CHAPITRE VIL
LES ARMÉNIEN» COVSIDEXÉl fOtJ* LE K£M£ TIAPPOUT.
Le christianisme fut introduit en Arménie par PÀpôtre saint Thaddée (l). Mais celui qui régla l'Eglise de ce pays fut saint Grégoire , que les Arméniens appellent pour cette raison i'Ittuminaieur. 11 était Parthe de nation et né idolâtre en 240. Etant resté orphelin en bas âge il fut accueilli par Léontius, Arehe-
(1) Les historiens Ecclesi astiques ne sont pas d'accord sur en saint Tliaddfc, qui prêcha la Foi en Arménie: les uns croient que c'est un «tes douxe Apôtres, et d'autres disent qu'il était un des soiiante-et-dji disciples.
véque de Césarée en Cappadoce, qui le baptisa, Péleva dans le christianisme, lui enseigna les dogmes de la Foi et l'ordonna enfin Evoque de Y Arménie en 304.
Saint Grégoire régla l'Eglise de l'Arménie d'après les institutions de l'Eglise Orientale. Il y introduisit toutes les coutumes, les liturgies, les offices, les cérémonies et les cantiques de cette Eglise, que les Arméniens conservent encore jusqu'aujourd'hui (2).
Saint-Grégoire introduisit en même temps en Arménie les livres Ecclésiastiques en langue Grecque, dans laquelle on j lebrait ordinairement la messe. On y employait même les caractères de Palphabet Grec pour écrire la langue Arménienne, jusqu'au temps du roi de Perse Chabouh. Ce Souverain pour empêcher les Empereurs de Byzance d'avoir un parti politique dans ses Etats par le canal de la religion et de la langue, ordonna en 381 de brûler tous les livres des Arméniens, qui, comme nous L'avons dit, étaient écrits en langue Grecque, et défendit dans tous ses Etats l'usage de cette langue, et même celui des caractères de l'alphabet Grec. C'est à cause de cet accident que plus tard, c'est à dire en 406, Méjrop, Docteur Arménien, inventa les caractères alphabétiques en usage chez cette nation jusqu'aujourd'hui.
Les Arméniens suivaient ponctuellement tous les dogmes et les rites de l'Eglise Orientale jusqu'au temps du Concile de Calcédoine (3). Après ce Concile quelques sectateurs d'Eutychès, s'étant réfugiés en Arménie, persuadèrent au Clergé et au peuple de ce pays, que le Concile de Calcédoine avait dévié des dogmes de l'Eglise Catholique, en reconnaissant en Jésus-Christ deux natures, ce qu'ils leur disaient être contraire à l'Orthodoxie de la Foi chrétienne. L'ignorance du Clergé et du peuple de ces contrées accrédita ces perfides insinuations et c'est ainsi que les Ar-
(2) C'est de l'Eglise Orientale que les Arméniens prirent aussi Vi ■ 1rs azymes dans la sainte Eucharistie » comme nous L'avons prouvé au chapitre XI de la première Partie du présent ouvrage.
(3) Après le Concile d'Ephcse plusieurs Ncstoriens se réfugièrent en Perse. Le Souverain de ce pays les avait accueillis avec bienveillance, comme des personnes savantes, et leur avait permis de s'établir à Nizib (Ntssivin), eu ils avaient même Tonde un Patriarcal séparé et d'où ils lâchaient île pronager leurs hérésies.
méniens tombèrent dès lors dans l'hérésie des Monophy sites (4). Depuis cette époque l'Archevêque d'Arménie se déclara le seul Orthodoxe, et prit le titre de Catholique (5), pour signifier qu'il était le seul Evéque qui eût conservé intacts les dogmes de l'Eglise Catholique.
