M 54 HM
gnité, les dégradait du sacerdoce , les déclarait hors de l'Eglise, et ordonnait à tous les chrétiens, sons peine d'excommunication, de ne les considérer que comme des scélérats simples Iniques., Dans Tune et l'autre de ces deux excommunications étaient aussi compris, tous ceux qui avaient partagé , ou auraient suivi dans la suite les errements de ces impies apostats. La plus grande solennité accompagna ces deux actes anti-religieux : ils furent signés par le Patriarche de Constantinople, celui de Jérusalem, les Eveques membres du Synode Patriarcal et quinze autres Evéques, tous revêtus de leurs habits sacerdotaux et au milieu d'une messe célébrée solennellement le dimanche de l'orthodoxie (2).
Pour comble d'infamie ces deux excommunications majeures portaient près de la date « Signées en plein Synode sur le saint autel de VEglise par notre Médiocrité et par sa Béatitude, ainsi que par tous les saints Evéques, nos confrères (1). •
Le peuple de Constantinople, malgré ses terreurs naturelles, avait été tellement scandalisé par cette conduite étrange du Clergé, que celui-ci fut obligé de lui persuader, que c'était par ordre du gouvernement qu'il agissait ainsi. Cependant la solennité et les détails, que le Clergé avait employés dans l'exécution de cette infamie, ne prouvent point qu'il remplissait malgré lui un ordre supérieur] Et quand même il aurait reçu un tel ordre, n'était-il pas de son devoir de* mourir plutôt en s'y refusant, que de renier solennellement les commandements de sa propre religion, en commettant publiquement un crime aussi anti-chrétien?
Cependant Dieu a permis, que le Patriarche et une grande partie des Evéques qui avaient signé ces odieuses excommuni-
(2) C'est le premier dimanche dn carême. D'après une ancienne coutume l'Eglise Orientale anathématise ce jour dans la cathédrale, vers le milieu de la messe, les noms de tons les hérétiques et leurs hérésies. Le dimanche de l'orthodoxie de 1821 le Clergé de Constantinople anathématisa, an même moment, ses propres coreligionnaires et confrères, parmi lesquels se trouvaient des personnages qui menaient une vie des plus chrétiennes.
(3) „ *Tir«yçaÇi) luvofaxvç ivâvuSn roù itpoù 3o<natw?çi'oo vaçà njç „ ijfuw Mcrçio'rqroç xai rrjç Maxapiomrôç roo xai xctVTV* rth <Tv>a$*\Ç*r „ ôtyiùv 'Apxieçf W. „ Voyez l'Original en entier de ces deux excommunications majeures dans les archives du Patriarcat de l'an 1821, d'où elles ont été extraites en 1852 et publiées dans la Minerve, un des principaux journaux d'Athènes, dans ses feuilles 26 Mai et 9 Juin de la même K. 1871 et 1875.
M 55 )-€* cations, lavassent leur crime dans leur propre sang et pour la même cause ! La plupart de ces Evéques ainsi que le Patriarche de Constantinople furent pendus quelques jours après, par ordre du même gouvernement Ottoman , à qui ils avaient servi de délateurs, comme ayant pris part à la révolution Grecque!
Le Clergé de Constantinople ne fût point intimidé par cet avertissement divin sur sa conduite anti-religieuse. Car après même que les grandes Puissances par leur Protocole de Londres eurent reconnu l'indépendance de la Grèce, le Clergé de Constantinople s'immisça de nouveau dans cette question, et toujours à sa manière. Dans le but de se faire un mérite aux yeux du gouvernement Ottoman, il délégua en Grèce une commission ecclésiastique, chargée d'exhorter les Grecs, au nom de la religion, à se soumettre au Sultan. Cette Commission y arriva Tan 1829, ayant à sa tête le Métropolitain de Calcédoine, membre du Synode Patriarcal. Les habitans de Grèce se conduisirent dans cette circonstance avec beaucoup de prudence et de modération: ils se contentèrent de renvoyer très-poliment cette mission Patriarcale.
Peut-être se trouverait-il des personnes, parmi ceux qui ne connaissent pas le système du Clergé de Constantinople, qui tout en désapprouvant la conduite de ce Clergé comme prêtre et chrétien, estimeraient du moins son dévouement envers le gouvernement Ottoman. Ces personnes auraient probablement supposé, que dans cette circonstance le Clergé de Constantinople s'était décidé à sacrifier aux intérêts politiques d'un gouvernement, qui l'avait comblé de tant de pouvoir et de prérogatives, et son honneur comme homme social , et sa conscience comme chrétien et prêtre. Mais les antécédants et la conduite ultérieure de ce Clergé sont là pour démentir même cette supposition ! Quel autre motif en effet, sinon la tyrannie, les vexations et l'abus du pouvoir temporel de ce Clergé sur les chrétiens , les poussa à l'extrême désespoir, et prépara de longue main la révolution Grecque? Après même cette époque, qui autre que ce même Clergé exaspère les esprits des chrétiens d'Orient, par la continuation de son odieux système, et les porte à des révoltes continuelles contre leur propre Souverain? Car après tout, il est bien constaté, que ces chrétiens n'ont maintenant d'autres plaintes sérieuses et justes contre le gouvernement Ottoman, après les reformes qu'il introduisit et qu'il promet encore de faire en leur faveur, si ce