‹ L'Église oriental;Chapitre 42 sur 67 · M 95 HM · texte numérisé non relu

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Le Clergé de Constantinople n'a pas même rougi d'attribuer à celui de Rome ses propres dépravations, en ranchérissant d'une manière, qui rend incroyables leurs calomnies près de tout homme de bon sens. Voilà ce qu'on inséra dans les Notes d'un des livres les plus sérieux de l'Eglise, réimprimé au siècle passé par deux moines, Agapius et Nicodème, et encore dernièrement en 1841. « Cette règle de Rome (que les Ecclésiastiques ne doivent pas avoir des femmes légitimes) força beaucoup d'entre-eux à se livrer à la fornication et à la débauche et à avoir des concubines 9 comme jusqu'aujourd'hui les Latins les tiennent publiquement, et même ils se lient avec elles par procuration (8) ! »

La personne du chef suprême de l'Eglise fut surtout le point de mire des attaques injurieuses de ce Clergé dépravé. Dans le susdit Recueil des canons , ou Pédalium , pour expliquer dans une antre Note, comment le Patriarche de Constantinople de second qu'il était dans Tordre hiérarchique de l'Eglise, succéda au Pape dans la primauté, on dit « Les Patriarches étaient cinq: celui de Rome, celui de Constantinople, celui (T Alexandrie , celui d'Ahtioche et celui de Jérusalem. Mais puisque le premier déserta l'Eglise, celui de Constantinople devint premier (9). » Hais pour exprimer l'idée de déserter, le Clergé de Constantinople emploie un mot digne à la vérité des expressions de ce Clergé et de celles des derniers cabarets ! Il exprime cette idée par le mot àf i»»/ao-«y , qui n'est employé dans la langue Grecque , que pour signifier <* le cheval, ou Vâne, qui mis en fureur par une fougue violente, secoue et réjette la bride qui le retient et s'emporte au hasard/ I ! »

Mais ce qui est encore plus déplorable, c'est que ce Clergé, ignorant et hors d'état de rédiger du moins des libelles contre Borne et les Occidentaux, aussi souvent qu'il le désirait; croyant en même temps donner plus d'autorité à ses calomnies et à ses

(S) „ *0 h rp TPûfxr) offroç xavaiv »Jvayxa£» voXkoOç yà roçvit/owtri „ xal va, d<rt\yaivov<Ti ptru ravrec, xai ovvet<TcxXTOVÇ yà laveur (vç xal n w oi harïvot âw*o<rro\uç xaï xoct' fjnrçojnjy paWra rat/raç f^ot/ciy.,, ) (Pédalium pag. 131 dans les Notes.)

(9) „ Oî Ilargfâg^aM Jcav kÏvti* o Tw/xiK, o Kwo'ravrfyoujroXftff , n è *AAt£ay$gf/aç, o 'Ayno^iiaç xai 6 'h^o^oXûfimf. 'Eimîij W o vçùroç „ «fwWi y , t/xwt rgtfrof o Ktfyoravriyotfr&fttf „ ( idem pag. 72 dans Jeilfctet.)

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Injures grossières près d'un peuple également ignorant comme lui» Inséra toutes ces horreurs dans les livres sacrés de TEjJise en forme de commentaires, ou explications des canons, dos traditions et des coutumes de l'Eglise (10); les montrant ensuite comme des témoignages authentiques» , il menaçait de peines d'hérésie quiconque oserait les révoquer en doute.

6. La persécution contre ies Latins habitants de f empire Ottoman — Pour empêcher ies chrétiens du rite Oriental d'acquérir quelque information , ou d'avoir quelque éclaircissement sur tout ce qu'on lui débitait sur Rome, son Clergé, ses usages et sa conduite, le Clergé de Constantinople leur défendit tout rapport, toute communication avec les Latins ses propres compatriotes, et surtout avec ceux de l'Europe civilisée, lt menaçait de punir sévèrement et de dénoncer au gouvernement Ottoman comme complices des Francs, tout chrétien qui aurait enfreint cette interdiction. En effet il exécuta cette infâme menace en plusieurs circonstances. Il poussa même l'effronterie jusqu'à traiter d'excommuniés ceux des Orientaux , qui pour s'instruire, ou pour affaires de commerce, voyageaient, ou séjournaient dans l'Europe catholique Romaine (11) et empêchait même qu'on enseignât dans les Ecoles les langues Européennes et jusqu'aux sciences (12), D'un autre côté, ce Clergé étant en relations in-

(10) Voyez les commentaires et explications contenues dans le ] des Canons des Conciles ( ÏIq£aXiov ), dans l'Indicateur des fêles (*Eaçft* £go/Ajov ), dans les Rituels (Tumxa) dans les Calendriers de l'Eglise ('Ûço- Xoyta) dans les Légendes (2wetfaçia) et plusieurs autres livres sacrés di l'Eglise Orient air

(11) Athanasc de l'Ile de Para, soit disant théologien de l'Eglise d« Constantînople, excommunia le savant Coray de Chios, le rament traducteur de Si raton et de plusieurs autres auteurs Grecs en Français, et lui même auteur et roinmenlaleur de plusieurs ouvrages en langue Grecque, pour la raison qu'il séjournait à Paris.