A l'époque de la convocation du Concile de Florence le Pape Eugène IV écrivit à Constantin IV, Catholique, ou Patriarche de l'Arménie, de venir y prendre part. Celui-ci s'excusa sur sa grande vieillesse, qui ne lui permettait pas d'entreprendre un voyage si difficile, surtout en ces temps là. Il y envoya toute fois comme ses Légats et représentants l'Evéque Joachim et les Docteurs Arméniens Sergius, Marcus et Thomas, avec ordre et plein-pouvoir d'adhérer à tout ce que le Concile aurait décidé. Cependant les Légats du Patriarche d'Arménie, à cause des difficultés matérielles du voyage, n'arrivèrent à Florence, que lorsque le Concile avait déjà conclu la réunion. Le Pape Eugène IV tint une assemblée de Cardinaux et d'Evèques et fit lire solennellement en Latin l'acte définitif du Concile de Florence, que Narsès, interprète des Légats Arméniens traduisit en leur langue, séance tenante. Les Légats d'après l'ordre et le pleinpouvoir qu'ils avaient de leur Patriarche, firent devant le Pape et l'assemblée la suivante adhésion solennelle « Nous Légats des Arméniens, au nom de notre Patriarche, en notre propre nom, ainsi qu'au nom de tous les Arméniens, acceptons toutes les salutaires institutions de ce saint Concile Oecuménique et tout ce que le saint-Siège Apostolique, F Eglise de Rome, professe et enseigne; et nous nous déclarons véritables et obéisanls fils de cette Eglise (6). »
. Le Pape Eugène publia une bulle, par laquelle il déclarait les Arméniens unis à l'Eglise de Rome et leur donnait les instru-
(4) Movoçi/o-mu : c'est à dire, d'une nature. C'est ainsi qu'ils s'appelaient les sectateurs d'Eutychès, à cause qu'ils dogmatisaient que Jésus-Christ n'Avait qu'une seule nature. Cette hérésie et son chef Euthychès furent condamnés et anathématisés au Concile de Chalcédoine.
(5) Ce Patriarche d'Arménie conserve jusqu'aujourd'hui ce titre de Catholique. Il ne s'appelle pas même Patriarche dans ses actes officiels, mais tout bonnement Catholique. 11 réside toujours à Etz-miazin, ville appartenant à l'Arménie Russe.
(6) Voyez Mansi. Storia de Concili. Tom. XXV 11. — Rinaldi Tom. IX. — Natalis Alexander. Saeculo XVII.
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étions nécessaires sur le redressement de leurs erreurs (7). Cependant cette réunion des Arméniens à l'Eglise Uni verset se réalisa point* Car Y histoire nous fournit des preuves, que les Arméniens continuèrent à rester séparés de FEulise Orientale et à avoir en Orient leurs Evêques particuliers, même après cette époque, comme ils les ont jusqu'à présent*
Les mêmes motifs politiques qui éloignèrent de Rome les chrétiens du rite Oriental après ta chute de l'empire chrétien, devaient amener aussi les mêmes effets pour les Arméniens, habitants du nouvel empire Ottoman. Mahomet II, pendant son séjour encore à Broussa , était lié d'amitié avec Joaehim , Evéque Arménien de cette ville* Il lui avait promis, si Dieu lui faisait prendre Constantinople, de l'y nommer Patriarche, Joaehim vint à Constantinople après la prise de cette ville , se présenta a Ma* horoet et lui rappela sa promesse. Celui-ci tint parole et nomma Joaehim Patriarche de tous les Arméniens habitants de l'empire Ottoman, en vertu de la même autorité, qu'il disait, que la trèssainte Trinité lui en avait accordée f lorsqu'il avait confirmé solennellement la nomination du Patriarche Génadius (8)*
Mahomet fixa la résidence du nouveau Patriarche Arménien à Constantinople, lui accorda sur tous ses corréllgionnalres, ha* bitants de la Turquie , le même pouvoir temporel , qu'il avait accordé a Génadius sur les siens y lui conféra aussi le titre de Mikt-hachi (chef de nation) et le rendit responsable des impôts, des obligations et de la conduite de tous ses coreligionnaires. De cette manière Mahomet contenta son ami et établit de plus, par cette nouvelle création , un autre intendant sur une partie de si*s sujets chrétiens* Outre cet avantage, Mahomet eut en celui de former en même temps une espèce d'opposition entre le Clergé et les chrétiens de ces deux Eglises, qui, obligés d'avoir recours au gouvernement Ottoman pour vider leurs querelle ligieuses et les antipathies personnelles, qui en résultaient, lui fournissaient de grandes ressources matérielles et même des Informations politiques, comme il est effectivement arn
(7) L'ancien»*; traduction de cette bulle, qui porte ausei en original k» signatures des Lésais du Patriarche Arménien se trouve à Florence du» U Bi blioLI têt j u e Laitrei ta un.
