‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 122 sur 324 · Maitland · texte numérisé non relu

Maitland

Aulus Memmius Urbanus à Aulus Memmius Clarus, le plus cher de mes compagnons d'affranchissement. Jamais il n'y a eu la moindre querelle entre nous. J'en appelle, dans cette épitaphe, aux dieux supérieurs et inférieurs, pour confirmer mon dire. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois sur le marché aux esclaves; plus tard, nous avons reçu la liberté dans la même maison. Seul, ce jour fatal a pu nous séparer!

L'inscription suivante est pleine d'émotion :

Adieu, adieu! ô toi, la plus douce. Pour toujours et éternellement, adieu!

Mais ces rayons cle l'affection naturelle étaient trop faibles pour dissiper l'obscurité qui enveloppait le monde païen. Les épitaphes païennes expriment les pensées d'hommes n'ayant ni espérance, ni Dieu dans le monde. Les unes sont épicuriennes, d'autres cyniques ou sceptiques; d'autres orgueilleuses; d'autres, enfin, respirent le désespoir ou la défiance. Ainsi :

La fortune fait beaucoup de promesses et n'en tient aucune ; vis donc pour le jour, pour l'heure présente. Rien d'autre ne t'appartient réellement.

J'ai cherché le gain toute ma vie, et toujours j'ai perdu. Maintenant la mort est venue et je ne puis plus faire ni l'un, ni l'autre. Toi qui lis ces lignes, je souhaite que tu vives heureux.

J'ai vécu comme j'ai voulu, mais je ne sais pourquoi je suis mort.

Ici reposent les ossements de Nicen. Vous qui vivez sur la terre, vivez bien, adieu. Et vous, ombres, salut! recevez Nicen!

J'ai été pieux et saint; j'ai vécu aussi longtemps que je l'ai pu ; je n'ai eu ni procès, ni querelles, ni dettes de jeu ou autres. Toujours j'ai été fidèle à mes amis et, si ma fortune a été modeste, mon âme a été grande.

A un moment donné, je n'étais pas encore; maintenant, je ne suis plus. Comment tout cela se fait-il? je n'en sais rien et ne m'en inquiète point.

Notre enfant était toute notre espérance ; aujourd'hui nous n'avons plus que des cendres et des gémissements.

l'église primitive Voici répitaphe d'une jeune dame

Je lève mes mains (et le sujet sculpté représente des mains levées) contre Dieu, qui m'a ôtée de ce monde à vingt ans, quoique je n'eusse fait aucun mal.

Gaïus Julius Maximus mort dans sa deuxième année au cinquième mois. 0 sombre destin, qui trouves ton plaisir dans l'affreuse mort ! pourquoi mon Maximus aimé, qui hier encore reposait sur mon sein, m'a-t-il été si subitement arraché? Et maintenant, ô mère, regarde cette pierre ; elle couvre sa tombe !

Gomme contraste, citons une dernière épitaphe. Le nom et l'âge sont effacés. Mais la foi a enlevé à la mort son aiguillon, au sépulcre sa victoire.

Béni soit le nom du Seigneur qui avait donné et qui a repris.. .. Il a vécu et a terminé sa vie dans la paix i.

1. Norlhcote, Epitaphs of the Catacombs, 39-72. Maitland, 42.

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