‹ L'Église orthodoxe russe [microforme]Chapitre 5 sur 6 · STAR · texte numérisé non relu

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placé p::s de moi. C'était un homme superbe, un colosse, galonné sur toutes les coutures, la poitrine couverte de décorations, la lèvre boisée d’une paire de moustaches formidables. Au moment précis où les portes royales de l’iconostase s’ouvrirent pour laisser passer l’officiant avec les saintes espèces, voilà mon officier qui se met en frais d’une kyrielle interminable de signes de croix et de profonds saluts ; puis, il se jette à genoux et répète religieusement ce qu'il venait de faire debout, Comme je le vis, une fois qu'il fût relevé, refaire avec une vivacité toujours croissante et une ardeur de néophyte les mêmes signes religieux, j'étais bien sûr d’avoir pour voisin un grand dévot de la sainte Russie, et, en pensant au rang élevé qu’il occupait évidemment dans l’armée, non édification était complète, Or, jugez de ma stupéfaction, lorsque j'aperçus immédiatement le saint homme tirer de sa poche, et cela de la meilleure foi du monde, un délicat peigne d'ivoire avec lequel il se frisa soigneusement les moustaches, en lorgnant les dames qui l’entouraient, Jusqu’à la fin de l'office, qui fut encore très long, il resta absolument immobile, Plus de saluts, plus de signes de croix, pas même à la seconde apparition des saintes espèces, à la communion : il avait, du premier coup, épuisé sa provision religieuse,

Cependant, nombre de gens ne prêtaient aucune attention au saint sacrifice. Un pope, installé sous une fenêtre, vendait des pains bénits, un autre des cierges, et le commerce allait rondement, Plusieurs fidèles, hommes et femmes, circulaient de tous les côtés dans l’église, vénérant la vitre et le cadre des icônes, murmurant des litanies et prodiguant à jet continu leurs profonds saluts et leurs signes de croix.

On ne se gênait pas d'abandonner la messe pour faire ces dévotes promenades, après lesquelles on revenait simplement à l'office. A vrai dire, les messes orthodoxes sont tellement longues, qu'on peut, sans trop d'inconvénient, se permettre ces digressions,

de Saint-Pétersbourg. Nous étions curieux de voir l'iconostase et la balustrade en argent massif, ainsi que les colonnes monolites en malachite de l'Oural qui se trouvent de chaque côté de l'autel. Un moine était en chaire et lisait, avec un entrain merveilleux, les pages d’un cahier installé devant lui. Beaucoup de grands geswes oratoires, de puissants éclats de voix ; mais ses yeux ne quittaient pas un seul instant les pages du cahier où il puisait son inspiration. C’est que les prédicateurs russes sont obligés, par ordre du Saint-Synode, de toujours lire leurs sermons, lesquels ont dû être préalablement soumis à la censure ecclésiastique. Souvent, on envoie aux popes des sermons tout préparés. Ce sont presque toujours dE traductions d'œuvres des Pères des premiers siècles ; les popes n’ont qu’à les lire, les auditeurs, en général, sont trop ignorants pour en tirer aucun profit. Ils n’ont pas même la consolation de profiter de cette lecture pour faire leur sieste, vu l'absence de sièges dans les églises. Ils sont obligés de se tenir debout, et le sommeil les exposerait à des écroulements scandaleux.

Quelques jours plus tard, j'étais au Kreml, dans la cathédrale de l’Assomption, église où Nicolas II avait été couronné l’année précédente, Une dizaine de moines chantaient l'office de l'après-midi. Leurs voix étaient superbes, Nulle part ailleurs, je n'ai cntendu de voix de basse tonitruantes comparables à celle des diacres russes. En fait, celui qui possède un organe de cette nature se fait diacre. C’est la marque infaillible d’une vocation nécessaire. Pendant cette psalmodie, à la fois douce et puissante, un moine circulait, les bras ballants, l'encensoir à la main, d’une icône à l’autre (et il y en avait bien une cinquantaine dans l’église) multipliant devant chacune les saluts et les coups d'encensoir. Un de mes amis géologues, roumain de naissance et orthodoxe de

L'après-midi, nous étions à Saint-Isaac, la plus riche église

religion, avec qui je causais à ce moment, se précipita subitement à genoux et exécuta très rapidement un bon nombre de prostrations et de signes de croix, puis, se relevant le plus tranquillement du monde, nous continuâmes notre conversstion. Comme le cosaque du Casan, mon ami roumain avait eu son petit accès de religiosité, et il avait retrouvé, une fois l'attaque passée, la tranquillité de l'esprit et du corps.

On compte à Moscou plus de quatre cents églises, à part les madones qui se voient partout sur la rue, Calculez, en partant de là, la consommation phénoménale qu’on y fait de saluts et de signes de croix.

