Arguments contre le baptême par aspersion
Les fameuses Notes , dont le Clergé de Constantinople a rempli toutes les pages du recueil des canons des Apôtres et des Conciles , ou Pédalium , prouvent que le baptême par aspersion en usage chez les Occidentaux , n'est pas un véritable baptême ; et ses arguments sont ceux qui suivent : « Les Latins ne sont pas baptisés, disent-ils, puisqu'ils n'observent pas dans le baptême les trois immersions , qui dès les anciens temps furent transmises par les Apôtres à V Eglise Orthodoxe, Au contraire , ayant innové dans le baptême Apostolique, les Latins commencèrent d'abord par employer une sorte d'infusion , en versant un peu d'eau sur la tête de l enfant, ce qu'ils continuent défaire encore dans quelques pays. Mais la plupart dent? eux pour baptiser ne font que jeter trois fois quelques gouttes deau sur la figure de F enfant avec un faisceau de poils de porc. Dans dautres pays, comme quelqu'un venant de là nous l'assura, ils baptisent en trompant un peu du coton dans de l'eau, et en humectant le front de V enfant: et on sait combien deau peut tirer le coton/ par conséquent les Latins ne sont pas baptisés, puisqu'ils ne font pas le baptême par trois immersions alternatives suivant la tradition Apostolique (17). •
Ces traditions sont contenues, au dire des Notes susmentionnées, daus les canons des Apôtres 46, 47, 50 et G8.
(17) „ O» AaTivoi «îvoci a^aWiCTOi, oWri Siv ÇvXÛttovo'i rùç rçttç „ xocraBuatiç sic tov paBTif o/aeyoy , xaSuç avwStv v 'OgSotôofoç 'ExxArjcYa n waçd tùv àyiuv 'AttovtqXvv iragAajSsv. 01 irçoyEvécTëçoi Âariyoi, xai- „ voTo/x)} (ra VTfç irçiïrot rô ' ArroaToKixôv ^aVric/xa, imyytriv sfxëTa%ei(>i- „ foyro, rfyot/» oXiyov ri u£«ç «iri tîjç xeÇaXriç rov jraiScç xyvovrtç t to w ôVoîoy eiVeri xai vt/y sic xâvoiovç roirovç evtçyfiÎTat. Oï Si ireçico'erfçgi „ pi 8i<T[Ar)y an 6 tç/^ocç X w Ç ol; » T Ç*'S foçoiïç piirTouvn ohiyctç paviSocç y*- „ f>où c t'ç tov PpsÇouç to pîrairov' sic aXAowç Si tottovç , xaSwç ^fxîv àvvjy- „ yti\t> sxfîSsy nç wçôç ij/accç i «*io , tç«'\|/«ç , oXtyov ri £a/x|3axi ( xaBévaç „ Si i £«uç«< vôdoif y«ço'y f/xirogf î >à ar}xûa"p ro $a/AJ3axi l ) oXîyov n „ fiapfiàxi , Xft'yu, fiovTrjcavTn; tiç ro ttôap, %(>Îoikti pi ixiTyo to ireuSiov „ xaî rô fiavriÇouai' Xoiirôv afJajfTio-To* 01 AaTtyoi, Sioti Sh xâvoua ràç „ rçiîç xarativciiç , xai dvxSii<ruç , xarà ttj* 'Aro<7roX*x*v jraga'oWiy. n (Pédalium. Pag. 31 dans les Notes.)
Or , laissant de côté la bouffonerie dégoûtante sur les poils du porc et la question de savoir combien d'eau peut tirer le coton, voyons comment les canons susmentionnés des Apôtres s'expriment sur le baptême par trois immersions alternatives , et s'ils l'établissent comme seul véritable baptême?
Le 46 canon des Apôtres, cité par le Clergé de Constantinople comme preuve Apostolique en faveur du baptême par trois immersions alternatives et contre celui par aspersion, dit «nous ordonnons qu'il soit dégradé le prêtre, ou VEvéque, qui aurait accepté le baptême ou le sacrifice des hérétiques : car quel rapport y a-t-il entre Jésus-Christ et Satan, ou quelle participation entre le fidèle et V infidèle (18) ? et pas un mot de plus.
Le canon 47 des Apôtres, cité également pour constater la même chose, dit en propres termes « Nous ordonnons qu'il soit dégradé VEvêque , ou le prêtre , qui aurait baptisé celui qui a déjà le véritable baptême, ou qui n'aurait pas baptisé celui qui fut profané par les impies: car un tel Evéque, ou un tel prêtre, se moque de la croix et de la mort du Seigneur, comme ne faisant aucune distinction entre les véritables et tes faux prêtres (19) » et rien de plus.
