi, et qui attendent leur délivrance par les prières de l'Elise- C'est enfin par cette synonymie qu'on peut faire accorder avec le dopme professé par l'Eglise (que dans l'Enfer il n'y pas de repentir) les expressions de saint Uasiie dans la prière de la Pentecôte, lorsqu'il dit, n Vous Seigneur, qui daignâtes accepter même dans ce jour parfait ci salutaire des prières expiatoires pour ceux gui sont retenus dam F Enfer, en nous donnant de grandes espérances que vous enverrez à ceux qui y sont retenus du soulagement dans les maux qu'ils souffrent • et plus bas « Car ce n'est point. Seigneur, ceux qui sont dans l'Enfer qui se présenteront pour vous offrir leur MttfèlfiêH: mais c'est à notts autres virants à vous bvnir et vous supplier, en vous offrant les sacrifices expiatoires en faveur de leurs âmes (4 S). » D'après ce même développement, on peut aussi donner une explication conforme aux dogmes de l'Eglise, à plusieur autres passages de ses Pères et de ses Docteurs les plus distingués, ainsi qu'à un grand nombre de cantiques et de prières, ou te mot *A$uf signifie, non la de-
(45) n 'A ma Afin ydq x*t aura* ô Btdç, n
(4 fi) „ Ti» Tf *ABy otîx *<tti jj.tr âvc ut. „
{47) n "Oti Kar^XSêÇ ïtçqç *dv S avare» t) JftW *ï »3*Wroç , rert „ rèv "AS*?» ivtxçnHTGLÇ -n? aerçarrr) ry; $*ot*jtoç* ût# Srf xa* roùç TiSvia* „ t*ç ix twv xaTa^SoWtt» aWar^traî, nâaat aï tiwt&pitç twv *E^0t/ça**in» „ txçaûyatÇùir , 7*vMm X^iffTi <5 Qi6ç npùv Sofa gùi ! c*estàdiro, ■ Lorsque vous descendîtes dans la mnrt , vous Seigneur qui êtes ta rie tnv murtrfte , vous avez, trrnfié V Enfer par Véçtaïr de ta Divinité; et torique (te plus vous avez ressuscité tes morts et tes retirâtes des Utux souterrains, tous tes rangs célestes repétawnt: gloire à vous, Seigneur Jésus Christ notre Dieu, donnateur de ta vie » (cantique de résurrection. Grand Bref. pag, 373.)
(48) Voyez l«» le* le Grec de cet pasiages de St. Basile à la page 7<s du présent ouvrage.
feK 87 )M mente des réprouvés, ou la Géhenne > mais l'endroit où se trouvent les âmes de ceux qui sont morts dans la Foi : justement le lieu que l'Eglise de Borne désigne sour la nomination spécifique de Purgatoire.
Un autre prétexte , que les malveillants employèrent pour établir chez les chrétiens du rite Oriental la négation du Purgatoire, fut celui de dire, que l'Eglise Romaine enseigne dogmatiquement la purgation des âmes par le feu. Ils se sont tellement attachés à ce faux argument , qu'ils semblent soutenir que le mot Purgatoire est inséparable du mot feu, dont le mot purgatoire n'est que l'adjectif } et ils le traduisent en Grec avec grande affectation KaSaf^çio* xù% (feu purgatoire.)
Il est vrai que Saint Augustin est de l'opinion , que dans le Purgatoire il y a le même feu que dans la Géhenne T avec la différence qu'il n'est pas éternel : mais l'Eglise Romaine n'a jamais érigé cette opinion en dogme. Tout ce qu'elle enseigne, c'est que les âmes qui sont au Purgatoire souffrent des tourments, qui ne sont pas éternels et qui peuvent cesser par les secours des prières et des aumônes , mais elle n'a point prétendu fixer le genre de peines que ces âmes souffrent: ce serait vouloir sonder la profondeur de la sagesse divine.