Parmi ces madones, quelques-unes ont une vogue dont ne jouissent pas les autres, Il ÿ en a qui vont visiter les malades à domicile, mais ces visites coûtent plus cher que celles du médecin. Quand la Vierge d’Ibérie, par exemple, quitte sa niche, près d’une des portes de Kreml, pour se rendre chez un malade, elle est voiturée dans son propre carrosse, tratné par de superbes chevaux, également sa propriété Un corps de musique la précède, et des moines, spécialement attachés à son service, l’accompagnent, On comprend qu’un semblable déménagement est toujours dispendieux et que, par conséquent, les malades indigents jouissent rarement de ces pieuses faveurs. Pendant l'absence de la madone, on installe dans sa niche une excellente copie de la sainte image, afin de ne pas perdre, ne fût-ce qu’une demi-journée, le revenu-de la vente des cierges que les fidèles y font sans cesse brûler en très grand nombre, Toujours pratiques nos amis les popes.

Je vous demande pardon de vous citer tous ces faits dont j'ai été témoin moi-même, Quæque ipse miserrima vidi, dirait Virgile. Mon unique but était de vous faire toucher du doigt les différences profondes qui, même vues du dehors, sépare l'Eglise russe de l'Eglise romaine, Pour le peuple russe, le rituel paraît être presque toute la religion. On

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dirait que les cérémonies axtérieures l’emportent sur le dogme, à tel point qu'on en arrive à se demander si ce peuple a réellement la foi, dans le sens que nous donnons généralement à ce mot, Ne peut-on pas supposer plutôt que les observances extérieures sont, pour lui, la partie importante de la religion ; que le dogme ne l’occupe guère et que, pourvu qu’il puisse écouler ses signes de croix et ses révérences, il croit avoir accompli la plus large part de ses devoirs religieux ? S'ilen est ainsi, la prétendue dévotion des Russes serait plutôt vaine observance qu'autre chose.

Deux sacrements sont, pour le catholique, comme la sauvegarde de sa foi, puisque c’est par leur secours qu'il l’entretient et la ranime : je veux dire l'eucharistie et la pénitence. Pour lui, ils constituent comme un foyer autour duquel se groupent, de près ou de loin, toutes les pratiques religieuses. Par le premier, nous entrons en communication intime avec notre Sauveur: nous adorons, nous remercions et nous demandons. Aussi de quelle dévotion, de quel respect, de quels hommages l’hestie sainte n'est-elle pas entourée dans nos églises ? Par le second, nous retrouvons la pureté de l'âme. Nous prenons une à une toute nos misères et nous les jetons aux pieds du prêtre, nous mettons à nu toutes les hideuses plaies de nos cœurs, et, en dépit de la honte et du respect humain, nous découvrons tout, afin que le médecin spirituel agisse en pleine connaissance de cause et applique les remèdes efficaces. Ne peut-on pas dire, en vérité, que ces deux sacreménts, entendus et reçus de cette facon, sont la base indispensable de toute vie véritablement chrétienne ?

Or le russe suit, à ce sujet, une conduite toute différente de la nôtre. Le culte à l'égard de l’eucharistie n’existe pas

chez lui, On garde bien, dans les églises, la sainte réserve pour les malades. Le prêtre en fait tous les ans la consécration le jeudi-saint, et elle doit servir pour toute l’année, Or ce pain eucharistique a été trempé dans le vin consacré avant d’être mis de côté; et l’on se demande s'il ne doit pas s'y déclarer bientôt une fermentation, dont le résultat doive être l’altération complète des saintes espèces et la disparition du sacrement,

Mais supposons que rien de tel n'arrive. Comment conserve-t-on la sainte eucharistie ? Voici comment les choses se passent à Pétersbourg. Je tiens ces détails d’un prêtre qui a résidé longtemps en cette ville.

Il visitait, un jour, avec un ami, une des grandes églises de la capitale, Un gras pourboire lui avait assuré la bonne volonté du sacristain son guide, Comme le Père ne lui avait jamais vu faire aucun signe religieux en passant devant l'autel où il croyait que se trouvait la sainte réserve, il lui demanda où était gardé le saint sacrement, Sans hésiter un instant et comme s'il se fût agi de la chose la plus ordinaire, le sacristain conduisit le prêtre dans un coin de l'église. Là il ouvrit le tiroir d’une armoire non fermée à clef, daus lequel se trouvait une boîte en carton, à coulisse, analogue à de certaines boîtes d’allumettes : il en poussa le couvercle et montra le saint sacrement en disant tout bonnement : “ C’est ça.” Le prêtre visiteur et son ami étaient stupéfiés, et ils regrettaient vivement d’avoir fait une demande qui devait provoquer une si grave irrévérence de la part du trop complaisant ciceroné,

