‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 108 sur 324 · Ch. XI · texte numérisé non relu

Ch. XI

4. Néander, I, 393 (trad. angl.). D'autres pensent que le mot oblation signifie offrande. Il s'agirait d'un don fait à l'Eglise par les fiancés.

sur une certaine montagne, je jeûnais et remerciais le Seigneur de tout ce qu'il avait fait pour moi, le Pasteur s'assit près de moi et me dit : « Pourquoi es-tu venu ici de si bonne heure? — Parce que, répondis-je, j'ai une station \ — Qu'est-ce qu'une station? répliqua-t-il. — C'est un jeûne que j'accomplis. — Et quel est ce jeûne que tu accomplis? — Celui qu'on m'a appris à observer. — Tu ne sais pas, me dit-il, comment il faut jeûner pour le Seigneur, et ton jeûne est sans valeur. Je t'apprendrai à jeûner selon le Seigneur : sers-le avec un cœur pur, garde ses commandements, marche selon ses préceptes et chasse tout mauvais désir de ton cœur. Si tu fais cela, ce sera un grand, un vrai jeûne, agréable au Seigneur. Garde-toi de toute mauvaise parole, de tout mauvais désir; purifie ton cœur de toutes les vanités de ce monde. Le jour où tu jeûneras, contente-toi de pain et d'eau, puis fais le compte de ce que t'auraient coûté les repas que tu aurais pris, et donne une somme égale à la veuve, à l'orphelin et au pauvre. De la sorte ton abstinence servira à satisfaire les nécessiteux et ils pourront prier le Seigneur pour toi 2. »

§ VI. Le célibat, La tendance à l'ascétisme se manifeste encore dans l'honneur porté aux personnes non mariées. Très tôt, peut-être même dès le temps des

1. station est un des mots employés par les plus anciens auteurs, pour désigner les jours de jeûne, soit parce que ces jours étaient déterminés {statis diebus), soit parce que les jeûnes étaient considérés comme des stations [stationes) militaires contre les attaques de l'ennemi. Dict. Christ. Antiq., art. Statio.

2. L. III, Similitude V, ch. i et ni. Ce roman était un des livres les plus populaires parmi les chrétiens du ii« siècle. On l'a appelé le Pèlerinage du chrétien de l'Eglise primitive. Mais cette comparaison n'a rien de flatteur pour l'œuvre de Bunyan.

apôtres, le célibat fut considéré comme plus saint que l'état de mariage « Vous trouverez plusieurs personnes parmi nous, dit Athénagoras (177), hommes ou femmes, qui vieillissent dans le célibat, dans l'espoir de vivre en communion plus intime avec Dieu ^ » Il y avait même quelques chrétiens, qui, comme les moines et les ermites des uf et iv^ siècles, se retiraient du commerce des hommes, pour consacrer leur vie à la méditation et à la prière. Cependant une conception plus saine de ce que devait être la vie d'un chrétien prévalait encore contre les tendances ascétiques. L'auteur de Vépître de Barnabas réprouve ceux qui s'y laissaient aller dans les termes suivants : « Ne vous retirez pas du monde pour mener une vie solitaire comme si vous étiez déjà parfaits; réunissez-vous au contraire en un même lieu et cherchez ensemble ce qui concerne votre avantage commun. Car l'Écriture dit : malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux et qui se croient intelligents ^ ! »

Clément d'Alexandrie traite la question dans le style énergique et clair qui lui est habituel. « Le chrétien avancé, dit-il, a l'exemple des apôtres pour règle... Et en vérité, ce n'est pas dans la vie sohtaire qu'il peut réellement se montrer un homme. Mais celui qui, comme mari et père de famille, supporte les épreuves qui l'assiègent, pourvoit à l'entretien de sa femme, de ses enfants, de ses domestiques, de sa position, sans voir fléchir son amour pour Dieu, celui-là peut vrai-

\. Fragments d'Ignace, ix et vi, cités dans Wordworth, Church Hist.^ p. 136, 141, notes.

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