Le 50 canon des Apôtres , cité également pour soutenir la même prétention , dit « Nous ordonnons qu'il soit dégradé l' Evéque, ou le prêtre qui ne donnerait pas le baptême au nom des trois personnes dans un seul et même sacrement , mais qui donnerait le baptême simplement en honneur de la mort du Seigneur. Car notre Seigneur n'a pas dit: baptisez au nom dé ma mort, mais il dit: allez, instruisez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit (20) « et pas un mot de plus.
(18) „ 'EîtiVxottov, 17 îrç*c|3JT*çov otiptTixw diÇapivouç fiâtTricpa, ij
„ jScA/o£; y tiç fteçî» ithttù [xstù àiriVroo ; „ (canon 46 des Apôtres. Pédalium. Pas- 29. )
(19) „ 'Eat/cxottoç, tj vçtcfiuTeçoç tô> xocrà oX>}'9«ay t^ovra fioLm-
„ fiavrien, xa3aiçtiVô«" wç yt\ùr tov <rrauçov xai rôv ro£ Kt/ç/ov 3ay«- „ ?oy, xai /xtj 3iaxg*v«y liçtaç •^uSolçîuv „ (canon 47 idem.)
(20) „ Jiï nç 'EwÎ<txotvç , j irçea-fiÛTtçoç fxij tçi« £am'<tytara fuàf
Le 68 canon des Apôtres, rite également par ce Cle comme preuve Apostolique, en faveur du baptême par trois mersions alternatives et contre le baptême par aspersion, « Nous ordonnons que FEveque, ie prêtre, ou ie diacre, qui I mit reçu une seconde ordination de quelqu'un ? soit dégrai ainsi que celui qui taurait ordonné: excepté si on prouve, q\ avait reçu la première ordination d'un hérétique: car cmx\ ont été baptisés , ou ordonnés par ceux-ci , ne sont ni Jidèl ni clercs (21) * et rien de plus.
Que toute personne qui sait seulement lire, nous dise md tenant, si dans ces quatre canons des Apôtres , que le Clergél Constantïnople cite à l'appui de sa prétention il y a seulem[ ud mot qui indique, soit que le baptême par trois immersil alternatives est exclusivement le seul véritable baptême, soit < le baptême par aspersion n'est pas valide 1
Après ces quatre canons Apostoliques le Cierge ik* GJ tantinople étale dans ses INotes, et toujours à l'appui de sa J tention contre le baptême par aspersion, les institutions du cl elle local de Cartaize , tenu dans cette ville en 253, et pfm par St-Cyprien. Mais ce Concile n'en dit pas davantage que J quatre canons susmentionnés: ce Concile rédigea un long non , dont le sens est * qu'an ne peut se faire baptiser hors I
que ce Clergé veut soutenir en le citant, ce Concile prend pour base de ses prescriptions dans ce même canon, le verset d'E&échiel , qui dit * je vous aspergerai avec de l'eau pure, et je vous purifierai; je rajeunirai votre cœur et je ma donnerai un esprit nouveau (23) : * c'est à dire que le Concile local de Cartage, en citant ce verset du prophète Kzéchiel, qui emploie le mot axpt'rtjtr (j**n&) pour signifier le baptême, prouve: ou que le baptême ne doit se faire que par aspersion, ou tout au moins, que le but des institutions du Concile n'est point d'établir une différence entre l'immersion et l'aspersion. Mais non que sou but soit de recommander plutôt l'un usage que l'autre dans la manière d'administrer le baptême, il veut établi r la j">lingénésie qui s'opère par la grâce du baptême, et dire que ce sacrement ne doit être administré qu'au nom du Père , du Fils et du Saint-Ksprit. Dans tout ce canon il n'y a pas un mot sur les formes de l'administration du baptême , et encore moins sur l'usage du baptême par immersion , ou par aspersion.