Le P. Lobry, supérieur des Lazaristes de Constantinople, m'assurait à moi-même, lors de mon passage à Stamboul, que les popes grecs schismatiques, portent très souvent le saint sacrement dans leurs poches, afin de ne pas avoir à se déranger quand ils sont appelés aux malades, Il ajoutait

même, avoir rencontré, en Macédoine, des grecs-unis, romains ceux-là, qui le gardaient journellement dans leurs bureaux, pour la même raison. Quand on songe que ce sont de véritables prêtres qui agissent ainsi, que ‘» présence de Notre- Seigneur dans l’eu charistie est aussi réelle chez eux que chez nous, on est comme saisi d’épouvante, et instinctivement, on se jette à genoux pour demander pardon et faire amende honorable.

Mais la pénitence au moins est-elle plus respectée, mieux traitée ! Ce sacrement qui atteint directement et immédiate. ment l'âme du fidèle, est-il reçu avec de meilleures dispositions ? Voici des faits: vous jugerez vous-mêmes.

Le russe, en général, ne se confesse qu’une fois par année, à Pâques. Dans un coin de l’église, on dresse un écran derrière lequel le pope se tient debout. A côté, un guéridon où est placé l'Evangile, Un pénitent se présente ; il reste debout lui aussi, met les mains sur l'Evangile et la confession commence. “ As-tu volé, blasphémé ? T’es-tu enivré ?” demande le confesseur, A ces questions et aux autres qui se succèdent si le temps ne presse pas trop, le pénitent répond simplement: “ Je suis un grand pécheur” Une fois les questions épuisées, le pope donne l'absolution et... ça coûte tant de kopecks ou de roubles, suivant les moyens du pécheur, On comprend, qu'avec ce système, un prêtre puisse confesser à la fois tout un régiment ou un pensionnat. Le fait est déjà

arrivé.

Un noble de village, me disait le prêtre dont je parlais plus hant, fait mander le Pope pour entendre sa confession pascale obligatoire, Le pasteur arrive pendant le dîner. On le fait attendre dans la cuisine avec le personnel de service, Le dîner fini, le pope est introduit. Après force salutations et révérences, il demande à son illustre pénitent si l’état de sa conscience est toujours comme d'habitude, comme les années

ET

passées. Exactement,” répond l'homme au blason. “ C'est bien, très bien; je vous donne l'absolution, mais vous me devez, s’il vous plaît, tant de roubles.” Ces absolutions à domicile coûtent toujours plus cher que celles qu'on va chercher à l’église,

Inutile, n'est-ce pas ? de se demander quels sont les effets spirituels de sacrements reçus avec de telles dispositions.

N'appuyons pas davantage sur ce côté vraiment effrayant de l'Eglise orthodoxe, Dieu seul est le souverain juge, Mais qu’il nous soit permis de nous demander ce que vaut la foi d’un peuple qui, dans l’ensemble, fait un tel usage ou mieux uu tel abus des plus augustes sacrements de la religion chrétienne. Sur quel fondement solide et raisonné repose donc tout cet étalage de démonstrations religieuses ? Encore une fois, le doute vient comme malgré vous, et vous vous demandez si vous ne devez pas remplacer le mot de religion par celui de superstition, Sans doute, l'ignorance et la bonne foi entrent pour une large part dans toute cette manière d'agir. On en est convaincu, quand on sait que les sacrifices les plus pénibles n’empêchent jamais le moujik d'accomplir ce qu'il croit être son devoir religieux, et il est certain, qu’à ce point de vue, le paysan russe est profondément croyant. Mais voilà précisément pourquoi on ne peut que regretter amèrement de le voir mettre tant de zèle au service d’une religion schismatique; et, tout en laissant à Dieu seul de le juger, il est bien permis de le plaindre,

Le calendrier russe est chargé de fêtes chômées, 11 yena presque autant que de dimanches, On a dit plaisamment, à ce propos, que le russe jeûne un jour sur trois, qu'il va à la messe le deuxième et qu’il travaille le troisième. La multi. Plicité de ces fêtes est précisément une des raisons qui ont

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fait hésiter les autorités civiles et religieuses, quand, l’année dernière, il a été fortement question d'adopter le calendrier romain. A vancer la date de douze jours tout d’un coup, c'eût été priver plusieurs saints de leur fêtes, au moins pour un an; et on a craint les protestations d’un trop grand nombre de popes et de moujiks, protestations qui auraient pu amener une scission dans l’Eglise officielle, De plus, comment faire accepter aux russes ignorants un calendrier venant de Rome, l’œuvre d’un pape? La chose paraît vraiment impossible, quand on connaît l'antipathie et les préventions déruisonnables dont est pénétrée, sur ce point, toute la population non instruite, laquelle est bien le grand nombre.