D'ail leur l' Eglise Orientale elle même exprime d a us un grand nombre de cantiques, qu'elle chante encore aujourd'hui ^ cette même idée de la purgation des âmes par le feu de la Géhenne, selon la pensée de st-Augustin; voici quelques uns de ces cantiques:
<« Délivrez, 6 Seigneur philanthrope , des demeures de la Gcliènne et du feu obscur 7 ceux qui sont morts dam la Foi et en votre espoir (49).
« Vous qui êtes ton par nature et riche en miséricorde et boute , drlivrez, MMM philanthrope* du feu exotique ceux qui ont invoque votre nom, en tes justifiant pour leur foi et en les illustrant par lu grâce (50). »
(49) „ 'PJtfOJ TêtMlÇ , ffVgûÇ T« £ CXpfÇQÛ TOU "À&OU , ÇlA«V$ç#1Tf ,
n trnrtwfÂoiTW Tûùç IqùXouç 2ou f rovç nitrrt i , AiWora, xefcoipîfwvûuç „ tTï £$ ikxtàt „ ( le samedi des inwts. )
(50) „ O Çvasi virâ%%*iv àyatSdç, 6 vKoûdtoç iv iksti xstl jcçt?<tto-
■ *W, fÙGUt tX OTLQTQUÇ JfttTffOU TQtjÇ îVlXf *A??ft fVOt/f TO ffOV QVQjÂa ,
., f« iti<?Tiuç itnmwxç xai + ^oçit* toutou f XafiVfûvai u$ ÇiXdvSfwfTù; (le samedi de* marte au\ iiliUil* -
« Délivrez, 6 Seig?wur, du feu de la Géhenne vos serviteurs qui de nous sont passés dans l'autre vie (51). »
« Sauvez, 6 Seigneur Jésus-Christ, Mittvez, ayez pitié, et faites reposer les âmes de ceux qui vécurent 'fidèles de toute manière, et en tout pays et lieu; et délivrez les de la Géhenne et de l'amertume des tourments, api que nous vous glorifions éternel 'if un ni (52). »
D'après ces cantiques on voit bien que l'Eglise d'Orient admet également comme une opinion , de même que celle d'Occident , l'existence du feu dans le Purgatoire,
De tout ce que nous venons d'exposer , il résulte une conclusion aussi forte et logique , que simple et évidente : c'est à dire, que l'Eglise Orientale, d'après ses propres institutions, d'après les écrits des Pères les plus vénérés par elle y d'après ses liturgies et toute son offieîature et d'après les exercices religieux de son propre Clergé , croit à l'existence du Purgatoire , de la même manière que l'Eglise Romaine y croit. Le Clergé par conséquent de Constant! nople qui administre actuellement' cette Eglise, doit, ou avouer hautement l'existence du Purgatoire, telle que l'Eglise de Rome la professe aussi, et telle que l'Eglise Orientale l'a toujours cru , la croit et la pratique aujourd'hui par l'ordre et avec l'intervention de ce même Clergé, ou il doit: 1» Considérer comme une contradiction manifeste, le principe dogmatique de l'Eglise qu'il dirige; c'est I dire, qu'il faut prier pour le morts, et que Dieu dans sa clémence peut exaucer les prières et les aumônes des vivants pour faire miséricorde aux morts, et les délivrer des tourments: 2* Abroger les institutions Apostoliques et les prescriptions de l'Eglise pour les mnémosynes, les prières, les offrandes et les aumônes en faveur des âmes des morts comme des choses sans fondement, 3. Rejeter comme une erreur la confumatiou de cette croyance
(51) „ *F£<r«i Wtoçiç rimnç, AfVroTet, roùç l£ ifyutfv fUTûUTTovTfltf ( idem, )
(52} n Sûctqv, m Ai^ffôT» Xç*ctt« , owor, iXtnvo* **» »*ajrcrt/0"o» „ ^X^* A*ov eroy tquç whttvç TiXtowTaç, Tpoirw ffavri rn* f*nî» , è»
„ vu* | ojta0£ cri àv^.vù/xey il; trâvtaç roûç aiùva; „ ( le Jeudi de la VIL semaine aux matines. Paraclétique nag. 230.)