(S) Xoyei chapitre VU de la Seconde Partie du prêtent ouvrage.
Toutefois le Patriarche Arménien de Constantinople eonlinua à dépendre du Catholique, ou Patriarche de l'Arménie, dont il relève dans les a flaires spirituelles jusqu'aujourd'hui. \tnsi pour les affaires religieuses, le Patriarche Arménien, résidant à Constant! nople, n'est proprement qu'un Evéque subordonné du Patriarche de l'Arménie résidant à Etz-miazîn: mais quant aux affaires civiles, il est le chef temporel de ses corréligionnaires sujets de la Porte Ottomane.
Il résulte de tout ce que nous venons d'exposer, que l'Eglise Arménienne n'est qu'une branche de l'Eglise Orientale, dont elle suit jusqu'aujourd'hui presque toutes les coutumes, toutes les liturgies et toutes les autres pratiques religieuses. Sa principale différence dogmatique, tant de l'Eglise Orientale que de celle de Rome, consiste en ce qu'elle garde encore l'hérésie d'Eutychès sur la nature de Jésus-Christ, l'addition de qui fut crucifié pour nous , faite h l'hymne de Tmagion (9) et quelques outres erreurs provenant toutes de l'hérésie principale des Monophijsitn. Mais elle a toujours conservé, dès les anciens temps jusqu'aujourd'hui, un si grand attachement pour l'Eglise Orientale, que dans plu-
(9) Cet hymne fut introduit dans l'Eglise au commencement du cin quième siècle sous l'Knipereur Théodore le jeune et du temps de Proclus, Patriarche de Constantinontc, Le» historiens Byzantins racontent qu*à cette époque des tremblements de terre continuels avaient effrayé tous les habitants de Consïantinople, qui sortirent à la campagne en procession, ayant à leur tête le Patriarche et l'Empereur ous*pieds, Dans une de ces processions un cnlanl lui enlevé en faîr (dans un endroit, qu'on appelle jusqu'aujourd'hui fupxâiïtf de o^apu* $*îo*. élévation divine* ) Cet enfant entendit une voix qui loi ordonnait de dire au Patriarche de prier Dieu par ces paroles " 'Ayioç ê Bsoç, "Aytvç içr^ygoç, "Âyioc ff^sWroc. *X*Wov nttd< .< (c'est h dire m Stunt Dieu, Snhit Puissant, Samt immortel t oyez pttiê de nous.*) Dès lors rijnpereur avait ordonné qu'on chantât cet hymne en langue Grecque dans b>uU> h-s l lis.s Catholiques, et celle de Rome léchante ainsi jusiiu T anji»urdïmi le vendredi Saint. Les Arméniens y ont ajouté la phrase ■ tjiti fut crucifié /w«r nous » laquelle est aussi une expression des Theopaseïittes {Qioirat<rxtTai) qui prétendaient que la Divinité avait souffert dans la personne de Jésus-Christ» et dont Pierre Cnapbee fui le chef vers l'an 'iSO. Les Arméniens «ependant nient avoir reçu cette expression de cet hérésiarque Ils soutiennent qu'ils l'avaient long-temps avant lui, et que comme ils chantent cet hunne non à la sainte Trinité, mais à Jésus-Christ, ils n'entendent pas par l'expression " qui fut cmctjit* pour nous * que la Divinité avait soultert sui la croix, comme te prétendaient k> T%éepasthi§8t
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sieurs circonstances elle manifesta m constante disposition de se réunir avec cette Eglise, dont elle faisait partie autre fota, et avec laquelle elle se trouve encore liée par tant de conformités. En IIGG le Patriarche d'Arménie, ÎNersès Chnoraïi, proposa a l'Empereur de Ryzanee Manuel Comnéne ta réunion des Arméniens avec l'Eglise de Constantinople. L'Empereur consulta le Clergé, qui lui fit comprendre, que cette réunion était impossible, si les Arméniens n'abandonnaient pas les erreurs qu'il* avaient reçues des Monophysites. Une longue correspondance fut alors établie entre L'Empereur Manuel et le Patriarche Nerses, dans laquelle ce dernier tâchait de prouver que les Arménien* n'ont pas Phérésie des Monophysïtes. Car, soutenait* il, tout m disant que Jésus-Christ n'avait qu'une nature, les Arméniens entendent que dans cette nature étaient comprises la nature di\ine et la nature humaine (10). La mort du Patriarche Neraès et de ('Empereur Manuel avait interrompu ces négociations.