Ces craintes n'étaient pas chimériques ; l'origine du RAsKoL, cette grande hérésie de l’église russe, est là pour le prouver, Nous arrivons avec le raskol à l'étude des hérésies de l'église orthodoxe, Presque toutes les sectes russes, et elles sont innombrables, ont même point de départ que ic iaskol: la correction des livres liturgiques. Toutes, à part trois ou quatre, sont issues de lui,

Nous sommes au 17° siècle ; le tzar Alexis règne et Nikone est patriarche de Moscou. Depuis longtemps les lives liturgiques, écrits en vieux slavon, avec des caractères cyrilliques, avaient été corrompus par l'ignorance des copistes ou des imprimeurs. Les leçons étaient devenues erronées ; des livres analogues offraient de grandes divergences de lecture; les missels fourmillaient de contresens ; on trouvait partout des interpolations bizares, souvent incompréhensibles, mais, par là même, plus vénérées du vulgaire.

Wassili III avait déjà voulu faire une réforme, et il en avait chargé un moine grec. Le projet échoua par l’opposition du clergé. Le correcteur fut copdamné et renfermé dans un couvent,

Nikone à son tour mit la main à l'œuvre. 11 réussit, car il

avait un grand savoir et jouissait, en même temps, d’une influence prépondérante sur le tzar Alexis, Des moines de Byzance préparèrent des éditions que Nikone fit approuver par un concile et qu'il imposa ensuite à l'église russe,

En dépit de la grande autorité du métropolite, le scandale fut énorme, Le haut clergé soutint Nikone, Le bas clergé et le peuple, c'est-à-dire la masse, protestèrent, Une véritable révolte religieuse s'ensuivit, et ce fut l'origine du groupe des raskolniks ou vieux-croyants, Voilà, en deux mots, l’origine du raskol, cette grandissime hérésie de l'Eglise russe, et dans laquelle se fondirent bientôt celles qui existaient auparavant, “Il n’y avait pas, dit Leroy-Beaulieu, dix moscovites capables de juger le fond du débat, La discussion n'en fut que plus violente.”

Des moines, des diacres, des sacristains, dénoncèrent les corrections ; on les envoya au supplice. Le peuple en fit des martyrs et l'opposition, au lieu de désarmer, se continua avec un acharnemeut nouveau,

Nikone finit par être déposé lui-même, jeté en prison, puis enfermé dans un couvent, mais ses corrections restèrent.

Au fond, le débat roulait sur des points de médiocre importance, Il s'agissait de savoir si l'on devait faire le signe de la croix avec deux ou trois doigts, pour témoigner de sa croyance aux trois personnes de la Trinité ou au deux natures en Jésus-Christ ; si les processions devaient se faire dans le sens du soleil ou en sens opposé ; si l'on devait dire Issous au lieu de lissous ; si l’on devait chanter, à certains moments de l'office, deux au lieu de trois alléluias, etc, A vrai dire, ces controverses rappellent d'assez près celles qui divisaient autrefois les Grecs et les Latins.

Le culte de la lettre, le respect servil de la forme, voilà la théorie religieuse du raskol. La forme est tout pour lui, et encore, la forme immuable du culte des ancêtres; le ras-

kolnik est vieuz.croyant dans la force du terme, Il croit la lettre et l'esprit indissolublement unis, il regarde la forme et le fond comme également divin. Chaque parole, chaque rite 4 Un seus caché, et à ce point de vue, le raskol est éminemment religieux. Son formalisme a pour principe le symbolisme, Là est son originalité et sa valeur, qui le mettent en opposition directe avec les confessions protestantes, Il a poussé le symbolisme tellement loin, qu'il a fini par allégoriser tous les récits de l’ancien et du nouveau Testament,

Le raskolnik aime surtout la dévotion traditionelle, celle de ses pères, et en cela il unit ses idées religieuses avec l’idée de la patrie russe, En principe, la réforme de Nikone obligeait les fils à prier autrement que leurs pères, or, en Russie, ce changement devait amener de grandes perturbations. On recommandait autrefois de se tenir raide pendant les offices, de baiser les images et les reliques en retenant son baleine, de communier sans faire craquer le pain de communion, de s'incliner trois fois le matin et le soir devant les icônes en frappant la terre de son front, ou en se courbant au moins jusqu'à la ceinture, Le raskol voulut rester tidèle à toute cette liturgie enfantine ainei qu'aux anciennes fêtes, sans excepter plusie”r. outumes d'origine évidemment païenne ; il ne distingua:. s. On peut donc regarder le raskol comme le dernier terme du nationalisme de l'Eglise,