M 89 )M par les écrits des Pères les plus distingués de l'Eglise , ou qualifier ces écrits d'apocryphes. 4. Changer complètement comme vicieux le typique ( rituel ) de l'Eglise Orientale, 5. Exclure des liturgies et de toute l'officiature de cette Eglise le grand nombre des prières et cantiques qui attestent ce dogme , et condanner à Tanathème de l'hérésie les saints Pères qui les ont introduits et consacrés. 6. Ne plus donner au peuple des indulgences , ou des actes de pardon ( l»y%upQxH Ti * ) P°ur les péchés, le soulagement, le repos, et ta délivrance des âmes retenues dans le Purgatoire, 7. Enfin avouer qu'on commettait jusqu'à présent un horrible sacrilège, en exigeant du pauvre peuple le prix dune grâce, à l'existence de la quelle ce Clergé ne croyait point lui même.
Mais, qu'oppose le Clergé de Constantlnople à tous ces raisonnements , si on l'interroge ? il repond , qu'il n'existe pas de Purgatoire! et si on lui dit plus positivement, mais pourquoi, puisque (votre Eglise l'atteste) vous pratiquez presque plus que les Occidentaux tout ce qui est relatif au Purgatoire, tout ce qui constate évidemment la croyance à son existence, pourquoi ne l'avouez vous pas comme eux, et persistez vous à dire, qu'il n'y a pas de Purgatoire? alors le Clergé de Constantinople expliquera en conclusion le vrai motif qui le porte à cette négation en disant ■ que justement c'est pour cette raison que nous disons qu r il n existe pas de Purgatoire, puisque tes Occidentaux disent t quil existe!»
Et le pauvre peuple Chrétien du rit Oriental? ce peuple innocent! ce peuple si perfidement égaré, si indignement abruti par ses propres Pasteurs, qui pourtant devraient être ses guides et sa lumière! Ce peuple pétri de raison et de bon sens, et dont on se moque impunément, lorsqu'on abuse ainsi de sa confiance et de sa foi ! le peuple Oriental , en un mot ! que dit-il T que pense-MI? comment supporte-il toutes ces absurdités? àfc I que \oulez vous que fasse uu peuple sans liberté de conscience! un peuple dont tous les intérêts sociaux sont livrés à l'arbitraire de son redoutable clergé I que voulez vous que ce peuple OffOH à son clergé tenant d'une main le pfmtantjue (53) , la prison,
''x^yjiaf, instrument de torture Orientale: cet instrument est d'un gros morceau de bois, dans le quel un serre avec des corde*
M 90 He*
l'exil, la diffamation, les galères, les amendes pécuniaire*, en un mot toutes les armes de destruction morale et physique , que son pouvoir temporel lui procura, et de l'autre, les préceptes de l'Antéchrist couverts du voile sacré de la religion? à un clergé qui, pareil au plus effroyable Ephîalte, s'est insolemment établi sur la faible poitrine de ce peuple en agonie, l'etouffe et ne le laisse pas même respirer ? Le peuple donc ne pouvant rien contre le despotisme de sou chergé , reste étourdi , consterné, et anéanti* Ne pouvant faire accorder les exercices et les devoirs qu'on lui impose, avec ce qu'on lui prêche, il se dégoûte de ces raisonnements visiblement faux, contradictoires et absurdes, et se livre à un desespoir déchirant, effet naturel de sa conscience timorée par la crainte de négliger les pratiques que la religion de ses pères lui commande, et par les remontrances que sa raison lui présente! dans son juste desespoir il finit par ne plus vouloir croire à rien! il se fait Déiste ou Athée ï 1 1 (54),
les pieds du condanné; deu* bourreau* tiennent les deux extrémité* île l'instrument tic manière ipic les pieds du patient sont eu haut, et d'autres eu frappent les plantes avec des fouets noués de nerfs tle bœuf; les coup sont si déchirants, que très souvent le sang ruisselé, et les chairs N attachées aui fouets. Le Clergé de CoutrianLinopta trouva trea conforme k sa prétendue Ortkiodoxte l'introduction dans l' Eglise de cette exécrable et barbare torture. Aussi tous les jours y a-Ml quelque exécution par le pualangue dans la cour du Patriarcat. Les Evoques des Provîntes ont auMi le pUalangue, et ils en usent à tout moment comme le Patriarcat. De plus, OH excellents Pasteurs ont introduit cette correction dans Jes Ecoles publiques des chrétiens du rite Orientale, qui malheureux meul w Iront t-nt sous leur paternelle administration, aïiu »jue l'instruction de cet infortuné peuple soit dirigée aussi charitablement que sa religion. H n'est pas rare que Jes grands Prolosynguelos (grands vicaires de Patriarcal) exécutent de kur propres mains celte brutale action : rEx-graud.Protossvgudos Doruthée te vantait d'avoir un jour administré de sa propre main 400 coups dans le phalangue, et cela sans interruption. Le Gouvernement Ollmuan défendit sévèrement depuis vingt ans l'usage du piialangue à tous tes Gouverneurs, Cours et Tribunaux Ottomans: mais le Clergé de Conntantînople en conserve jusqu'aujourd'hui religieusement l'usage, connue une preuve éclatante de sa fa n ie use G rtl i oiltn ie î î !