De même en 1829 le Patriarche Arménien de Constantinople, du consentement de celui de Etz-miazin, fit des propositions de réunion au Patriarche de l'Eglise Orientale Agatbangelus, Cette fois même les Arméniens promettaient de se conformer, par rapport à la doctrine sur la nature de Jésus-Christ, avec ce que l'Eglise Orientale professe et enseigne. Malheureusement les mêmes motifs qui provoquèrent toutes les fois la séparation des Eglises, et qui en empêchèrent toujours la réunion: c'est a dire, les intérêts personnels de ceux qui se font une spéculation de» questions religieuses , entravèrent aussi et empêchèrent encore cette fois ce rapprochement. Voici de quelle manière. Parmi les Arméniens de Constantinople il y en a plusieurs, qui, par leur position sociale et leurs richesses, jouissent d'une certaine considération et indépendance, et ont par habitude certains sentiments de morale et de religion. Les rebuts des chrétiens Orientaux de Constantinople , a qui , comme nous l'avons vu , le Patriarcat donna le titre de notables fi Prnnuls dv la mitinri, et qui d le fait ne sont que ses associes et ses complices dans toutes les
(10) Cette correspondance se conserve dans le Recueil des lettres Ar tnéniennes, imprime plusieurs fuis en celte langue. H en existe aimai «a* traduction Latine, laite par la savant Arménisle Don Gtuscppc Ca[ipeJkiJt et imprimée à Vem.se eu 1633.
M 67 }M escroqueries et les autres abus qui s'y commettent au nom de l'K-lise et de la Commune, se troublèrent comme de raison a cette proposition. Bi calculèrent que, si cette réunion se réalisait, les notables Arméniens, ayant alors droit de se mêler des affaires Communales et de celles du Patriarcat, les empèeheraient naturellement d'y commettre une grande partie des abus qu'ils exerçaient , lorsqu'ils en étaient les seuls possesseurs. Alors c'en était fait d'eux et de leurs associés les Evéques. Ils représentèrent donc à ceux-ci le péril commun , dont cette réunion les menaçait, et tous d'accord se mirent à l'empêcher. Rien de plus facile- Depuis bien long temps ïe Clergé de Constantinople avait fait croire au peuple, qu'il existe dans cette ville un mauvais génie, lequel est la source principale de tous les maux : ce mauvais génie, au dire de ce bon Clergé, est le gouvernement Ottoman. C'est à ce mauvais génie que le Clergé attribue, par reconnaissance pour tous les honneurs et les privilèges qu'il en a reçus , tous les obstacles , dont il prétexte être empêché en toute circonstance de faire pour les chrétiens tout Je bien qu'il désire. Il prétextèrent donc aussi cette fois, que c'était le gouvernement Ottoman , qui leur fit comprendre , qu'il ne permettrait jamais cette réunion f pour la raison qu'il ne voudrait pas se borner à puiser dans la caisse d'une seule Communauté religieuse, au lieu des deux qu'il avait jusqu'alors, et l'affaire en resta là!