Au 17° siècle, les Russes se défiaient beaucoup des catholiques, surtout des jésuites qui avaient pénétré jusqu’à Kief et Y avaient ouvert un collège, Ils ne voulaient pas se laisser romaniser, comme les grecs unis, les ruthènes, de Pologne et de Lithuanie, Aussi parlait-on de la trois fois maudite langue latine, On ne voulait pas appeler Dieu Deus, mais bien Bog, en vieux slavon. Dire Lissous (J ésus) au lieu de Tssous était diabolique. De toutes les façons, on tâchait de

lutter contre l'étranger, ou, comme l'on disait, contre l’occidental,

Ces misérables chicanes, à propos de vétilles, de puérilités d'observances, mettent a nu l'ignorance religieuse de tous ces bons moujiks, et l'on se demande comment, de causes aussi ridicules, a pu sortir une révolte religieuse qui, après avoir attein.. des millions de fidèles, s'est perpétuée, de siècle en siècle, jusqu'à nous,

Puis, tout naturellement, nous comparons ces populations soi-disant religieuses aux nôtres, qui le sont véritablement, et ce nous est une grande joie, additionnée peut-être d’un tout petit grain de pharisaïsme, de pouvoir nous dire que nous ne sommes pas comme ces malheureux publicains russes, et que nous ne confondrons jamais ici le dogme avec la discipline,

D'ailleurs les catholiques de notre province eu ont déjà donné des preuves, Tout dernièrement, quand Rome faisait disparaître de notre calendrier plusieurs fêtes d'obligation, personne n'a songé à faire un schisme. Tellement peu, qu'on a demandé d’alle: jusqu’au bout, et de retrancher l'obligation d'assister à la messe qu'avait mairtenu, pour ces jours-là, l'autorité religieuse,

Et notre carême, l’ancien carême du temps passé ; ce bon vieux carême où l'on faisait abstinence complète, du mercredi des Cendres à Pâques, où l'on ne prenait absolument rien le matin, qu'est-il devenu ? Nous l'avons vu s’adoucir, nous avons assisté, pour ainsi dire, à son émiettement suc. cessif, il a même disparu une année, à peu près complète. ment ; et qui donc, cette fuis encore, a protesté? Qui donc a parlé de révolte, sous prétexte que nous ne jeûnions plus comme jeûnaient nos pères, Quelques vieux rigoristes ont bien trouvé que la religion changeait ; ils l'ont dit peut-être ; mais, le changement avait du bon, et les plus intransigeants ont bientôt fini par s’y accommoder,

Non, nous connaissons mieux que les raskolniks, et quelque chose qui arrive, quelque changement disciplinaire qui sur-

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vienne, nous ne serons jamais des vieux-croyants, No: faisons autrement, Nous nous contentons de tourner s

Les réformes de Pierre-le- Grand, arrivant peu après, augmentèrent le nombre des tenants de l’hérésie du raskol. Les adversaires politiques du Tsar réformateur se joignirent à ses adversaires religieux, et, dès cette époque, leur nombre dépassa plusieurs millions.

Pierre fut un grand scandale pour ses sujets, Il modifia tout, l'Eglise, le 8ouvernement, la vie privée, même le costume. Le premier de l'an fut reporté du 1° septembre au 1° janvier ; les lettres slavonnes furent modifiées, quelques. unes retranchées ; les mentons furent rasés, le voile des

protestait sans cesse, devenait par le fait même une affaire de nationalité,

Bientôt des Charges, des impôts apparurent. On les regarda comme le résultat de ces changements : la résistance s’en accrut d'autant, Les raskolniks repoussaiént les Passe-ports, le papier timbré, les nouveaux modes d'impôts et de service militaire. A toutes ces oppositions, ils trouvaient des motifs religieux, même contre l'enregistrement des naissances et des décès,

Au bouleversement général, résultat de toutes ces réformes de Pierre, les raskolniks ne virent qu’une explication : l'approche de la fin du monde, Pierre fut l'antéchrist, D'ailleurs, sa con-

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duite privée, celle de sa cours justifiaient ce jugement dans une certaine mesure, Il avait répudié l'impératrice Eudoxie et vivait fort irrégulièrement au vu et su de tous, La mort mystérieuse de son fils et successeur Alexis lui fut imputée non sans raison. On disait en secret qu’il avait mis personnellement la main à la torture à laquelle avait été soumis l'infortuné tsarévitch, et qu'un coup de knout mal calculé, lancé par le bras impérial, avait précipité le fatal dénouement. Le prodigieux succès des entreprises de ce souverain, qui se faisait appeler empereur au lieu de tsar, était interprété comme un signe de la protection du diable, et les contractions nerveuses de sa figure comme celui de la possession diabolique, On en vint à le regarder comme un juif de la tribut de Dan, arrivé par usurpation au trône de Russie, à la place du vrai Pierre qui avait péri en mer, Enfin pour couronner le tout, on trouva dans son nom le chiffre de la bête de l'apocalypse, les lettres slaves ayant une valeur numérique comme les lettres grecques.