Après la citation des institutions du Concile local de Car* taire, les ISotes en question citent de plus, comme un autre témoignage authentique de l'invalidité du baptême par aspersion , le Concile de Troulle. Le Clergé de Constant inopte prétend que ce Concile établit par son Oi canon, qu'on m» peut se faire baptiser que par trois immersions alternatives. Cependant le Concile de TrouJIe n'établît dans ce canon, qu'une seule chose: il détermine les hérétiques dont le baptême est reconnu et admis par l'Eglise Catholique, et ceux dont le baptême n'est pas admis. Le Concile du TrouJIe fait dans ce «canon ses observations sur le baptême de différents hérétiques ; il admet et reconnaît pour véritable, le baptême de ceux qui l'administrent conformément a la prescription de notre Seigneur Jésus-Christ, aux institutions dtl AptaMf étala croyance de l'Eglise ; il rejet! e au contraire le baptême de ceux , qui ne l'administrent pas suivant les principes de l'Evangile et de l'Eglise Catholique, en ordonnant de les considérer comme payens et de les rebaptiser. Le Concile de T roui le avait cru nécessaire d'établir cette différence dans le
.. Koti £ avTcVw upci; xaSaçà ZBari xal *aSaçi« vpâ; mai Uht* „ Cph ttetpfo'av katttgv, xat jntàfjut xanvôv 8ûcv lïplv.,, ( Eiccll, r îi.ij» XXVI i rcffiH ni elle flan* l? canon ci* dessus du Concile de Calcédoine,
baptême des hérétiques, à cause que plusieurs d'entre eux se faisaient baptiser d'après des principes contraires à la croyance de l'Eglise catholique, comme les Eunomiens, qui pour confesser an moment du baptême leur dogme que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n'étaient qu'une seule personne, et pour être baptisés d'après ce dogme, évitaient soigneusement les trois immersions ou aspersions, que les autres Chrétiens avaient pris l'usage de pratiquer dans le baptême en honneur du mystère de la sainte Trinité. Mais ce Concile ne dit rien contre le baptême par aspersion, rien en faveur de celui par immersion» Voici ce canon en entier. « Nous acceptons les hérétiques qui passent à V Orthodoxie et du côté du salut , selon la manière et avec la formalité suivante: savoir , les Ariens , les Macédoniens et les Nauvatiens qui prennent le nom de Purs, ainsi que les Aristeriens et les Tessaraquedccadites , c'est à dire les Tctradites et les Apolinaristes , tous ceux-ci nous les acceptons après qu'ils auront donné des libelles et qu'ils auront anathematisé toute hérésie contraire à la Sainte, Catholique et Apostolique Eglise du Christ, en les marquant, c'est à dire, en les oignant avec la sainte onction aufrond, aux yeux, au nez, à la bouche et aux oreilles; et lorsque nous les oignons nous dùons: la marque de la grâce du Saint-Esprit. Quant aux Paulionistes qui retournent à r Eglise Catholique, il a été établi qu'ils soient indispensablement rebaptisés. De plus les Eunomiens , qui se font baptiser par une immersion, et les Montanistes , qui s'appellent ici Phrygiens, et les Sabclliens, qui confondent le Fils avec le Père, et ont plusieurs autres erreurs, et ceux de toutes les autres hérésies, car il y en a ici plusieurs, et surtout ceux qui viennent des pays des Gaulois , tous ceux parmi eux qui voudraient s'unir avec l'Eglise Orthodoxe, nous les acceptons comme payens. Le premier jour nous les faisons chrétiens, le secotid cathècumènes, et le troisième nous les exorcisons en leur soufflant trois fois au visage et aux oreilles; ensuite nous les instruisons en les faisant rester quelque temps à l'Eglise et entendre les saintes Écritures, et alors nous les baptisons. Mais les Manie Mens, et les Vahntiniens, et les Marc h ion is tes et ceux d'autres semblables hérésies doivent faire des libelles et anathèmatiser leur liérésie, les Nestoriens, ISestorhis, Euthychius, IHoscore, Sevirus et les autres chefs de ces hérésies , ainsi que ceux qui les partagent et toutes les hérésies susmentionnées, et ils peuvent alors être admis à la sainte Corn-
f*[ 124 )-e< nmnion (24). » Ainsi le Concile de Troulle considère comme inefficace le baptême des Eunomiens, des Paul ionist es et antres pareils hérétiques, et ordonne de les rebaptiser, puisqu'ils se faisaient baptiser par une seule immersion , non pour suivre quelque usage de rite, mais par principe d'un faux dogme, ou qu'ils commettaient une erreur subtentieUe dans le mystère de la très-sainte Trinité. Au contraire il reconnaît comme valide le baptême des hérétiques, qui sont baptisés suivant les institution de l'Eglise. De manière que ce canon du Concile de Troulle cité par le Clergé de Constantinople , loin d'appuyer la prétention de ce Clergé, la détruit complètement.