(r»i) Ce sont ces raisonnements absurdes, divulgués et soutenus au nom île l'Eglise Orientale par son propre Clergé , qui firent faire o"imuj«'iises progrés au système du IJejste Caïry, tant parmi les chrétiens de la Grèce, que parmi ceux de Turquie!
éM 91 y* CHAPITRE IX.
LA PlilEHCE DES SAIWTS DEVAJTT »ÎEU AUSSITOT APILIl LSUm MOftT EST EGALEMENT RECONNUE PAU t/E&LISS D'OaiEIÏT,
Quelques Théologiens Occidentaux considèrent comme une quatrième différence, pareille aux trois précédentes, celle sur la présence des saints devant Dieu avant le dernier jugement. Il est vrai qu'après la séparation de l'Eglise de Constantinople de celle de Rome, ceux qui voulaient consolider le schisme par la multiplication de ces différences ont eu Ja pensée de mettre en avant l'opinion, que les justes après leur mort restent dans on lieu de repos , sans qu'il leur soit permis de voir la face de Dieu avant le dernier jugement. Mais il est incontestable que l'Eglise Orientale n'a jamais .toléré cette opinion , comme on peut s'en convaincre par la définition même que les Pères les plus distingués de cette Eglise donnent de l'état des justes aussitôt après leur mort: st-Jeau Chrysostome en parlant des justes dit « tes justes , suit ici soit au ciel y sunt toujours avec le Roi du monde: surtout au ciel ils sont encore plus près de lui: non par tintervention , ni par la foi, mais face en face (1). ■
St-Grégoire le Théologien dit aussi dans l'oraison funèbre a sa propre soeur Gorgonie « Je sais bien que ton état actuel est à présent meilleur et plus honorable qu'il ne parait: c'est le chant de ceux qui sont m fête , le chœur des anges y tordre céleste, lu contrmpftttwi de ta gloire , et de plus V éclat de ta très haute Trinité , contemplation plus pure et plus parfaite» Là, elle n'échappe plus a notre intelligence esclave et distraite par les sens: mais elle se fait voir et posséder complètement par f intelligence entière , et jette ses rayons sur nos âmes avec toute la lumière de ta divinité. Tu y jouit de tout ce dont tu avais Vcmanation sur la terre , à cause de ton vrai penchant à ces grâces (2). •
(t) n 0? Si 8/xajQJ «y re tvratbSa, av t» iViï, prrot toéJ ^afftXtvç ,, iW xfiut fxaXkov xal iyyvjtpo*' oiî Si* tltrùSou y où hd manuf, âXKo. m wçwuirw rçoç gyfawTOf, „ ( Saint Jean Chrysostome. Troisième lioiuîlic Rtf ; ki lettre aux Philippicicns, }
Kçcj'rott /xis» ou», tù ofôoc, mai paKgw Tf/Atungoi ta wapôvta. Gùi rV^iI itarà Ta ogàtytiva" $X,Q{ topTafoWaw, dyyifainr ^eçtia, t»£*Ç Otî-