CHAPITRE
PREMIER SCHISME PERSG2V1VEL ElïTRE LE FATS TÛlAX XXI Et LE PATRIARCHE BE CONSTA MTIWQPtE AC ACIUS p ftAJVS LE MOIJTORE PRÉTEXTE DE DISSECTIONS RELIGIEUSES*
C'est ainsi que depuis la fondation de l'Empire Byzantin jusqu'à Tan 483, les Papes et les Patriarches de Constantînople se trouvaient dans une lutte presque continuelle , les premiers tâchant de conserver, et les seconds d'usurper l'autorité suprême de l'Eglise. Mais un nouveau fait d'empiétement sur les droits de l'Eglise de Rome, survenu à cette époque, aggrava de beaucoup ce scandale* Outre que ce fait avait déjà le caractère d'une grande témérité, il fut encore saisi des deux parts avec plus de vivacilé et d'énergie qu'à l'ordinaire : aussi provoqua-t-H la première séparation formelle entre le Pope et le Patriarche de Constantînople* Ce fait est le suivant.
Le Patriarche de Constantînople Acaeius avait nommé Patriarche d'Autioche un certain Pierre Mongos, excommunié par le Pape Simpliee, à la place de Jean Talaya, élu suivant la coutume par le Clergé du Patriarcat d'Antioche* Acaeius proposa son élu à la confirmation du Pape ; mais celui-ci réfusa de le confirmer* Acaeius eut alors recours à l'Empereur , qui donna ordre au Gouverneur d'Egypte de chasser Jean Talaya et d'introniser Pierre Mongos Patriarche d'Antioche : ce qui fut fait. Mais comme Mongos était excommunié par le Pape, Acaeius, en sa qualité prétendue de chef de l'Eglise d'Orient, lui donne l'absolution et l'admet à sa communion. Le Pape Félix III envoie des Légttl à Constantînople pour faire chasser Pierre Mongos de l'Eglise dWntioebe et ordonner à Acaeius de venir a Rome, Mais te Gouvernement arrête les Légats et les oblige de communier avec Acaeius et Pierre Mongos, Au retour des Légats à Rome, le Pape convoque un Concile d'Evéques d'Italie, et prononce une sentence d'excommunication contre le Patriarche Acaeius, La sentence fut envoyée a Constantînople pour être lue dans toutes les Eglises: mais comme il était impossible de l'y faire lire, un moine eut la hardiesse de l'attacher sur le manteau d 1 Acaeius, au moment que celut-ei allait à PEgttti* l ne grande rumeur s'éleva parmi le peuple et le moine fut condamné à mort, Acaeius usant de représailles , excommunia à son tour le Pape
M 9 )^t Félix HI, et eft'aea son nom des dyptiques sacrés. C'est ainsi que le premier schisme entre le Pope et le Patriarche de Constant inople fut consommé en 483. Mais ce sehisme étant tout à fait personnel entre le Pape et te Patriarche , l'Eglise ne Ta point partage, ni formellement reconnu: aussi la société chrétienne ne s'était point ressentie des affreuses calamités , que le schisme définitif des deux Eglises lui a fait souffrir ensuite, et dont celui-ci était le précurseur I
Mais ce qu'il y a de plus frappant dans tous ces faits, ce qui ne doit échapper à l'observation de personne , ce que constate enfin la plus déplorable, mais la plus irrécusable vérité, c'est la considération suivante. Depuis le Concile général de Coust antinomie, tenu en 381, jusqu'à l'époque de ce premier schisme personnel, arrivé en 483 , c'est à dire, dans une espace de 102 ans , aucune dissension dogmatique entre l'Eglise de Borne et celle de ( Constant ïnople ne fut jamais la cause de ces disputes continuelles. Elles provenaient uniquement des débats cotre le Pape et le Pafriarche sur la primauté , et consistaient purement et simplement en ce que d'un côté les Patriarches de Constantlnopfe , contre les institutions et les canons de l'Eglise, mais aides de tout le haut Clergé d'Orient, et favorisés successivement par tous les Empereurs de Byzance, qui faisaient cause commune a>ec eux, voulaient saisir d'entre les mains des Papes le pri- \t de ta suprématie sur toute l'Eglise, sous le frivole prétexte que Constant! nople était le sieize de l'Empereur et la ville régnante, qualifiée nouvelle Rome. De l'autre côté les Papes s'en défendaient autant qu'ils croyaient pouvoir le faire, s 'appuyant sur le droit divin référé à leur siège et les institutions disciplinaires de l'Eglise primitive.