‹ L'Église oriental;Chapitre 56 sur 67 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

VI L'ÉGLISE MB POUBJUk RÉTABLI* J LE OOSOOUmS DES FUISSAMCES 4

VOUm&OWT JAMAIS EESTAUBJCE L'OUEST SAS* L'i DE L'ÉGLISE.

Si Ton réfléchit sérieusement sur tout ce que nous avons exposé sur la séparation et la réunion des deux Eglises, sur l'identité de leurs dogmes, sur la dernière apostasie do Clergé de Constantinople , ainsi que sur les moyens perfides, que ee Clergé employa pour établir l'espèce de schisme qu'il imposa par force aux chrétiens d'Orient, et pour consolider par là son odieuse tyrannie sur ce peuple et son Eglise; si on considère attentivement la nature des cinq points, que nous avons indiqués dans le chapitre précédent, comme principaux obstacles au rétablissement de l'union , on est forcé d'avouer que cette séparation s'étant identifiée en Orient avec les intérêts sociaux des chrétiens de ce pays, elle est devenue chez eux une question plutôt politique que religieuse. Conséquemment les efforts de l'Eglise seule ne suffiraient pas pour rétablir l'union , sans le concours de la politique, principal motif de la séparation.

Cependant si l'Eglise a besoin du concours de la politique pour ramener à l'union les chrétiens d'Orient, la politique n'a pas moins besoin de l'assistance de l'Eglise pour parvenir à la réalisation des grandes œuvres, qu'elle se propose d'accomplir en ce pays.

D'après les sentiments que les cabinets des Puissances chrétiennes exprimèrent dès le commencement de la question d'Orient jusqu'à ce moment, tant la Russie que les Puissances Occidentales, malgré leur diversité d'opinion sur les détails et les mo-

yens, furent toujours et sont jusqu'à ce moment parfaitement d'accord sur le fond de cette question. Toutes ce» Puissances n'ont jamais cessé de désigner comme indispensables besoins les trois points suivants: 1, Amélioration de Véfat social des populations chréiie?ines de l'Orient; 2. Organisation intérieure de ce pays; et 3, Mettre l'Orient en état de résister aux attaques extérieures et de pouvoir exister par lui-même. C'est sur ces trois points fondamentaux que les cabinets des grandes Puissances croient avec raison pouvoir consolider la réforme de POrient, la paix générale , l'équilibre Européen et la prospérité universelle de P huma ni té.

Mais si on prend en considération sérieuse la nature de ces trois opérations, on sera facilement convaincu, que les obstacles que les grandes Puissances y rencontreront pour les accomplir, seront absolument ceux que nous avons indiqués comme les véritables obstacles du rétablissement de l'union de l'Eglise,

D'un autre côté, les flottes et les armées peuvent bien cou* quérir ou défendre un pays, mais elles ne servent à rien pour en extirper les germes des vieilles passions, des vices enracinés et des préjugés populaires a qui empêcheront les peuples de ce pays de désirer, ou même de consentir à accepter, des réformes et des civilisations , dans lesquelles ils n'ont aucune espèce de confiance. Egalement les traités diplomatiques ne peuvent, par leur propre nature, que déterminer et garantir les relations internationales d'un Etat et seconder ainsi indirectement ses progrès intérieurs. Mais dans la question actuelle il s'agit, pour parvenir à l'accomplissement de ces oeuvres grandioses, que les Puissances désirent d'opérer en Orient, de viser à des moyens d'une efficacité bien différente de celle des armées et des traités. H s'agit de régler la condition des chrétiens de ce pays, non seulement en proclamant des institutions, mais en les faisant appliquer de telle manière, que d'un côté, le chef de l'Etat pourrait s'y conformer sans compromettre sa dignité de Souverain, et de l'autre , que ces institutions soient irrévocables et capables de satisfaire à tous les besoins de ces peuples. Il s'agit d'organiser ce pays intérieurement par l'introduction d'une administration législative et Oeconomique, uniforme et applicable aux intérêts et au caractère naturel de ces populations. Il s'agit de faire rentrer l'Orient dans la famille Occidentale en y introduisant la civilisation Européenne, qui doit lui servir de lien d'union. Enfin

ÉM 24 )M il s'agit de consolider l'existence de ce pays et de le préserver de toute attaque extérieure, en lui procurant les moyens d'acquérir des forces morales et matérielles qui lui seront propres.

Mais les grandes Puissances chrétiennes ne pourront jamais parvenir à cet œuvre gigantesque, sans le concours d'une force morale ém inente, et de nature à pouvoir exercer dans ce pays la plus puissante influence; d'une force capable d'inspirer par ses principes charitables et désintéressés la confiance absolument indispensable pour faire comprendre aux chrétiens d'Orient les grands avantages de ces institutions : et cette force morale ne se trouve, surtout dans ces pays, que dans la religion.

D'ailleurs, comme il est généralement reconnu, que la séparation forcée de l'Orient de la famille Occidentale fut la source principale de tous les revers de cet infortuné pays, et que tous les efforts actuels des grandes Puissances tendent à le relever en l'y faisant rentrer , il serait naturel et convenable d'employer les mêmes' moyens, dont on fit usage pour l'en séparer. C'est par la force morale de la religion que Constantin le grand détacha l'Orient de la famille Occidentale, en la séparant de l'empire Romain : c'est par cette même force de la religion que les grandes Puissances chrétiennes peuvent l'y faire rentrer, par sa réunion de fait avec l'Eglise de Borne.

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