(12) Ce même Athanase de Par os étant Directeur do Collège de Chios jusqu'au commencement de notre siècle, estropia (dans toute la force do terme ) plusieurs de ses élé\ ( \s par toi terribles peines corporelles qu'A leur infligeait» suivant la méthode de l'enseignement en usage chez le Clergé de Constant inople. Mais aussi par charité chrétienne, telle que ce Clergé l'entend , il empêchait le fumeux Mathématicien Jean Zeïepi , Professeur de ce même Collège, d'y enseigner les sciences physico-mathématiques, puisqu'il les avait apprises en Italie. Ce même Athanasc s'opposait encore au commencement de notre siècle à la réforme du Collège de Chios d'après ccui

*M 97 )M limes avec les Musulmans persécutait continuellement les Latins qui s'étaient naturalisés en Turquie et s'y étaient fixés. Enfin, après que ce Clergé tantôt par de perfides insinuations, tantôt par des menaces et tantôt par des dénonciations ef des persécutions barbares, eût établi une haine implacable entre les chrétiens des deux rites, ce Clergé tira de cette haine, que lui même avait fait naître, la conséquence qu'il voulait. Il osa même publier cette illogique et impertinente conséquence comme un argument contre les Occidentaux. Voilà ce qu'il en débite dans on des commentaires sur les canons des Conciles « cette même haine implacable et la grande aversion, que nous avons depuis tant des siècles contre les Latins, prouvent évidemment que nous les délestons puisqu'ils sont hérétiques (13). »

Mais le moyen par lequel le Clergé de Constantinople crut pouvoir consolider plus fortement le Schisme, fut celui de tâcher de persuader au peuple, que la séparation de l'Eglise Orientale de celle de Rome, n'était que la continuation non interrompue du schisme opéré par Cérulaire. Par conséquent, il disait au peuple, qu'on ne devait point s'écarter des règlements, que l'Eglise et la nation instituèrent depuis tant de siècles pour la conservation intacte de la religion de ses Pères, et le maintien de l'honneur national. Cependant l'acte solennel de la réunion des Eglises, opérée au Concile de Florence, était un témoin authentique pour donner un démenti formel à une pareille insinuation. Il fallait donc abattre ce monument importun. Rien de plus facile à cette époque, que de tout dire, sans que personne n'osât faire des observations contraires.

Parmi les absurdités que le Clergé de Constantinople inventa et divulgua par tous les moyens possibles, pour établir que l'acte du Concile de Florence ne pouvait plus avoir aucune force, ni aucun effet, les deux fables suivantes furent les plus accréditées et celles sur lesquelles on a le plus appuyé jusqu'aujourd'hui. La première de ces deux fables est, qu'au retour de l'Italie du

de l'Europe civilisée et à l'introduction des Professeurs qui eussent fait leurs études en Europe: il persista même dans son opiniâtre intolérance jusqu'à ce qu'il en fut chassé par les Primats de cette lie.

(13) „ Auto yàç Toûro otroù toVov fxîaoç xal toViîv diFOŒTçoÇqv tyon fit* r)$r) rocouç alûvaç «rçoç aùroùç , elvat yda ÇctviçoL dwotitiÇtç on dç „ augtrixotjç rot/'f pîiXyTTo'fiiSa. „ ( Pédalium page 31 dans les notes. )

*M 98 )-€* Clergé Oriental et de l'Empereur Paléologue, le peuple de Constantinople réprouva leurs actes au Concile de Florence et rejeta la réunion des deux Eglises. La seconde est, qu'un Concile local de quelques Evéques eut lieu à Constantinople , qui abrogea et déclara nul Pacte du Concile de Florence et condamna l'union qui y avait été proclamée.

Mais comme c'est dans ces deux fables que consiste jusqu'aujourd'hui les plus grands et presque les seuls arguments du Clergé de Constantinople contre l'union existante entre les deux Eglises, nous avons cru nécessaire de les examiner chacune séparément dans les chapitres suivants.

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