(24) „ Toti; jrçoerTi9*/>i«yot/ç ry 'Oç3o8ofia, xai rp /asç/Si rùv o*«Jo- „ pivuv àno aiçcTixâ», Ss^opa^a xara njy CiroTSTay[Mtvriv axoXouS/ay n „ xaî <7wn$£iuv. 'Açsiayouç (xsv xai Maxefloyiayotiç xai Nouanayoùç, tqvç „ XiyovTaç iavroùç KaSagovç, xai 'AçuTTtpoùç , xai rovç T«<r<7açicrxaiSi- „ xariVaç, rjyouy TtTçatiraç xai 'AiroXivaçKTrdç Se^o/xi 3a, îiSo'yra; Xi- „ fiéWouç, xai aya3f/xaTΣovraç vàaav aïçsuiv /xrj ÇçoyoGcay, uç Ççonî „ 17 ôiyla toù Qioù KaSoXixij xai 'ArroaToXtx-n 'ExxXijo-îa, aÇ(>ctyiÇo[MÉ>Qit<;, ,, ri toi xçtofjisvouç 7TQÙTOV ru àyiu piiç» to {AeTwiroy, xai rot/ç ôçSaXuovç „ xai ràç phaç , xai to (XTo'/xa, xai rà wTa* xaî o"Ççayi£oyT£Ç aurotsç X«- „ yofxiv. XÇçayiç Suçtaç irvitipixcroç àyiou' vtçi Si rùv IlauXiayiOTÙy, i7ra „ irpoaÇuyovTUY tij KaSoXix?» 'ExxXrço*ia, ogoç ixTiSeiTat, âya|3as , Ti'fiO'3aj „ auroùç iÇâiravToç. Ewopuavoùç fxtv toi touç «?ç f**«» xaraoWiy f3arn- M fofAt'youç, xaî Moyrayi<rràf tooç «yratîSa XeyopLtvovç ♦çuyaç, xai -a|3- „ |3«X«ayot/ç toÙç uiovarofiav îofa'foyraf , xai *T*ça Tiya ^aXsTrà îro»o£>Taf , „ xaî trdurxt; ràç aXXaç atçî<ju<;, «moSj iroWou ii<riv «yTaSSa, /xaXiora „ 01 àiro rrjç TaXar^y X*>gaf ip^ôpuioi, ffa'vTaç touç âV at/V«y Sf'Xoyraç „ flrçoo'Tfdco'Oai tij 'OçSoîofia, «ç "EXXijyaç Se^d^uSa* xai* Tijy jrçvTV» „ T7/xiçay iroioùfxtv avroùç xpiariavotiç , Ttjy 5* Sevrtçav xarti^oufjitvovç , „ «Ira rijy TçÎTijy t£oçx/fofA*y ayrotiç f£«rà rot; tfMÇvaàv rpirov «i> tô rpd- „ owroy, xaî tiç rà «ra* xaî oJtw xan^ov/xty at/ToOç, xaî 7TO toù fj.tr Xî*~ „ yîf«y tv T17 'ExxX^cr/a xaî axçoâVSa* r«y rçaÇâîy, xaî rort at/roùf „ ^afrr/^o/xfv. Kaî touç Mayi^a/ouç £1 xaî rot/ç Ot/aXfyTiyiayotî; xaî Map- „ Xiono-Toîç xaî rou; «x rcJy o/xo/wy aiç/crsajy, ^77 «rotely Xi^s'XXot/ç, xai* „ àya3e/xaT/^«*y T/jy ai'geo-ty aJr^y tow; NfO'TOfiayou;, xaî N«0"To'çioy, xai ,, Etin/^s'a, xaî" AioVxoyçoy , xaî 2*^ijçoy, xaî toi/ç Xoiffot/ç «fafX ow ^ T< ** „ TGiouray alçéasuv, xai rouç ÇçoyoOyrâç rà ctùrùv xai vâcaç raç »ço- „ av%ÇepO[xé>u; alçicreH;' xai outu [xsTaXafM^oivsty ttjç ayiaç xottvviaç „ («non 05 <Iu Concile de Troulle. Pédatium. Pag. I7i. )
Enfin les Notes en question rapportent des passages de St-Denys, de St-Basile, de St-Grégoire et de St-Jean Chrysostôme sur la signification du baptême par trois immersions. Cependant dans ces passages les Pères de l'Eglise expliquent seulement l'allégorie des trois immersions, comme signifiant la mort et la résurrection de Jésus-Christ, mais, pas plus que l'Écriture et les Apôtres , ces Pères n'établissent que le baptême par trois immersions alternatives soit le seul efficace.
En conclusion : à la simple lecture de tous ces canons Apostoliques , de toutes ces institutions Synodales et de tous ces passages des Pères de l'Eglise, que le Clergé de Constantinople allègue comme preuves de sa prétention , on voit bien clairement que ces preuves citées disent tout' le contraire de ce que ce Clergé bavarde.