Les Arméniens ont également un grand penchant pour la réunion avec l'Eglise de Rome, à cause qu'ils n'ont pas, comme les chrétiens du rite Oriental , des rancunes spéciales et des antipathies politiques contre les Occidentaux, Aussi tous les jours un grand nombre se réunissent. Depuis le commencement du dix-huitième siècle jusqu'aujourd'hui il y a environ 200,000 \rmfnlimi qui se sont réunis avec l'Eglise Mère. On pourrait même dire, que ce penchant des Arméniens, à embrasser la vérité par leur réunion avec l'Eglise de Rome, est aussi beaucoup encouragé par te désir de se rapprocher socialement des Occidentaux, désir, que cette nation continue à manifester d'une manière trèsprononcée, surtout dans les grandes villes d'Orient. C'est à cause de ce même désir, que depuis une dixaine d'années quelques uns d'entre eux avaient aussi embrasse le Protestantisme et voulurent établir à Constantinople une Communauté des Arméniens Protestants. Malgré leur nombre bien borné, le gouvernement Ottoman leur en accorda le droit et confirma rétablissement de cette
Communauté par un Hrmwi (décret Impérial ) dont nous donnou* la traductioo littérale dans la note cî-dessous i,it).
(Il) " Décret Impérial -le S. M le Sultan Abdoul-Medjitl en laveur sV se» sujets Pfflfiltlllil
■ À mou Vizir Mabinoiul-Padia, Kinbtre de la Poli taie, Ministre honorable et Conseiller glorieux, modèle EU nimidi- H ^ntale tir des Communautés. Lequel en dirigeant J'iulérél publie 1M un* sublime prudence r en rassurant lediioÉ de I empire §M connais et en fortifiant les colonnes de la prospérité et de la renommée, reçoit loule grâce du très-Haut, Que Dieu prolonge sa gloire!
»> Quand il sera parvenu a Vous ce .sublime el Auguste, mandat, Vaut proclamerez que, puisque ceux de mes suj< -ts chrétiens qui emMUraM h* P rotes tan Usine , ont souffert jusqu'à prisent des peines et de* mepm, à cause qu'ils n'étaient pas places sons une juridiction séparée et spéciale, et a cause des Patriarches el Primats des croyances primitives q avaient abandonnées ( lesquels Patriarches et Primats ne sont plus naturellement aptes pour admiiiister leurs besoins ) Comme il est nécessaire êê se conformer avec mon Impériale commisération , laquelle sVlend a toutes les classes de mes sujets, et d'après laquelle il est contraire à mon Impérial disir, que quelqu'une de ces classes soit exposée à dis | tions.
» puisq u'enfin , à cause de sa religion , la classe susmentionnée forme une Communauté séparée, il est de mon Impériale et compatissant» lonlé que, par tous les ma j eus, on adopte des mesures de prévoyance* pour faciliter l'administration de leurs affaire*, de manière qu'ils | vivre en nain, et en sûreté et sans être inquiétés.
» Ils peuvent donc élire eulre niv une personne respectable et < de foi, bien acceptée par eux-mêmes, qui aura le titre d'Agent des Protestants, el lequel sera attache au département du Ministère de la Polir*
x 11 sera du devoir de l'Agent d'avoir sous sa propre retp le registre des membres de la Communauté, lequel sera tenu .i lu L'Agent aura soin d'y faire enregistrer toutes les naissances et les qui auront Lieu dans la Communauté; tout M qui concerne les passeports, permissions de mariages el autres négociations spéciales de la Communauté, pour présenter ce registre h la Sublime Porte (Ministère des aflaires étrangères } ou à quelqu'aulrc département* Tous ces actes douent être livrés sous le M eau ofhriel de l'Agent.