Ainsi s'organisa sous des dehors religieux, dans les classes non instruites et chez les mécontents qui étaient en grand nombre, la résistance contre toutes les innovations occidentales, œuvre de cet antéchrist prétendu.

Pas de tabac, cette herbe trois fois maudite, La bouche du diable exhale une fumée comme l’homme qui fume. Pas de thé ni de café, ces denrées coloniales, importées alors d'occident, Pas de sucre, parce que, dans les raffineries, on emploie le sang, ce qui est défendu par l’Ecriture, On ne veut pas même se servir de routes pavées qui sont les chemius de de l’antéchrist,

À tous ces sectaires intraitables, il fallait un signe extérieur de ralliement. On choisit la barbe. Ceux qui, conformément aux ordonnances de Pierre I, continuèrent à se raser, furent des hommes à figure libertine, C'était faire revivre

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une objection d’Ivan IV contre les Jésuites ; ils se rasaier ces bons Pères ; « coutume hérétique, disait le Tser, q défigure l'image de Dieu.”

Comme le double alléluia, la barbe a eu ses martyr L'opposition sur ce point a été tellement forte en certain Quartiers, qu’il a fallu céder et permettre le port de la barb à des corps entiers de troupe, aux COsaques, par exemple,

Pierre I imposa lourdement la barbe. On paya l'impôt e la barbe poussa impunément sur ces Mmentons taxés, De sorte qu'on peut dire que le plus grand homme qu’ait jamais eu la Russie échoua littéralement contre la barbe russe,

et opposé au progrès.

Venu un demi-siècle après l'établissement du servage, il trouva chez les serfs un terrain merveilleusement préparé

disparaissait ; ce fut un asile ouvert à tous les adversaires du seigneur et de la loi,

Remarquons, une dernière fois et comme résumé final, que cette opposition revêtit à l'origine et garda dans la suite un caractère religieux et patriotique, Ce fut une hérésie, se développant avec une merveilleuse rapidité, tantôt à ciel ouvert, tantôt dans les sombres cachettes du servage et de la misère.

A l'heure actuelle, le nombre des raskolniks dépasse cer.

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tainement quinze millions et il augmente tous les jours. Sa force est singulièrement accrue par la sympathie qui l’entoure, à raison de sa tournure essentiellement nationale, Le Paysan ne regarde pas les raskolniks comme hérétiques ; au contraire, ils les j uge plus dévots que les orthodoxes, On croit même que la majorité de la nation incline pour le schisme, et, le jour où celui-ci serait complètement libre, l'Eglise orthodoxe serait peut-être exposée à disparattre,

Les raskolniks sont souvent très riches, et cela beaucoup à cause de leur supériorité morale, De plus, contraints d'abandonner les affaires publiques, ils suivent mieux leur commerce et leurs affaires privées. C’est un peu ce que font les Coptes en Egypte, les Arméniens en Turquie et les Juifs partout. D'autant qu'ils furent maintes fois obligés d’avoir recours à la clef d'or, laquelle ouvre toutes les portes, lies du pouvoir aussi bien que celles de la prison où ils ont été à maintes reprises renfermés, Ils sont relativement libres depuis 1881.

Leurs marchands ont sou vent d'énormes fortunes à Moscou, à Perm'et dans l'Oural. L'argent est devenu le nerf du raskol, le rouble son arme. Ils accaparent l’industrie et le commerce de régions entières. Ils ont des signes secrets de ralliement et se rapprochent de ce côté des francs-maçons.

En général, les riches font un bon usage de leur fortune, Ils fondent des asiles, des hôpitaux, des écoles. De temps en temps, le gouvernement confisque ces institutions à son profit, mais ces braves gens recommencent sans jamais se lasser. Histoire de la poule qui pond un œuf chaque matin, pour remplacer, on dirait, celui qu'on lui a enlevé la veille,

Leurs maisons sont montées avec un luxe tout à fait occi. dental, mais tout provient de l’industrie russe, Ils n’importent rien, Petit à petit cependant leurs idées se modifient sur certains points, surtout parmi la jeune génération. On voit maintenant des jeunes raskolniks qui se rasent, fument, vont

au bal et au théâtre. De ce côté, le raskol fléchit devant ] poussée des idées modernes,

Les raskolniks lemportent encore souvent au point de vu de l'instruction, qu'ils aiment et essayent de répandre autou d'eux, sans trop regarder aux sacrifices pécuniaires que cel: exige.

