Néander, I, 406-410 (trad. angl
une coïncidence, évidemment voulue de Dieu, que le jour de la Pàque/ témoin des souffrances du Sauveur, se trouvât être la veille d'un jour de sabbat. Il en résulta que le sixième jour fut réservé pour la commémoration de la crucifixion, et le premier pour celle de la résurrection.
A l'origine, cette diversité fut acceptée telle quelle. Elle ne paraissait pas d'une importance à provoquer des discussions. On savait encore, à cette époque, que le royaume de Dieu ne consiste ni en viande, ni en breuvage, ni dans aucune coutume extérieure. Lorsque Poly carpe fit une visite * à l'évêque de Rome Anicet, cette différence de coutume fit l'objet de leurs conversations. Anicet maintenait que les anciens qui avaient, avant lui, dirigé l'Église de Rome, n'avaient jamais accepté l'usage oriental ^ . De son côté, Polycarpe assurait qu'il avait lui-même pratiqué -cet usage avec l'apôtre Jean. Enfin, ils en vinrent à cette conclusion, qu'une pareille diversité pouvait être admise et qu'elle ne compromettait en rien ni l'unité, ni la communion des Églises. Et comme preuve, Anicet invita Polycarpe à présider un service de Cène à sa place ^.
Mais dans les dernières années du ii^ siècle, pendant i'épiscopat de Victor à Rome, la question provoqua une controverse générale. D'un côté, l'Église de Rome, appuyée par celles de Tyr, de Gésarée de Palestine, de Jérusalem et d'Alexandrie; de l'autre, les Églises d'Asie Mineure et à leur tête Polycrates, évêque d'Ëphêse. La