Uni qui mes volontés soient exécutées, mon présent mandat el or* dre auguste a été donné spécialement de mon lm|K>riale Chanon
» Vous donc, Ministre susmentionné, vous exécuterez à la lettre le présent ordre conformément aux instructions précitées. Vous ne ferez ne* cpii soit contraire à ces instructions, sauf ce qui regarde la percefliot de la taxe de eapitatiou el la délivrance des passeports qui sont sujets à «les règlements >[m-i i.oiv Vous ne permettrez pas qoe BMMMH puisse leur prendre quelque chose sous prétexte d'honoraire, ou frais de permission, de mariage, ou d'enregistrement.
Quant au peuple Arménicu , la partie de eette nation qui habite la Hussie est dans une assez bonne position sociale, à cause que son Clergé a quelque instruction et n'a de l'autre côté aucun pouvoir temporel sur ce peuple. Mais le Clergé des Arméniens qui habitent Je royaume de Perse et l'empire Ottoman est plongé dans une profonde Ignorance* De plus le Clergé de ceux de la Turquie ayant, comme celui des chrétiens du rite Oriental , le pouvoir temporel sur tous ses corréltgionnaires , exerce sur eux presque les mêmes actes arbitraires et les mêmes abus que celui la* Toute fois les notables de cette nation, étant véritablement ce qu'il y a de mieux parmi les Arméniens, loin d'être les associés et les complices de leur Clergé , en répriment beaucoup d'abus et servent de protection et d'appui au peuple , comme il arrivait aussi autre fois chez les chrétiens du rite Oriental , avant que leurs véritables notables eussent été éloignés des affaires de leur Communauté.
Les chrétiens donc Arméniens, faisant partie de l'Eglise Orientale, ayant adhéré à la réunion générale de l'Eglise Universelle, faite au Concile de Florence, étant dans la même position sociale et ayant les mêmes intérêts eu Orient, que leurs frères et compatriotes les chrétiens du rite Oriental , seraient aussi
» Vous leur procurerez aussi (oui ce qui est nécessaire aJin que relie
■ Communauté ail, comme foules 1rs au 1res Communautés de L'empire, tonte » la facilité et toute l'assistance nécessaire dans toutes les affaires îles mern- >• bres de la Communauté et en toute question concernant leur cimetières et » lient dp mile. Vous ne permettrez qu'aucune îles autre* Communautés
■ empiète, de quelle manière que ce soit, sur aucune rie leurs affaires, soît séculières, soit rcli^iiuses, alin ijimIs puissent exécuter avec sûreté les
" coutumes de leur propre Foi.
* Il tous est de plus ordonne de ne pas permettre qu'ils soient mo-
■ lestés d'un iota, tant sur * es peints indiqués, que sur tout autre, el que i vous employiez toute l'attention et persévérance puur maintenir leur tram » qnillité et leur sûreté. En cas de besoin, qu'il leur soit permis île faire par
■ leur Agent des remontrantes à la Sublime Porle sur leurs propres affaires.
■ Lorsque donc ma présente Impériale volonté arrivera a votre cou- » naissance, vous enregistrerez cet Auguste Edît dans le département conve-
■ nablc, et vous ferez que L'original reste permet uellr-iiicnt entre les marna i de mes sujets précités. Vous publierez aussi, que tout ce que cet Eclit pre- » scrit doit être toujours exécuté avec, pleine rigueur
» C'est ainsi que vous devez connaître et respecter mon sceau sacré.
■ Ecrit dans te saint mois de Moiihar* m 1207 A. 11. f.Xuvembre iar>u.) " Donné dans la ville protégée de Constant iuople. »
incorporés dans la réunion des deux Eglises , si Je rétablissement de Tordre dans l'Eglise Orientale s'effectuait de la manière que nous avons exposée.
Ce peuple composé d'environ cinq millions d'âmes , étant on peuple pieux, moral, laborieux et intelligent; qui de plus, depuis une trentaine d'années, manifeste un penchant non équivoque pour s'instruire et pour se civiliser, serait d'un grand avantage pour l'unité catholique et contribuerait beaucoup par son union à la restauration sociale de l'Orient.