Eusèbe, iiv. Y, ch. xxni, xxiv
dispute s échauffa; on convoqua des synodes. Les évêques d'Asie Mineure décrétèrent que la Pàque devait être célébrée le quatorzième jour de la lune, sans s'inquiéter du jour lui-même, parce que l'agneau pascal avait été immolé à cette date. Au contraire, Rome et le reste des Églises décrétèrent que tous les chrétiens devaient célébrer la résurrection du Sauveur un dimanche et non un autre jour. Les évêques d'Asie Mineure n'en persévérèrent pas moins dans leur opinion, si bien que l'évêque de Rome, homme altier et imbu d'idées hiérarchiques, voulut les retrancher du corps de l'Église, et s'attira par là les sévères admonestations de plusieurs évêques, notamment d'Irénée de Lyon. « Les apôtres nous ont enjoint, écrit Irénée, de ne pas juger au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête,, d'une nouvelle lune, ou des sabbats \ Que signifient donc ces disputes? D'où proviennent ces divisions? Nous observons la fête, mais c'est avec le levain amer de la malice et de la méchanceté, et nous déchirons l'Église de Dieu. Nous nous attachons à ce qui est extérieur, et nous négligeons la foi et la charité , qui sont bien plus importantes. De telles fêtes et de tels jeûnes sont une abomination à l'Éternel, comme les prophètes nous l'enseignent ^ » Un jour devait venir, mais plus tard, où le projet de Victor se réaliserait et où