Comme ils n’ont pas de sacerdoce régulier, ils ont dû se rabattre sur l'étude de la bible, Malheureusement, le raskolnik n'a pour tout aliment à ses recherches que les apocryphes ou les lourdes compilations byzantines. D'ailleurs, par principe, il ne lit que les anciens livres, des livres de dévotion, surtout les éditions prénikoniennes, dont les contrefaçons abondent, Ilen résulte que,. grâce à la fausseté

Cette immense hérésie du raskol, privée de toute autorité suprême, n’a pas tardé à donner naissance à un grand nombre de sectes plus ou moins distinctes les unes des autres, Sectes étranges, quelques-unes inoffensives, quelques autres à théories monstrueuses ; elles ont reproduit sur le sol de la Russie ce qu’on a vu se passer chez les protestants anglais et américains,

Tout d’abord, la difficulté de recruter le clergé a provoqué la division du raskol en deux groupes : les Popovotsky et les Bespopovotsky, raskolniks à prêtres et raskolniks sans prêtres. Ces derniers, ne pouvant avoir de culte régulier, ont voulu le remplacer Par un surcroft de pratiques extérieures, Tout le formalisme méticuleux de l'orthodoxie s'y

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retrouve exagéré : signes de croix cent fois répétés, prostra. tion, saluts, ete. Il faut deux cents inclinations pour un enterrement. Un néophyte doit en faire deux milles par jour pendant six semaines, avec vingt prostrations à chaque centaine, Ily a vraiment de quoi attraper un douloureux lumbago pour ces Pauvres catéchumènes. Ils ont une horreur suprême du sucre, du tabac et du lièvre,

Nous terminerons par l’énumération rapide des principales sectes issues du raskol. Tout d’abord, les théodosiens du nom de leur fondateur, qui prohibenr le mariage ; les errants qui se cachent dans les déserts, pour éviter tout contact avec une morale condamnée ; les muets ou non-priants; les nieurs qui disent que, depuis N ikone, il n’y a plus rien de sacré sur la terre : tout a été emporté au ciel. Plus de culte extérieur ; on adore Dieu en esprit, Et c'est ‘ainsi qu'il arrive que le raskol, avec son orgie de ritisme, conduit droit au rationalisme, Ajoutez encore les bailleurs, qui passent le jeudi saint la bouche ouverte, attendant "e les anges leur appor. tent la communion; les ltueurs-d'enfants, les élouffeurs, les assommeurs, dont il est facile de deviner les aimables croyances. Enfin mentionnons les millénaristes ou chercheursdu-Christ, lesquels, croyant que Napoléon I venait, en 1812, détruire la Russie orthodoxe, étaient prêts à le recevoir comme le messie. C'est ce qui explique pourquoi on trouve encore aujourd’hui le portrait de Nj apoléon dans tant d’izbas russes.

Nous ne dirons rien des sectes mystiques, des Xlistys, des ekoptsys, des skakoussys, qui sont toutes tombées dans des pratiques immorales et sont disparues dans la pourriture, sauf les skoptsys qui auront bientôt, espérons-le, le même sort,

Parmi toutes ces sectes que nous venons d'énumérer, pas ne ne repose sur autre chose que des idées ritistes ou mystiques. La prétendue altération des rites a été le point

-de départ des plus importantes, de celles qui ont eu le plus d'influence, On Comprend facilement, en Partant de là, que le gouvernement russe en surveille les adeptes de très près,

serait sérieusement menacée, en recevrait un rude contre.

A côté de ces sectes ritistes, différente, il convient de placer prit rationaliste et protestant, cipales : les Molokanes où buveurs-de.lait, les Doukhoborstes ou athlètes-de-l'esprit et les )

reçu au Canada un contingent pour l'été prochain l'arrivée d’ est à propos que nous sachion

» , On nous annonce

COUP, aussi nous contenterons communs, d’après l'ouvrage d

‘le Christ est le suprême pontife, Mais en revanche, tous

reçoivent comme une délégation de ce souverain pontificat ; tous sont prêtres, Un ancien préside leurs assemblées religieuses, sans aucun caractère sacerdotal, sans aucun costume spécial.

Pas de sacrements, Le mariage est exclusivement une union d'amour, et, quand ce dernier sentiment disparaît, chacun des époux reprend sa liberté. En d’autres termes, ils préconisent l'union libre.

Dieu est esprit, disent-ils, donc prosternons-nous...en esprit; pas d'images qui seraient des idoles. Les orthodoxes gardent religieusement une icône dans un coin de chaque chambre de leurs maisons, c’est le coin saint ; les doukhoborstes jettent les icônes par la fenêtre, Ni églises, ni chapelles ; le corps de l’homme est le temple de Dieu ; il n’est pas fait de poutres, mais de côtes. Ils se réunissent dans une maison quelconque, disent le Pater, lisent l'écriture et chantent des Psaumes : un ancien préside.

L’origive de cette théologie, à teinte rationaliste très marquée, est assez obscure. On se croirait justifiable d'y voirune poussée du protestantisme allemand. Ce n’est toutefois qu’au 18° siècle que ces hérésies prennent corps. Le premier apôtre des doukhoborstes paraît avoir été un soldat, peut-être un prisonnier allemand, vers 1740, dans l'Ukraine. De là, la secte passa dans le gouvernement de Tawmbof, pour se partager en deux camps, et, vers la fin du 18° siècle, on les trouve à la fois à Moscou et sur la Volga.

En 1775, le Saint-Synode s’en occupa ; naturellement, ce fut pour les condamner, Paul I les exila en masse en Sibérie, mais cette mesure fut avant tout politique, Alexandre I s'étant montré plus tolérant, les sectaires exilés demandèrent

à être réunis dans une contrée moins inhospitalière, et, en

1800, on leur assigna des terres au nord de l'Azof, Là ils

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formèrent une espèce de communauté et vécurent tranquilles pendant près d’un demi-siècle,

bons Anglais furent étonnés et réjouis à la fois de trouver Une nouvelle Pensylvanie sur les bords de l’Azof. Ils s'émer. Veillèrent des connaissances que les doukhoborstes avaient des écritures, ainsi que de ce qu'ils a ppelaient ingénuement la hardiesse de leurs spéculations.

L'anarchie, on devait le prévoir, se mit bientôt dans leurs rangs, et, en 1841, Nicolas I les transporta une troisième fois, dans la Transcaucasie, Huit mille prirent le chemin de ce

nous ont expédié les nôtres,

Le rationalisme des doukhoborstes est tout imprégné de mysticisme ; mais, comme ils sont illettrés, on ne saurait attendre d'eux une théologie bien arrêtée,

suspect !

Pendant que les molokanes prétendent fonder leur religion sur la Bible, les doukhoborstes n’accordent à l'écriture qu'un

rôle très secondaire, ils laissent une large part à la tradition, appelant l'homme le livre vivant, par opposition à l'écriture qui est lettre morte.

Le Christ, disent-ils, a, tout le premier, préféré la parole à la plume,

La grande originalité des doukhoborstes est la croyance à la révélation intérieure. Suivant eux, le Verbe divin parle en chaque homme, et cette parole intérieure est le Christ éternel. Ils rejettent la plupart des dogmes, ou ne les admettent que d’une manière symbolique: ainsi de l'incarnation, de la rédemption et de la trinité, D'ignorants moujiks interprètent les mystères d’une façon analogue à celle des hégéliens ; l’incarnation, affirment-ils, se reproduit dans la vie de chaque fidèle : le Christ vit, enseigne, souffre et ressuscite dans chaque chrétien.

Ils nient le péché originel, soutenant que chacun ne répond que de ses fautes. S'ils admettent une tache primitive, ils la font remonter à la chute des âmes, avant la création du monde visible ; car, dans leur cosmogonie à demi gnostique, ils croient à la préexistence des âmes, (Cette croyance leur a fait attribuer des coutumes aussi barbares que logiques. Comme Haxthausen remarquait la vigueur des doukhoborstes de la Molochtna: “ Il n'y a rien d’étonnant, lui dit son guide, ces athlètes-de-l’esprit mettent à mort les enfants débiles ou contrefaits, sous prétexte que l'âme, image de Dieu, ne doit habiter qu’un corps sain.”

Quelques-uns de ces paysans ont poussé la spéculation jusqu’à ne plus reconnaître à Dieu qu’une existence spéculative, ou mieux, subjective, et à l'identifier avec l’homme. Ils s'inclinent les uns devant les autres, prétendant adorer la forme vivante de Dieu, l'homme. Ces moujiks prononcent ainsi à leur manière, le fiat Deus de certains philosophes. Pour eux, la trinité, c’est la mémoire, la raison, la volonté,

Île nient la vie éternelle, le paradis, ] se réaliser sur cette terre ;

Après de longues années d'études et d'observati

ration des âmes, A leurs yeux, le e vertueux. Jésus est le fils de Dieu, le sommes tous nous-mêmes, « Nos savent plus: long que lui.” L'Eglise Ceux qui marchent dans la lumière et fs ou musulmans,

ique de paysans ne Pouvait, dans un ucoup d'adhérents, Aussi le nombre

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eux le mysticisme s alisme pur.

La conception sociale de ces rationalistes aboutit à une sorte de théocratie démocratique, La société civile est réelle. ment l'Eglise, et elle doit être constituée sur les principes

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